Le .950 JDJ n’a aucune fiche C.I.P. Ni au tableau I, ni au tableau II, ni dans les neuf autres : les onze index publics de la Commission internationale permanente totalisent 665 fiches au 29 septembre 2026, et pas une ne porte ce nom. Ce n’est pourtant pas une question de taille, et c’est là que l’affaire devient intéressante.
Parce que la C.I.P. publie plus gros que lui. Une fiche de son tableau II décrit une cartouche dont l’ogive mesure 25,40 mm, soit le pouce rond, quand le .950 JDJ en fait 24,13. Le motif de l’absence est donc ailleurs, et il dit quelque chose de ce qu’une fiche C.I.P. est vraiment.
Ce que le .950 JDJ est, et ce qu’il n’a pas
La cartouche a été dessinée par l’armurier américain J. D. Jones, de SSK Industries. Son étui part d’une douille de canon de 20 mm, la 20 × 102 Vulcan, raccourcie à environ 70 mm et réalésée pour accepter un projectile de .950 pouce. D’où le nom, et d’où la désignation métrique qu’on lit parfois : 24,1 × 70 mm.
Les chiffres qui circulent viennent tous du fabricant ou de la presse américaine, jamais d’une norme. Les voici, et à côté ce que la C.I.P. aurait publié si elle avait déposé la cartouche.
| Ce qu’on lit sur le .950 JDJ | Source | La cote C.I.P. correspondante |
|---|---|---|
| Ogive de .950 pouce, soit 24,13 mm | conversion du nom | G1 : aucune |
| Étui d’environ 70 mm | fabricant | L3 : aucune |
| Ogive de 3600 grains, soit 230 grammes | fabricant | la C.I.P. ne publie pas la masse d’ogive |
| Environ 670 mètres par seconde | fabricant | la C.I.P. ne publie pas de vitesse |
| Environ 52 450 joules à la bouche | fabricant | EE, énergie retenue : aucune |
| Pression de service | jamais publiée | Pmax, PK, PE : aucune |
| Cotes de chambre | jamais publiées | colonne CHAMBRE MINI : inexistante |
La colonne de droite est le sujet de cet article. Une fiche C.I.P. n’est pas un descriptif commercial : c’est un document à deux colonnes, la cartouche maximale d’un côté, la chambre minimale de l’autre, avec une pression maximale, une pression d’épreuve et une énergie retenue. Le .950 JDJ n’a aucune de ces lignes. Il a des chiffres, il n’a pas de cotes.
D’où vient le .950 JDJ
SSK Industries a été fondée en 1977 par J. D. Jones, d’abord autour du pistolet de chasse et de ses munitions. L’atelier a fini par produire des centaines de cartouches différentes. En 2019, Lehigh Defense l’a racheté et rebaptisé SSK Firearms ; l’entreprise travaille à Wintersville, dans l’Ohio.
Le .950 JDJ est le point extrême de ce catalogue. Les armes qui le tirent portent des canons Krieger très épais et un frein de bouche de 8,2 kg à lui seul ; selon les options elles pèsent de 39 à 54 kg. Impossible de les tirer à l’épaule : l’engin tient du banc d’artillerie autant que de l’arme d’épaule, et il se sert au banc ou sur bipied lourd. Le recul annoncé dépasse 270 joules, là où un .30-06 tourne autour de vingt.
Pour donner une idée du poids : une balle de .950 JDJ pèse 3600 grains, soit 230 grammes. Il en faut vingt-quatre de .308 Winchester à 150 grains, ou quarante-cinq de .223 Remington à 80 grains, pour atteindre la même masse. C’est ce qui vaut à cette cartouche d’être présentée comme la plus puissante jamais produite pour une arme d’épaule.
Trois fusils ont été construits. Les munitions ne sont plus produites depuis 2014. Retenez ces deux phrases : ce sont elles qui expliquent l’absence de fiche, bien plus que les millimètres.
Côté américain, l’arme aurait dû tomber sous le régime des destructive devices du National Firearms Act, qui vise les canons rayés de plus d’un demi-pouce. SSK a obtenu de l’ATF une sporting use exception, et le .950 JDJ est administré comme un fusil ordinaire au niveau fédéral, plusieurs États le prohibant tout de même.
