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Le 5,45 × 39 : la cartouche que la C.I.P. porte deux fois

Huit cartouches de 5,45 x 39 à étui vernis vert debout et couchées sur le comptoir d'une armurerie

Le 5,45 × 39 figure deux fois au catalogue de la C.I.P. Une fois sous son nom, déposé par l’URSS. Une fois sous le nom « 215 », déposé par l’Allemagne cinq mois plus tôt, sur le même étui au centième de millimètre près.

Ce n’est pas une erreur de catalogue, et les deux fiches ne disent pas la même chose. Elles partagent l’étui, le culot et l’âme du canon, et elles divergent sur tout ce qui se décide après : le nombre de rayures, le pas, la pression, l’énergie retenue et le saut de balle. Voici les deux documents, ligne par ligne.

Deux fiches, un seul étui

Nous avons relevé les deux cent dix fiches françaises du tableau I de la C.I.P., celui des cartouches à gorge. Deux d’entre elles décrivent le même étui.

Cote C.I.P.5,45 × 39215
Pays d’origineURSSAllemagne
Date de la fiche23 juillet 199227 février 1992
Bourrelet10,00 mm10,00 mm
Corps d’étui10,00 mm10,00 mm
Base d’épaulement9,25 mm9,25 mm
Début d’épaulement30,00 mm30,00 mm
Gorge d’extraction8,60 mm8,60 mm
Âme / fond de rayure5,40 / 5,60 mm5,40 / 5,60 mm
Section d’âme23,99 mm²24,01 mm²
Rayures4 de 2,60 mm6 de 1,81 mm
Pas de rayures195,00 mm214,00 mm
Pression maximale3550 bar3800 bar
Énergie retenue1800 J1505 J
Cote G de la chambre8,26 mm5,12 mm
Longueur d’étui39,82 mm39,60 mm
Longueur hors tout57,00 mm58,00 mm
Fiches C.I.P. tableau I du 5,45 × 39 et du 215, relevées le 16 septembre 2026.

Les neuf premières lignes de cotes sont identiques. Le culot, le corps, l’épaulement, la gorge d’extraction, l’épaisseur de culot, les angles de gorge, l’âme et le fond de rayure : tout ce qui fait un étui et un canon de 5,45 est commun aux deux documents. Même la cote de mesure de pression est à 17,50 mm sur les deux fiches.

Puis viennent les six lignes surlignées, et elles ne se ressemblent plus du tout.

Ce qui change est dans le canon

Les canons du 5,45 x 39 et du 215 Deux vues de bouche : quatre rayures larges contre six etroites, sur la meme ame. Le même étui, deux canons : 4 rayures contre 6 Vue de bouche, angles exacts : l’acier en noir, le vide en clair. La C.I.P. porte cet étui deux fois, sous deux noms. 5,45 × 39 URSS · fiche du 23 juillet 1992 4 rayures de 2,60 mm pas de 195,00 mm 3550 bar · 1800 joules saut de balle 8,26 mm 215 Allemagne · fiche du 27 février 1992 6 rayures de 1,81 mm pas de 214,00 mm 3800 bar · 1505 joules saut de balle 5,12 mm Même âme, même fond de rayure, même étui, même culot. Les deux fiches donnent une âme de 5,40 mm, un fond de rayure de 5,60, un bourrelet de 10,00, un corps de 10,00 et un épaulement au même endroit. Elles ne diffèrent que par ce qui se décide dans le canon et dans la charge. À un point près, elles creusent même la même proportion de circonférence : 221° de rayure sur 360 d’un côté, 226 de l’autre. Le découpage change, pas la part. La profondeur de rayure vaut 0,10 mm : elle est grossie dix fois sur le dessin, sans quoi elle ferait trois pixels. Les angles, eux, sont exacts. Fiches C.I.P. tableau I, relevées le 16 septembre 2026.
Les angles des rayures sont calculés sur les cotes N et b des fiches, pas dessinés à vue. Seule la profondeur est grossie, et la légende le dit.

La fiche soviétique donne quatre rayures de 2,60 mm. La fiche allemande en donne six de 1,81. Sur la même âme de 5,40 mm, ce sont deux canons différents, et c’est la vue de bouche qui le montre : un profil de côté ne dit rien du nombre de rayures.

