Quatre fiches de la C.I.P. portent un nom commençant par 7,5. Elles ne décrivent pas le même canon, et le 7,5 × 54 MAS n’en partage aucune, sauf une : le pas de rayures. En revanche, deux de ces quatre fiches publient six cotes de canon rigoureusement identiques, et ce sont les deux qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre.
Un fusil d’ordonnance suisse de 1889 et une cartouche de pistolet tchèque de 2015. Voici ce que dit la fiche de la cartouche française, ce que valent les trois autres 7,5, et ce que ça change quand on recharge.
La fiche, ligne par ligne
La cartouche vit au tableau I de la C.I.P., celui des étuis sans bourrelet, sous le nom « 7,5 x 54 MAS ». Pays d’origine la France, fiche déposée le 14 mai 2007 et révisée le 7 avril 2021. Son champ « marquage alternatif » donne le nom anglo-saxon : 7,5 x 54 French.
Un détail vaut d’être signalé tout de suite, parce qu’il surprend : sur l’index public de la C.I.P., la ligne de cette cartouche propose bien trois liens de langue, français, anglais et allemand. Les trois pointent vers le même fichier, et ce fichier est en allemand. La fiche de la cartouche réglementaire de l’armée française n’existe, à ce relevé du 30 septembre 2026, qu’en version allemande. Les libellés y sont Datum, Ursprungsland et PATRONE MAXI. Les lettres de cote, elles, sont les mêmes partout : les valeurs se lisent sans rien traduire.
| Cote | Valeur | Ce qu’elle désigne |
|---|---|---|
| L3 | 54,00 mm | longueur de l’étui, celle du nom |
| L6 | 76,00 mm | longueur hors tout |
| L1 | 42,79 mm | culot à l’épaulement |
| R | 1,40 mm | épaisseur du bourrelet |
| R1 | 12,34 mm | diamètre du culot |
| P1 | 12,25 mm | corps à la base |
| P2 | 11,30 mm | diamètre à l’épaulement |
| H2 | 8,62 mm | diamètre au collet |
| G1 | 7,84 mm | diamètre maximal de l’ogive |
| G | 13,58 mm | saut de balle |
| Pmax | 3800 bar | pression maximale |
| PK | 4370 bar | pression individuelle maximale |
| PE | 4750 bar | pression d’épreuve |
| EE | 3250 J | énergie retenue |
| F | 7,57 mm | diamètre de l’âme |
| Z | 7,85 mm | fond de rayure |
| b | 3,70 mm | largeur d’une rayure |
| N | 4 | nombre de rayures |
| u | 270,00 mm | pas de rayures |
| Q | 47,17 mm² | section d’âme |
C’est une cartouche moyenne, et ça se lit dans les rangs. Sa pression maximale la place cent cinquantième des 215 fiches du tableau I, son énergie retenue cent trente-huitième sur 214, et sa poussée au culot de balle, 3800 bar multipliés par 47,17 mm² et divisés par dix, soit 17 925 newtons, quatre-vingt-quinzième sur 215. Rien d’extrême nulle part. C’est exactement ce qu’on demandait à une cartouche de fusil réglementaire en 1929 : tirer loin, se fabriquer par millions et ne casser personne.
Une cote sort tout de même du lot : le saut de balle, 13,58 mm, qui place la fiche au trente-quatrième rang des 214 du tableau I qui publient cette valeur. C’est un saut long, cohérent avec une cartouche pensée pour la fabrication de masse et pour des armes dont les chambres n’étaient pas toutes au centième.
Quatre fiches s’appellent 7,5
Nous avons relu les 496 fiches des quatre tableaux d’armes à canon rayé, sur les index publics de la C.I.P. Quatre portent un nom commençant par « 7,5 », et elles viennent de quatre horizons.
- Le 7,5 × 54 MAS, tableau I, France, 2007. Âme 7,57 mm, ogive 7,84.
- Le 7,5 × 55 Suisse, tableau I, Suisse, 1984. Âme 7,51, ogive 7,78.
- Le 7,5 FK, tableau IV, Tchéquie, 2015. Âme 7,51, ogive 7,80. C’est une cartouche de pistolet.
