Depuis le 7 septembre 2025, le poing américain qui protège les quatre doigts, d’un modèle postérieur à 1900, est classé en catégorie A1 : il est interdit de l’acheter, de le détenir, de le porter et de le transporter. Le délai de remise a pris fin en décembre 2025. Aujourd’hui, le détenir expose à cinq ans d’emprisonnement, le porter à sept ans.
Longtemps vendu comme un objet d’autodéfense en vente libre, le poing américain a changé de statut d’un coup, par un décret pris dans l’urgence avant la rentrée scolaire 2025. Beaucoup de pages en ligne n’ont pas suivi la nouvelle réglementation et le présentent encore en catégorie D. Nous reprenons le texte, les modèles concernés et ceux qui ne le sont pas, la remise, et ce que l’on risque aujourd’hui. Le volet armes blanches du décret, couteaux compris, fait l’objet de notre dossier sur le décret 2025-894.
Ce que dit le décret du 5 septembre 2025
Le décret n° 2025-894 du 5 septembre 2025, publié au Journal officiel le 6 septembre et entré en vigueur le 7, a créé deux lignes dans la catégorie A1 de l’article R311-2 du Code de la sécurité intérieure, celle des armes interdites. La première vise certains couteaux et machettes ; la seconde, le poing américain.
« Armes contondantes dites “coups de poing américains” d’un modèle postérieur au 1er janvier 1900 qui par leur conception permettent à quatre doigts d’être protégés et de maintenir l’arme tout en accentuant l’efficacité vulnérante de la frappe. »
Article R311-2, catégorie A1, 14° du Code de la sécurité intérieure (Légifrance)
Un second alinéa y range les armes mixtes, qui combinent un tel poing américain avec une autre arme, lame ou arme à feu, « à l’exception de celles classées dans les autres catégories ». La justification figure dans la notification adressée à la Commission européenne : « les actes d’atteinte aux personnes, et notamment aux mineurs, se multiplient en France et imposent une réaction des pouvoirs publics ».
Votre objet est-il un poing américain de catégorie A1 ?
Deux critères du texte suffisent : la protection des quatre doigts et la date du modèle.
Catégorie A1, 14° depuis le 7 septembre 2025 : acquisition, détention, port et transport interdits.
Détenir ou céder : cinq ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende (article 222-52 du Code pénal). Porter ou transporter : sept ans et 100 000 € (article 222-54). Les armes mixtes qui y associent une lame ou une autre arme suivent le même régime, sauf classement contraire.
Hors du 14° : le texte ne vise que les modèles postérieurs au 1er janvier 1900.
Un modèle plus ancien reste en catégorie D. Attention : le texte parle de modèle, pas de date de fabrication, et aucune interprétation officielle ne dit qu’une copie récente d’un modèle ancien en bénéficie.
Hors du 14° : un objet qui ne protège pas quatre doigts n’est pas visé par la nouvelle ligne.
Son classement exact n’est précisé par aucun texte. Surtout, il n’est pas libre à porter : tout objet utilisé ou destiné à blesser ou menacer est assimilé à une arme (article 132-75 du Code pénal).
Répondez aux deux questions. Si l’objet ne protège pas quatre doigts, la seconde ne change rien.
Ce que fait cet outil : il applique le 14° de la catégorie A1 de l’article R311-2 du Code de la sécurité intérieure, créé par le décret n° 2025-894 du 5 septembre 2025 et en vigueur depuis le 7 septembre 2025. Ce qu’il ne fait pas : il ne tranche pas les cas que les textes laissent ouverts, il ne remplace pas le Référentiel général des armes, et il ne tient pas compte de la matière de l’objet, que le texte ignore. Rien n’est enregistré.
Quels modèles sont concernés, et lesquels ne le sont pas
Le critère décisif est la protection des quatre doigts. La fiche d’impact du décret l’assume : restreindre la définition aux seules armes protégeant les quatre doigts « permettra de lever toute ambiguïté ». La matière ne compte pas : acier, laiton, aluminium, polymère ou bois, le texte définit l’arme par sa conception. La fiche du Service central des armes range d’ailleurs parmi les poings américains traditionnels un modèle fait de quatre anneaux joints, à l’allure de bague.
- Quatre doigts, modèle postérieur à 1900 : catégorie A1, 14°. C’est le cas de l’immense majorité des modèles vendus ces dernières décennies.