Voici pourtant ce qu’on ne voit pas en regardant le dessin, et qui se calcule. La demi-largeur angulaire d’une rayure vaut l’arc sinus de sa largeur divisée par le diamètre de fond de rayure :

  • 5,45 × 39 : quatre rayures de 55,3°, soit 221° de creux sur 360.
  • 215 : six rayures de 37,7°, soit 226° de creux sur 360.

Les deux canons enlèvent la même proportion d’acier, à un point de pourcentage près. Ce n’est pas la quantité de métal creusée qui les sépare, c’est le découpage : quatre morceaux larges d’un côté, six étroits de l’autre. Le reste des écarts se lit en trois lignes.

Le pas d’abord. Un tour en 195,00 mm sur la fiche soviétique, contre 214,00 sur l’allemande. Le premier est le septième pas le plus rapide des deux cent six fiches du tableau I qui en publient un : il stabilise une ogive longue, ce qui est la définition d’un projectile militaire à haute pénétration. Le second est plus lent de 10 %.

La pression ensuite, et c’est un paradoxe apparent. La fiche allemande autorise 3800 bar quand la soviétique s’arrête à 3550, soit 7 % de plus. Appliquée à la section d’âme, cette pression donne une poussée au culot de balle de 9 124 newtons contre 8 516. Et pourtant c’est la fiche soviétique qui retient la plus grosse énergie : 1800 joules contre 1505. Plus de pression autorisée, moins d’énergie déposée : les deux documents ne décrivent manifestement pas la même munition dans le même étui.

Le saut de balle enfin. La cote G de la colonne CHAMBRE MINI donne la distance entre la bouche de l’étui et le début des rayures. Elle vaut 8,26 mm côté soviétique et 5,12 côté allemand, soit 48,08 et 44,72 mm depuis le culot. Trois millimètres et demi d’écart sur une cartouche de cette taille, c’est considérable. Nous avons détaillé cette cote, qui ne figure dans aucune fiche produit, dans nos dossiers sur le .458 Lott et le .45 GAP.

Un pays qui n’existait plus depuis sept mois

Un détail de la première ligne mérite qu’on s’y arrête. La fiche du 5,45 × 39 porte « URSS » comme pays d’origine, et elle est datée du 23 juillet 1992. L’Union soviétique avait cessé d’exister le 26 décembre 1991, sept mois plus tôt.

Ce n’est pas unique, mais c’est rare. Sur les quatre tableaux de la C.I.P., six fiches seulement portent la mention « SU » : le 7,62 × 54 R de 1984, le 7,62 × 39 de 1989, le 7,62 × 25 Tokarev de 1990, le 9 mm Makarov de 1991, le 5,45 × 39 de 1992 et le 5,45 × 18 de 1993. Les deux dernières sont postérieures à la dissolution, et elles ont depuis été révisées, en 2015 pour l’une : la mention est restée.

Ce détail administratif a une conséquence très concrète. C’est cette fiche de 1992 qui permet aujourd’hui de vendre légalement de la munition 5,45 × 39 en Europe : sans cote déposée, pas de banc d’épreuve, et sans épreuve, pas de commerce. Les boîtes de surplus vendues en France portent d’ailleurs la mention « C.I.P. » comme argument de vente, et c’est à ce document qu’elles renvoient.

Le comparateur du tableau I

L’outil applique les mêmes lectures à dix cartouches à gorge et les compare au 5,45 × 39 : la poussée au culot, l’énergie retenue, le découpage du canon et la position du début des rayures.

Comparer au 5,45 × 39

Ce que cet outil ne fait pas : il lit des fiches et applique une multiplication. Il ne dit jamais ce qui se chambre dans quoi, et la poussée au culot n’est pas une performance sur cible : elle ne dit rien de la vitesse, de la précision ni du comportement de l’ogive. Seul le marquage du canon fait foi. Les onze jeux de cotes viennent des fiches TDCC publiques du tableau I, relevées le 16 septembre 2026. L’énergie retenue n’est pas une performance mesurée : c’est la valeur attachée à la cartouche telle qu’elle a été déposée.

