Dossier approfondi le 5 novembre 2026.
Le Fair Carrera IV calibre 20 présenté en France est un superposé de sport à bascule en acier noire et crosse en noyer avec busc réglable. Son calibre ne suffit pas à en faire un fusil léger : Simac publie une masse de 3,3 à environ 3,4 kg selon la partie de sa fiche. Les éléments les plus intéressants du dossier sont sa construction, les différences entre marchés et les conditions réelles de sa garantie annoncée jusqu’à dix ans.
La référence étudiée est la DC432TR, associée par l’importateur au code RGA CK444. Cette précision évite de confondre le modèle français avec un Carrera d’une autre génération ou avec les configurations américaines du Carrera IV. Elle permet aussi de distinguer ce que le catalogue établit de ce qu’un véritable essai devrait encore mesurer.
Un Carrera de sport dans une histoire industrielle italienne
F.A.I.R. signifie Fabbrica Armi Isidoro Rizzini. La présentation de la marque par Simac situe sa création en 1971 dans le Val Trompia, près de Brescia, et décrit une production de fusils de chasse et de sport. Le Carrera appartient à cette seconde branche. Cette histoire situe le constructeur ; elle ne constitue pas un résultat de fiabilité du Carrera IV en calibre 20.
La gamme couvre plusieurs configurations, ce qui rend insuffisante une recherche sur le seul mot Carrera. Le numéro de génération, le calibre, la longueur des canons et la crosse permettent de préciser l’objet. Le code commercial français ajoute un niveau d’identification plus exact que la ressemblance d’une photo.
La version française : une configuration précise
La fiche Simac DC432TR comporte une ligne commerciale à crosse réglable. Elle décrit une bascule en acier monobloc à finition noire mate, du noyer poncé huilé, une mono-détente sélective et des éjecteurs automatiques. Cinq chokes interchangeables TECHNICHOKE SPORT XP70 et une mallette de transport sont annoncés dans la fourniture.
Le texte général mentionne aussi une crosse fixe, mais cette autre configuration n’apparaît pas comme une seconde ligne dans le tableau consulté. Nous ne la présentons donc pas comme une variante française équivalente et identifiée sous DC432TR. Une description de famille ne remplace pas une référence précise.
| Indication | Valeur | Ce qu’elle identifie |
|---|---|---|
| Référence Simac | DC432TR | La configuration commerciale française |
| Référence RGA | CK444 | L’entrée administrative du Carrera IV 20/76 |
| Calibre / chambre | 20 / 76 mm | Deux informations, pas une longueur de canon |
| Canons | 760 mm, soit 76 cm | La longueur de chacun des deux canons |
| Longueur totale | 1 200 mm, soit 120 cm | La longueur inscrite pour CK444 au RGA |
| Classement français | C 1° c) | Le classement de cette référence, sans généralisation à toute la gamme |
L’export officiel du RGA du 11 septembre 2026 confirme sous CK444 un Carrera IV fabriqué en Italie, à deux canons lisses de 760 mm, pour 1 200 mm de longueur totale et un classement C 1° c). Ces données identifient cette entrée ; elles ne constituent pas une validation générale de toutes les références Carrera.
Le calibre 20 ne résume ni le gabarit ni l’équilibre
Le tableau Simac donne 3 300 g, tandis que son texte indique environ 3,4 kg. La différence de 100 g n’est pas expliquée. Rien ne permet de l’attribuer à une évolution, à une crosse différente ou à une dispersion de fabrication ; calculer une moyenne de 3,35 kg donnerait une précision artificielle.
Ces deux valeurs suffisent toutefois à écarter une lecture fondée sur le seul calibre : le Carrera IV 20 décrit ici appartient à un gabarit de sport d’environ 3,3 à 3,4 kg et 1,20 m. La désignation « 20 » ne donne ni sa masse réelle ni celle de ses composants. La construction et les dimensions du modèle comptent autant que ce nombre pour comprendre l’objet.
