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Chiappa Rhino 60DS .44 Magnum : qualités et réserves du Large Frame

Illustration du Chiappa Rhino 60DS .44 Magnum Large Frame nickel sur une table de stand

Le Chiappa Rhino 60DS 44 Magnum ne se résume pas à une nouvelle finition d’un revolver connu. Cette version Large Frame possède un grand bâti et conserve l’architecture à canon bas qui fait l’identité du Rhino. Les premiers essais décrivent un recul ressenti autrement, davantage vers l’arrière, mais toujours bien présent. Ils révèlent aussi un objet imposant, une ergonomie particulière et des expériences divergentes sur l’extraction.

Ce qui nous intéresse ici est moins son apparence spectaculaire que la cohérence de l’expérience rapportée. Le nouveau .44 peut séduire un amateur de conception inhabituelle et d’équipement de stand. Les sources disponibles ne permettent cependant pas de le présenter comme un revolver sans recul, ni comme une version simplement agrandie dont toutes les qualités de l’ancien .357 seraient acquises.

Analyse documentaire du 26 octobre 2026 : deux essais américains détaillés, une vidéo italienne intégralement transcrite et un témoignage commercial sont confrontés aux informations de distribution. Aucun tir ni mesure Blackope n’a été réalisé. Les illustrations sont générées à partir d’une référence réelle du Large Frame nickel.

Un vrai grand bâti, pas l’ancien 60DS rebaptisé

Le nom 60DS existe dans plusieurs configurations de Rhino. Il ne suffit donc pas à identifier le nouveau .44. Une recherche d’avis sur « Rhino 60DS » peut conduire à un ancien .357, à une autre finition ou même à un autre calibre. Les photographies doivent être contrôlées avec la même attention que les textes : les proportions du grand bâti et la longue partie supérieure ajourée sont déterminantes.

Les informations de distribution convergent sur plusieurs points : six chambres, un canon de 6 pouces, une longueur annoncée de 279 mm, une carcasse en aluminium 7075-T6 et un canon ainsi qu’un barillet en acier. Le fonctionnement est présenté en simple et double action. La poignée Hogue noire participe fortement à la silhouette comme au contact avec la main.

Ce mélange de matériaux ne suffit pas à qualifier l’ensemble de léger. L’encombrement reste celui d’un grand revolver, et la répartition de masse compte autant que le total. Une arme peut afficher un poids acceptable tout en donnant une impression marquée de poids sur l’avant. C’est précisément l’une des remarques qui apparaît dans un essai de cette version.

Le contexte du .44 Magnum aide à comprendre l’identité du projet, sans transformer le calibre en promesse de confort. Le changement de taille du bâti signifie aussi que les retours d’anciens Rhino en .357 Magnum ne constituent pas automatiquement des témoignages sur celui-ci.

Les déclinaisons .44 identifiées dans la documentation française
Référence de distributionFinitionPoint d’attention
ADP770NoireLa masse affichée dans la description consultée entre en conflit avec d’autres données.
ADP771NickelCorrespond à la finition de plusieurs essais ; chaque exemplaire conserve son propre contexte.
ADP772GoldLa documentation annonce une masse différente ; la finition ne suffit pas à expliquer toutes les divergences.

Identification recoupée dans les documents Europ-Arm et Armsco. Les valeurs contradictoires ne sont pas moyennées pour produire un chiffre artificiel. Les références servent ici à distinguer les versions, sans établir une disponibilité commerciale.

Pourquoi le canon bas change le ressenti sans supprimer le recul

Sur un revolver conventionnel, le canon se trouve au niveau de la chambre supérieure du barillet. Le Rhino adopte une disposition basse. Cette architecture explique sa silhouette et modifie la façon dont les efforts sont ressentis dans la main. Elle ne fait pas disparaître l’énergie du recul et ne permet pas, par sa seule présence, de chiffrer un gain de confort.

La distinction entre relèvement et sensation de poussée est essentielle. Un mouvement moins basculant peut être décrit comme plus rectiligne tout en restant sec. Une personne sensible à la sensation dans la paume peut ne pas apprécier un comportement qu’une autre trouve plus agréable. Les mots « doux », « contrôlable » ou « confortable » ne sont donc pas des mesures interchangeables.

