Un lanceur à main coûte 6,90 €. Une machine de compétition avale 700 plateaux sans qu’on la touche. Entre les deux, exactement le même lanceur électrique 12 V à chargeur de 90 plateaux se vend 759 € chez un revendeur et 1 029 € chez un autre, soit 35 % d’écart sur un produit identique.
Et sur la question qui intéresse tout le monde, celle de savoir si l’on peut installer un lanceur chez soi, l’immense majorité de ce qui circule en ligne est faux. Le seul chiffre inscrit dans un texte est 250 mètres, et il vient du Code du sport, pas du Code de la sécurité intérieure.
Ce guide sépare ce qui est écrit dans les textes et dans les notices constructeur de ce qui se recopie de blog en blog.
Les trois familles de lanceurs, et ce qui les sépare vraiment
Le vocabulaire d’abord, parce qu’il compte. Les règlements français ne disent jamais « lanceur » mais appareil de lancement. Le règlement international de Fosse Universelle dispose ainsi qu’« une fosse universelle comporte cinq appareils de lancement ». Le règlement du Compak Sporting, lui, valide exactement la typologie du sujet : les appareils peuvent être « manuels, semi-automatiques ou automatiques ». Le règlement FITASC de Parcours de Chasse dit la même chose avec ses mots : les lanceurs « peuvent être manuels, automatiques ou mixtes ».
Le lanceur à main
Une raquette synthétique dans laquelle on cale le plateau, projeté d’un mouvement de bras. Le modèle distribué en France est ambidextre et compatible avec les plateaux standard de 108 et 110 mm. Capacité : un plateau. Alimentation : aucune. Ressort : aucun. Cadence et trajectoire : celles de votre bras, donc jamais deux fois les mêmes.
Ce n’est pas un défaut si votre objectif est de faire découvrir le tir aux plateaux à quelqu’un un dimanche après-midi. C’en est un si vous cherchez à travailler une trajectoire.
Le lanceur manuel à ressort
L’énergie est stockée dans un ressort de traction que l’utilisateur arme à la main, puis libère par une gâchette ou une cordelette. Le modèle de référence du marché, « The Competitor », annonce une distance de plus de 30 mètres, des réglages de hauteur et de largeur, une masse de 4,36 kg, une construction entièrement métallique, et la possibilité de lancer un plateau seul ou deux plateaux en doublé. Il se fixe sur un trépied fourni et s’ancre au sol par piquets.
Un modèle européen plus abouti, le EUROP ARM à embase triangulaire, ajoute des angles réglables en direction et en élévation, une tension de ressort principal réglable, et surtout un détail qui n’est pas cosmétique : un anneau orange matérialisant la zone de rotation du bras. Nous y reviendrons dans la partie sécurité, parce que c’est exactement ce que les manuels des machines professionnelles appellent la zone de danger.
Le lanceur électrique
Même principe de ressort et de bras, mais le réarmement est confié à un moteur 12 V. L’utilisateur ne touche plus au bras armé et déclenche à distance, par cordelette ou par télécommande. C’est le saut le plus important du sujet, et il est autant sécuritaire que pratique.
Le modèle de grande diffusion en France, vendu sous plusieurs enseignes, affiche des caractéristiques constantes d’un revendeur à l’autre : chargeur de 90 plateaux, alimentation par batterie 12 V non fournie, distance de 60 m en simple et 45 m en doublé, réglage d’angle vertical de 5° à 35°, cordelette de déclenchement de 8 m, masse de 20 à 22 kg.
Le lanceur automatique à barillet
L’automatique ajoute un magasin rotatif ou à colonnes qui alimente la machine sans intervention humaine et enchaîne les cycles. C’est là que l’écart de gamme devient vertigineux.
- Entrée de gamme. Un automatique grand public annonce 50 plateaux, 60 à 80 m de projection, un angle réglable de 30° à 70°, une alimentation 12 V de type batterie de voiture, un cycle de 2 à 3 secondes et 23 kg sur la balance.
- Machine de club. Le Laporte TAH 85 PRO monte à 85 plateaux, avec un temps de réarmement annoncé de 0,6 seconde, une oscillation horizontale et verticale disponible, un angle vertical de 30°, un câble de déclenchement de 50 m, et 75 kg à déplacer sur son chariot dédié. Il accepte quatre types de plateaux : standards, minis, midis et battues.
- Machine de compétition. Le Laporte 185 PCT accepte jusqu’à 400 plateaux en magasins de 6, 8 ou 12 colonnes, avec un cycle de 1,8 s, une distance réglable de 40 à 110 m selon le ressort monté, et le déclenchement par radio ou à la voix. Sa variante à très grande capacité monte à 700 plateaux et existe en 12, 110, 220 et 380 V.
| Famille | Capacité | Cadence | Distance |
|---|---|---|---|
| Manuel à main | 1 plateau | manuelle | non publiée |
| Manuel à ressort | 1 à 2 plateaux | manuelle | plus de 30 m |
| Électrique 12 V | 90 plateaux | non publiée | 60 m simple, 45 m doublé |
| Automatique grand public | 50 plateaux | 2 à 3 s | 60 à 80 m |
| Automatique club et compétition | 85 à 700 plateaux | 0,6 à 2 s | 40 à 110 m réglable |
Une honnêteté qui manque partout ailleurs : aucun des quatre revendeurs relevés ne publie la cadence du lanceur électrique 12 V à 90 plateaux. Nous ne l’inventerons pas. Les seules cadences documentées sont celles des machines Laporte et de l’automatique d’entrée de gamme.
Ce qui se passe vraiment dans la machine
Le meilleur document technique public francophone sur un lanceur de ball-trap n’est pas une fiche commerciale. C’est une étude de cas d’ingénierie publiée par le réseau STI de l’Éducation nationale, portant sur le Laporte TAH 85 Pro. Elle donne des valeurs qu’aucun catalogue ne publie.
Le ressort, ce qui fait toute la distance
La machine accepte trois raideurs de ressort interchangeables, pour une longueur à vide de 230 mm :
| Ressort | Raideur | Vitesse de sortie | Portée |
|---|---|---|---|
| Noir (mini) | 4,36 N/mm | 20,8 m/s | 41,8 m |
| Vert | 5,24 N/mm | intermédiaire | intermédiaire |
| Gris (maxi) | 6,52 N/mm | 34,3 m/s | 112,1 m |
Converti en unités parlantes, cela donne un plateau qui quitte le bras entre 75 et 123 km/h selon le ressort monté. Retenez bien qu’il s’agit d’une conversion d’une donnée d’ingénierie mesurée sur une machine précise, et non d’une exigence réglementaire : nous verrons plus bas qu’aucun règlement n’impose de vitesse de plateau. Le fameux « environ 100 km/h » que l’on lit partout n’a pas de fondement réglementaire.
