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Le .28 Nosler : le .26 avec un collet plus large, et mille joules de plus

Sept cartouches de .28 Nosler, étui à culot rebordé inversé bâti sur la .404 Jeffery, posées sur le comptoir d'une armurerie

Le .28 Nosler, c’est le .26 Nosler avec un collet plus large. Les deux fiches C.I.P. publient huit cotes identiques au centième, dont la longueur d’étui, la longueur hors tout et les trois pressions. Ce qui change tient au collet, à l’ogive et au canon, et ça vaut mille joules de plus.

Et cette longueur hors tout, 84,84 mm, n’est pas un hasard non plus : dix-huit fiches la partagent, dont la .30-06 Springfield. C’est la longueur d’un magasin d’action longue. Voici ce que dit la fiche, et ce qu’elle dit de la manière dont on dessine une cartouche aujourd’hui.

La fiche, ligne par ligne

La cartouche est au tableau I de la C.I.P., celui des étuis sans bourrelet, pays d’origine les États-Unis, fiche déposée le 9 mai 2023. Elle a été mise au point par la cartoucherie Nosler en 2015 : huit ans entre la sortie commerciale et le dépôt européen.

Cote.28 Nosler.26 NoslerCe qu’elle désigne
L365,79 mm65,79 mmlongueur de l’étui
L684,84 mm84,84 mmlongueur hors tout
R113,56 mm13,56 mmdiamètre du culot
P213,40 mm13,40 mmdiamètre à l’épaulement
P113,98 mm13,99 mmcorps à la base
L155,02 mm55,01 mmculot à l’épaulement
H28,13 mm7,54 mmdiamètre au collet
G17,23 mm6,73 mmdiamètre maximal de l’ogive
Pmax4400 bar4400 barpression maximale
PE5500 bar5500 barpression d’épreuve
EE5500 J4500 Jénergie retenue
F7,04 mm6,50 mmdiamètre de l’âme
Z7,21 mm6,71 mmfond de rayure
N et b6 de 2,79 mm4 de 2,41 mmrayures
u228,60 mm203,20 mmpas de rayures
Q40,39 mm²34,22 mm²section d’âme

Les lignes grisées sont identiques sur les deux fiches. Huit cotes au centième près, et trois autres qui ne diffèrent que d’un centième : L1, E et P1. Autant dire que c’est le même étui, formé sur le même outillage, et qu’on a seulement changé le collet.

Un mot sur l’épaulement, parce que c’est un piège de lecture récurrent. La fiche publie un cône de raccordement de 70 degrés, quand tous les catalogues annoncent 35. Les deux ont raison : la C.I.P. donne l’angle INCLUS, c’est-à-dire l’angle total du cône, là où l’usage américain donne le demi-angle, mesuré depuis l’axe. Divisez par deux et les chiffres se rejoignent.

Le pas de 228,60 mm vaut exactement un tour en 9 pouces, et celui du .26 Nosler 203,20 mm, soit un tour en 8 pouces. Deux valeurs rondes en pouces, ce qui rappelle que la cartouche est américaine et que la fiche C.I.P. n’est qu’une traduction métrique d’un dessin conçu ailleurs.

84,84 mm : la longueur d’une action longue

C’est la cote qui nous a arrêtés. La longueur hors tout du .28 Nosler vaut 84,84 mm, et dix-huit fiches des quatre tableaux publient exactement la même. Douze au seul tableau I.

Converti en pouces, 84,84 mm font 3,340. C’est la longueur maximale d’une cartouche dans le magasin d’une action longue standard, celle qui a été dessinée autour de la .30-06 Springfield il y a plus d’un siècle et que la moitié des carabines de chasse utilisent encore.

