Le Sightmark Strikon VMP 1-4×22 réunit un système à prisme et un grossissement variable dans un boîtier court. Les essais apprécient particulièrement son image à 1×. Ils sont moins unanimes sur la bague avant et les tourelles exposées de la première version : agréables pour certains, trop vulnérables aux contacts pour d’autres. Son originalité est réelle, mais ce compromis mérite mieux qu’une comparaison rapide avec une optique beaucoup plus chère.
Le point fort qui ressort est la réunion de plusieurs fonctions dans un ensemble peu long. Le point faible le plus sérieux concerne les commandes de la V1, notamment l’absence de protection des tourelles. La réserve ne disparaît pas parce que d’autres auteurs apprécient leur fermeté sous les doigts. Ils ne décrivent pas exactement la même situation d’utilisation.
Trois lectures du même compromis
Łukasz Kołodziejski, dans MILMAG le 7 janvier 2026, trouve l’image à 1× nette et les commandes intuitives. Il apprécie la bague et la fermeté des clics, tout en soulignant une contrainte sensible de position de l’œil. L’exemplaire a été prêté par Sellmark puis rendu ; le média déclare une coopération publicitaire et revendique son indépendance éditoriale. La durée totale et le nombre de coups ne sont pas précisés.
David M. Fortier, dans Firearms News le 29 juillet 2026, décrit des essais sous différentes lumières, avec pluie et humidité. Il juge l’image et les couleurs satisfaisantes pour ce positionnement, sans problème rapporté pendant son utilisation. Il ne donne pas davantage de volume de tirs ni de durée totale. La bague avant ne le gêne pas, mais il préférerait des tourelles protégées ; il trouve aussi la commande dioptrique un peu dure.
Brass Facts, dans sa vidéo du 30 janvier 2026, est plus critique. Il apprécie vivement le rendu à 1×, juge le 4× acceptable avec des limites sur les petits détails et les bords, et trouve la bague avant encombrante. Il rapporte surtout un déplacement des tourelles par contact. Le sponsor annoncé de la vidéo est Blue Alpha, fabricant de ceintures ; cela n’établit pas un sponsoring Sightmark. Le mode d’obtention de l’optique n’est pas précisé dans les éléments consultés.
Ces retours donnent un débat utile, parce qu’ils ne se contentent pas du même adjectif. On peut apprécier l’image, aimer une commande lorsqu’on la manipule volontairement et rester préoccupé par son exposition pendant le transport. Une appréciation favorable sur un de ces points n’annule pas une réserve sur l’autre.
À 1×, l’image convainc ; à 4×, les attentes se séparent
L’appréciation du rendu à faible grossissement est le point de convergence le plus net. Pour un produit à prisme variable, c’est un résultat intéressant : la variation de grossissement n’est pas seulement une ligne ajoutée au catalogue, elle reste associée à une image que plusieurs utilisateurs trouvent plaisante.
Les nuances apparaissent au grossissement supérieur. Fortier livre un avis globalement favorable, alors que Brass Facts relève une moindre netteté des détails fins et de légères déformations sur les contours. Il décrit néanmoins une image acceptable. Réduire son avis à « mauvaise optique » serait aussi inexact que supprimer cette réserve au motif qu’un autre essayeur est satisfait.
Ces auteurs n’emploient pas un protocole optique commun. Leur seuil d’exigence et leurs points de comparaison peuvent différer. L’analyse raisonnable consiste à retenir la convergence à 1×, puis à conserver la nuance à 4×. Elle ne permet pas de construire un classement numérique entre le Strikon et tous les modèles qu’ils évoquent.
Le Strikon reste une lunette prismatique à grossissement variable, même lorsque son réticule est éclairé. Il ne devient pas un point rouge classique. Notre guide sur les familles de lunettes et d’optiques permet de replacer cette architecture parmi les solutions existantes, sans confondre leur apparence et leur fonctionnement.