Sur les machines de compétition, la correspondance ressort et distance est codifiée par couleur : noir de 27 à 55 yards, vert de 55 à 77, gris de 71 à 92, rouge de 87,5 à 120. Changer de ressort, c’est changer de discipline.
Le bras, le moteur et le temps de cycle
Sur ce même TAH 85 Pro, l’étude détaille le reste de la chaîne. Le moteur développe 200 W sous 12 V à 1 200 tr/min, avec un rendement de 0,86 pour le réducteur conique et de 0,97 pour la transmission par chaîne. La puissance réellement nécessaire pour tendre le ressort dans le cas le plus défavorable est calculée à 105,45 W. Le dimensionnement est donc validé avec près du double de marge, ce qui explique la fiabilité de ces machines.
Le temps de réarmement calculé ressort à 0,503 seconde, contre 0,6 s garantis par le constructeur. Là encore, la marge est du bon côté.
Le détail qui compte pour l’entretien : le jeu fonctionnel entre le bras et le plateau est de 3 mm, pour une flèche maximale sous charge dynamique calculée à 2,87 mm. Sur les machines de la gamme supérieure, la notice constructeur demande de vérifier que le caoutchouc du bras conserve environ 1 mm de jeu avec le plateau sur tout le rayon. C’est le réglage le plus souvent négligé et celui qui casse les plateaux au départ.
Réglages et oscillation : ce qui sépare le loisir de la discipline
Sur les machines grand public, le réglage vertical est simple et borné : 5° à 35° sur le lanceur électrique 12 V, 30° à 70° sur l’automatique d’entrée de gamme. Sur les machines de compétition, le réglage existe mais il est verrouillé par le règlement : en Fosse Universelle, une fois l’appareil réglé selon la grille officielle, il doit être « solidement bloqué ».
L’oscillation est le vrai marqueur de gamme. En Trap1, le règlement FITASC impose « un seul appareil de lancement oscillant horizontalement », qui lance « de façon totalement aléatoire et imprévisible, en changeant continuellement les angles de trajectoires ». Cet aléa est lui-même borné : angles extrêmes de 22° à droite et à gauche avec une tolérance de 5°, distance de 50 m à 2 m près mesurée depuis le point de pivot, hauteur à 10 m comprise entre 1,70 m et 2,70 m en installation enterrée.
Mais l’imprévisibilité n’est pas toujours mécanique. En Fosse Universelle, elle vient d’un séquenceur qui répartit aléatoirement l’ordre des cinq appareils entre les tireurs. En Skeet ISSF, elle est purement temporelle : le système électro-microphonique doit insérer un délai aléatoire de 0,2 à 3,0 secondes après l’appel. Trois façons différentes de fabriquer du hasard, pour trois disciplines différentes.
Sécurité : le bras est le danger numéro un
Cette section est la plus importante du guide, et elle ne repose sur aucune opinion. Elle vient des manuels constructeur et d’une décision de justice.
La notice de la gamme Laporte 185 ouvre sur une ligne en majuscules dans le document original : « DANGER, THESE MACHINES CAN CAUSE SERIOUS INJURIES! ». Le reste est à l’avenant.
Les cinq règles écrites par le constructeur
1. Ne jamais laisser la machine armée quand elle n’est pas utilisée. La notice précise que cette pratique est « very hazardous » et qu’elle raccourcit en plus la durée de vie du ressort principal, qui reste étiré.
2. Ne jamais faire fonctionner la machine sans son carter de sécurité. La notice est explicite sur sa fonction : « This safety guard defines the danger zone of the throwing arm rotation ». L’arceau ceinture toute la zone balayée par le bras.
3. Ne jamais soulever ni déplacer la machine par le bras, par la plaque de lancement ou par le carter.
4. Une seule personne à la fois manipule la machine. L’opérateur se place à l’arrière gauche avant de déclencher, enfants et animaux tenus à l’écart.
5. Si le bras est tordu, cassé ou coincé contre une partie de la machine et que celle-ci est armée : ne rien toucher et appeler le fabricant.
La procédure de consignation, dans l’ordre
Avant toute approche ou intervention, la notice impose une séquence précise. Elle mérite d’être affichée à côté de la machine.
- Basculer le sélecteur sur UNCOCK, puis sur OFF.
- Vérifier visuellement que le bras est en position désarmée, à 9 heures.
- Déconnecter la machine de sa source d’alimentation. Couper l’interrupteur ne suffit pas.
- En cas d’intervention lourde, déconnecter le ressort principal avant tout réglage.
Les fragments de plateau, le danger qu’on ne voit pas venir
La notice est là aussi très direct : « High-speed fragments from broken targets may fly outside the normal target danger zone, even backwards ». Des éclats peuvent donc revenir vers le pas de tir et vers la machine.
D’où l’obligation, énoncée dans les mêmes termes en anglais et en français par le constructeur : des lunettes de protection doivent être portées par toute personne se trouvant à proximité. En compétition, ce n’est plus une recommandation. Le règlement FITASC de Parcours de Chasse rend les protections oculaires « obligatoires sans exceptions » pour les tireurs, les arbitres et le personnel près des pas de tir, et les protections auditives obligatoires y compris pour le public. La sanction est sèche : un tireur non conforme est traité comme absent. Notre guide des protections auditives au tir détaille pourquoi le budget d’exposition d’une journée de plateaux s’épuise plus vite qu’on ne le croit.
Le bouclier de l’opérateur, une obligation française
La FFBT impose, dans ses règlements techniques et règles de sécurité 2026, qu’un bouclier, merlon de terre ou bottes de paille, soit placé derrière les appareils de lancement pour protéger l’opérateur du tir direct et des ricochets. Le formulaire officiel de demande est plus exigeant encore pour les lanceurs manuels : « boucliers de protection absolus contre les tirs directs et indirects », en matériaux isolants, avec opérateurs désignés et système de fanions pour contrôler les accès.
Ce que le juge a retenu
Le 29 octobre 2013, la cour d’appel d’Amiens a jugé le cas d’un membre d’une société de chasse, à la fois tireur et bénévole lors du ball-trap annuel, blessé à l’œil par des éclats de plateau alors qu’il aidait l’opérateur à gérer un lanceur en panne emprunté à une autre société.
La cour a retenu la responsabilité de la société organisatrice sur quatre manquements d’organisation : absence de lunettes de protection, absence de consignes de sécurité, positionnement inadapté du matériel, réparation tardive. Aucun partage de responsabilité n’a été retenu à la charge de la victime.
Regardez cette liste et relisez la notice constructeur. Les quatre manquements sanctionnés par le juge correspondent exactement aux quatre chapitres de la notice : protection oculaire, consignes, positionnement de l’opérateur, maintenance. La notice n’est pas de la littérature, c’est le référentiel sur lequel on sera jugé.
