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Jumelles de chasse : grossissement, diamètre et luminosité, comment choisir

Jumelles de chasse posées sur une souche moussue face à une vallée au lever du jour

Pour la chasse, une paire de jumelles 8×42 est le choix le plus polyvalent : grossissement de 8 fois, objectif de 42 mm, pupille de sortie de 5,25 mm, assez lumineuse pour l’aube et le crépuscule et assez stable à main levée. Une 10×42 convient mieux à la plaine et à la montagne, où l’on observe loin ; une 8×56 ou une 7×50, lourde mais très lumineuse, à l’affût du soir. Au-delà des chiffres, la qualité des verres et des traitements fait la différence : comptez 250 à 500 € pour une bonne paire d’entrée, 700 à 1 300 € pour le milieu de gamme, et de 1 600 à 2 800 € pour le haut de gamme. Les jumelles télémètres sont autorisées à la chasse.

Ce guide explique comment lire les caractéristiques d’une paire de jumelles, quel format choisir selon votre chasse, ce que valent les modèles courants, et ce que la loi permet en matière de télémètre et de thermique.

Lire les chiffres : 8×42, pupille de sortie, indice crépusculaire

Le premier chiffre est le grossissement, le second le diamètre de l’objectif en millimètres. Trois valeurs en découlent :

  • la pupille de sortie, diamètre de l’objectif divisé par le grossissement : 42 divisé par 8 donne 5,25 mm. C’est la largeur du faisceau de lumière qui arrive à l’œil. Pour la chasse en faible lumière, Zeiss recommande qu’elle ne descende pas sous 4 mm ;
  • l’indice crépusculaire, racine carrée du produit grossissement × objectif : 18,3 pour une 8×42, 21,2 pour une 8×56. Zeiss rappelle que ce n’est qu’un paramètre mathématique, qui ignore la qualité d’image, le contraste et la transmission ;
  • le champ de vision, en mètres à 1 000 mètres, qui diminue quand le grossissement augmente : 128 m pour une Zeiss Conquest HDX 8×42, 115 m pour la même en 10×42.

S’y ajoutent la transmission lumineuse, annoncée autour de 90 % sur les bons modèles, le dégagement oculaire, qui doit atteindre 15 mm pour les porteurs de lunettes selon Celestron, l’étanchéité par remplissage d’azote ou d’argon, et le type de prisme : en toit pour des jumelles compactes, Porro pour des modèles plus larges à l’image très naturelle.

La lumière des jumelles, celle de votre œil Pupille de sortie = diamètre de l’objectif ÷ grossissement sous 4 mm : trop sombre au crépuscule 8×32 4 mm 10×42 4,2 mm 8×42 5,25 mm 7×42 6 mm 8×56 7 mm 7×50 7,14 mm 20 ans 40 ans 70 ans Pointillés : pupille moyenne de nuit selon l’âge. Au-delà, la lumière des jumelles se perd sur l’iris. Pupilles : Bradley et al., 2011. Seuil de 4 mm : Zeiss.
Une 8×56 envoie 7 mm de lumière : à 20 ans l’œil la prend toute, à 70 ans il en perd près de la moitié.

L’œil compte autant que les jumelles

Une pupille de sortie de 7 mm ne sert à rien si votre œil ne s’ouvre qu’à 5 mm : la lumière en trop se perd sur l’iris. Or la pupille se dilate de moins en moins avec l’âge. Selon une étude de Bradley et ses collègues (2011) reprise dans la littérature optique, la pupille moyenne de nuit passe de 7,3 mm à 20 ans à 6,2 mm à 40 ans, 5,8 mm à 50 ans et 5,2 mm à 70 ans, avec de fortes différences d’une personne à l’autre. Zeiss note de son côté qu’elle dépasse rarement 4 mm dans le grand âge. Une 8×56 ne donne tout son avantage qu’à un œil jeune, vers 20 ou 25 ans ; à 30 ans, l’œil en exploite encore près de 90 %, et à 60 ans, une bonne 8×42 en offre presque autant pour 400 grammes de moins. L’outil ci-dessous fait le calcul.

Vos jumelles et votre œil

Pupille de sortie : mm. Indice crépusculaire : . Luminosité relative : .

Pupille moyenne de nuit à votre âge : mm.