La liste de ceux qui la partagent le dit mieux qu’un long paragraphe : la .30-06 Springfield elle-même, la .270 Winchester, le .35 Whelen, les .300 et .338 Winchester Magnum, le .264 Winchester Magnum, le .458 Winchester Magnum, le .375 Ruger, le .416 Ruger, les .300 et .338 Blaser Magnum, le 6,5 × 64 Brenneke, le 7 mm PRC, et les deux Nosler.

Ces cartouches n’ont pas le même culot : on trouve dans cette liste cinq diamètres de culot différents, de 12,01 à 13,59 mm. Elles ne sont donc pas d’une même famille d’étui. Ce qu’elles ont en commun n’est pas une parenté, c’est une contrainte : elles doivent toutes rentrer dans la même boîte de culasse.

Le 26 Nosler et le 28 Nosler à l’échelle Les deux étuis Nosler alignés sur le culot : même longueur, même culot, même pression, et un collet élargi de 7,54 à 8,13 mm. Le .28 Nosler, c’est le .26 Nosler au collet élargi Les deux étuis à l’échelle vraie, alignés sur le culot. Huit cotes identiques au centième. 26 Nosler fiche du 9 novembre 2021 4 rayures, pas de 203,20 mm 4 500 joules retenus collet 7,54 28 Nosler fiche du 9 mai 2023 6 rayures, pas de 228,60 mm 5 500 joules retenus collet 8,13 84,84 mm soit 3,340 pouces longueur hors tout, identique sur les deux fiches 84,84 mm, c’est la longueur du magasin d’une action longue, et dix-huit fiches la partagent. Douze au seul tableau I, dont la 30-06 Springfield, la 270 Winchester, le 35 Whelen, les 300 et 338 Winchester Magnum, le 375 Ruger et le 7 mm PRC. La cartouche n’a pas été dessinée librement : elle a été dessinée pour rentrer dans une boîte de culasse qui existait déjà. C’est la même logique que les 57,40 mm du chargeur AR-15. Étuis tracés à l’échelle vraie sur neuf cotes de chaque fiche (R1, R, P1, P2, L1, L2, H2, L3, G1, L6). Fiches C.I.P. du tableau I, relevées le 30 septembre 2026.

Nous avions déjà rencontré exactement ce phénomène avec les 57,40 mm du chargeur AR-15, que treize fiches du tableau I partagent. C’est la deuxième longueur hors tout la plus répandue du tableau, juste derrière celle-là. Une contrainte d’arme s’écrit dans la fiche de la cartouche, et elle s’y lit au centième.

Le culot : la tête de la .404 Jeffery, à cinq centièmes près

Les sources françaises le disent en toutes lettres : le .28 Nosler est bâti sur l’étui de la vieille .404 Jeffery britannique, raccourci et ramené au collet de 7 mm. La fiche C.I.P. le chiffre.

Neuf fiches des quatre tableaux publient un culot de 13,56 mm : les deux Nosler, les quatre Remington Ultra Magnum, le 6,5 G.A.P. 4S et le 6,5 mm D.B.G. C’est la famille .404 Jeffery, celle des gros étuis sans ceinture des trente dernières années.

Juste à côté, vingt-neuf fiches publient 13,51 mm : c’est la tête des magnums à ceinture, celle du .375 H&H et de sa descendance, du .300 Winchester Magnum au .416 Ruger. Cinq centièmes de millimètre séparent les deux familles. Et la plus répandue des quatre tableaux n’est ni l’une ni l’autre : cinquante fiches publient 12,01 mm, la tête de la .30-06 et de la .308.

Une précision utile au rechargeur : sur le .28 Nosler, le culot mesure 13,56 mm quand le corps en mesure 13,98. Le culot est donc plus étroit que l’étui, ce qu’on appelle un culot rebordé inversé. C’est visible à l’œil sur la cartouche, et c’est ce qui permet d’obtenir un gros volume sans ceinture ni bourrelet.

Le comparateur ci-dessous applique ces trois lectures à douze fiches réelles : la longueur hors tout, le diamètre de culot et le bloc canon.