Précision d’honnêteté, parce qu’elle change la façon de lire tout ce qui précède : nous n’avons trouvé aucune statistique d’accidentologie du ball-trap, ni auprès de la fédération, ni du ministère des Sports, ni d’un assureur. Ce qui est établi, c’est que le constructeur désigne le bras et le ressort comme le danger numéro un, et qu’une décision de justice a sanctionné un accident lié à un lanceur en panne. Nous n’irons pas au-delà.
Quel lanceur pour votre usage
Le choix se joue sur trois variables, et une seule d’entre elles est le prix.
Trouver la famille de lanceur adaptée
Recommandation construite à partir des capacités et des tarifs publiés par les fabricants et les revendeurs, relevés le 16 août 2026. Elle ne dispense d’aucune des obligations décrites plus bas, notamment la distance de 250 mètres.
Installer un lanceur chez soi : le vrai cadre juridique
C’est la section où circulent le plus d’informations fausses, et il faut commencer par déminer.
Ce que vous lirez ailleurs et qui n’est dans aucun texte
« 150 m des habitations, 100 m des chemins ruraux, 300 m vers un bois. » Ces trois chiffres, très recopiés, n’apparaissent dans aucun texte ni aucune source officielle. Le seul chiffre légal identifié est 250 m.
« Fondement : article R312-40 du Code de la sécurité intérieure. » Vérification faite, cet article traite de l’autorisation d’acquisition et de détention d’armes de catégorie B pour le tir sportif. Il n’a aucun rapport avec un ball-trap. Le fondement correct est le Code du sport.
« 15 000 € d’amende et suspension du permis de chasser. » Affirmé sans référence textuelle, introuvable dans les sources officielles.
« Horaires 9 h à 19 h, deux ou trois manifestations par commune et par an. » Cela relève de l’arrêté municipal ou préfectoral au cas par cas, pas d’une règle nationale.
Le bon régime : établissement d’activités physiques ou sportives
L’article A322-142 du Code du sport pose le principe : « Les établissements permanents ou les installations temporaires dans lesquels sont pratiquées des activités de tir aux armes de chasse constituent des établissements d’activités physiques ou sportives ». Une réponse ministérielle de juillet 2018 a confirmé que les ball-traps, permanents comme temporaires, relèvent de ce régime.
Conséquence directe, l’article L322-2 impose à ces établissements de présenter « des garanties d’hygiène et de sécurité définies par voie réglementaire ». La section applicable est la section 6 du Code du sport, articles A322-142 à A322-146.
La distance de sécurité : 250 mètres
C’est le chiffre à retenir, et le seul qui figure dans un texte. L’article A322-143 du Code du sport exige une distance minimale de 250 mètres par rapport aux routes et aux habitations dans la direction normale du tir, sauf existence de protections. Le règlement technique FFBT 2026 reprend la même valeur.
Le formulaire officiel de la fédération détaille la géométrie de la zone :
- Zone de sécurité primaire : 250 mètres dans toutes les directions de tir, sans obstacle naturel ou artificiel, déviations accidentelles comprises.
- Barrière du public à 5 mètres minimum en arrière des pas de tir, portée à 7 ou 10 mètres pour les installations temporaires selon le règlement 2026.
- Marges latérales à prévoir pour les dérives accidentelles de trajectoire.
- Angle de tir maximal de 45° pour les fosses.
- Pas de tir matérialisés par un carré de 1 m sur 1 m ou par un cercle d’un mètre de diamètre.
La déclaration : 15 jours dans le texte, un mois en pratique
L’article A322-143 impose à l’exploitant d’adresser un plan au préfet 15 jours avant l’ouverture, et après toute modification. Ce plan doit faire apparaître l’emplacement des appareils de lancement, la direction de tir, les voies d’accès, les protections et les zones réservées au public.
Sauf que les délais réellement demandés divergent selon les préfectures. La Vendée retient 15 jours pour un ball-trap temporaire. Les Ardennes indiquent 15 jours pour le temporaire mais deux mois minimum pour un établissement permanent. La Lozère demande le dossier un mois au plus tard. Le formulaire fédéral, lui, prévoit un dépôt un mois avant la manifestation et une transmission en préfecture 15 jours minimum avant.
Il n’existe donc pas de réponse unique. Retenez 15 jours comme minimum légal, un mois comme pratique attendue, et appelez votre préfecture avant de bloquer une date.
Le lanceur sur terrain privé, non ouvert au public
C’est la question que tout le monde se pose. La réponse la plus nette vient de la préfecture de Lozère : les ball-traps privés non ouverts au public ne sont pas déclarables, l’organisateur devant néanmoins informer le maire et les autorités locales des mesures de sécurité prises.
Cette position est cohérente avec le régime, puisque l’obligation naît de la qualification d’établissement accueillant des pratiquants, et non de la simple possession d’un lanceur. Mais deux réserves s’imposent, et elles sont importantes.
D’abord, seule cette préfecture énonce clairement le principe dans les sources consultées, et aucun texte national ne définit le seuil. Vérifiez localement plutôt que de vous fier à cette page.
Ensuite, non déclarable ne veut pas dire sans contrainte. Restent applicables, indépendamment de toute déclaration : le bruit de voisinage, la responsabilité civile, la réglementation sur les armes et les munitions, et le pouvoir de police du maire.
Le bruit, le vrai point de friction
L’article R1336-5 du Code de la santé publique est d’une généralité redoutable : « Aucun bruit particulier ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l’homme, dans un lieu public ou privé ». Le ball-trap est classé par le Centre d’information sur le bruit dans les bruits de voisinage relevant de ce code.
Le maire dispose du pouvoir de police correspondant, au titre des articles L2212-1 et L2212-2 du code général des collectivités territoriales : il peut agir 24 heures sur 24, faire constater par des agents assermentés, mettre en demeure, et prononcer une fermeture provisoire ou définitive. Deux décisions donnent la mesure de sa marge : la cour administrative d’appel de Marseille a jugé en 2004 qu’un dépassement d’un seul décibel suffit à justifier un arrêté restreignant un ball-trap, et le Conseil d’État a jugé en 1992 que le refus du maire d’agir contre des nuisances graves d’un club de tir était illégal.
Point de répartition des compétences, tranché récemment : dans une décision du 29 novembre 2022, le Conseil d’État a confirmé l’annulation d’un arrêté préfectoral suspendant un ball-trap pour nuisances sonores. Le préfet n’est compétent que pour des mesures dont le champ « excède le territoire d’une commune ». Les installations étant sur une seule commune, c’est le maire, et non le préfet, qui détient le pouvoir de police. Votre interlocuteur est donc la mairie.