- Un, deux ou trois doigts, porte-clés d’autodéfense : hors du 14°. Aucun texte ne précise leur classement, et un objet destiné à blesser ou menacer reste « assimilé à une arme » (article 132-75 du Code pénal).
- Modèle antérieur au 1er janvier 1900 : hors du 14°, il reste en catégorie D. Le texte parle de modèle, pas d’année de fabrication, et rien ne dit qu’une reproduction moderne en profite.
- Armes mixtes : elles suivent le poing en A1, sauf classement contraire ; un arrêté du 4 juillet 2025 avait par exemple classé en catégorie D certaines armes mixtes d’un modèle antérieur à 1946.
Le cas du poing électrique, un poing américain doublé d’une fonction électrique, relève de la même logique des armes mixtes ; il est traité dans le dossier sur le taser de poche.
Avant et après le 7 septembre 2025
Jusqu’en septembre 2025, le poing américain relevait de la catégorie D, a). Il n’y était pas nommé à côté des poignards et des couteaux-poignards, mais rangé parmi les « objets susceptibles de constituer une arme dangereuse pour la sécurité publique », selon les termes d’une réponse ministérielle de 2022. Libre à l’achat pour un majeur, il était déjà interdit au port sans motif légitime, sous peine d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende. Ce dernier chiffre, que certaines pages affichent encore, ne vaut plus pour les modèles à quatre doigts.
Avant
Catégorie D, a)
Achat libreVente libre aux majeurs, port interdit sans motif légitime.
7 septembre 2025
Catégorie A1, 14°
InterdictionAcquisition, détention, port et transport interdits.
Décembre 2025
Fin de la remise
Trois moisRemise au commissariat ou en gendarmerie, sans indemnisation.
Aujourd’hui
Délit
5 à 7 ansDétention : 5 ans et 75 000 €. Port ou transport : 7 ans et 100 000 €.
La remise : c’était jusqu’en décembre 2025
L’article 2 du décret donnait aux détenteurs « un délai de trois mois pour les remettre à l’Etat aux fins de destruction ». La date butoir varie d’une source officielle à l’autre : le 7 décembre 2025 inclus pour service-public et la préfecture du Bas-Rhin, le 6 décembre pour la préfecture de l’Essonne, qui organisait des dépôts volontaires dans des commissariats désignés. La remise se faisait contre récépissé, sans indemnisation, et pas chez un armurier pour un particulier.
Passé ce délai, il n’existe plus de campagne. La fiche service-public F31664 conseille, pour les armes surclassées en catégorie A, de contacter sa préfecture « pour savoir la démarche à suivre ». La procédure générale d’abandon d’une arme au commissariat existe, mais aucun texte ne garantit qu’elle met à l’abri de poursuites pour la détention passée.

Ce que vous risquez aujourd’hui
Le poing américain à quatre doigts relève désormais des peines des armes de catégorie A, prévues par le Code pénal et non plus par le Code de la sécurité intérieure. L’écart avec l’ancien régime est considérable.
| Fait | Peine encourue | Texte |
|---|---|---|
| Acquérir, détenir ou céder | 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende | Article 222-52 du Code pénal |
| Porter ou transporter | 7 ans d’emprisonnement et 100 000 € d’amende | Article 222-54 du Code pénal |
| Importer sans autorisation | 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende | L2335-1 et L2339-10 du code de la défense |
| Faire commerce sans autorisation | 7 ans d’emprisonnement et 100 000 € d’amende | L2339-2 du code de la défense |
S’y ajoutent les peines complémentaires, dont l’interdiction de détenir une arme soumise à autorisation, ce qui ferme la porte du tir sportif. Pour un tireur, garder un vieux poing américain dans un tiroir n’a donc rien d’anodin.
Acheter en ligne, à l’étranger
Des sites étrangers en vendent toujours. Pour un particulier en France, la commande est une acquisition d’arme de catégorie A, punie comme la détention. Depuis un pays hors de l’Union européenne, l’importation sans autorisation est réprimée par le code de la défense ; depuis un autre État membre, le transfert de ces armes vers la France est lui aussi soumis à autorisation depuis le décret. La fiche d’impact résume l’effet recherché : « leur importation sera tarie en l’absence de marché ».