- Le 7,5 Ordonnance Suisse, tableau IV, Suisse, 1984. Âme 7,65, ogive 8,00. C’est une cartouche de revolver.
Quatorze centièmes de millimètre séparent les âmes extrêmes, et vingt-deux les ogives. Autant dire que le nombre 7,5 ne désigne, ici encore, qu’une famille approximative : c’est la leçon que nous tirions déjà de la fiche du 7,62 × 54 R, où le nom mesure l’âme et pas la balle.
Le comparateur ci-dessous compte, pour douze fiches réelles, combien de cotes de canon elles partagent avec le 7,5 × 54 MAS, sur les six que publie une fiche : l’âme, le fond de rayure, la largeur de rayure, le nombre, le pas et la section.
Comparer au 7,5 × 54 MAS
Ce que cet outil ne fait pas : il lit des fiches et compte des coïncidences. Il ne dit jamais ce qui se chambre dans quoi, et deux cartouches qui partagent un canon ne partagent pas pour autant une chambre : seul le marquage du canon fait foi, et la question se pose à un armurier. La poussée au culot vaut la pression maximale multipliée par la section d’âme et divisée par dix, en newtons. Les douze jeux de cotes viennent des fiches TDCC publiques des tableaux I à IV, relevées le 30 septembre 2026.
Les deux qui sont identiques n’ont rien à voir
Voici le résultat qui nous a arrêtés. Le 7,5 × 55 Suisse et le 7,5 FK publient six cotes de canon rigoureusement identiques au centième : âme 7,51 mm, fond de rayure 7,77, rayure de 3,75 mm, quatre rayures, pas de 270,00 mm, section d’âme de 46,33 mm². Seule l’ogive les sépare, de deux centièmes, 7,78 contre 7,80.
Les deux cartouches n’ont pourtant aucun rapport. Le 7,5 × 55 Suisse est la munition d’ordonnance du fusil suisse depuis 1889, déposée à la C.I.P. en 1984 et révisée en 2016 : un étui de 55,60 mm, 3965 joules d’énergie retenue. Le 7,5 FK est une cartouche de pistolet tchèque déposée en 2015, au tableau IV, avec un étui de 27,00 mm, soit moitié moins.
Trente et un ans, deux tableaux, deux usages qui n’ont rien de commun, et le même canon sur le papier. Nous avions déjà vu ce phénomène traverser les tableaux avec le 7,62 × 39 et le 7,62 × 54 R, qui partagent sept cotes. La différence est qu’ici les deux cartouches ne descendent pas l’une de l’autre : le constructeur tchèque a simplement retenu, pour une cartouche neuve, le canon d’un fusil d’ordonnance centenaire.
Et le 7,5 × 54 MAS, dans tout ça ? Il ne partage avec le Suisse que le pas de rayures, 270,00 mm, et le nombre de rayures, quatre. Son âme fait six centièmes de plus, son ogive six centièmes de plus, sa rayure cinq centièmes de moins. Le pas de 270,00 mm donne d’ailleurs une rayure inclinée à 5,21 degrés, à peine au-dessus de la médiane du tableau I, que nous avions établie à 5,34 en écrivant la fiche du 6 PPC. Deux cartouches militaires européennes de 7,5 mm, voisines par le nom et par l’époque, et deux canons différents.
D’où vient le 7,5 × 54
Au début des années 1920, l’armée française cherche à remplacer le 8 mm Lebel, dont l’étui à bourrelet s’empile mal dans les armes automatiques. La Grande Guerre a montré les limites du Chauchat d’un côté et l’efficacité du 7,92 mm allemand de l’autre : l’état-major veut une cartouche moderne, sans bourrelet.
En 1924, la France adopte donc le 7,5 × 58, très inspiré de la cartouche allemande. Trop, même : la ressemblance fait craindre des confusions à l’approvisionnement et des incidents de tir. L’étui est raccourci à 54 mm, et le 7,5 × 54 MAS naît de ce raccourcissement. Il sera réglementaire en France de 1930 à 1995 environ.