L’équilibre est encore une autre question. Deux fusils de même masse peuvent répartir cette masse différemment. Les documents ne publient pas de mesure permettant de situer le centre de gravité du DC432TR ni de le comparer dans un protocole commun. Les qualificatifs commerciaux sur son équilibre ou sa légèreté restent donc des appréciations, pas des résultats que l’on peut déduire du tableau.
XR-STOCK : un busc distinct dans une crosse en noyer
Les photographies officielles rendent bien visible l’architecture : le busc est une pièce supérieure séparée, portée par deux supports, tandis que le corps de la crosse conserve sa forme en noyer. XR-STOCK désigne le dispositif annoncé par Fair ; sa présence ne signifie pas que toutes les dimensions de la crosse varient.
Cette construction peut être décrite et reconnue sans lui attribuer un confort universel. La forme du bois, la surface de contact, la position de la main et la morphologie de l’utilisateur participent à l’appréciation d’ensemble. Aucun retour consultable sur ce modèle exact ne permet ici de quantifier le confort après une longue séance ou la facilité des réglages. Les images ne donnent pas non plus une plage chiffrée complète.
La finition poncée huilée décrit le traitement esthétique du noyer ; elle ne garantit pas un dessin de veinage identique à celui des photos. La bascule noire mate est, en revanche, un repère visuel explicite de la configuration française décrite. Distinguer ces deux niveaux évite de prendre une illustration représentative pour la photographie de chaque exemplaire.

Les Carrera IV américains ne sont pas la même fiche en anglais
La présentation d’Italian Firearms Group du 21 juillet 2025 décrit pour le marché américain une bascule claire, dite coin-finished, des versions en calibres 12 et 20 et des canons de 30 ou 32 pouces. Le nom Carrera IV est commun, mais le périmètre commercial est plus large que la ligne française DC432TR.
Trente pouces représentent 76,2 cm : la proximité avec les 76 cm français peut expliquer un rapprochement de résultats de recherche, sans établir une identité complète de configuration. Les 32 pouces décrivent encore une autre longueur. Ni ces valeurs ni la finition claire ne deviennent automatiquement des options françaises parce que le nom de famille correspond.
Ce contraste est utile pour lire les images et les avis internationaux. Une observation sur un Carrera IV américain n’est pas à rejeter par principe, mais il faut d’abord identifier le calibre, la crosse et la configuration concernés. Les transférer sans distinction au DC432TR ferait disparaître précisément les différences que les importateurs documentent.
Budget publié et contenu annoncé
Au relevé du 5 novembre 2026, Simac affiche un prix public conseillé de 1 945 € TTC pour DC432TR. Ce chiffre situe la configuration à crosse réglable dans le catalogue français ; il ne décrit pas une transaction réalisée ni une cote d’occasion. La mallette et les cinq chokes annoncés font partie du périmètre de la fiche.
Le contenu et la référence doivent rester attachés au montant. Un tarif portant seulement le nom Carrera IV, sans marché, crosse ni calibre, n’est pas directement comparable. De même, la présence de pièces interchangeables ne garantit pas que tous les accessoires de la marque conviennent à cette version : l’appartenance à une famille commerciale n’établit pas chaque compatibilité.
Garantie : comprendre le passage de cinq à dix ans
Les conditions publiées par Simac distinguent une garantie contractuelle initiale gratuite de cinq ans et une extension de cinq ans. Les armes de sport sont explicitement incluses. La durée de dix ans affichée sur une fiche suppose donc que l’extension soit effectivement accordée pour l’exemplaire concerné.
Schéma de lecture des conditions publiques. Les garanties légales restent distinctes de ce dispositif contractuel.
La page de présentation Fair précise qu’un certificat est transmis après la demande d’extension et qu’il doit être conservé avec la facture. Le certificat est donc plus probant qu’un logo pour connaître la couverture d’un exemplaire. Simac indique également que les détenteurs successifs bénéficient des garanties jusqu’à leur expiration, sans nouveau départ de durée.