Ce que cet outil ne fait pas : il applique les formules classiques (objectif divisé par grossissement, racine du produit, pupille au carré) et une pupille moyenne de nuit selon l’âge, interpolée à partir des valeurs de Bradley et al. (2011). Votre propre pupille peut s’écarter d’un millimètre ou plus de cette moyenne. Il ignore la qualité des verres, des traitements et la transmission lumineuse, qui comptent davantage que ces chiffres à format égal.

Quel format pour quelle chasse

ChasseFormat conseilléPourquoi
Battue, sous-bois8×42, 7×42, 8×32champ large, faible poids, observation courte
Approche en forêt8×42, 7×50lumière à l’aube, stabilité à main levée
Plaine, montagne10×42, 8,5×42détail à longue distance, pour juger un animal
Affût du soir et du matin8×56, 7×50pupille de sortie de 7 mm, poids sans importance au poste

Ces associations sont celles que défendent les guides spécialisés : le Syndicat de la chasse cite par exemple les 7×42, 8×42 et 7×50 pour l’approche en sous-bois, les 8,5×42 à 10×42 pour la plaine et la montagne. Le revendeur Jumelles.com rappelle qu’un grossissement de 8 est plus facile à tenir stable à main levée, et qu’un 10 n’a d’intérêt que si l’on veut détailler un sujet lointain. En battue, les jumelles servent peu : une paire compacte en 8×32 suffit à identifier un animal ou un voisin. À l’approche, elles servent à tout, et c’est là qu’il faut mettre le budget.

Les jumelles de chasse courantes et leurs prix

ModèleChamp à 1 000 mPoidsPrix relevé
Vortex Diamondback HD 8×42131 menviron 620 g259 €
Bushnell Engage EDX 8×42142 m666 g464 €
Steiner Wildlife 8×42125 m725 g731 €
Kite Lynx HD+ 8×42151 m690 g789 €
Leica Trinovid HD 8×42124 m750 g1 154 €
Zeiss Conquest HDX 8×42128 m715 g1 199 €
Steiner Nighthunter 8×56 (affût)135 m1 100 g1 339 €
Zeiss SFL 8×40140 m640 g1 619 €
Swarovski NL Pure 8×42159 m840 g2 610 €
Leica Noctivid 8×42135 menviron 860 g2 749 €

Caractéristiques des fiches fabricant, ou du revendeur quand la fiche n’était pas lisible. Prix relevés le 21 septembre 2026 chez des revendeurs français (Jumelles.com, Knivesandtools, Au Vieux Campeur, boutique de la LPO, Frankonia, site Steiner), promotions comprises ; ils changent souvent.

Deux remarques. Entre 250 et 500 €, les marques spécialisées comme Vortex ou Bushnell offrent aujourd’hui une image très correcte, suffisante pour la battue et la plupart des approches. Et au-delà de 1 500 €, on paie la dernière part de luminosité au crépuscule, la netteté jusqu’au bord du champ et la robustesse sur des décennies : c’est l’outil principal du chasseur à l’approche, qui s’en sert bien plus que de sa lunette de tir. Les étanchéités annoncées, à l’azote ou à l’argon, se valent pour l’usage de chasse.

Jumelles de chasse : chasseur en gilet orange observant aux jumelles une vallée dans la brume au lever du jour
À l’aube, la pupille de sortie et la transmission comptent plus que le grossissement.

Régler et porter ses jumelles

Deux réglages se font une fois pour toutes, avant la première sortie. L’écartement des deux fûts d’abord, jusqu’à ne voir qu’un seul cercle net ; puis la correction dioptrique, en général sur l’oculaire droit : on fait la mise au point avec la molette centrale l’œil droit fermé, puis on règle la bague dioptrique l’œil gauche fermé, sur le même sujet. Les porteurs de lunettes rabattent ou dévissent les œilletons pour profiter du dégagement oculaire, qui doit atteindre une quinzaine de millimètres. Au poste comme à l’approche, une paire qui pend au cou bat contre la poitrine et cogne la carabine : un harnais de poitrine la garde prête, silencieuse et protégée de la pluie, et c’est souvent le meilleur achat après les jumelles elles-mêmes.