Comparer au .28 Nosler

Ce que cet outil ne fait pas : il lit des fiches et compare des cotes. Il ne dit jamais ce qui se chambre dans quoi, et deux cartouches qui partagent une longueur hors tout ou un canon ne partagent pas pour autant une chambre : seul le marquage du canon fait foi, et la question se pose à un armurier. La poussée au culot vaut la pression maximale multipliée par la section d’âme et divisée par dix, en newtons. Les douze jeux de cotes viennent des fiches TDCC publiques des tableaux I et III, relevées le 30 septembre 2026.

Six calibres Nosler, deux fiches

La cartoucherie Nosler, installée dans l’Oregon, s’est fait un nom en 1948 avec sa balle Partition. Elle est venue aux étuis bien plus tard : le .26 Nosler, un 6,5 mm, est annoncé en novembre 2013 et arrive au catalogue en 2014, la même année que la carabine Patriot dessinée pour le recevoir. Le .28 suit en 2015, puis le .30 et le .33 en 2016, le .22 en janvier 2017 et le .27 en 2020. Six cartouches à culot rebordé inversé, toutes bâties sur l’idée de mettre le maximum de poudre dans une action existante. On lit parfois qu’un .24 Nosler serait sorti en 2017 aux côtés du .22 : ce calibre n’existe pas, ni au catalogue du fabricant, ni nulle part ailleurs.

Les quatre premières dérivent du même étui, celui du .300 Remington Ultra Magnum, lui-même issu de la .404 Jeffery. La fiche C.I.P. du Remington le confirme au centième : même culot de 13,56 mm, mais une longueur hors tout de 91,44 mm. Les Nosler sont ce même étui raccourci de 6,60 mm pour rentrer dans l’action longue standard.

Sur ces six calibres, deux seulement ont une fiche C.I.P. Nous avons relevé les 665 noms des onze index publics de la commission, puis balayé le texte des 496 fiches PDF des quatre tableaux d’armes à canon rayé, puis les cinquante champs « marquage alternatif ». Le mot « Nosler » n’apparaît que deux fois : le 26, déposé le 9 novembre 2021, et le 28, déposé le 9 mai 2023. Le .22, le .27, le .30 et le .33 Nosler n’existent pas pour la C.I.P.

Le .28 Nosler au banc : 5500 joules d’énergie retenue sur la fiche C.I.P., pour un étui qui tient dans une action de .30-06. Vidéo Little Crow Gunworks.

Ce n’est pas un jugement sur les quatre absents : une fiche C.I.P. suppose un déposant qui la demande et un marché européen qui la justifie. Le dépôt suit la vente, il ne la précède pas, et les huit ans écoulés entre la sortie américaine du .28 Nosler et sa fiche européenne le montrent bien.

Ce que vaut le .28 Nosler sur la fiche

Sa pression maximale est au plafond. 4400 bar, c’est la valeur la plus haute que la C.I.P. publie, tous tableaux confondus, et quatre-vingt-six fiches y sont, dont soixante-trois au seul tableau I. Être au plafond n’a donc rien d’exceptionnel : c’est le régime normal des magnums modernes et des cartouches de précision.

Son énergie retenue, 5500 joules, le place quarante-cinquième des 214 fiches du tableau I qui publient cette valeur. C’est haut sans être extrême : le .375 Ruger monte à 6350, le .300 Remington Ultra Magnum à 5985. Mille joules séparent le .28 Nosler du .26, à étui et pression identiques : tout vient de la section d’âme, 40,39 mm² contre 34,22.

Sa poussée au culot de balle, pression maximale multipliée par section d’âme et divisée par dix, vaut 17 772 newtons, cent quatrième sur 215. Là encore, rien d’extrême : le .28 Nosler ne pousse pas plus fort qu’une .30-06, il pousse plus longtemps, parce qu’il a plus de volume derrière la balle pour la même section.

