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Le .17 Hornet face au .17 HMR : une fiche C.I.P. contre aucune

Cartouche de .17 Hornet, calibre varmint à percussion centrale

Le .17 Hornet a une fiche C.I.P., le .17 HMR n’en a pas. C’est la différence qui compte entre les deux, bien avant la vitesse. Le premier est une .22 Hornet rétreinte, homologuée au tableau II le 20 mai 2014, admise à 3700 bar pour 820 joules, et il se recharge. Le second est une cartouche à percussion annulaire, absente des tableaux publics, et sa douille part à la poubelle.

Les comparatifs en ligne opposent les deux calibres sur des tables de vitesse. C’est le bon chiffre pour choisir une lunette, et le mauvais pour choisir une carabine. Voici ce que disent les fiches officielles, ce qui sépare vraiment les deux .17, et ce que ça coûte en France.

Ce que dit la fiche C.I.P. du .17 Hornet

La cartouche figure au tableau II de la C.I.P., celui des cartouches à bourrelet. Sa fiche est datée du 20 mai 2014 et n’a jamais été révisée. Le pays d’origine est les États-Unis.

Cote C.I.P..17 Hornet.22 Hornet
Ogive maximale4,38 mm5,70 mm
Longueur d’étui34,29 mm35,64 mm
Longueur hors tout43,69 mm43,76 mm
Bourrelet8,89 mm8,89 mm
Corps7,59 mm7,59 mm
Collet4,93 mm6,17 mm
Âme du canon4,27 mm5,51 mm
Pas de rayure228,00 mm, soit 1:9406,00 mm, soit 1:16
Pression maximale3700 bar3000 bar
Énergie retenue820 J1055 J
Fiches C.I.P. tableau II du .17 Hornet et du .22 Hornet, relevées le 15 septembre 2026. Pression d’épreuve 4255 bar, pression exceptionnelle 4625 bar pour le .17.

Deux lignes surlignées règlent la question de la filiation. Le bourrelet et le corps sont identiques au centième : 8,89 et 7,59 mm des deux côtés. Ce n’est pas une cartouche inspirée de la .22 Hornet, c’est la même, rétreinte sur une ogive de 4,38 mm.

Une troisième ligne raconte le reste. La C.I.P. accorde 3700 bar à la fille contre 3000 à la mère, soit 23 % de plus, dans un étui plus court de 1,35 mm. Et elle lui impose un pas de rayure de 228 mm, un tour en neuf pouces, contre un tour en seize pour la .22. Une ogive de 20 grains longue et fine ne se stabilise pas comme une 45 grains courte.

La preuve est dans le bourrelet

La .22 Hornet et la .17 Hornet à l’échelle Profils des deux cartouches Hornet construits sur leurs cotes C.I.P. La .17 Hornet est une .22 Hornet rétreinte Profils construits sur les cotes C.I.P. du tableau II, à l’échelle, ogive comprise. 22 Hornet 3000 bar · 1055 J étui 35,64 mm ogive 5,70 mm 17 Hornet 3700 bar · 820 J étui 34,29 mm ogive 4,38 mm bourrelet commun, 8,89 mm Même bourrelet de 8,89 mm, même corps de 7,59 mm : c’est le même étui. L’épaulement avance de cinq millimètres, le collet tombe de 6,17 à 4,93 mm, et la C.I.P. accorde 3700 bar à la fille contre 3000 bar à la mère. Fiches C.I.P. tableau II du 22 Hornet et du 17 Hornet, relevées le 15 septembre 2026.
Les deux profils sont construits point par point sur les neuf cotes publiées par la C.I.P. pour chaque cartouche, ogive comprise.

Superposées, les deux cartouches partent du même culot et arrivent à la même longueur hors tout, 43,69 mm contre 43,76. Ce qui bouge est au milieu : l’épaulement avance de près de cinq millimètres et le collet tombe de 6,17 à 4,93 mm. La .17 gagne du volume de poudre là où la .22 avait déjà commencé à se rétrécir.

Cette parenté a une conséquence pratique immédiate. Une carabine chambrée en .22 Hornet se rechambre en .17 Hornet, et c’est même l’origine du calibre : le wildcat qui l’a précédé se fabriquait exactement comme ça.

.17 Hornet ou .17 HMR : la vraie différence n’est pas la vitesse

Notre dossier sur le .17 HMR traite en détail sa balistique et sa place face aux .22 LR et .22 WMR. Reste ce que le tableau de vitesses ne montre pas.

Le .17 HMR n’a pas de fiche dans les tableaux TDCC publics de la C.I.P. Vérification faite le 15 septembre 2026 sur les tableaux I à VI : ni le .17 HMR, ni le .22 WMR, ni la .22 Long Rifle n’y figurent, alors que le .17 Hornet, la .22 Hornet et le .17 Rem. Fireball y sont. La ligne de partage est celle de l’amorçage : d’un côté les cartouches à percussion centrale, avec une fiche dimensionnelle publique et une pression maximale chiffrée ; de l’autre les cartouches à percussion annulaire, qu’on ne trouve pas dans ces tables.