La C.I.P. connaît plus gros que lui
Nous avons relu les 496 fiches des quatre tableaux d’armes à canon rayé, une par une. Toutes publient une ogive maximale, la cote G1 de la colonne CARTOUCHE MAXI. La plus grosse appartient au 4 Bore Rifle, tableau II, pays d’origine les États-Unis, fiche déposée le 27 septembre 1993 et révisée le 15 mai 2002.
Son ogive mesure 25,40 mm, c’est-à-dire un pouce exactement, sur une âme de 24,91. Le .950 JDJ, lui, mesure .950 pouce, soit 24,13 mm. Il passe dessous de 1,27 mm. La plus grosse cartouche rayée que la C.I.P. normalise est donc plus grosse que celle qu’elle ignore.
Le comparateur ci-dessous applique les mêmes lectures à douze fiches réelles, prises dans les quatre tableaux. Chacune a des cotes, une pression et une poussée au culot. Le .950 JDJ n’a rien de tout cela.
Comparer au .950 JDJ
Ce que cet outil ne fait pas : il lit des fiches et applique une formule. Il ne dit jamais ce qui se chambre dans quoi, et il ne compare pas des performances : le .950 JDJ n’ayant pas de fiche, la seule grandeur commune est le diamètre d’ogive, et encore s’agit-il pour lui d’une conversion de son nom. La poussée au culot vaut la pression maximale multipliée par la section d’âme et divisée par dix, en newtons. Les douze jeux de cotes viennent des fiches TDCC publiques des tableaux I à IV, relevées le 29 septembre 2026.
Le reste du haut de table tombe vite : le 700 H&H Nitro Express à 17,78 mm, le 600 Nitro Express à 15,75, le 577 Nitro Express 3 pouces à 14,83. Le 50 Browning, le .50 BMG des catalogues, que l’on cite volontiers comme la référence du gros calibre, tire des balles de 12,98 mm : la moitié. Cinq fiches seulement dépassent le demi-pouce d’âme, et les cinq sont au tableau II, celui des cartouches à bourrelet : c’est là que la chasse coloniale a laissé ses monstres. Le 416 Barrett et le 458 Lott, qu’on tient pour de gros calibres, sont deux fois plus fins.
Un mot sur le 4 Bore Rifle, parce que son nom dit son origine : c’est la version rayée de la jauge 4 des fusils lisses, dont nous racontons les cotes dans notre fiche sur le calibre 4. Sa fiche annonce 2500 bar de pression maximale et une énergie retenue de 10 500 joules, pour une section d’âme de 500,23 mm². Multipliez l’une par l’autre et divisez par dix : la poussée au culot de balle atteint 125 058 newtons, de très loin la plus forte des 488 fiches qui publient les deux valeurs. La deuxième, le 700 H&H, plafonne à 67 746.
Le nom « .950 » dit d’ailleurs plus qu’il n’en a l’air. En relevant les cotes du calibre 4, nous avions noté que les 4 bore d’époque portaient une âme de 0,935 à 0,955 pouce. Le nombre .950 tombe au milieu de cette plage. Ce que J. D. Jones a dessiné n’est donc pas un calibre sorti de nulle part : c’est une jauge 4, rayée, remise au goût du jour un siècle après.
Avec une nuance, et c’est celle de notre fiche sur le 7,62 × 54 R : sur le .950 JDJ le nombre désigne le projectile, alors que sur les 4 bore anciens il désignait l’âme. Le rapprochement est numérique, pas normatif. Il n’en reste pas moins que l’idée est la même, et qu’elle a cent trente ans.
Alors pourquoi pas de fiche ?
Parce qu’une fiche C.I.P. ne récompense pas une prouesse : elle organise un banc d’épreuve. Déposer une cartouche, c’est fixer une chambre minimale que les armuriers pourront usiner, une pression maximale que les munitions devront respecter, une pression d’épreuve à laquelle les armes seront éprouvées, et accepter que des lots soient contrôlés. Cela suppose un déposant, une production, un marché.