Onze fiches partagent son canon

Dernier relevé, et il resitue la cartouche. Onze fiches des tableaux I et III publient exactement le même bloc canon que le .28 Nosler : âme 7,04 mm, fond de rayure 7,21, six rayures de 2,79 mm, section d’âme 40,39 mm².

Les dix autres sont le 7 mm-08 Remington, le 7 mm Express Remington, le 7 mm BR Remington, le 7 mm Remington Magnum, le 7 mm Remington SA Ultra Magnum, le 7 mm Winchester Short Magnum, le 7 mm PRC, le 7 mm KM allemand, le 7 mm Zentile et le 7 mm Rosè italiens. Trente-neuf ans séparent la plus ancienne fiche de la plus récente, et c’est le même canon.

Ce qui les sépare tient en une cote : le pas. Il va de 203,20 mm sur le 7 mm PRC à 254,00 sur le 7 mm Remington SA Ultra Magnum, en passant par les 228,60 du .28 Nosler et les 241,00 du 7 mm Remington Magnum. Un pas plus court stabilise des ogives plus longues, donc plus lourdes : c’est la seule variable que les concepteurs ont vraiment bougée sur quarante ans de 7 mm.

Pour le rechargeur, la conséquence est simple et rassurante : les ogives de 7 mm se commandent au même diamètre, 7,23 mm sur la fiche, soit .284 pouce dans les catalogues. Ce qui change d’une carabine à l’autre, c’est le poids d’ogive que le pas accepte.

Et face au 6,5-300 Weatherby ?

C’est la question qui revient le plus souvent sur les forums francophones dès qu’on parle de ce calibre. La C.I.P. y répond d’une manière inattendue : le 6,5-300 Weatherby Magnum n’a pas de fiche. Nous avons relevé les 665 noms des onze index publics, puis les 496 fiches des quatre tableaux d’armes à canon rayé. Treize fiches portent le nom Weatherby, toutes au tableau III, qui n’en compte que quarante : du 224 au 460, en passant par le 240, le 257, le 270, le 7 mm, le 300, le 30-378, le 338-378, le 340, le 375, le 378 et le 416. Aucune n’est un 6,5. À l’inverse, trente-trois noms de l’index sont des 6,5 mm ou des .264 : pas un seul Weatherby parmi eux.

Le plus proche voisin Weatherby du .28 Nosler est donc le 7 mm Weatherby Magnum, fiche du 14 juin 1984. Et il tombe à un cheveu du bloc canon des onze : même section d’âme, 40,39 mm² (seize fiches publient ce chiffre), même fond de rayure à 7,21 mm, mais une âme de 7,02 au lieu de 7,04 et surtout un pas de 254,00 mm là où le Nosler tient 228,60. Les deux plafonnent à 4400 bar ; le Weatherby retient 5040 joules contre 5500.

Pour le reste, la fiche se tait, et c’est important de le dire. Elle ne publie ni trajectoire, ni dérive au vent, ni distance de tir pratique, ni effet sur le gros gibier. Les comparaisons qu’on lit, combien de centimètres au-dessus de la ligne de visée à 200 mètres ou ce que ça donne en long range, sortent des tables balistiques des fabricants de munitions et dépendent entièrement de la balle chargée. La fiche encadre une pression et des cotes, elle n’arbitre pas un choix de chasse. Entre deux magnums de cette classe, ce qui départage tient à l’offre de balles, à la durée de vie du canon et à ce qu’on tire réellement.

Disponibilité et prix en France

Relevé du 30 septembre 2026, et il faut le dire franchement : ce n’est pas un calibre qu’on trouve en rayon en France. Deux détaillants français qui distribuent la marque Nosler ne listent aucune munition chargée dans ce calibre, alors qu’ils en proposent en 7 mm PRC, en 7 mm Remington Magnum et en .300 Winchester Magnum.