Le plomb au sol
Les ball-traps ne sont pas des installations classées pour la protection de l’environnement. Une réponse ministérielle de 2018 l’établit et en tire la conséquence : ils ne relèvent pas de la réglementation sur les sols pollués, les plombs étant traités comme des déchets abandonnés au sens du Code de l’environnement, le maire exerçant son pouvoir de police pour prévenir les nuisances liées à leur dissémination. Deux pratiques de gestion sont décrites en club : le décapage périodique de la végétation et de la terre superficielle tous les deux à trois ans par une entreprise spécialisée, ou des bâches sur les merlons pour récupérer les plombs.
Un point reste en tension et nous ne le trancherons pas. Une réponse ministérielle française affirme que la réglementation sur la grenaille en zone humide ne s’applique pas au ball-trap, mais elle est antérieure au règlement européen 2021/57, qui interdit depuis le 15 février 2023 de décharger de la grenaille de chasse contenant au moins 1 % de plomb à l’intérieur ou à moins de 100 mètres d’une zone humide. Aucune source consultée n’articule les deux textes. Si votre terrain est proche d’une zone humide, faites vérifier le point avant d’installer quoi que ce soit.
L’alimentation : pourquoi le 12 volts partout
Le choix n’est pas un hasard et le constructeur l’explique dans sa foire aux questions : le 12 V offre « flexibility and compatibility » compte tenu de l’usage de ces machines dans presque tous les pays, et surtout il « élimine les risques associés au courant alternatif et facilite le déplacement des équipements ». Sur un terrain, avec de l’humidité et des câbles au sol, l’argument se comprend seul.
Trois sources d’énergie sont documentées par le fabricant :
- La batterie 12 V, de type automobile, avec une recommandation explicite pour les batteries à décharge lente en usage terrain.
- Le transformateur secteur 220 V vers 12 V, spécialement conçu pour fournir une tension constante adaptée au matériel.
- Le solaire, avec régulateur de tension, pour assurer la recharge de la batterie 12 V.
Les machines de club existent aussi directement en 110, 220 et 380 V pour les stands permanents raccordés.
L’autonomie, un trou que nous assumons
Aucun constructeur ni revendeur consulté ne publie d’autonomie en nombre de plateaux par charge, ni de capacité recommandée en ampères-heures. La notice de la gamme 185 indique explicitement ne pas fournir de valeurs d’ampérage. Les seules données disponibles sont la puissance moteur de 200 W et les 105,45 W nécessaires à l’armement, et il serait malhonnête d’en déduire une autonomie : la consommation réelle dépend du rapport cyclique, puisque le moteur ne tourne que pendant l’armement, et ce rapport n’est documenté nulle part. Même chose pour le groupe électrogène, que le constructeur ne mentionne dans aucune de ses trois solutions d’alimentation.
Les plateaux : formats, compatibilité et le mot « biodégradable »
Le plateau standard est réglementé. Le règlement de Fosse Universelle exige « un diamètre de 11 cm, une hauteur de 25 à 26 mm et un poids compris entre 100 et 110 Grs ». Le règlement technique FFBT 2026 retient 110 mm, 25 à 26 mm de hauteur et environ 105 g, en couleurs unies (noir, blanc, rouge, jaune) ou fluorescentes (rose, orange). Une variante de tolérance en hauteur, jusqu’à 28,5 mm, circule dans des documents régionaux : la valeur réglementaire est celle de la fédération.
Mais le standard n’est qu’un format parmi d’autres.
| Format | Diamètre | Poids |
|---|---|---|
| Standard | 110 mm | 105 g |
| Midi 90 | 90 mm | 80 g |
| Mini 70 | 70 mm | 45 g |
| Mini 60, dit bourdon | 60 mm | 38 g |
| Auto rabbit | 110 mm | 118 g |
| Battue | 108 mm | 80 g |
La compatibilité multi-formats est un marqueur de gamme aussi discriminant que la capacité. La machine de compétition accepte 60, 70, 90, 108 et 110 mm, soit toute la gamme. La machine d’entraînement accepte standards, minis, midis et battues. Le lanceur à main, lui, n’accepte que le standard de 108 à 110 mm. Or le règlement FITASC de Parcours de Chasse met explicitement au programme les plateaux normaux, rabbit, mini, super-mini, battue, bourdon, flash et hélices. Un lanceur mono-format ne permet donc pas de s’entraîner au parcours de chasse.
Un mot sur le vocabulaire écologique, parce qu’il est utilisé avec beaucoup de largesse. Le fabricant commercialise trois résines : une résine de pétrole à très faible teneur en hydrocarbures aromatiques polycycliques, une résine végétale dite Ecobird, et une résine végétale à teneur nulle. Le ratio est d’un tiers de liant pour deux tiers de charge de poudre de calcium, et c’est la charge minérale, soit 30 % du plateau, qui retourne au sol sans impact. Nulle part sur les pages consultées le fabricant ne revendique un plateau « 100 % biodégradable ». Faible teneur en HAP et résine végétale ne sont pas synonymes de biodégradable, et il vaut mieux le savoir avant de le répéter.
L’entretien : ce qui casse et ce qui use
Le ressort, le point critique
Une seule règle, mais elle est écrite avec quatre points d’exclamation dans le document original : les spires du ressort d’armement ne doivent jamais se toucher à tension minimale, sous peine de rupture du bâti. La tension se règle par l’écrou arrière, et plus le ressort est tendu, plus la vitesse du plateau augmente.
À quoi s’ajoute l’argument de longévité déjà croisé dans la partie sécurité : laisser la machine armée étire le ressort principal et raccourcit sa durée de vie. La bonne pratique de sécurité est donc aussi la bonne pratique d’entretien.
Le bras et la plaque de lancement
- Vérifier que le bras n’est pas tordu avant utilisation.
- Contrôler que le caoutchouc du bras conserve la même distance à la plaque sur tout le rayon, environ 1 mm de jeu avec le plateau.
- Inspecter la plaque de lancement, débris et dépôt de brai compris.
Graissage et inspection périodique
La notice liste les points à traiter : écrou de 24 mm, filetage de la tige à œil filetée à graisser quotidiennement, tourillons d’armement, axe du doigt d’indexage, bague de l’axe d’indexage, rondelle tournante du ressort principal, tourillons de liaison de la barre de transmission. L’huile de réducteur préconisée est une SHELL TIVELA ISO VG 220.
Côté inspection : présence et serrage du carter de sécurité, usure du caoutchouc du bras, usure du boulon à œil et de la broche d’armement, serrage des vis du réducteur, usure du couteau, compression de l’amortisseur caoutchouc, réglage de la plaque. Une pièce mérite une mention à part : le roulement à aiguilles unidirectionnel, qui arrête le bras en position trois quarts armé pour réduire les vibrations. Si votre machine se met à vibrer anormalement, c’est la première chose à contrôler.