Face au .223 Remington

C’est la comparaison que tout le monde cherche, et les fiches y répondent sans détour. Le 5,45 × 39 et la .223 Remington ont été dessinés pour le même emploi, à quinze ans d’écart, de part et d’autre du rideau de fer.

  • Longueur hors tout : 57,00 mm contre 57,40. Quarante centièmes d’écart. La cote de 57,40 mm est celle du puits de chargeur d’un AR-15, et treize fiches du tableau I la portent : voir notre dossier sur la .224 Valkyrie. Le 5,45 se range dans la même tranche, par une autre voie.
  • Énergie retenue : 1800 joules contre 1825. Vingt-cinq joules d’écart, soit 1,4 %.
  • Pression : 3550 bar contre 4300. Le soviétique obtient donc la même énergie déposée avec 750 bar de moins.
  • Poussée au culot : 8 516 newtons contre 10 763. La .223 pousse 26 % plus fort.
  • Pas de rayures : 195,00 mm contre 305,00. Le 5,45 tourne beaucoup plus vite.
  • Saut de balle : 8,26 mm contre 2,18. Le 5,45 saute presque quatre fois plus loin.

De cette série, une lecture ressort. Si l’on divise l’énergie retenue par la poussée au culot, on obtient une longueur : celle sur laquelle cette force devrait s’appliquer pour produire cette énergie. Elle vaut 211 mm pour le 5,45 × 39 et 170 pour la .223 Remington. Ce n’est pas la longueur du canon, ce n’est pas une mesure : c’est un rapport, et il dit que le soviétique tire davantage de chaque newton.

Ce que donne la munition réelle

La fiche retient 1800 joules. La munition de surplus vendue en France est annoncée par les détaillants à 900 m/s pour une ogive de 3,45 g, soit 53 grains, ce qui donne 1 397 joules à la bouche. La charge réelle est donc 23 % en dessous du plafond de la fiche.

C’est l’inverse de ce que nous avons relevé sur les gros calibres de chasse, où les charges d’usine américaines dépassent parfois l’énergie retenue. L’énergie retenue n’est ni un plancher ni une performance garantie : c’est une valeur de référence attachée à la cartouche au moment du dépôt, et une munition militaire de surplus n’a aucune raison de la viser.

Carabine de type AK-74 sur support d'exposition avec des cartouches de 5,45 x 39 à étui vernis sur un comptoir d'armurerie
Le chargeur incurvé trahit la conicité de l’étui : 10,00 mm au corps, 9,25 à la base de l’épaulement.

Prix et disponibilité du 5,45 × 39 en France

La filière existe, elle est entièrement alimentée par du surplus, et elle est irrégulière. Relevé du 16 septembre 2026 :

  • 54,90 € les cent pour une ogive blindée de 52 grains issue d’arsenaux russes, vendue avec la mention C.I.P., soit 0,55 € le coup. En stock au jour du relevé.
  • 36,90 € les cent pour une ogive blindée de 53 grains d’un conditionneur allemand, soit 0,37 € le coup. En rupture, avec alerte de réapprovisionnement.

Entre les deux références, 49 % d’écart au coup, et la moins chère est celle qui manque. C’est le régime normal d’un calibre de surplus : le prix suit l’arrivage, pas le marché. À ces tarifs, le 5,45 × 39 reste l’un des calibres de carabine semi-automatique les moins chers à tirer en France, quand on en trouve.

Quelle arme en 5,45 × 39

Le calibre est conçu pour l’AK-74, adopté par l’Armée rouge en 1974, et il équipe depuis toutes les déclinaisons de cette famille. En France, on le rencontre sur des carabines semi-automatiques de type Kalachnikov, importées d’Europe de l’Est ou fabriquées sous licence, et sur quelques armes à verrou ou à réarmement linéaire construites sur le même étui.

Sur une arme d’occasion, le marquage du canon est à vérifier avant tout le reste. Et pour une raison qui tient à ce dossier : deux fiches C.I.P. décrivent ce même étui avec des canons différents, un pas différent et une pression différente. Une fiche décrit des cotes, elle n’autorise aucun chambrage : la question se pose à un armurier, pas à un tableau.