Sur les places de marché européennes, l’offre existe mais elle est presque entièrement composée de composants de rechargement, ce qui en dit long sur le profil des acheteurs.

Carabine à verrou en .28 Nosler équipée d'une lunette, avec cinq cartouches posées devant elle
Une carabine à verrou d’action longue, la seule que la cote de 84,84 mm autorise : étui de 65,79 mm sur culot de 13,56, collet de 7 mm, 5500 joules d’énergie retenue.
  • Les ogives : du 7 mm, c’est-à-dire du .284 pouce, très bien servi puisque tous les 7 mm le partagent. Ballistic Tip de 140 grains autour de 51 €, E-Tip sans plomb de 140 grains à 82,70 €, AccuBond de 160 grains à 89,95 €, RDF de 185 grains à partir de 79,80 €.
  • Les étuis neufs : autour de 101,50 € le lot, et c’est la vraie contrainte du calibre, plus que l’ogive.
  • Le jeu d’outils : des matrices RCBS autour de 139 €.
  • L’arme : les annonces sont rares et haut de gamme, une Gunwerks Magnus affichée à 9 999 € au relevé.

En clair : en France, le .28 Nosler est une cartouche qu’on recharge, et une carabine qu’on commande. C’est cohérent avec ce que la fiche raconte, une cartouche de précision à longue distance plutôt qu’une munition de battue.

Recharger le .28 Nosler : composants et points de vigilance

Quatre points, dont deux tiennent directement à ce que publie la fiche.

Le diamètre d’ogive, d’abord, et c’est la bonne nouvelle. La fiche publie 7,23 mm, soit 0,284 pouce, exactement comme les dix autres 7 mm du tableau. Aucun piège ici, contrairement à ce que nous avons vu sur le 7,62 × 54 R, où le nom du calibre mesurait le canon et pas la balle. L’offre d’ogives de 7 mm est l’une des plus larges du marché, de 100 à 195 grains.

Le pas de 228,60 mm, ensuite, soit un tour en 9 pouces. C’est un pas court, fait pour tenir des ogives longues : c’est lui qui rend le calibre intéressant avec des projectiles de 160 à 195 grains, et qui explique que les ogives légères n’y apportent rien. Vérifiez le pas réel de votre canon avant de choisir un poids d’ogive : c’est la seule cote que les fabricants de 7 mm font varier.

Les étuis sont le point dur. Ils sont chers, spécifiques, et le volume de poudre logé derrière une section d’âme de 40,39 mm² use les canons plus vite qu’une cartouche standard. Le rechargeur suivra la longueur d’étui de près : la fiche donne 65,79 mm, et un étui qui s’allonge se recoupe.

Côté poudres, le volume de l’étui impose les plus lentes du catalogue, celles que les fabricants classent pour les magnums à gros volume : Vihtavuori N570, Hodgdon Retumbo, Norma MRP chez les trois maisons les plus faciles à trouver en France. Les poudres de vitesse moyenne, celles d’une .308 Winchester, n’ont rien à y faire : elles rempliraient l’étui sans jamais l’exploiter.

Les charges se lisent dans la table officielle du fabricant de poudre, Vihtavuori, Hodgdon, Norma ou Vectan selon ce que vous trouvez, jamais dans un forum ni dans un article de blog, celui-ci compris. Partir de la charge de départ du fabricant, monter par paliers, surveiller les signes de surpression. La fiche plafonne à 4400 bar, la valeur la plus haute que publie la C.I.P. : il n’y a aucune marge au-dessus. Pour la méthode, voir notre dossier sur la composition d’une cartouche et la lecture d’une table de rechargement.

En France : catégorie C

Une carabine à verrou en .28 Nosler, avec son magasin de trois ou quatre coups, est une arme d’épaule à répétition manuelle dont le projectile mesure 7,23 mm, très loin des 20 mm de l’article R311-2 du code de la sécurité intérieure. Elle relève donc de la catégorie C : acquisition sur permis de chasser validé de l’année ou licence de tir en cours de validité, puis déclaration au SIA.