Trois fusils et plus de munitions depuis 2014, cela ne fait pas un marché. Il n’y a ni série d’armes à éprouver, ni lots de munitions à contrôler, ni armurier à qui donner une cote de chambre. La C.I.P. n’a rien à normaliser. Ce n’est pas un jugement sur la cartouche, c’est la définition de l’outil.
J. D. Jones est pourtant dans les tables
Voici le détail qui retourne l’histoire. En lisant les champs « Marquage alternatif » des 496 fiches, un nom apparaît, et un seul : Whisper.
Il est sur la fiche du 300 AAC Blackout, tableau I, pays d’origine les États-Unis, déposée le 19 mai 2015 et révisée le 17 octobre 2018. Son champ dit exactement : « 300 Whisper, 300 BLK, 7,62 × 35 ».
Le 300 Whisper est une cartouche de J. D. Jones, née chez SSK Industries au début des années 1990, tête d’une famille entière de munitions subsoniques à ogive lourde. Reprise et rebaptisée par l’industrie, elle est aujourd’hui l’une des cartouches les plus vendues au monde pour plateforme AR-15, et la C.I.P. lui a donné une fiche complète : âme 7,62 mm, ogive 7,85, section 47,54 mm², 3900 bar, 2000 joules d’énergie retenue.
Le même homme a donc une cartouche normalisée et une cartouche fantôme. Ce n’est pas une question de talent ni de sérieux : c’est que l’une s’est vendue par millions et l’autre trois fois. La C.I.P. ne consacre pas les idées, elle encadre les productions.
Onze tableaux, 665 fiches, pas un .950
Prouver une absence demande plus de soin que constater une présence, et la C.I.P. tend un piège : ses tableaux sont onze, pas quatre. Les quatre premiers portent les cartouches d’armes à canon rayé ; les sept autres couvrent la percussion annulaire, les cartouches industrielles, les cartouches à plomb, les cartouches d’alarme, la grenaille, les autres armes et les cartouches sans étui. Chercher dans les quatre premiers seulement ne prouve rien.

Le relevé du 29 septembre 2026 donne 665 fiches publiques. Les 665 noms ont été extraits et lus un par un : aucun ne contient « 950 », « JDJ » ou « SSK ».
Deuxième contrôle, sur les fiches elles-mêmes : le balayage plein texte des 496 PDF français des tableaux I à IV donne une seule occurrence de « 950 », et c’est une pression maximale de 950 bar sur une fiche sans rapport.
Troisième contrôle, et c’est celui que l’on oublie : une fiche peut porter un champ « Marquage alternatif » qui recense les synonymes commerciaux d’une cartouche. C’est ainsi que le .45 Auto renvoie au .45 ACP, que le 9 mm Luger renvoie au 9 × 19 et que le .338 Lapua Magnum renvoie au 8,6 × 70. Sans ce contrôle, une cartouche pourrait être déposée sous un autre nom et l’absence ne serait qu’apparente. Quarante-neuf fiches sur 496 remplissent ce champ ; aucune ne renvoie à un .950.
C’est la même méthode qui a servi pour le 9 mm Largo, autre calibre courant sans la moindre fiche. Trois contrôles, et seulement alors on peut écrire le mot « aucune ».
En France : catégorie A1, et pas de débat
L’article R311-2 du code de la sécurité intérieure, dans sa version en vigueur depuis le 7 septembre 2025, range en catégorie A1, au 4° : « les armes à feu à canons rayés et leurs munitions dont le projectile a un diamètre maximum supérieur ou égal à 20 mm ». Et au 6°, les munitions seules, au même seuil.
Le .950 JDJ mesure 24,13 mm. Il est donc de catégorie A1, interdite à l’acquisition et à la détention, arme et munition comprises. Il n’y a ici ni déclaration, ni autorisation, ni régime dérogatoire pour le tir sportif : notre dossier sur la catégorie A détaille ce que cela recouvre.
Le plus intéressant est ce que cette ligne des 20 mm fait au reste des tables. Sur les 496 fiches C.I.P. des tableaux I à IV, une seule la franchit : le 4 Bore Rifle, avec ses 25,40 mm. Autrement dit, la seule cartouche d’arme rayée normalisée par la C.I.P. qui soit interdite en France par son seul diamètre est aussi la plus grosse qu’elle publie. Toutes les autres, y compris le 700 H&H Nitro Express et le 12,7 × 108, restent en dessous.