Recharger le 5,45 × 39

La fiche donne les cotes utiles : ogive de 5,60 mm au maximum, âme 5,40, fond de rayure 5,60, quatre rayures de 2,60 mm, pas de 195,00 mm soit un tour en 7,7 pouces, étui de 39,82 mm, longueur hors tout 57,00 mm, section d’âme 23,99 mm².

Le point de vigilance n’est pas la pression, il est dans les étuis. Le plafond est bas, 3550 bar, la pression individuelle maximale de 4083 et la pression d’épreuve de 4438. Mais la munition de surplus est chargée en étuis d’acier verni à amorce Berdan, qui ne se rechargent pas dans un atelier ordinaire. Le rechargement de ce calibre suppose donc de trouver des étuis laiton à amorçage Boxer, qui sont rares et chers, ce qui annule l’avantage de prix du surplus.

Le pas de 195,00 mm est le second point à connaître : il est fait pour des ogives longues, et un projectile court y sera sur-stabilisé. Pour la méthode, voir notre dossier sur la composition d’une cartouche, notre article sur la balistique du rechargement et la lecture d’une table de rechargement.

En France : catégorie B, et la question du noyau

Une carabine semi-automatique à percussion centrale en 5,45 × 39 relève de la catégorie B : autorisation préfectorale préalable, licence de tir en cours de validité, avis favorable du club et pratique justifiée. Une arme à répétition manuelle sur le même étui, de onze coups au plus, relèverait de la catégorie C. C’est le fonctionnement de l’arme qui décide, pas le calibre : nous détaillons la mécanique du classement dans notre dossier sur les catégories d’armes en France.

Un second point mérite d’être posé clairement, parce qu’il revient à chaque fois sur ce calibre. Les munitions perforantes sont interdites en France, et la munition militaire de 5,45 × 39 est régulièrement décrite comme « à noyau d’acier ». Les deux ne sont pas synonymes : un noyau d’acier doux chemisé de plomb n’est pas un noyau dur de perforation. La fiche C.I.P. ne tranche rien là-dessus : elle publie des cotes et des pressions, jamais la composition d’un projectile. C’est la déclaration du vendeur et, au besoin, l’avis d’un armurier qui font foi.

Pour quel profil le 5,45 × 39 a un sens

Il en a un si vous tirez une carabine de type Kalachnikov en stand, que vous cherchez le coût au coup le plus bas possible et que vous acceptez d’acheter quand il y en a. Entre 0,37 et 0,55 € le coup, il se situe très bas pour une carabine à percussion centrale.

Il n’en a pas si vous rechargez. Étuis d’acier, amorçage Berdan, composants introuvables : ce calibre est fait pour être tiré, pas pour être reconstruit. Une cartouche à amorçage Boxer et à étui laiton, comme le .45 ACP, vous donnera bien plus de latitude.

Et il mérite d’être lu par qui compare des fiches, parce qu’il montre une chose qu’on oublie. Une désignation de calibre ne décrit pas une cartouche : elle décrit un dossier. Ici, le même étui porte deux dossiers, déposés à cinq mois d’intervalle par deux pays, et ils ne donnent ni le même canon, ni la même pression, ni la même énergie. Le même motif se retrouve, à l’envers, sur le 30-284, où un seul nom recouvre deux cartouches différentes.

À lire aussi : la .224 Valkyrie, le .30-06 Springfield, et le .45 GAP.

Questions fréquentes

Le 5,45 × 39 figure-t-il vraiment deux fois au catalogue de la C.I.P. ?

Oui. Le tableau I porte une fiche « 5,45 × 39 », pays d’origine URSS, déposée le 23 juillet 1992 et révisée le 19 mai 2015, et une fiche « 215 », pays d’origine Allemagne, déposée le 27 février 1992 et révisée le 25 mai 2011. Les deux décrivent le même étui : bourrelet 10,00 mm, corps 10,00, base d’épaulement 9,25, épaulement à 30,00 mm du culot, âme 5,40 et fond de rayure 5,60.

Qu’est-ce qui sépare le 5,45 × 39 de la fiche « 215 » ?