Court ne signifie pas léger, et dégagement ne signifie pas tolérance
Le fabricant publie une longueur de 148 mm et une masse de 530 g avec le montage de 1,54 pouce. Ces données décrivent deux qualités différentes. La faible longueur peut faciliter le rangement d’un ensemble ; elle ne transforme pas sa masse en celle d’un microviseur. Une comparaison honnête doit compter les supports et les modules de chaque solution.
C’est particulièrement vrai face à un point rouge associé à un grossisseur : additionner les appareils et leurs supports n’est pas la même chose que comparer le Strikon équipé à un point rouge nu. À l’inverse, la masse d’une lunette courte varie avec le modèle et son montage. Sans ensembles précisément identifiés, annoncer une économie de poids universelle serait fragile.
La remarque de MILMAG sur la position de l’œil apporte une autre distinction. La distance entre l’œil et l’oculaire, souvent appelée dégagement oculaire, n’indique pas à elle seule la liberté de mouvement avant que l’image se réduise. Une distance confortable peut coexister avec une zone d’observation peu tolérante. Ce sont deux critères à lire séparément dans les essais.
Le bénéfice personnel que certains auteurs décrivent avec leur astigmatisme reste, lui aussi, individuel. Il ne permet pas de promettre un résultat visuel identique à chaque lecteur. La qualité du réticule rapportée par un essayeur est une observation utile ; elle ne constitue pas une validation médicale.
Bague et tourelles : le désaccord qui pèse dans le bilan
La bague se trouve à l’avant du Strikon, avec un levier et une enveloppe supérieure assez présente. MILMAG aime sa prise en main, Fortier ne rencontre pas de gêne, tandis que Brass Facts trouve cette partie plus encombrante que pratique. Le désaccord est explicable par la manière dont chacun ressent l’objet ; aucun de ces retours ne démontre un défaut mécanique généralisé de la bague.
La question des tourelles est plus importante. Une commande ferme sous les doigts peut rester accessible à un contact extérieur. Le jugement de MILMAG sur la résistance des clics ne répond donc pas entièrement à la critique de Brass Facts sur leur exposition. Le souhait de Fortier de voir des capots va dans le sens de cette seconde préoccupation, même s’il ne rapporte pas le même incident.
| Point examiné | Avis favorable | Réserve à conserver |
|---|---|---|
| Bague avant | Intuitive chez MILMAG ; sans gêne pour Fortier | Encombrante pour Brass Facts |
| Tourelles V1 | Clics jugés fermes chez MILMAG | Protection souhaitée par Fortier ; déplacement par contact rapporté par Brass Facts |
| Image | Appréciations convergentes à 1× | À 4×, Brass Facts nuance la netteté des petits détails et des bords |
Cette lecture évite de faire disparaître une critique importante dans une moyenne d’avis. La réserve sur la V1 doit rester visible dans le verdict, avec sa source et ses limites. Elle ne justifie ni une garantie d’incident, ni une affirmation selon laquelle tous les exemplaires seraient affectés.
L’éclairage et le réticule n’ont pas la même dépendance à la pile
Le Strikon SM23001 possède un réticule CRF-4 MIL au second plan focal, dont la présence ne dépend pas de l’éclairage. La pile CR2032 alimente l’illumination, avec onze niveaux annoncés. Le dispositif Shake Awake met cet éclairage en sommeil après dix minutes d’immobilité et le réactive au mouvement.
Deux fonctions à distinguer
La différence d’autonomie entre les intensités est considérable. La page 2 du PDF officiel SM23001 indique 1 500 heures au niveau 1 et 6 heures au niveau 11. Le tableau de la page web inverse ces libellés au moment de notre contrôle. Nous retenons les valeurs du PDF, également cohérentes avec l’annonce rapportée par Fortier, sans les présenter comme des mesures réalisées pendant les essais.