Recharger le .950 JDJ : ce que l’absence de fiche interdit
La question revient à chaque calibre rare, et ici la réponse est nette. Sans fiche C.I.P., il n’existe aucune pression maximale normative pour cette cartouche, donc aucune table de rechargement adossée à une norme européenne. Les fabricants de poudre publient leurs tables en se calant sur les pressions déposées : pas de dépôt, pas de table.
Les conséquences s’enchaînent. Pas de colonne CHAMBRE MINI, donc aucun armurier européen ne dispose d’une cote de chambre opposable, et la méthode qui fait le sel de ce dossier, croiser la cartouche maximale d’un calibre avec la chambre minimale d’un autre, est ici inapplicable par construction. Pas de pression d’épreuve, donc aucun banc d’épreuve européen n’a de valeur à laquelle éprouver une arme. Pas d’énergie retenue, donc aucune comparaison normative avec les cartouches qui, elles, en ont une.
Ce qui existe, ce sont des ogives tournées sur mesure et des étuis faits à l’unité à partir de douilles de 20 mm. C’est de l’artisanat d’atelier, pas du rechargement : rien à voir avec ce que décrit notre dossier sur la lecture d’une table de rechargement ou sur la composition d’une cartouche. Et en France, le sujet est clos avant d’être ouvert : la munition est de catégorie A1.
Disponibilité et prix : il n’y en a pas
Autant le dire franchement, puisque la question est posée partout. Il n’y a pas de prix du .950 JDJ, ni en France ni ailleurs, pour trois raisons qui s’additionnent.
- La production a cessé. SSK ne fabrique plus la munition depuis 2014, et trois fusils seulement ont jamais été construits.
- Aucune norme européenne ne la couvre. Sans fiche C.I.P., pas de banc d’épreuve, donc pas d’importation d’arme ni de munition dans l’espace C.I.P. par la voie ordinaire.
- Elle est interdite en France. Catégorie A1, arme et munition, par le seul diamètre du projectile.
Les chiffres qui circulent, autour de quelques dizaines de dollars le coup à l’époque de la production, viennent de la presse américaine et ne correspondent à aucune offre actuelle. Nous ne les reprenons pas comme un prix : ce serait donner une apparence de marché à ce qui n’en a jamais eu.
Pour quel profil ?
Pour personne, en France, et c’est la réponse honnête. Le .950 JDJ n’est pas un calibre exotique difficile à trouver : c’est une munition prohibée, sans norme et sans production, que trois armes au monde ont tirée.
Il a en revanche un intérêt de lecture, et c’est pour cela qu’il mérite une fiche chez nous. Il montre où s’arrête l’autorité d’une commission d’épreuve : elle couvre ce qui se fabrique et se vend, pas ce qui s’imagine. Le tireur qui veut comprendre ce qu’une fiche C.I.P. apporte réellement le verra mieux sur une cartouche qui n’en a pas que sur dix qui en ont une.
Si c’est le gros calibre qui vous intéresse et non la curiosité, la C.I.P. en normalise de quoi occuper une vie : le 600 Nitro Express pour la chasse africaine, le 458 Lott pour une carabine de série, le 416 Barrett pour la longue distance. Tous ont une fiche, une pression, une chambre, et un statut légal clair en France.
À lire aussi : le 9 mm Largo, le calibre 4, et les armes de catégorie A.
Questions fréquentes
Le .950 JDJ a-t-il une fiche C.I.P. ?
Non, et c’est vérifié sur les onze tableaux publics, pas seulement sur les quatre tableaux d’armes rayées. Le relevé du 29 septembre 2026 donne 665 fiches, dont aucune ne porte « 950 », « JDJ » ou « SSK ». Le balayage plein texte des 496 fiches PDF des tableaux I à IV donne une seule occurrence de « 950 », qui est une pression de 950 bar. Enfin, aucun des 49 champs « Marquage alternatif » ne renvoie à un .950.
Quel est le diamètre du .950 JDJ ?