Ce que nous ne vous donnerons pas : une périodicité de graissage. La notice liste les points mais ne donne pas de fréquence, à l’exception du filetage de la tige à œil. Elle ne nous donne pas davantage de protocole d’hivernage. La seule prescription de stockage documentée est celle que vous connaissez maintenant : ne jamais remiser la machine armée.
Le comparatif des modèles, prix relevés le 17 août 2026
Cette section est un relevé, pas une sélection, et elle rassemble sur les lanceurs de ball-trap du marché français les informations qu’aucune fiche ne donne côte à côte. Les caractéristiques viennent des fiches des vendeurs ou du fabricant, les prix sont ceux affichés le 17 août 2026, promotions incluses lorsqu’elles étaient actives. Tout a été revérifié ce jour-là, à deux exceptions signalées ligne par ligne : deux pages marchandes bloquent la consultation automatique, leurs montants datent du 16 août. Les prix des lanceurs sont volatils, la date compte autant que le chiffre, et une commande passée trois mois plus tard ne retrouvera pas forcément ces montants.
Les lanceurs manuels, de 6,90 € à 139 €
| Modèle | Capacité | Ce que la fiche annonce | Prix | Enseigne |
|---|---|---|---|---|
| Lanceur à main Caldwell | 1 plateau | synthétique, ambidextre, plateaux 108 et 110 mm | 6,90 € | Armurerie Steflo Lyon (relevé du 16/08) |
| Lanceur de plateau manuel | 1 plateau | modèle d’appel, disponible sous 5 jours | 16,90 € | Meyson |
| « The Competitor » vendu sous le nom « Lanceur de plateaux Ball Trap manuel » | 1 ou 2 plateaux | plus de 30 m, 4,36 kg, tout métal, trépied et piquets fournis | 68,85 € | Chassemarket |
| « The Competitor » | 1 ou 2 plateaux | le même modèle, autre enseigne | 71,90 € | Meyson |
| « Clay Master » vendu « Lanceur de Ball TRAP Clay Master » | non publiée | en rupture de stock au relevé du 16 comme du 17 août | 83,90 € | Meyson |
| « Clayhawk » | non publiée | haut de la gamme manuelle en catalogue | 134,90 € | Meyson |
| EUROP ARM, réf. A59101 | 1 ou 2 plateaux | embase triangulaire, angles réglables, tension du ressort réglable, anneau orange de zone de rotation du bras, ancrage au sol par piquets métalliques | 139,00 € | Armurerie Boichut-Balaguer |
Une remarque de fond sur ce tableau. Le seul modèle dont la fiche mentionne un dispositif de sécurité identifiable, l’anneau orange qui matérialise la zone balayée par le bras, est aussi le plus cher de la catégorie. Sur un mécanisme dont le bras est le danger numéro un, c’est un critère d’achat au moins aussi sérieux que la distance de lancement.
Les machines à moteur pour un usage individuel, de 255 € à 1 029 €
| Modèle | Capacité | Distance | Angle | Masse | Prix | Enseigne |
|---|---|---|---|---|---|---|
| VEVOR 50 plateaux | 50 | 60 à 80 m | 30° à 70° | 23 kg | 254,99 € | VEVOR France |
| Électrique 12 V, 90 plateaux | 90 | 60 m simple, 45 m doublé | 5° à 35° | 20 à 22 kg | 759,00 € | Chassemarket |
| Le même, 90 plateaux | 90 | idem | idem | idem | 899,90 € | Meyson |
| Le même, 12 V | 90 | idem | idem | idem | 980,00 € | Armurerie Saint-Martin |
| Le même, 12 V | 90 | idem | idem | idem | 1 029,00 € | Le Montagnard Outdoor |
Notez au passage ce que 255 € achètent contre 759 €. L’entrée de gamme automatique annonce une capacité inférieure, 50 plateaux contre 90, mais une distance supérieure, 60 à 80 m contre 60 m, et un débattement vertical de 30° à 70° là où l’électrique donne 5° à 35°. Ce ne sont pas les mêmes machines pour les mêmes gestes : l’une enchaîne vite et haut, l’autre porte un magasin plus grand et se règle plus bas. Comparer deux lanceurs sur le seul prix ne dit rien de ce qu’ils font, ni de la qualité de ce qu’ils envoient en l’air.
Le même lanceur à 759 € et à 1 029 € : la ligne à vérifier avant de commander
Les quatre lignes centrales du tableau ci-dessus décrivent le même produit, à caractéristiques strictement identiques : chargeur de 90 plateaux, 12 V, 60 et 45 m, 5° à 35°, cordelette de 8 m, 20 à 22 kg. Il se vendait le 17 août 2026 à 759 € chez un revendeur, 899,90 € chez un deuxième, 980 € chez un troisième et 1 029 € chez un quatrième. Deux cent soixante-dix euros d’écart, soit 35 %, pour la même machine, le même jour. Les quatre prix ont été revérifiés le 17 août : aucun n’avait bougé depuis la veille.
C’est le seul conseil d’achat de cet article qui vaille de l’argent : sur ce segment, ouvrez quatre onglets. Il n’y a rien d’autre à faire, aucune qualité supplémentaire à espérer du plus cher, et la différence paie le carton de plateaux pour deux saisons. C’est aussi rapide que de remplir un formulaire de commande.
Les machines de club : le tarif que le fabricant publie sans l’afficher
Sur les machines professionnelles, l’idée reçue veut qu’aucun prix ne circule et qu’il faille passer par un devis. C’est vrai de la fiche produit telle qu’elle s’affiche, et faux de la page elle-même : les tarifs figurent dans les données structurées de la boutique en ligne du fabricant, en euros, avec la référence, la disponibilité et une validité annoncée jusqu’à fin 2027. Les voici, relevés le 17 août 2026.
