Voir un impact proprement à 500, 800 ou 1 000 mètres peut devenir impossible avec une longue-vue, même haut de gamme. Le grossissement augmente l’image, mais également le mirage et les turbulences de l’air. La caméra de cible contourne le problème en filmant le carton à quelques mètres seulement, puis en transmettant l’image jusqu’au pas de tir.
Deux modèles se retrouvent aujourd’hui face à face : la SME Bullseye Long Range, également appelée Sniper Edition, et la LONGSHOT Ranger+. La première annonce une portée supérieure et une autonomie deux fois plus importante. La seconde offre une meilleure définition, une application plus complète et un prix sensiblement plus bas en France.
Notre verdict est simple : la LONGSHOT Ranger+ constitue le meilleur achat pour la majorité des tireurs jusqu’à 900 mètres. La Bullseye garde un intérêt pour les très longues séances et les distances dépassant réellement cette limite.

Bullseye Long Range contre Ranger+ : le comparatif
| Caractéristique | LONGSHOT Ranger+ | SME Bullseye Long Range |
|---|---|---|
| Portée annoncée | 1 000 yards, soit 914 m | 1 mile, soit environ 1 600 m |
| Définition | 1920 × 1080, 2 Mpx | 960p |
| Autonomie annoncée | Environ 6 heures | Jusqu’à 12 heures |
| Connexion | Réseau Wi-Fi autonome | Réseau Wi-Fi autonome |
| Internet nécessaire | Non | Non |
| Smartphone et tablette | iOS et Android | iOS et Android |
| Repérage des nouveaux impacts | Oui, mode clignotant | Oui |
| Marquage et numérotation | Oui | Oui |
| Mesure des groupements | Oui | Selon les fonctions de l’application |
| Calcul des corrections | Oui | Aide à la mise à zéro |
| Photos et vidéos | Oui | Oui |
| Prix constaté en France* | Environ 399 € | Environ 500 à 740 € |
* Prix relevés le 30 août 2026, susceptibles d’évoluer.
À quoi sert réellement une caméra de cible ?
Une longue-vue observe la cible depuis le pas de tir. Entre son objectif et le carton se trouvent plusieurs centaines de mètres d’air, de chaleur et de turbulences. Lorsqu’un mirage important apparaît, augmenter le grossissement ne résout rien : cela agrandit surtout une image déjà déformée.
Une caméra de cible fonctionne autrement. Elle est installée à proximité du carton et n’a donc que quelques mètres d’air à traverser. Elle transmet ensuite son image par une liaison Wi-Fi privée jusqu’à un récepteur placé près du tireur.
Aucune couverture mobile ni connexion Internet n’est nécessaire. Le mot Wi-Fi désigne ici la liaison locale entre les appareils, pas l’utilisation du réseau du stand ou d’un forfait téléphonique.
Ce système devient particulièrement intéressant :
- à partir de 300 mètres sur cible papier ;
- lorsque le mirage empêche de lire les impacts ;
- pour suivre plusieurs séries sans interrompre le tir ;
- pour mesurer et conserver ses groupements ;
- pendant une séance de développement de charge ;
- lorsqu’il est difficile ou long de rejoindre les cibles.
À 100 mètres, une bonne longue-vue de tir reste souvent plus simple. À 500 mètres et au-delà, la caméra apporte un confort qu’aucun grossissement ne peut complètement remplacer.
Portée : avantage Bullseye, au moins sur la fiche technique
La LONGSHOT Ranger+ est annoncée pour une liaison maximale de 1 000 yards, soit environ 914 mètres. La Bullseye Long Range revendique pour sa part une portée de 1 mile, équivalente à environ 1 600 mètres.
Sur le papier, l’avantage de la Bullseye est incontestable. Il faut toutefois remettre ces chiffres dans leur contexte.
Les portées sont mesurées avec une ligne de vue dégagée entre la caméra et le récepteur. Un relief, une butte, des arbres, un véhicule ou un récepteur placé trop bas peuvent réduire la qualité de la liaison. À l’inverse, sur un terrain ouvert avec les antennes correctement orientées et légèrement surélevées, les deux systèmes disposent d’une réserve confortable.