Fiche C.I.P. ou pas : les .17 et les .22 côte à côte

Ce que cet outil ne fait pas : il dit ce que les tableaux TDCC publics de la C.I.P. contiennent, relevés le 15 septembre 2026, et rien d’autre. Une cartouche absente de ces tables n’est pas une cartouche interdite ni non éprouvée : elle n’y a simplement pas de fiche dimensionnelle publique. Les vitesses et énergies des cartouches annulaires sont des chiffres constructeur, pas des valeurs normatives.

Concrètement, le .17 Hornet envoie une ogive de 20 grains à environ 1 112 m/s pour 802 joules, quand le .17 HMR plafonne à 777 m/s et 332 joules avec son ogive de 17 grains. Deux fois et demie l’énergie, pour la même ogive de 4,38 mm. La C.I.P. retient d’ailleurs 820 joules pour le .17 Hornet, ce qui colle au chargement d’usine le plus rapide.

Cartouche de .17 Hornet, étui de 34,29 mm et ogive de 4,38 mm
Un bourrelet de 8,89 mm hérité de 1930, une ogive de 4,38 mm et un pas de rayure en neuf pouces : le .17 Hornet en trois cotes.

Le wildcat Ackley, et pourquoi il ne faut pas les confondre

Le .17 Hornet n’est pas né chez Hornady. Un wildcat portant le même nom circule depuis les années 1950, attribué à P. O. Ackley, obtenu exactement de la même façon : une .22 Hornet rétreinte au .17. Hornady n’a fait que le normaliser, soixante ans plus tard.

Et les deux ne sont pas interchangeables. Les cotes diffèrent sur l’épaulement : 30 degrés pour l’Ackley contre 25 pour la version Hornady, avec un diamètre d’épaulement et une conicité de corps différents. Sur une carabine ancienne rechambrée par un armurier, la question se pose vraiment, et la réponse est dans le marquage du canon, pas dans le nom du calibre. En cas de doute, faites contrôler le chambrage avant de tirer une munition d’usine.

Prix de la munition .17 Hornet et disponibilité

Le calibre existe commercialement, mais l’offre est étroite : une référence domine, la Hornady Superformance Varmint à ogive V-MAX de 20 grains, vendue en boîtes de 25.

Relevés du 15 septembre 2026 : cette boîte de 25 s’affiche à 25,80 € chez un armurier belge, soit 1,03 € le coup, et se trouve en rupture chez un détaillant français qui la référence. Côté composants, une boîte de 50 douilles Hornady non amorcées est à 47,90 € chez un armurier français, disponible sur commande, soit 0,96 € la douille vide.

Pour situer : notre relevé d’août 2026 donnait le .17 HMR entre 0,46 et 0,60 € le coup. Le .17 Hornet coûte donc environ deux fois plus cher en munition d’usine et se trouve nettement moins facilement. C’est le prix d’entrée, et ce n’est pas celui qui compte si vous rechargez.

Avant d’acheter une carabine dans ce calibre, vérifiez chez votre armurier le délai d’approvisionnement en munitions ou en douilles. Dans un calibre à une seule référence d’usine, c’est la disponibilité qui décide, pas le prix affiché.

Recharger le .17 Hornet : le vrai argument du calibre

C’est la raison d’être de cette cartouche face au .17 HMR, et notre article sur le rimfire le disait déjà : pour du .17 rechargeable, il faut passer à la percussion centrale.

Les douilles. Elles existent neuves chez Hornady, à peu près au prix de la munition chargée de .17 HMR, et se rechargent plusieurs fois. Le bourrelet de 8,89 mm assure le calage : c’est lui qui positionne la cartouche dans la chambre, pas l’épaulement. Surveillez sa collerette et la longueur après chaque tir, dans un calibre qui travaille à 3700 bar.

Les ogives. En 4,38 mm, soit .172 pouce, l’offre est celle du .17 Remington et du .17 Rem. Fireball : des V-MAX et équivalents de 20 à 30 grains. Attention au pas de rayure : la C.I.P. retient 228 mm, soit un tour en neuf pouces, quand Hornady recommande un tour en dix. Les ogives les plus lourdes de la gamme sont celles qui y sont sensibles.

Les poudres. Ce sont des poudres très rapides de petite capacité, les mêmes registres que sur la .22 Hornet. Aucune charge ne figure dans cet article, et il faut ajouter un avertissement propre à ce calibre : l’étui est minuscule, quelques dixièmes de grain d’écart y pèsent proportionnellement beaucoup plus que sur une cartouche de chasse ordinaire. La pesée doit être individuelle, et les charges se lisent dans la table en vigueur du fabricant de poudre, pour l’ogive et la douille exactes, en partant de la charge de départ. Une table de .22 Hornet ne se transpose pas : même étui, mais ni la même section de canon, ni le même plafond.