C’est l’arme qui est classée, jamais le calibre, et ici l’arme est banale au regard du droit français. Les munitions et les composants suivent le régime de l’arme : l’achat se fait sur présentation du titre de l’arme déclarée en catégorie C.

Pour quel profil ?

Pour le tireur ou le chasseur qui vise loin et qui recharge. C’est le cahier des charges affiché par le fabricant et la fiche le confirme : le maximum de volume de poudre dans une action de .30-06, une ogive de 7 mm, un pas court pour les projectiles lourds, la pression au plafond. En battue ou à l’approche sous bois, il n’apporte rien qu’une cartouche courante ne donne pour trois fois moins cher.

Il ne remplace pas le 7 mm Remington Magnum, il le prolonge. Les deux partagent le canon au centième ; le Nosler a un étui plus gros et 985 joules d’énergie retenue de plus sur la fiche. Ce supplément se paie en usure de canon et en prix d’étui, pas en complexité.

Si vous hésitez avec le 7 mm PRC, la fiche donne un argument net : même canon, même plafond de pression, 84,84 mm de longueur hors tout tous les deux, et un étui plus court pour le PRC, 57,91 contre 65,79 mm. Le PRC annonce 4950 joules retenus contre 5500. Le .28 Nosler achète ces 550 joules avec huit millimètres d’étui en plus, et la disponibilité du PRC en France est aujourd’hui sans commune mesure.

À lire aussi : le 7,5 × 54 MAS, le .224 Valkyrie, et la .30-06 Springfield.

Questions fréquentes

Quelles sont les cotes du .28 Nosler ?

Colonne CARTOUCHE MAXI de la fiche C.I.P., tableau I : longueur d’étui 65,79 mm, longueur hors tout 84,84, culot 13,56, corps à la base 13,98, épaulement 13,40, collet 8,13, ogive 7,23. Côté canon : âme 7,04, fond de rayure 7,21, six rayures de 2,79 mm au pas de 228,60 mm, section d’âme 40,39 mm².

Le .28 Nosler et le .26 Nosler ont-ils le même étui ?

Oui, au centième près. Les deux fiches publient huit cotes identiques : longueur d’étui 65,79 mm, longueur hors tout 84,84, bourrelet 1,27, culot 13,56, épaulement 13,40, et les trois pressions 4400, 5060 et 5500 bar. Trois autres ne diffèrent que d’un centième. Ce qui change est le collet, 8,13 contre 7,54 mm, l’ogive et tout le bloc canon.

Pourquoi la longueur hors tout du .28 Nosler est-elle de 84,84 mm ?

Parce que 84,84 mm font 3,340 pouces, la longueur maximale d’une cartouche dans le magasin d’une action longue standard, celle dessinée autour de la .30-06 Springfield. Dix-huit fiches des quatre tableaux publient cette cote, avec cinq diamètres de culot différents : ce n’est pas une parenté d’étui, c’est une contrainte d’arme.

Quelles autres cartouches font 84,84 mm de longueur hors tout ?

Dix-huit fiches, dont douze au tableau I : la .30-06 Springfield, la .270 Winchester, le .35 Whelen, le .30-06 Ackley Improved, le 6,5 × 64 Brenneke, le 7 mm PRC, les .300 et .338 Blaser Magnum, le .375 Ruger, le .416 Ruger et les deux Nosler. Au tableau III s’y ajoutent les .264, .300, .338 et .458 Winchester Magnum et le .416 Taylor Magnum.

Sur quel étui le .28 Nosler est-il bâti ?

Sur celui du .300 Remington Ultra Magnum, lui-même dérivé de la vieille .404 Jeffery britannique. La fiche C.I.P. du Remington publie le même culot de 13,56 mm, mais une longueur hors tout de 91,44 mm : les Nosler sont ce même étui raccourci de 6,60 mm pour rentrer dans une action longue standard.