Autre détail utile : Simac annonce une livraison de pièces à l’armurier en 72 heures, sauf rupture exceptionnelle. Ce délai porte sur les pièces ; il ne garantit pas que tout diagnostic et toute réparation seront terminés en trois jours. Confondre ces deux engagements ferait disparaître le temps propre à l’intervention.
Enfin, une garantie longue est un engagement de service, pas une mesure de longévité mécanique. Elle s’ajoute au cadre légal sans le remplacer, comme le rappelle Service Public sur les garanties commerciales. Les pièces couvertes et les exclusions doivent être lues dans les documents remis pour le produit, et non déduites du seul nombre d’années.
Les comparaisons utiles et ce qu’il reste à établir
Le Carrera IV se situe parmi les superposés de sport, une famille à laquelle appartiennent aussi des configurations du Browning B525 Trap et du Beretta 687 Silver Pigeon. Ces dossiers servent à comprendre d’autres constructions et gammes. Ils ne fournissent pas une comparaison à conditions égales avec ce Fair en calibre 20 : les configurations, les masses et les sources d’essai doivent rester identifiées séparément.
Un essai exact du Carrera IV 20/76 est annoncé dans le sommaire de La Revue nationale de la chasse de juin 2026. Son texte intégral n’a pas été consulté. Le simple fait qu’un essai existe ne nous autorise pas à en inventer la pesée, les appréciations ou les conclusions. Blackope n’a pas essayé ce fusil.
Notre appréciation : une configuration cohérente, sans verdict d’essai prématuré
Le DC432TR possède une identité bien établie : superposé de sport en calibre 20, bascule en acier noire, noyer et busc distinct, avec une fourniture et un cadre de service français documentés. Son gabarit montre pourquoi il doit être compris comme un modèle précis, plutôt que comme la simple déclinaison « légère » que pourrait suggérer son calibre.
Les points à surveiller dans la lecture des offres sont tout aussi nets : masse divergente à l’intérieur de la fiche, mention générique d’une crosse fixe, versions étrangères différentes et extension de garantie à confirmer. La construction et le service sont suffisamment documentés pour une analyse argumentée. La qualité d’ajustage d’un exemplaire, son équilibre ressenti et son endurance demandent encore un retour exact et consultable ; les adjectifs de présentation ne comblent pas ce manque.
Questions fréquentes
Pourquoi le nombre 76 apparaît-il deux fois dans la désignation ?
Dans 20/76, il désigne la chambre nominale en millimètres. Pour les canons, 76 est une longueur en centimètres, soit 760 mm. Ces deux indications ne s’additionnent pas pour calculer la longueur totale du fusil.
La référence DC432TR décrit-elle aussi une crosse fixe ?
Le tableau commercial consulté associe DC432TR à une crosse réglable. Le texte général évoque une autre configuration, mais sans seconde ligne identifiée : elle ne doit pas être assimilée à cette référence précise.
Le bois sera-t-il identique à celui des photographies ?
Le noyer poncé huilé décrit la matière et la finition annoncées. Le veinage d’un matériau naturel peut varier ; une photographie de présentation ne constitue pas l’image contractuelle de chaque exemplaire de la série.
Le certificat d’extension de garantie remplace-t-il la facture ?
Simac indique de conserver le certificat avec la facture. Les deux documents n’ont pas le même rôle : l’un atteste l’extension accordée, l’autre établit l’achat et ses informations utiles à la prise en charge.
Les 72 heures annoncées couvrent-elles toute une réparation ?
La page Simac parle de la livraison de pièces de rechange à l’armurier, sous réserve de disponibilité. Elle ne promet pas que le diagnostic, l’intervention et la restitution seront tous achevés dans ce même délai.
L’article reprend-il les conclusions de l’essai de juin 2026 ?
Non. Le sommaire de La Revue nationale de la chasse confirme un sujet consacré au Carrera IV 20/76, mais le texte intégral n’a pas été lu. Aucun résultat de cet essai n’est attribué à Blackope ou reconstitué à partir de son titre.
À lire aussi : le dossier consacré au Beretta 687 Silver Pigeon, autre famille de superposés, et notre dossier sur les protections auditives au stand.