V1, V2 et document Rev2 : ne pas mélanger les versions
Les trois retours examinés concernent la version à tourelles exposées. Une présentation publiée par American Hunter le 4 août 2026 annonce ensuite des tourelles protégées. Cette annonce est pertinente au regard des critiques, mais elle ne remplace pas un essai de cette nouvelle configuration.
Le suffixe Rev2 du PDF est, lui, une révision documentaire. Le document porte toujours la référence SM23001 et décrit explicitement des tourelles exposées. Il ne prouve donc pas que l’appareil présenté est une V2. Les quatre hauteurs prévues par les rehausses figurent déjà dans le compte rendu de la première version ; ce n’est pas davantage un moyen suffisant d’identifier la suivante.
Une évolution annoncée peut répondre à une critique de conception sans démontrer, à elle seule, le résultat final. Notre bilan reste ainsi attaché à la V1 examinée. Les observations sur l’image et la bague ne sont pas transférées automatiquement à un exemplaire différent dont la référence primaire et les essais doivent être établis séparément.
Un prisme variable intéressant, avec un compromis visible
Le Strikon se comprend mieux comme une architecture intermédiaire que comme un équivalent bon marché d’un modèle prestigieux. Un prisme fixe conserve un grossissement unique ; un point rouge avec grossisseur répartit les fonctions entre plusieurs éléments ; une lunette variable classique propose une autre construction. Leur comparaison exige des ensembles complets et des usages décrits, pas seulement un tarif ou une photographie côte à côte.
Le bilan de la V1 est donc partagé : image à 1× appréciée, longueur contenue et réticule indépendant de la pile pour ses qualités ; masse équipée à prendre en compte, bague diversement appréciée et tourelles exposées pour ses compromis. La bonne impression optique ne suffit pas à effacer la réserve sur ces dernières. C’est le point que les retours de terrain rendent visible, au-delà de la promesse d’un appareil réunissant plusieurs familles d’optiques.
Questions fréquentes
Le Strikon VMP est-il un point rouge ?
Non, il s’agit d’un système optique à prisme et à grossissement variable. Son réticule reste visible sans éclairage. La présence d’un point lumineux et d’un grossissement minimal de 1× ne le transforme pas en viseur réflex.
Le Strikon VMP V1 est-il réellement léger ?
Il est court, mais sa masse annoncée atteint 530 g avec le montage. Le qualifier de léger exige donc de préciser l’ensemble comparé. La longueur réduite et le poids équipé décrivent deux caractéristiques différentes.
Pourquoi les essayeurs ne sont-ils pas d’accord sur les commandes ?
Ils apprécient différemment la résistance de la bague et le confort des tourelles. Brass Facts souligne surtout leur exposition et leur absence de verrouillage, tandis que les deux essais écrits portent un jugement plus favorable sur leur sensation.
Quelle autonomie retenir : 6 ou 1 500 heures ?
Le PDF officiel indique 1 500 heures au niveau 1 et 6 heures au niveau 11. Ces durées correspondent donc à des intensités différentes. Ce sont des annonces du fabricant, pas des autonomies mesurées par les trois essayeurs.
La mention Rev2 du PDF désigne-t-elle une V2 ?
Non. Rev2 désigne la révision du document, qui décrit toujours des tourelles exposées sous la référence SM23001. Elle ne suffit pas à identifier la version ultérieure annoncée avec des tourelles protégées.
Les essais de la V1 prouvent-ils les qualités de la V2 ?
Non, ils portent sur leurs exemplaires de première version. Une évolution annoncée peut répondre à une critique, mais son résultat doit être vérifié séparément. Les retours retenus ne constituent pas un essai de la V2.
Pour partager votre retour sur le matériel, retrouvez les discussions du forum Blackope. La carte des stands de tir permet de repérer les clubs.
À lire aussi : notre dossier lunette de battue ou point rouge, qui distingue ces familles d’optiques, et notre analyse du Burris FastFire E, un viseur réflex sans grossissement variable.