Tout ce qui se décide après l’étui. Le canon : quatre rayures de 2,60 mm contre six de 1,81, pour un pas de 195,00 mm contre 214,00. La pression : 3550 bar contre 3800. L’énergie retenue : 1800 joules contre 1505. Et le saut de balle : 8,26 mm contre 5,12, soit un début de rayures à 48,08 mm du culot contre 44,72.

Le 5,45 × 39 est-il plus faible que la .223 Remington ?

En poussée au culot de balle, oui : 3550 bar sur 23,99 mm² donnent 8 516 newtons contre 10 763 pour la .223, soit 26 % de moins. En énergie retenue, non : 1800 joules contre 1825, soit 1,4 % d’écart. Le soviétique obtient donc à peu près la même énergie déposée avec 750 bar de moins.

Quelle est la pression maximale du 5,45 × 39 ?

3550 bar selon la fiche C.I.P. du 23 juillet 1992, révisée le 19 mai 2015, pour une pression individuelle maximale de 4083 bar et une pression d’épreuve de 4438. C’est la même valeur que le 7,62 × 39 et le 9 × 39 : toute la famille Kalachnikov est plafonnée au même niveau, 750 bar sous la .223 Remington.

Quel est le pas de rayures du 5,45 × 39 ?

195,00 mm, soit un tour en 7,7 pouces. C’est le septième pas le plus rapide des deux cent six fiches du tableau I qui en publient un. Le canon compte quatre rayures de 2,60 mm de large, pour une âme de 5,40 mm et un fond de rayure de 5,60.

Pourquoi la fiche indique-t-elle « URSS » alors qu’elle date de 1992 ?

Parce qu’elle a été déposée sous ce nom et que la mention n’a jamais été changée, même à la révision de 2015. L’Union soviétique avait cessé d’exister le 26 décembre 1991, sept mois avant la date de la fiche. Six fiches portent la mention « SU » sur les quatre tableaux, et deux d’entre elles lui sont postérieures : le 5,45 × 39 et le 5,45 × 18.

Peut-on acheter du 5,45 × 39 en France ?

Oui, mais uniquement en surplus et de façon irrégulière. Relevé du 16 septembre 2026 : une ogive blindée de 52 grains d’arsenaux russes à 54,90 € les cent, soit 0,55 € le coup, en stock ; une ogive blindée de 53 grains d’un conditionneur allemand à 36,90 € les cent, soit 0,37 € le coup, en rupture. Les boîtes portent la mention C.I.P., qui renvoie précisément à la fiche de 1992.

Quelle énergie développe une cartouche de 5,45 × 39 ?

La fiche retient 1800 joules. La munition de surplus vendue en France est annoncée à 900 m/s pour une ogive de 3,45 g, soit 53 grains, ce qui donne 1 397 joules à la bouche : 23 % en dessous du plafond de la fiche. L’énergie retenue est une valeur de référence attachée au dépôt, pas une performance garantie.

Le 5,45 × 39 se recharge-t-il ?

Difficilement. La munition disponible est chargée en étuis d’acier verni à amorçage Berdan, qui ne se rechargent pas dans un atelier ordinaire. Il faut donc trouver des étuis laiton à amorçage Boxer, rares et chers, ce qui annule l’avantage de prix du surplus. Les cotes utiles sont une ogive de 5,60 mm au maximum, un étui de 39,82 mm et une longueur hors tout de 57,00 mm.

En quelle catégorie est une arme en 5,45 × 39 en France ?

C’est le fonctionnement de l’arme qui décide, pas le calibre. Une carabine semi-automatique à percussion centrale relève de la catégorie B : autorisation préfectorale, licence de tir en cours de validité et avis favorable du club. Une arme à répétition manuelle de onze coups au plus sur le même étui relèverait de la catégorie C.

Les munitions 5,45 × 39 à noyau d’acier sont-elles interdites ?

Les munitions perforantes sont interdites en France, mais un noyau d’acier doux chemisé de plomb n’est pas un noyau dur de perforation : les deux ne se confondent pas. La fiche C.I.P. ne tranche rien sur ce point, puisqu’elle publie des cotes et des pressions et jamais la composition d’un projectile. C’est la déclaration du vendeur et, au besoin, l’avis d’un armurier qui font foi.