Pour la méthode, voir notre dossier sur la composition d’une cartouche, notre article sur la balistique du rechargement et la lecture d’une table de rechargement.

En France : catégorie C, et le même cadre que le .17 HMR

Une carabine à verrou chambrée en .17 Hornet relève de la catégorie C et se déclare sur permis de chasser validé ou licence de tir. L’ogive de 4,38 mm est très loin du seuil de 20 mm qui fait basculer un canon rayé en catégorie A1, et le mécanisme à répétition manuelle reste sous la limite de onze coups.

La différence avec le .17 HMR n’est pas juridique, elle est pratique. Les deux calibres se déclarent de la même façon, mais le .17 Hornet ouvre une case que le rimfire n’ouvre pas : celle du rechargement, avec l’atelier, le quota de poudre et les obligations qui vont avec. Notre dossier sur la catégorie C détaille les conditions de détention.

Pour quel profil le .17 Hornet a un sens

Pour le rechargeur qui tire du varmint, c’est le calibre évident. Deux fois et demie l’énergie du .17 HMR, une douille réutilisable, des ogives partagées avec toute la famille .17 à percussion centrale, et une consommation de poudre dérisoire à chaque coup. C’est exactement le créneau que le rimfire ne peut pas occuper.

Pour qui ne recharge pas, le .17 HMR reste le meilleur choix. Deux fois moins cher au coup, disponible partout, sur des carabines nombreuses. Payer le double pour une munition d’usine à une seule référence n’a de sens que si l’on prévoit de garder les douilles.

Pour qui possède déjà une .22 Hornet, la question mérite d’être posée à un armurier. Le culot et le corps sont identiques, le rechambrage existe, et c’est même l’histoire de ce calibre. Mais entre l’Ackley et la version Hornady, les cotes d’épaulement diffèrent : cette conversion se décide sur un contrôle, pas sur un article.

À lire aussi : le .17 HMR et sa balistique, les armes de catégorie C, et la balistique du rechargement.

Questions fréquentes

Quelle différence entre .17 Hornet et .17 HMR ?

Le .17 Hornet est à percussion centrale, homologué par la C.I.P. au tableau II, admis à 3700 bar, et il se recharge. Le .17 HMR est à percussion annulaire, absent des tableaux TDCC publics, et sa douille n’est pas réutilisable. Côté énergie, environ 802 joules contre 332 pour la même ogive de 4,38 mm.

Le .17 Hornet est-il une .22 Hornet modifiée ?

Oui, et les fiches C.I.P. le prouvent : bourrelet de 8,89 mm et corps de 7,59 mm identiques au centième. Seuls l’épaulement, le collet et la longueur d’étui changent, avec 34,29 mm contre 35,64.

Quelle est la pression du .17 Hornet ?

3700 bar de pression maximale, avec une pression d’épreuve de 4255 bar et une pression exceptionnelle de 4625 bar. C’est 23 % de plus que la .22 Hornet dont il dérive, qui plafonne à 3000 bar.

Combien coûte une boîte de .17 Hornet ?

Relevé du 15 septembre 2026 : 25,80 € la boîte de 25 Hornady Superformance 20 grains V-MAX chez un armurier belge, soit 1,03 € le coup. Les douilles nues Hornady sont à 47,90 € les 50 chez un armurier français.

Le .17 Hornet se recharge-t-il ?

Oui, c’est son principal argument face au .17 HMR. Les douilles existent neuves, se rechargent plusieurs fois, et les ogives en .172 pouce sont partagées avec le .17 Remington et le .17 Rem. Fireball. L’étui étant minuscule, la pesée doit être individuelle.

Quel pas de rayure pour le .17 Hornet ?

La C.I.P. retient 228 mm, soit un tour en neuf pouces. Hornady recommande un tour en dix pouces. L’écart devient sensible avec les ogives les plus lourdes de la gamme, de 25 à 30 grains.

Le .17 Hornet Ackley est-il le même calibre ?

Non. Le wildcat des années 1950 attribué à P. O. Ackley porte le même nom et la même origine, mais son épaulement fait 30 degrés contre 25 pour la version Hornady, avec des cotes d’épaulement différentes. Sur une arme ancienne, faites contrôler le chambrage avant de tirer de la munition d’usine.

Le .17 Hornet est-il en catégorie C en France ?

Oui, sur une carabine à répétition manuelle de onze coups au plus, avec déclaration sur permis de chasser validé ou licence de tir. L’ogive de 4,38 mm est très loin du seuil de 20 mm de la catégorie A1.