| Machine | Capacité | Réarmement | Ce qui la distingue | Garantie | Prix |
|---|---|---|---|---|---|
| TAH 85 PRO réf. 1000501 | 85 plateaux | 0,6 s | 75 kg, 30° vertical, 4 types de plateaux, câble de 50 m et chariot inclus | 1 an | 2 644,00 € |
| Fosse 6C, une machine réf. 1000858 | 200 cibles | 2,2 s | angle 30°, déclenchement instantané TURBO, livrée sans commande à la voix | 3 ans | 2 772,00 € |
| Trench 12C réf. 1000861 | 12 colonnes | 2,2 s | version 12 colonnes de la même architecture | 2 à 3 ans | 3 251,00 € |
| Trench 18C réf. 1000910 | 18 colonnes | 2,2 s | capacité pensée pour ne pas recharger pendant une séance | 2 à 3 ans | 3 904,00 € |
| TALB 6C réf. 29820 | 200 cibles | 2,2 s | oscillation horizontale de 27° à 90°, commande par câble de 50 m | 2 ans | 4 299,00 € |
| TAHLB 6C réf. 1000869 | 200 cibles | 2,2 s | oscillation horizontale 27° à 90° et verticale 8° à 19°, télécommande 50 m | 2 ans | 4 806,00 € |
| Phoenix 65T25 réf. 8000006 | non publiée | non publié | machine de jeu et d’animation du catalogue | non publiée | 4 225,00 € |
| PCT 6C réf. 1000881 | 200 plateaux | 2,2 s | 7 positions réglables, télécommande radio | 2 ans | 5 099,00 € |
Trois précautions de lecture, et elles comptent. Ces montants sont ceux de la boutique du fabricant : les fiches ne précisent ni le régime de taxe, ni les frais de livraison, ni le coût de l’installation, et une machine de 75 kg ne s’expédie pas comme un carton de plateaux. Les capacités annoncées ici, 200 cibles sur les versions 6 colonnes, sont celles de ces références précises : les configurations à 8 ou 12 colonnes des catalogues techniques, qui montent bien plus haut, sont d’autres produits et d’autres tarifs. Enfin, le prix affiché est un prix catalogue, pas une remise de club.
Ce que ce tableau apprend au lecteur qui hésitait, c’est où se situe la vraie marche. Entre le meilleur lanceur électrique individuel à 759 € et la première machine de club à 2 644 €, il y a un facteur 3,5. Et ce que l’on achète en franchissant cette marche n’est ni la distance ni la capacité, c’est l’oscillation réglée et la cadence : le passage de la commande par câble à la télécommande radio, de l’angle fixe à un balayage horizontal de 27° à 90°, et du plateau qui part toujours pareil au plateau qu’on ne peut pas anticiper.

La distance se change pour 87,90 €, pas en changeant de machine
Voici le détail le plus utile de tout ce comparatif, et il ne figure sur aucune fiche de lanceur d’entrée de gamme. Sur les machines de la gamme professionnelle, la distance de lancement ne se règle pas, elle se remplace : elle dépend du ressort monté, et chaque ressort est une pièce détachée au catalogue, à un tarif unique.
| Ressort | Plage de distance annoncée | Référence | Prix |
|---|---|---|---|
| Noir | 25 à 50 m | 1306215 | 87,90 € |
| Vert | 50 à 70 m | 1304850 | 87,90 € |
| Gris | 65 à 85 m | 1304845 | 87,90 € |
| Rouge | 80 à 110 m | 1304605 | 87,90 € |
Quatre couleurs, un seul prix, et une plage utile qui va de 25 à 110 mètres. C’est la traduction commerciale de ce que nous expliquions plus haut sur le ressort : toute la distance est dans cette pièce, et la même machine passe d’un plateau de 30 m pour débuter à un plateau de 100 m de discipline pour le prix d’un carton de cartouches. Cela change la façon de lire une fiche : la distance annoncée d’un lanceur n’est pas une qualité intrinsèque de la machine, c’est la configuration dans laquelle elle est livrée.
Deux autres lignes de pièces méritent d’être connues avant d’acheter : le chariot de déplacement est facturé 455,00 € en accessoire, réf. 1309074, alors qu’il est annoncé inclus sur le TAH 85 PRO ; et le consommable qui décide vraiment du coût d’une séance reste le plateau, à 24,99 € le carton de 150, soit 0,17 € l’unité, pour le carton de plateaux standard Ball Trap du fabricant, relevé du 16 août chez un distributeur généraliste dont la page bloque la consultation automatique.
Les quatre pièges d’une fiche de lanceur
À force de comparer ces fiches, quatre pièges de lecture reviennent, et ils expliquent la plupart des déceptions à la livraison.
- La distance annoncée n’est pas une qualité de la machine, c’est le ressort livré avec. Une même machine couvre de 25 à 110 m selon la pièce montée.
- La capacité du magasin ne dit rien de la cadence. Aucun revendeur d’électrique 12 V ne publie de temps de cycle, alors que l’entrée de gamme automatique annonce 2 à 3 secondes.
- Le chariot et la batterie sont rarement inclus hors gamme professionnelle, et le chariot seul est facturé 455 €.
- Le prix affiché n’est pas le prix du marché : nous avons relevé 35 % d’écart sur le même produit le même jour, entre quatre enseignes françaises.
Quel modèle pour quel profil
| Votre situation | Ce que les données désignent | Budget |
|---|---|---|
| Deux personnes en loisirs, une boîte de plateaux, un après-midi | un lanceur à main, sans ressort donc sans bras armé | 6,90 à 16,90 € |
| Entraînement régulier sur terrain privé, trajectoire à régler | « The Competitor » pour le rapport qualité-prix, EUROP ARM pour l’anneau de sécurité et la tension réglable | 68,85 à 139,00 € |
| Tirer seul, sans jamais toucher au bras armé | l’électrique 12 V à 90 plateaux, en prenant le temps de comparer les enseignes | 759,00 € bien acheté |
| Cadence rapide et angles hauts, budget serré | l’automatique 50 plateaux, plus haut et plus loin que l’électrique, mais magasin plus petit | 254,99 € |
| Club, école de tir, plusieurs personnes à la suite | TAH 85 PRO pour entrer dans la gamme professionnelle, Fosse 6C pour la garantie de 3 ans | 2 644 à 2 772 € |
| Discipline avec oscillation imposée par le règlement | TALB 6C pour l’horizontale seule, TAHLB 6C pour les deux axes, PCT 6C pour les 7 positions | 4 299 à 5 099 € |
Une dernière remarque de méthode, parce qu’elle vaut pour tous les achats de ce type. Aucun des vendeurs consultés ne publie la cadence de son lanceur électrique, et aucun ne publie la consommation électrique réelle. Nous ne les avons pas inventées. Sur ces deux informations, la seule réponse honnête est de demander ces informations au vendeur par écrit avant de passer commande, et de considérer qu’un chiffre absent d’une fiche n’est jamais un bon signe.