Dans son essai pour Guns.com, Ron Calderone décrit justement un recul plus rectiligne mais ferme. Il apprécie la poignée Hogue, tout en trouvant le nez lourd. Ses réserves concernent aussi certains éléments latéraux et la visibilité de l’indicateur. Le nombre total de coups et la durée d’utilisation ne sont pas précisés. Nous écartons les descriptions mécaniques et la masse de son tableau lorsqu’elles sont incompatibles avec les autres éléments documentés.

Brian McCombie, le 19 mai 2026 dans Shooting Sports Retailer, rapporte 150 coups avec un exemplaire White Nickel fourni pour évaluation. Son expérience va dans le même sens : le recul existe, mais il lui paraît davantage orienté vers l’arrière. Il apprécie la poignée et la perception des organes à fibre. Le titre très enthousiaste de l’article ne doit donc pas être lu littéralement comme une absence de recul. Il s’agit d’un média destiné au commerce ; sa partie consacrée à la vente n’est pas reprise ici.

Ce rapprochement rend crédible une différence de sensation, sans fournir un pourcentage de réduction ni un classement universel face aux autres .44. Aucun protocole instrumental commun aux sources ne permet de neutraliser les différences entre utilisateurs. Notre conclusion porte sur une tendance des témoignages, pas sur une mesure que Blackope aurait produite.

La poignée et l’équilibre comptent autant que la silhouette

Le grand bâti ne se découvre pas uniquement à l’œil. La forme de la poignée, les empreintes de doigts et le volume à l’avant modifient le contact avec l’objet. L’appréciation favorable de la Hogue dans deux essais est utile, mais elle ne garantit pas le même confort à une petite et à une grande main. Une forme très marquée peut procurer un appui apprécié ou imposer des contacts moins naturels.

Le poids sur l’avant mérite également d’être distingué d’un défaut de finition. C’est une caractéristique d’équilibre, qui peut compter dans la fatigue ressentie au cours d’une séance. Une photographie flatteuse ne renseigne pas sur ce point. Le grand Rhino se comprend mieux comme un objet à l’identité physique affirmée que comme un revolver classique dont seul le dessin aurait changé.

Cette particularité rend les commentaires détaillés plus utiles qu’une note globale. Savoir qu’un auteur apprécie la poignée mais trouve le nez lourd permet d’imaginer le compromis. Lire qu’il attribue une bonne note à l’ensemble ne dit pas quelle concession il accepte. Le guide conserve donc les réserves même lorsque le verdict de l’essayeur reste positif.

Trois sensations différentes

Direction du recul

Plus rectiligne selon plusieurs auteurs.

Intensité ressentie

Une impulsion encore décrite comme sèche ou ferme.

Confort global

Il dépend aussi de la poignée, de la main et de l’équilibre.

Un mouvement perçu différemment ne signifie ni disparition du recul ni confort identique pour tous. Aucun pourcentage de réduction n’est établi dans ce dossier.

Extraction : les retours ne racontent pas tous la même chose

Dans la présentation d’Armi e Tiro du 18 février 2026, Ruggero Pettinelli examine le grand bâti noir. La transcription italienne décrit notamment une course d’extracteur courte, sans résistance signalée sur son exemplaire chaud. Il annonce 1 322 g pour celui qu’il présente. Nous avons exploité la vidéo accessible, pas le magazine intégral ; ce périmètre doit rester clair.

McCombie juge de son côté l’extraction facile sur son exemplaire nickel. À l’opposé, Printsmiths rapporte le 7 mars des étuis difficiles à extraire et une détente restant parfois en arrière. Ce témoignage provient d’un fabricant d’accessoires qui promeut sa propre poignée : son intérêt commercial doit être explicite. Il ne fournit ni une fréquence représentative ni un diagnostic indépendant.

Ces observations ne justifient aucune des deux simplifications possibles : déclarer le problème inexistant parce qu’un essai est positif, ou affirmer un défaut général parce qu’un autre rencontre une difficulté. Les exemplaires, les conditions et la documentation disponible diffèrent. La cause des incidents signalés n’est pas établie par notre recherche.

Il serait également trompeur de présenter ces difficultés comme un rodage normal. Un dysfonctionnement rapporté demeure un dysfonctionnement, même si l’auteur finit par apprécier le produit. Nous ne reprenons pas ses solutions improvisées. Une anomalie de ce type relève du contrôle par un professionnel qualifié et du service après-vente, pas d’une recette trouvée dans un commentaire.

Illustration du Chiappa Rhino 60DS .44 Magnum Large Frame nickel sur un tissu de protection
Illustration éditoriale générée par IA d’après un véritable Large Frame .44 nickel. Aucun essai Blackope n’est représenté.