Pour un tireur français pratiquant entre 300 et 600 mètres, cette différence de portée ne change pratiquement rien. Même à 800 mètres, la Ranger+ reste dans son domaine annoncé. La Bullseye prend véritablement l’avantage lorsque les séances dépassent régulièrement 900 mètres.
Pour une pratique extrême autour de 1 600 mètres, nous préférerions cependant nous tourner vers un système spécifiquement conçu pour cette discipline, comme la LONGSHOT LR-3 et sa portée annoncée de deux miles. Elle coûte beaucoup plus cher, mais son architecture correspond davantage aux contraintes de l’ELR.
Qualité d’image : la Ranger+ passe devant
La Ranger+ utilise une caméra de 2 mégapixels en 1920 × 1080 pixels. La fiche technique actuelle de la Bullseye annonce une image en 960p.

L’écart ne transforme pas radicalement l’utilisation : la caméra se trouvant près de la cible, les deux modèles peuvent montrer des impacts qui seraient invisibles depuis le pas de tir. La définition supérieure de la Ranger+ apporte néanmoins une image plus détaillée, particulièrement utile lorsque plusieurs impacts sont proches ou que le carton commence à être chargé.
La qualité finale dépend aussi :
- de la distance entre la caméra et le carton ;
- du cadrage ;
- de l’éclairage ;
- de la stabilité de la liaison ;
- de la taille et de la résolution de la tablette ;
- du contraste entre le visuel de cible et les impacts.
Le fabricant recommande de positionner la Ranger+ environ 3 à 4,5 mètres derrière la cible. Il faut ensuite ajuster manuellement l’orientation de l’objectif depuis l’image affichée sur le téléphone.
Pour une cible papier classique et des groupements serrés, la Ranger+ possède donc le meilleur potentiel visuel. La différence sera moins déterminante sur un grand gong fraîchement peint.
Autonomie : la Bullseye reprend nettement l’avantage
La Ranger+ annonce environ six heures de fonctionnement. Cela couvre une séance classique, mais laisse peu de marge pour une journée complète, surtout si le matériel est mis en place longtemps avant le début du tir.
La Bullseye peut atteindre douze heures d’autonomie. C’est son avantage le plus concret, davantage encore que sa portée maximale.

Cette autonomie supplémentaire peut décider du choix pour :
- une compétition ou un rassemblement durant toute la journée ;
- un stand où l’accès aux cibles n’est autorisé qu’à de rares interruptions ;
- une installation utilisée successivement par plusieurs tireurs ;
- une séance comprenant de longues périodes d’attente.
Dans tous les cas, les deux éléments du système doivent être chargés : la caméra placée à la cible et le récepteur conservé près du tireur. Une batterie externe compatible peut constituer une sécurité, mais il faut vérifier les possibilités d’alimentation pendant l’utilisation avant de compter dessus.
Application : LONGSHOT propose les meilleurs outils
Le matériel ne représente que la moitié du système. Une excellente caméra associée à une application instable devient rapidement inutilisable sur le pas de tir.
L’application LONGSHOT permet notamment de :
- regarder la cible en direct ;
- zoomer et déplacer l’image ;
- faire clignoter les nouveaux impacts ;
- placer des marqueurs colorés ;
- numéroter les tirs ;
- séparer plusieurs groupements ou tireurs ;
- mesurer la taille d’un groupement ;
- calculer une correction de mise à zéro ;
- enregistrer des photos et des vidéos ;
- conserver l’historique des séances.
L’application a été profondément remaniée et mise à jour en juin 2026. Elle prend également en charge plusieurs caméras et propose un mode permettant d’enregistrer le tireur en surimpression de la cible. Sur le plan fonctionnel, la Ranger+ dispose ainsi du logiciel le plus intéressant pour le TLD et le développement de charge.