Les jumelles télémètres

Elles intègrent un télémètre laser qui mesure la distance d’un animal ou d’un repère d’une pression. Trois références dominent le haut de gamme :

  • la Swarovski EL Range TA 8×42 mesure de 10 à 2 000 m, pour 930 g et 3 285 € relevés ;
  • la Zeiss Victory RF 8×42 mesure de 10 à 2 300 m, pour 930 g et 3 820 € ;
  • la Leica Geovid Pro 8×42 mesure jusqu’à 2 950 m, pour 1 kg et 2 924 €.

Elles sont autorisées à la chasse. L’article 7 de l’arrêté du 1er août 1986 autorise en effet les télémètres, comme le rappelle la FAQ de la FNC, y compris intégrés dans une lunette de tir à condition qu’elle ne corrige pas automatiquement la visée. Une paire de jumelles télémètres tenue à la main relève a fortiori de cette autorisation ; les calculateurs balistiques intégrés à certains modèles ne sont traités explicitement par aucun texte ; notre calculateur balistique donne la chute de votre balle à la distance mesurée. Pour un budget plus serré, un télémètre séparé et une bonne paire de jumelles coûtent souvent moins cher : notre guide du télémètre laser compare les deux options.

« Quelques trucs pour bien choisir nos jumelles d’approche », par la chaîne Chasse et Pêche Express.

Et le thermique ?

Depuis un arrêté du 30 juillet 2025, détaillé dans notre rubrique réglementation, les jumelles et monoculaires thermiques tenus à la main sont autorisés à la chasse, à l’exclusion des appareils utilisables sans les mains et des monoculaires adaptables sur une lunette de tir. Ils complètent les jumelles, sans les remplacer : un thermique détecte une source de chaleur, des jumelles permettent d’identifier l’animal, son sexe et son âge. Notre article sur la caméra thermique de chasse détaille ce cadre.

BlackOpe est un média de tir. Aucun lien de cet article n’est un lien d’affiliation : les modèles cités le sont pour situer les gammes et les prix. Avant d’acheter, essayez plusieurs paires à la lumière du soir, avec vos propres lunettes de vue si vous en portez.

À lire aussi : la chasse à l’approche et à l’affût, l’équipement du chasseur, la lunette de tir et la chasse au chevreuil.

Questions fréquentes

Quelles jumelles choisir pour la chasse ?

Une 8×42 est le meilleur compromis : lumineuse à l’aube et au crépuscule, stable à main levée, et adaptée à tous les modes de chasse. Une 10×42 convient mieux à la plaine et à la montagne, une 8×56 à l’affût du soir.

8×42 ou 10×42 pour la chasse ?

La 8×42 offre un champ plus large, une image plus stable et une pupille de sortie de 5,25 mm contre 4,2 mm. La 10×42 détaille mieux un animal lointain. Pour une seule paire, la 8×42 est la plus polyvalente.

Que signifie 8×42 sur des jumelles ?

Un grossissement de 8 fois et un objectif de 42 mm de diamètre. En divisant 42 par 8, on obtient la pupille de sortie, 5,25 mm, qui indique la luminosité en faible lumière.

Quelles jumelles pour chasser de nuit ou au crépuscule ?

Des jumelles à grande pupille de sortie, 8×56 ou 7×50, avec une bonne transmission lumineuse. Leur avantage diminue avec l’âge, car la pupille de l’œil s’ouvre moins : autour de 5,8 mm en moyenne à 50 ans.

Quel budget pour des jumelles de chasse ?

Environ 250 à 500 € pour une bonne paire d’entrée de gamme, 700 à 1 300 € pour le milieu de gamme, et 1 600 à 2 800 € pour le haut de gamme, selon nos relevés de septembre 2026.

Les jumelles télémètres sont-elles autorisées à la chasse ?

Oui. L’arrêté du 1er août 1986 autorise les télémètres, et même leur intégration dans une lunette de tir sans correction automatique de la visée. Comptez 2 900 à 3 800 € pour les modèles haut de gamme.

Quel poids pour des jumelles de chasse ?

De 620 à 860 g environ pour une 8×42, et environ 1,1 kg pour une 8×56 comme la Steiner Nighthunter. Pour la battue ou la chasse en montagne, une paire légère se porte toute la journée sans y penser.

Des jumelles thermiques peuvent-elles remplacer des jumelles classiques ?

Non. Le thermique détecte la chaleur d’un animal, même dans l’obscurité, mais identifie mal l’espèce, le sexe et l’âge. Les deux se complètent, et les jumelles thermiques tenues à la main sont autorisées depuis 2025.