Pourquoi nous ne donnons pas un poids unique « certain »

La documentation française consultée affiche 635 g pour la noire, 1 140 g pour la nickel et 1 310 g pour la Gold. L’écart entre ces valeurs est trop important pour les reproduire sans réserve comme une comparaison fiable de finitions. L’essai italien donne encore une autre valeur sur son exemplaire. La bonne méthode consiste ici à signaler le conflit, sans choisir le chiffre qui semble le plus favorable.

Ce problème de documentation n’invalide pas toutes les observations de terrain. Il interdit surtout de bâtir une recommandation sur une masse précise prétendument certifiée. Pour décrire l’objet, son grand gabarit et les impressions d’équilibre attribuées aux essayeurs sont plus solides qu’une moyenne calculée entre des nombres incompatibles.

Les descriptions de hausse présentent également des différences. Nous n’en tirons pas une caractéristique commune à toutes les déclinaisons. Le manuel exact de cette version .44 n’a pas été consulté dans cette recherche : les procédures d’un ancien Rhino ne doivent pas être importées pour combler ce manque. Ce dossier reste une analyse de produit, sans mode d’emploi mécanique.

Notre avis sur ce nouveau Rhino

Le Large Frame .44 présente une proposition réellement différente par sa forme et par le ressenti décrit. Les retours convergent assez pour retenir l’intérêt de son architecture et de sa poignée. Ils ne convergent pas assez pour effacer les réserves d’équilibre, d’ergonomie et de fonctionnement. C’est ce mélange qui rend l’analyse plus utile qu’une présentation spectaculaire du canon bas.

Le lecteur attiré par les revolvers atypiques y trouvera donc un objet intéressant à connaître, avec un bilan encore jeune. Celui qui attend une démonstration d’endurance homogène ou des données totalement stabilisées devra conserver cette incertitude. La singularité technique est bien établie ; la supériorité générale ne l’est pas.

Les prochains essais seront surtout utiles s’ils précisent l’exemplaire, la durée et les incidents éventuels, plutôt que de répéter une promesse de recul réduit. Nous préférons à ce stade un portrait nuancé : un grand revolver à la personnalité affirmée, dont les qualités rapportées méritent d’être lues avec les contraintes et les contradictions encore présentes.

Questions fréquentes

Le Rhino .44 est-il simplement l'ancien .357 agrandi ?

Le nouveau .44 appartient au grand bâti Large Frame. Ses proportions et son contexte d'essai diffèrent des anciens Rhino .357. Les témoignages et les images de ces derniers ne doivent pas être présentés comme ceux du nouveau modèle.

Le canon bas supprime-t-il le recul ?

Non. Plusieurs auteurs décrivent une poussée plus rectiligne, mais toujours ferme. La direction du mouvement, son intensité ressentie et le confort global sont des notions différentes. Aucun pourcentage universel de réduction n'est établi ici.

Quelle masse faut-il retenir pour le Large Frame ?

Les valeurs publiées dans les documents de distribution et les essais sont contradictoires. Nous ne donnons donc pas un poids unique comme certain. La masse de l'exemplaire exact doit être confirmée, sans moyenner des chiffres incompatibles.

Des difficultés d'extraction ont-elles été rapportées ?

Oui, un témoignage commercial en signale, alors que d'autres essais décrivent une extraction facile ou sans résistance. Les causes ne sont pas établies. Cela ne permet ni de conclure à un défaut général ni de qualifier ces difficultés de rodage normal.

La poignée Hogue fait-elle consensus ?

Elle est appréciée dans plusieurs essais, mais le confort reste lié à la main et aux préférences de l'utilisateur. Les formes marquées et l'équilibre sur l'avant peuvent être ressentis différemment. Une note globale ne remplace pas ces observations.

Les photos représentent-elles un essai Blackope ?

Non. Ce sont deux illustrations générées à partir d'une référence réelle du Large Frame .44 nickel. Elles sont signalées comme telles. Les expériences au stand citées dans le texte appartiennent aux auteurs des essais consultés.

Le dossier donne-t-il un verdict de fiabilité à long terme ?

Non. Les séances disponibles et les informations sur leur durée restent limitées. Elles apportent des observations utiles, mais pas un suivi homogène de plusieurs exemplaires pendant des années. Les réserves rapportées sont donc conservées.

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À lire aussi : notre dossier historique et descriptif sur le .44 Special, à distinguer du nom du nouveau revolver.