Loisir ou compétition : ce que les règlements imposent réellement
Si votre horizon est l’entraînement à domicile, cette partie est de la culture générale. Si vous visez la compétition, elle définit ce qu’un appareil doit pouvoir faire.
| Discipline | Appareils | Distance imposée |
|---|---|---|
| Fosse olympique | 15, en 5 groupes de 3 | 76 m à 1 m près |
| Double trap | selon schéma | 55 m à 1 m près |
| Skeet | 2 cabanes, haute et basse | 68 m à 1 m près |
| Fosse universelle | 5 appareils en ligne | réglage par grille officielle |
| Trap1 | 1 appareil oscillant | 50 m à 2 m près |
En fosse olympique, l’angle maximal est de 45° à gauche comme à droite, la hauteur à 10 m comprise entre 1,5 et 3,0 m, et neuf schémas de réglage numérotés de I à IX encadrent les trajectoires. Le lâcher doit intervenir « immédiatement » à l’appel, « compte tenu uniquement du temps de réaction humaine ». En skeet, la géométrie est encore plus contrainte : sortie à 3,05 m au-dessus du poste 1 pour la cabane haute, à 1,05 m au-dessus du poste 7 pour la cabane basse, et un point de croisement matérialisé par un cercle de 0,90 à 0,95 m de diamètre situé à 4,60 m au-dessus du point central.
Le point que personne ne relève : aucun de ces règlements n’impose une vitesse de plateau. Ils imposent une distance de chute, une hauteur à 10 mètres et un angle. La vitesse en découle, elle n’est jamais la consigne.
L’arme, la munition et l’équipement du tireur
Le lanceur ne sert à rien seul, et les règlements encadrent beaucoup plus strictement ce qui se trouve à l’autre bout du terrain. Voici ce que les deux fédérations imposent, discipline par discipline.
Les armes admises
- Des fusils, uniquement. Le formulaire fédéral applicable aux manifestations temporaires est net : fusils seulement, les munitions à balle sont interdites, donc pas de balles ni de projectile unique, et le fusil à pompe est exclu.
- Calibre 12 au maximum. C’est le plafond retenu par le règlement FITASC de parcours de chasse comme par le formulaire fédéral. C’est bien un plafond et non une obligation : tirer en calibre 20 ou en calibre 28 reste conforme, puisque ces calibres sont en dessous.
- Canons de 66 cm minimum. Attention à une divergence de documents : l’ancien formulaire fédéral de 2018 indiquait 60 cm, mais le règlement technique 2026 et le règlement FITASC retiennent tous deux 66 cm. C’est cette valeur qu’il faut respecter aujourd’hui.
- Deux cartouches maximum pour les fusils mono-canon semi-automatiques ou à répétition, chez les deux fédérations.
- Pas d’optique. Le règlement FITASC interdit expressément les dispositifs de visée et les micro-caméras sur l’arme. Une optique de visée n’a rien à faire sur un fusil de plateaux, et c’est écrit.
Ces règles de compétition ne disent rien du régime d’acquisition de l’arme, qui relève d’un tout autre corpus : le classement d’un fusil de chasse en France se lit dans le code de la sécurité intérieure, et non dans un règlement fédéral. Notre guide des catégories d’armes détaille ce partage, que le présent dossier n’a pas vocation à trancher.
Les munitions autorisées
Deux plafonds de charge coexistent selon le cadre, et les confondre coûte une disqualification.
| Cadre | Charge maximale | Autres contraintes |
|---|---|---|
| Règlement technique FFBT 2026 | 36 g | cartouche de 70 mm maximum |
| FITASC parcours de chasse | 28 g plus 2 % de tolérance | cartouches rechargées interdites |
| Manifestation temporaire, formulaire fédéral | 28 g | munitions du commerce seulement, grenaille de fer interdite |
Sur le plomb lui-même, les deux fédérations convergent : forme sphérique obligatoire, diamètre compris entre 2 et 2,5 mm, numéros 7 à 9 de la série Paris. Sont interdits dans les deux règlements la poudre noire, les cartouches traçantes, les incendiaires, les disperseurs, les mélanges de plombs et les charges anormales.
Un mot sur l’acier, qui revient souvent dans les questions. La grenaille d’acier, c’est à dire les billes d’acier substituées au plomb, est interdite par le formulaire fédéral en manifestation temporaire, et la réglementation européenne sur la grenaille en zone humide, évoquée plus haut, ajoute une couche d’incertitude sur les terrains proches de l’eau. Un point à trancher avec la fédération avant de commander des cartouches de ball-trap non conformes, dont le choix par discipline est détaillé dans notre guide dédié. Côté canon, le choke de fusil conditionne la gerbe utile à chaque distance, et tous les chokes ne sont pas compatibles avec l’acier, ce qui se vérifie au marquage du canon avant d’acheter la moindre boîte.
L’équipement de protection
- Protections oculaires obligatoires sans exception en parcours de chasse pour les tireurs, les arbitres et le personnel près des pas de tir. Un tireur non conforme est traité comme absent.
- Protections auditives obligatoires pour les tireurs, les arbitres, le personnel et même le public.
- En Compak Sporting, la même exigence s’applique à tout le personnel, et les armes se portent ouvertes et déchargées entre les postes.
Ces protections restent prioritaires. Pour compléter l’équipement avec des vêtements et accessoires dédiés à la discipline, la collection Ball-trap de Passion Tir rassemble des modèles pour les tireurs de fosse, de skeet et de parcours.
À quoi s’ajoutent les règles de sécurité opposables du Code du sport, article A322-145 : retirer les bretelles des armes, ne manipuler l’arme qu’au pas de tir, ne charger qu’au moment de tirer, ne jamais se retourner vers les spectateurs, décharger pendant les interruptions. Le texte précise que ces règles « sont affichées de manière lisible en un lieu accessible à tous ». Si vous organisez, l’affichage fait partie de vos obligations.
Rappel qui clôt le sujet juridique : le lanceur n’est pas une arme. Aucune source consultée ne le soumet à une autorisation, il se vend librement en armurerie et en grande distribution, où son achat est aussi libre que celui d’un ballon de football. Ce sont l’arme et la munition qui sont réglementées, et l’installation qui l’est au titre du Code du sport. La gestion du terrain, elle, reste à la charge de celui qui l’exploite.
Plateau, plateau d’argile ou pigeon d’argile ?
Un mot de vocabulaire à propos des noms commerciaux, parce que les catalogues brouillent les pistes. Les revendeurs emploient indifféremment « plateau », « plateau d’argile » et « pigeon d’argile » pour désigner le même objet, et une même fiche produit peut porter les trois termes. Même l’orthographe de la discipline diverge : les enseignes écrivent « ball trap » en deux mots dans leurs intitulés de produits, quand les règlements et la fédération écrivent « ball-trap » avec un trait d’union. Les règlements français, eux, ne connaissent que le plateau, et parlent d’appareil de lancement plutôt que de lanceur. Quand vous comparez deux annonces, fiez-vous au diamètre en millimètres et au poids en grammes, jamais au nom commercial.
Ce qu’il faut retenir
- 250 mètres est le seul chiffre légal. Il vient du Code du sport, article A322-143. Les 150 m, 100 m et 300 m que vous lirez ailleurs ne sont dans aucun texte.