Tout n’est pas parfait pour autant. L’application LONGSHOT affiche une note d’environ 2,9/5 sur Google Play, avec des témoignages faisant état de difficultés de connexion ou de compatibilité sur certains téléphones et certaines tablettes. La mise à jour récente vise précisément à améliorer la détection des caméras et la stabilité du flux, mais la prudence reste justifiée.
L’application Bullseye Target Manager a elle aussi été actualisée en février 2026. Elle propose la visualisation en direct, une assistance à la mise à zéro, une galerie et l’enregistrement des séances. Sa note Android est encore plus basse, autour de 2,6/5.
Avant d’acheter l’un ou l’autre système, nous conseillons donc de télécharger l’application sur l’appareil prévu pour le stand. Une tablette dédiée, conservée avec la caméra et dont les mises à jour automatiques sont désactivées, évite bien des mauvaises surprises.
Installation et transport
La Ranger+ a été pensée comme un modèle compact. La caméra et le récepteur disposent de pieds rabattables ainsi que d’un filetage compatible avec un trépied photographique. L’ensemble se met en place rapidement et se transporte plus facilement qu’un ancien système logé dans une grande mallette technique.
La Bullseye reste plus volumineuse. Elle possède quatre pieds crantés et télescopiques, une tête orientable, un pare-soleil intégré, un éclairage LED et un récepteur Wi-Fi amovible. Sa conception paraît davantage destinée à être installée pour une longue séance qu’à être déplacée fréquemment d’une cible à l’autre.
Dans les deux cas, l’installation impose quelques précautions :
- Attendre l’autorisation d’accéder aux cibles.
- Placer la caméra en dehors de l’axe de tir.
- Tenir compte des éclats provenant des gongs métalliques.
- Orienter la caméra et le récepteur l’un vers l’autre.
- Contrôler le cadrage avant de revenir au pas de tir.
- Tester la liaison avant la reprise des tirs.
Une caméra de cible ne doit jamais être placée directement sous un gong ou dans une zone exposée aux projections. Une plaque de protection peut arrêter certains fragments, mais elle ne remplace ni un placement intelligent ni le respect des consignes du stand.
Prix : la Ranger+ offre le meilleur rapport performance/prix
La LONGSHOT Ranger+ est proposée autour de 399 € chez plusieurs vendeurs français, contre un tarif public annoncé à 459 €. À ce niveau, elle offre une portée suffisante pour la grande majorité des stands, une définition Full HD et l’écosystème logiciel le plus complet.
La Bullseye Long Range apparaît à des prix nettement plus variables. Nous l’avons trouvée autour de 500 € chez un revendeur français, mais également à plus de 700 € ailleurs.
À 500 €, la Bullseye peut se défendre si ses douze heures d’autonomie ou sa portée de 1 600 mètres répondent à un besoin précis. À plus de 700 €, son image en 960p et son application moins convaincante rendent son positionnement beaucoup plus difficile à justifier.
En occasion, la situation change. Une Bullseye complète, avec une batterie encore saine, son récepteur, son chargeur et tous ses accessoires, peut être intéressante autour de 250 à 300 €. Il faudra impérativement tester la connexion avec son propre téléphone avant la vente.
Quelle caméra choisir selon votre distance ?
Entre 100 et 200 mètres
Commencez par une longue-vue correcte. Une caméra de cible apporte du confort, mais son installation et son prix ne sont pas toujours justifiés à cette distance.
Entre 300 et 600 mètres
La LONGSHOT Ranger+ est le choix le plus logique. Sa portée laisse une marge importante, son image est mieux définie et son application facilite le suivi des groupements.
Entre 600 et 900 mètres
La Ranger+ reste notre recommandation, à condition de disposer d’une ligne de vue bien dégagée. Il faut soigner la hauteur et l’orientation du récepteur.
Entre 900 et 1 600 mètres
La Bullseye possède l’avantage théorique grâce à sa portée annoncée d’un mile. Pour une pratique régulière de l’ELR, la LONGSHOT LR-3 représente cependant une solution plus moderne et plus évolutive.