Collectionneurs, musées, armuriers
Aucune exception pour le particulier collectionneur : sa carte « permet d’acquérir et de détenir des armes et éléments d’armes de la catégorie C » (article L312-6-3), pas de la catégorie A1. Les musées ouverts au public et certains organismes culturels peuvent en revanche être autorisés par le préfet. Les professionnels, eux, ont été traités à part : armuriers et commerçants devaient demander une autorisation ministérielle dans les six mois, sans pouvoir continuer à vendre ces modèles en attendant, et un professionnel dont la demande est refusée doit céder son stock à un confrère autorisé ou le remettre à l’État (article R313-55).
Ce que disaient déjà les tribunaux
Même en catégorie D, le poing américain faisait déjà condamner. En 2017, la chambre criminelle a confirmé une peine d’un an d’emprisonnement, dont neuf mois avec sursis, pour des violences aggravées commises en ayant « porté une ou plusieurs armes blanches ou incapacitantes de catégorie D, en l’espèce un poing américain » (Crim., 17 janvier 2017, n° 16-83.645). En 2023, elle a maintenu une condamnation pour le transport sans autorisation d’armes de catégorie D, parmi lesquelles des matraques télescopiques et un poing américain (Crim., 6 septembre 2023, n° 22-86.132). Ces peines ont été prononcées sous l’ancien régime ; les mêmes faits relèvent aujourd’hui de peines cinq à sept fois plus lourdes.
Pour un moyen de défense légal, la catégorie D offre d’autres réponses, détaillées dans le dossier sur l’arme de défense légale et dans celui sur la matraque télescopique.
Questions fréquentes
Le poing américain est-il interdit en France ?
Oui, depuis le 7 septembre 2025, pour les modèles postérieurs à 1900 qui protègent les quatre doigts : ils sont classés en catégorie A1, 14°. Acquisition, détention, port et transport sont interdits, sans autorisation possible pour un particulier.
Que risque-t-on à détenir un poing américain aujourd’hui ?
La détention d’une arme de catégorie A sans autorisation est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende par l’article 222-52 du Code pénal. Le port ou le transport est puni de sept ans et 100 000 € par l’article 222-54.
Jusqu’à quand pouvait-on remettre son poing américain ?
Le décret laissait trois mois à partir du 7 septembre 2025. Service-public et plusieurs préfectures retiennent le 7 décembre 2025 inclus, d’autres le 6 décembre. La remise se faisait au commissariat ou en brigade de gendarmerie, sans indemnisation.
J’ai encore un poing américain chez moi : que faire ?
Il n’existe plus de campagne de remise. Service-public conseille de contacter votre préfecture pour connaître la démarche. La procédure générale d’abandon d’arme au commissariat existe, mais aucun texte ne garantit qu’elle écarte toute poursuite.
Un poing américain à deux doigts est-il autorisé ?
Il n’est pas visé par la nouvelle ligne, qui exige la protection des quatre doigts, mais aucun texte ne précise son classement. Et il n’est jamais libre à porter : un objet destiné à blesser ou menacer est assimilé à une arme par le Code pénal.
Un poing américain ancien est-il concerné ?
Non si le modèle est antérieur au 1er janvier 1900 : le texte ne vise que les modèles postérieurs à cette date, qui restent les seuls surclassés. Le critère est le modèle et non l’âge de l’objet, et aucune interprétation officielle ne vise les copies récentes.
Un collectionneur peut-il garder un poing américain ?
Non. La carte de collectionneur ne permet d’acquérir et de détenir que des armes de catégorie C. Seuls des musées ou organismes culturels autorisés par le préfet peuvent détenir des armes de catégorie A1 dans ce cadre.
Peut-on acheter un poing américain sur un site étranger ?
Non. L’achat par un particulier est une acquisition d’arme de catégorie A, punie comme la détention. L’importation sans autorisation est aussi réprimée par le code de la défense, et les colis sont exposés aux saisies douanières.
Le tir, c’est au stand qu’il se pratique. Pour tenir une arme dans un cadre légal et encadré, commencez par la carte des stands de tir près de chez vous, puis par la licence de tir.
À lire aussi : l’arme de défense légale en France, les armes de catégorie D, le décret 2025-894 sur les armes blanches et le taser de poche.
Article informatif, à jour au 21 septembre 2026. Il ne remplace pas un conseil juridique : en cas de doute, le texte officiel sur Légifrance fait foi.
