Depuis les violences et les pillages du 17 octobre 2026, plusieurs armuriers décrivent une forte hausse des achats d’armes de défense, notamment en région parisienne. Les témoignages recueillis les 21 et 22 octobre font état d’une clientèle inquiète et de ruptures de stock. Le mouvement est documenté, mais son ampleur à l’échelle de toute la France reste à établir.
Actualité du 23 octobre 2026. Illustrations générées à partir de références de produits : scènes fictives, sans lien photographique avec les événements rapportés.
Des commerçants et des particuliers aux comptoirs des armureries
Interrogé sur LCI le 22 octobre, Yves Gollety, président de la Chambre syndicale nationale des armuriers et responsable de l’armurerie de la Bourse, à Paris, décrit une augmentation conséquente des ventes
. Il explique recevoir de nouveaux clients, dont certains ont été directement confrontés aux violences. Dans son témoignage, les bombes de défense, sprays et lanceurs de substances incapacitantes représentent l’essentiel des demandes. Il avance une proportion de 95 %, qui doit rester rattachée à son constat, sans être présentée comme une statistique nationale. Lire son témoignage sur LCI.
Un second reportage de TF1 Info, publié le même jour, rapporte la situation de l’armurerie Alex, dans le VIIIe arrondissement. Son propriétaire, Jean-Daniel Mercier, évoque une dizaine de clients par jour, principalement intéressés par les bombes lacrymogènes, ainsi que des demandes de pistolets à balles de caoutchouc. Certains produits manquent déjà. L’armurier précise toutefois que les stocks étaient limités, ces équipements étant habituellement peu demandés dans son établissement. Une rupture ne permet donc pas, à elle seule, de mesurer le volume du marché. Le reportage de TF1 Info.
Des ventes multipliées par dix : un chiffre à replacer
Le chiffre le plus spectaculaire concerne la région parisienne. Dans Le Progrès du 22 octobre, Jean-Pierre Bastié, président de l’Union française des amateurs d’armes, affirme que les ventes y ont été multipliées par dix, d’après ses échanges avec des armuriers référents. Le journal rapporte également une hausse de fréquentation à Paris et à Levallois-Perret. Les témoignages recueillis par Le Progrès.
Ces observations concordent sur une poussée de la demande après le 17 octobre. Elles ne constituent cependant pas un relevé exhaustif des ventes françaises. Les sources consultées ne donnent ni volumes consolidés, ni échantillon représentatif, ni période de comparaison détaillée permettant de transformer ce « fois dix » en taux de croissance national. Elles ne permettent pas non plus de savoir combien de temps cette hausse durera.
| Chiffre rapporté | Périmètre cité | Ce qu’il ne démontre pas |
|---|---|---|
| 95 % des demandes évoquées | Constat d’Yves Gollety sur LCI | Une part de marché nationale |
| Environ dix clients par jour | Armurerie Alex, reportage TF1 Info | Le volume de ventes de toute la profession |
| Ventes multipliées par dix | Propos de Jean-Pierre Bastié sur la région parisienne, Le Progrès | Un taux national issu d’un échantillon représentatif |
JPX, Gomm-Cogne, aérosols : des dispositifs différents
Les reportages citent plusieurs familles de produits. Leur apparence ou l’appellation « arme de défense » ne suffisent pas à déterminer leur fonctionnement ou leur classement. Le JPX2 de Piexon est un lanceur de substance irritante. Le GC27 de SAPL, associé aux munitions Gomm-Cogne, utilise des projectiles en caoutchouc ; le fabricant le présente comme une arme de catégorie C3.

Il serait donc inexact de ranger tous ces équipements en catégorie D. Service Public distingue les armes relevant de cette catégorie et rappelle que leur acquisition est réservée aux majeurs. Le régime applicable dépend du modèle concerné, et non de la seule promesse commerciale de « défense ».
L’achat ne donne pas un droit au port ni à la riposte
Pour les armes de catégorie D, le port et le transport hors du domicile sont interdits sans motif légitime. La crainte d’une agression ne constitue pas, à elle seule, ce motif : les circonstances sont appréciées au cas par cas. C’est la distinction essentielle pour les nouveaux acheteurs, même lorsque le produit peut être acquis librement par un adulte.
L’usage relève encore d’une autre question. L’article 122-5 du Code pénal exige, pour défendre une personne, une atteinte injustifiée et une réaction concomitante, nécessaire et proportionnée. Pour protéger un bien, l’acte doit être strictement nécessaire et proportionné ; l’homicide volontaire est exclu de ce cadre. La peur de futurs pillages ne suffit donc pas à justifier une violence préventive.
Dans Le Progrès, Jean-Pierre Bastié souligne aussi les limites de ces équipements face à un groupe violent et le danger auquel leur utilisateur peut s’exposer. L’afflux décrit par les armuriers traduit une inquiétude immédiate. Il ne démontre ni l’efficacité d’un produit dans ces circonstances, ni l’existence d’un droit nouveau à s’armer dans l’espace public.
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