- Le fondement juridique est le Code du sport, pas le Code de la sécurité intérieure. L’article R312-40 souvent cité concerne les armes de catégorie B pour le tir sportif.
- Déclaration 15 jours avant selon le texte, un mois en pratique. Les préfectures divergent, appelez la vôtre.
- Un ball-trap privé non ouvert au public n’est pas un établissement. Une seule préfecture l’énonce clairement, vérifiez localement. Cela ne vous exonère ni du bruit, ni de la responsabilité civile.
- Votre interlocuteur bruit est le maire, pas le préfet, dès lors que l’installation tient sur une seule commune.
- Ne laissez jamais la machine armée. C’est à la fois la règle de sécurité numéro un et ce qui préserve le ressort.
- Lunettes de protection obligatoires, y compris pour ceux qui regardent. Les éclats de plateau peuvent revenir en arrière.
- La capacité et la compatibilité multi-formats classent les machines plus sûrement que la distance annoncée.
- Comparez les prix : 35 % d’écart relevé sur un lanceur électrique identique le 16 août 2026.
Questions fréquentes
Peut-on installer un lanceur de ball-trap chez soi ?
Sur un terrain privé non ouvert au public, la préfecture de Lozère indique que l’installation n’est pas déclarable, l’organisateur devant informer le maire des mesures de sécurité prises. Attention, c’est la seule source officielle consultée à l’énoncer et aucun texte national ne définit ce seuil : vérifiez auprès de votre préfecture. Restent applicables dans tous les cas le bruit de voisinage, la responsabilité civile et la réglementation sur les armes.
Combien coûte un lanceur de ball-trap ?
Quatre paliers, prix relevés en août 2026. Un lanceur à main coûte de 6,90 € à 16,90 €. Un manuel à ressort, réglable en direction et en élévation, va de 68,85 € à 139 €. Un automatique d’entrée de gamme à 50 plateaux se trouve à 254,99 €, et un électrique 12 V à chargeur de 90 plateaux à 759 € chez le moins cher, contre 1 029 € chez le plus cher pour le même produit. Les machines de la gamme professionnelle démarrent à 2 644 € et montent à 5 099 € pour une machine à oscillation réglée sur sept positions. À cela s’ajoute le consommable, 0,17 € le plateau.
Quelle distance de sécurité respecter pour un ball-trap ?
250 mètres. C’est l’article A322-143 du Code du sport, qui exige cette distance minimale par rapport aux routes et habitations dans la direction normale du tir, sauf existence de protections. Le formulaire fédéral parle d’une zone de sécurité primaire de 250 mètres dans toutes les directions de tir, déviations accidentelles comprises. Les chiffres de 150 m ou 100 m qui circulent en ligne ne figurent dans aucun texte.
Quel lanceur de ball-trap choisir pour débuter ?
Pour de la découverte, un lanceur à main à partir de 6,90 € suffit. Pour progresser réellement, la notice à ressort sur trépied entre 69 et 139 € offre le meilleur rapport apprentissage sur budget : il envoie au-delà de 30 m, se règle en direction et en élévation, et lance en simple ou en doublé. Il demande une seconde personne pour l’armer entre chaque plateau. Prix relevés le 16 août 2026.
Quelle est la différence entre un lanceur électrique et un lanceur automatique ?
L’électrique confie le réarmement du ressort à un moteur 12 V, ce qui retire vos mains de la zone du bras, mais l’alimentation en plateaux reste liée au chargeur. L’automatique ajoute un magasin rotatif ou à colonnes qui alimente la machine sans intervention et enchaîne les cycles, de 2 à 3 secondes en entrée de gamme jusqu’à 0,6 seconde sur une machine de club.
Quelle batterie pour un lanceur de ball-trap 12 V ?
Le constructeur recommande une batterie de type automobile à décharge lente pour l’usage sur le terrain, et documente aussi le transformateur secteur 220 vers 12 V et la recharge solaire avec régulateur. En revanche, aucune capacité en ampères-heures n’est publiée, et aucune autonomie en nombre de plateaux non plus. La notice indique explicitement ne pas fournir de valeurs d’ampérage.
À quelle vitesse part un plateau de ball-trap ?
Sur une machine de club documentée par une étude d’ingénierie, la vitesse de sortie va de 20,8 m/s avec le ressort le plus souple à 34,3 m/s avec le plus raide, soit environ 75 à 123 km/h, pour des portées de 41,8 à 112,1 m. Attention, c’est une donnée mesurée sur une machine précise et non une exigence : aucun règlement ISSF, FITASC ou FFBT consulté n’impose de vitesse de plateau, ils imposent une distance, une hauteur et un angle.
Quelles sont les dimensions d’un plateau de ball-trap standard ?
110 mm de diamètre, 25 à 26 mm de hauteur, entre 100 et 110 g, pour environ 105 g en pratique. Les formats spéciaux vont du bourdon de 60 mm et 38 g au rabbit de 110 mm et 118 g, en passant par le midi 90 mm et 80 g, le mini 70 mm et 45 g, et la battue de 108 mm et 80 g. Un lanceur mono-format ne permet pas de s’entraîner au parcours de chasse, qui met plusieurs de ces formats au règlement.
Faut-il des lunettes de protection au ball-trap ?
Oui, et pour tout le monde à proximité, pas seulement pour le tireur. La notice constructeur avertit que des fragments à grande vitesse peuvent sortir de la zone de danger normale, y compris vers l’arrière. En compétition, le règlement FITASC rend les protections oculaires obligatoires sans exception, et un tireur non conforme est traité comme absent. En 2013, une cour d’appel a retenu l’absence de lunettes parmi les manquements ayant engagé la responsabilité d’un organisateur.
Les plateaux de ball-trap sont-ils biodégradables ?
Pas au sens où on l’entend généralement. Le fabricant propose trois résines, dont deux d’origine végétale, avec un ratio d’un tiers de liant pour deux tiers de charge de poudre de calcium. C’est la charge minérale, soit 30 % du plateau, qui retourne au sol sans impact. Sur les pages consultées, le fabricant ne revendique nulle part un plateau 100 % biodégradable, et faible teneur en HAP n’est pas synonyme de biodégradable.
Le lanceur est l’un des rares équipements de tir où le budget d’entrée est dérisoire et où l’erreur coûteuse n’est pas financière. Une raquette à sept euros et un après-midi suffisent à faire découvrir le tir aux plateaux. Ce qui ne s’improvise pas, c’est la géométrie du terrain, le bouclier derrière l’opérateur, les lunettes sur tout le monde et la machine jamais laissée armée. Le juge d’Amiens a listé les manquements dans cet ordre, et le constructeur les avait écrits avant lui.