Pour une journée complète au stand
La Bullseye reprend l’avantage avec ses douze heures d’autonomie. La Ranger+ conviendra mieux aux séances ne dépassant pas cinq à six heures.
Notre verdict
La LONGSHOT Ranger+ remporte ce comparatif. Elle coûte moins cher, délivre une image Full HD et dispose de fonctions particulièrement utiles pour mesurer les groupements, différencier les séries et calculer les corrections de mise à zéro. Jusqu’à 900 mètres, elle répond aux besoins de presque tous les tireurs sportifs.
La SME Bullseye Long Range n’est pas un mauvais système. Sa portée annoncée de 1 600 mètres et son autonomie de douze heures restent supérieures. Son prix plus élevé, sa définition limitée à 960p et une application moins convaincante la réservent toutefois à des usages particuliers.
Notre choix par profil :
- Meilleur choix général : LONGSHOT Ranger+
- Meilleure autonomie : Bullseye Long Range
- Meilleur choix jusqu’à 900 m : LONGSHOT Ranger+
- Meilleur choix au-delà de 900 m : Bullseye, ou idéalement LONGSHOT LR-3
- Meilleure affaire d’occasion : Bullseye complète sous 300 €
- Meilleur rapport qualité-prix neuf : LONGSHOT Ranger+
Pour découvrir les autres équipements utiles à ces distances, retrouvez également notre dossier consacré au tir longue distance.
Questions fréquentes
Une caméra de cible a-t-elle besoin d’Internet ?
Non. La caméra et son récepteur créent leur propre réseau Wi-Fi. Le système fonctionne donc dans un stand isolé, sans réseau mobile et sans box Internet.
La LONGSHOT Ranger+ fonctionne-t-elle vraiment à 1 000 yards ?
Le fabricant annonce une portée de 1 000 yards, soit 914 mètres, avec une ligne de vue dégagée. Le relief, la végétation et un récepteur placé trop bas peuvent réduire cette distance.
Quelle est l’autonomie de la Ranger+ ?
LONGSHOT annonce environ six heures. Il est prudent de recharger complètement la caméra et le récepteur avant chaque séance.
Quelle est l’autonomie de la Bullseye Long Range ?
La Bullseye annonce jusqu’à douze heures de fonctionnement, soit environ deux fois plus que la Ranger+.
Peut-on utiliser ces caméras sur un gong métallique ?
Oui, mais leur placement demande davantage de précautions à cause des fragments et projections. La caméra doit rester hors de l’axe de tir, suffisamment éloignée et, si possible, protégée par un écran adapté.
Peut-on mesurer un groupement avec l’application ?
L’application LONGSHOT permet de placer des marqueurs, d’étalonner l’image et de mesurer la taille d’un groupement. Elle peut également calculer les corrections nécessaires pour déplacer le point moyen vers le point visé.
Faut-il choisir un téléphone ou une tablette ?
Les deux fonctionnent, mais une tablette offre un écran plus lisible pour distinguer les impacts et manipuler les marqueurs. Un appareil réservé au stand limite aussi les problèmes provoqués par les mises à jour.
Ce comparatif repose-t-il sur un essai au stand ?
Non. Il repose sur les caractéristiques publiées par les fabricants, les documentations disponibles, les versions actuelles des applications et les prix constatés en France au 30 août 2026. Les portées et autonomies indiquées sont donc des valeurs annoncées, pas des mesures Blackope.
Avant l’achat : comparez le prix, la portée annoncée, l’autonomie et la disponibilité de l’application avant de commander. La Ranger+ convient à la majorité des séances jusqu’à 900 mètres ; la Bullseye garde l’avantage pour l’autonomie et les distances supérieures.
À lire aussi : notre guide du tir longue distance, notre sélection de longues-vues pour le tir et le comparatif LONGSHOT LR-3 ou Ranger+.
Crédits et sources techniques
Visuels éditoriaux réalisés à partir des photographies produit de LONGSHOT Target Cameras et de SME. Caractéristiques vérifiées auprès des fabricants, des applications officielles et des distributeurs français au 30 août 2026.