.950 pouce, soit 24,13 mm. Ce nombre est la conversion de son nom, pas une cote normative : la C.I.P. ne publie aucune dimension pour cette cartouche. L’étui mesure environ 70 mm d’après son fabricant, d’où la désignation métrique 24,1 × 70 mm qu’on rencontre parfois.
Le .950 JDJ est-il trop gros pour la C.I.P. ?
Non. La C.I.P. publie plus gros que lui : la fiche du 4 Bore Rifle, au tableau II, donne une ogive de 25,40 mm sur une âme de 24,91, soit 1,27 mm de plus que le .950 JDJ. Ce n’est donc pas le diamètre qui bloque, c’est qu’une fiche encadre une production, et qu’il n’y a jamais eu de production.
Quelle est la plus grosse cartouche de la C.I.P. ?
Le 4 Bore Rifle, tableau II, pays d’origine les États-Unis, fiche du 27 septembre 1993 révisée le 15 mai 2002. Âme 24,91 mm, ogive 25,40, section d’âme 500,23 mm², 2500 bar de pression maximale et 10 500 joules d’énergie retenue. Sa poussée au culot atteint 125 058 newtons, la plus forte des 488 fiches qui publient une pression et une section.
Combien d’armes en .950 JDJ ont été construites ?
Trois, chez SSK Industries. Elles portent des canons Krieger très épais et un frein de bouche de 8,2 kg à lui seul, et pèsent de 39 à 54 kg selon les options, ce qui impose le tir au banc ou sur bipied lourd. SSK ne produit plus la munition depuis 2014.
Le .950 JDJ est-il légal en France ?
Non. L’article R311-2 du code de la sécurité intérieure, version en vigueur depuis le 7 septembre 2025, classe en catégorie A1 les armes à canon rayé et leurs munitions dont le projectile atteint ou dépasse 20 mm. Avec 24,13 mm, le .950 JDJ y tombe : acquisition et détention interdites, arme et munition comprises.
Quelles cartouches C.I.P. sont interdites en France par leur diamètre ?
Une seule, sur les 496 fiches des tableaux I à IV : le 4 Bore Rifle, avec 25,40 mm. Toutes les autres restent sous la barre des 20 mm, y compris le 700 H&H Nitro Express à 17,78 mm et le 12,7 × 108 à 13,01. La ligne de l’article R311-2 ne coupe donc qu’une fiche sur 496.
Qui est J. D. Jones et qu’est-ce que SSK Industries ?
J. D. Jones est l’armurier américain qui a dessiné le .950 JDJ. Il a fondé SSK Industries en 1977, d’abord autour du pistolet de chasse, et l’atelier a produit des centaines de cartouches. Lehigh Defense l’a racheté en 2019 et rebaptisé SSK Firearms ; l’entreprise travaille à Wintersville, dans l’Ohio.
J. D. Jones a-t-il une cartouche reconnue par la C.I.P. ?
Oui, et c’est le détail le plus parlant de ce dossier. La fiche du 300 AAC Blackout, tableau I, déposée le 19 mai 2015 et révisée le 17 octobre 2018, porte dans son champ « Marquage alternatif » la mention « 300 Whisper, 300 BLK, 7,62 × 35 ». Le 300 Whisper est la cartouche de J. D. Jones, née chez SSK au début des années 1990. C’est la seule occurrence de « Whisper » dans les 496 fiches.
Peut-on recharger le .950 JDJ ?
Pas au sens où on l’entend d’ordinaire. Sans fiche C.I.P., il n’existe aucune pression maximale normative, donc aucune table de rechargement adossée à une norme européenne, aucune cote de chambre opposable et aucune pression d’épreuve. Ce qui existe est de l’usinage à l’unité, ogives tournées sur mesure et étuis faits à partir de douilles de 20 mm. En France, la munition est de toute façon de catégorie A1.
D’où vient l’étui du .950 JDJ ?
D’une douille de canon de 20 mm, la 20 × 102 Vulcan, raccourcie à environ 70 mm et réalésée pour accepter un projectile de .950 pouce. C’est une transformation d’atelier, pas une cartouche conçue de zéro, ce qui explique aussi qu’elle n’ait jamais eu de banc d’épreuve civil.