Quelle pression et quelle énergie pour le .28 Nosler ?

4400 bar de pression maximale, 5060 bar de pression individuelle maximale et 5500 bar de pression d’épreuve. L’énergie retenue vaut 5500 joules, au quarante-cinquième rang des 214 fiches du tableau I qui publient cette valeur. 4400 bar est le plafond de tout ce que publie la C.I.P., et quatre-vingt-six fiches y sont.

Pourquoi la fiche annonce un épaulement de 70 degrés quand les catalogues disent 35 ?

Parce que la C.I.P. publie l’angle INCLUS du cône de raccordement, c’est-à-dire l’angle total, là où l’usage américain donne le demi-angle, mesuré depuis l’axe de la cartouche. Divisez par deux et les deux chiffres se rejoignent : 70 degrés sur la fiche, 35 degrés dans les catalogues, c’est le même épaulement.

Quel diamètre d’ogive pour le .28 Nosler ?

7,23 mm au maximum sur la fiche, soit .284 pouce, exactement comme les dix autres 7 mm du tableau. Onze fiches des tableaux I et III publient le même bloc canon : âme 7,04, fond de rayure 7,21, six rayures de 2,79 mm, section 40,39 mm². L’offre d’ogives de 7 mm va de 100 à 195 grains.

Combien de calibres Nosler ont une fiche C.I.P. ?

Deux sur six. Nosler a annoncé le .26 en novembre 2013 pour un catalogue 2014, le .28 en 2015, les .30 et .33 en 2016, le .22 en janvier 2017 et le .27 en 2020. Le relevé des 665 noms des onze index publics de la C.I.P., le balayage des 496 fiches PDF et le contrôle des cinquante champs de marquage alternatif ne donnent que deux occurrences : le 26 Nosler, déposé le 9 novembre 2021, et le 28 Nosler, déposé le 9 mai 2023.

Le .28 Nosler ou le 7 mm Remington Magnum ?

Les deux partagent le canon au centième : âme 7,04, fond de rayure 7,21, six rayures de 2,79 mm, section 40,39 mm². Seul le pas diffère, 228,60 mm pour le Nosler contre 241,00. Le Nosler a un étui plus gros et annonce 5500 joules d’énergie retenue contre 4515, au prix d’une usure de canon plus rapide et d’étuis nettement plus chers.

Le .28 Nosler ou le 7 mm PRC ?

Même canon, même plafond de pression à 4400 bar, et la même longueur hors tout de 84,84 mm : les deux tiennent dans une action longue. L’étui du PRC est plus court, 57,91 mm contre 65,79, pour 4950 joules retenus contre 5500. Le Nosler achète ces 550 joules avec huit millimètres d’étui de plus, et le PRC est bien plus facile à trouver en France.

Le .28 Nosler ou le 6,5-300 Weatherby ?

La C.I.P. ne peut pas trancher : le 6,5-300 Weatherby Magnum n’a pas de fiche. Treize fiches portent le nom Weatherby, toutes au tableau III qui n’en compte que quarante, et aucune n’est un 6,5. Le voisin Weatherby le plus proche du .28 Nosler est le 7 mm Weatherby Magnum, fiche de 1984 : même section d’âme de 40,39 mm² et même plafond de 4400 bar, mais un pas de 254,00 mm contre 228,60 et 5040 joules retenus contre 5500.

Trouve-t-on du .28 Nosler en France ?

Difficilement. Au relevé du 30 septembre 2026, deux détaillants français distribuant la marque Nosler ne listent aucune munition chargée dans ce calibre. Sur les places de marché européennes, l’offre est presque entièrement composée de composants : ogives de 7 mm, étuis neufs autour de 101,50 € le lot, matrices de rechargement autour de 139 €. C’est un calibre qu’on recharge.