Détail que notre relevé confirme : le 7,5 × 58 de 1924 n’a aucune fiche à la C.I.P., dans aucun des quatre tableaux d’armes à canon rayé. La cartouche qui a servi six ans n’a jamais été normalisée ; celle qui l’a remplacée l’a été, mais soixante-dix-sept ans plus tard, en 2007.
La cartouche équipe successivement le fusil MAS 36 à verrou, le MAS 49 puis le MAS 49/56 semi-automatiques, le fusil-mitrailleur modèle 1924/29 et les mitrailleuses.
Et la lignée entière tient dans une phrase que le corpus permet d’écrire. Des trois cartouches de fusil réglementaires françaises depuis 1886, une seule a une fiche C.I.P. : le balayage plein texte des 496 fiches ne donne qu’une occurrence du mot « Lebel », et c’est la cartouche de revolver modèle 1892, au tableau IV. Le 8 × 50 R Lebel de fusil n’y est pas, le 7,5 × 58 de 1924 non plus. C’est la même méthode que pour le 9 mm Largo : un balayage plein texte, puis le contrôle des champs de marquage alternatif, et seulement alors le mot « aucune ». Le 7,5 × 54 MAS est le seul fusil de guerre français normalisé par la commission, et il l’a été en 2007, soit douze ans après sa mise à la retraite.
La C.I.P. publie en tout seize fiches d’origine française sur 496, dont huit au tableau I. Les sept autres du tableau I sont des cartouches civiles ou d’atelier, du 6,5 mm Lahoz au 30-06 Court Cartry.
La cartouche de surplus, balle par balle
Le tireur qui achète du 7,5 × 54 tombe très souvent sur du surplus, et le surplus français se lit à ses couleurs. Chaque type de balle réglementaire a sa teinte de pointe, son joint de sertissage et son joint d’amorce.
- Balle ordinaire O, dite 1929 C : ogive pointue à noyau de plomb, chemise de maillechort, 9 grammes, étui laiton. Pas de couleur : c’est la munition de tir courante, et la seule qu’on recherche.
- Balle traçante TO : 9,5 grammes, godet traceur, chemise laiton. Pointe noire, joints de sertissage et d’amorce noirs.
- Balle perforante P : 9,4 grammes, noyau d’acier, chemise laiton.
- Balle traçante-perforante TP : 9,4 grammes, noyau d’acier et godet traceur. Pointe verte, joints verts.
- Balle incendiaire I : 10,5 grammes, chemise maillechort. Pointe bleue, joints bleus.
- Balle lourde Mle 1933 D : 12,4 grammes, destinée au tir dans les armes automatiques.
Trois conséquences pratiques. D’abord, les balles à noyau d’acier ou à godet traceur ne se tirent pas partout : beaucoup de stands les interdisent, et certaines sont classées à part par la réglementation. Ensuite, elles ne se rechargent pas : le noyau d’acier abîme les outils et le canon. Enfin, la couleur est le seul tri fiable sur du surplus en vrac : lisez les pointes et les joints avant d’acheter un lot, pas l’étiquette de la caisse.
Côté étui, la fabrication réglementaire française est en laiton 70/30, à gorge et à amorçage Berdan, reconnaissable à son enclumette centrale bordée de deux évents, là où une amorce Boxer n’en montre qu’un. Les cotes relevées par les sources françaises, 54 mm d’étui pour 76 de longueur totale, tombent exactement sur les L3 et L6 de la fiche C.I.P.
Disponibilité et prix en France
Relevé du 30 septembre 2026 chez les détaillants français. Le calibre est disponible, sans être courant, et l’écart entre la munition neuve et le surplus est net.

- La munition neuve : du Prvi Partizan à ogive blindée de 139 grains, soit 9 grammes, la boîte de 20 affichée à 34,90 €, en stock. Cela fait 1,75 € le coup.
- Le surplus de collection : des lames-chargeurs de cartouches ATE datées de 1971, neuves sous scellé, étui laiton, quinze cartouches sur trois lames, affichées à 54,00 €. Soit 3,60 € le coup : on ne l’achète plus pour tirer, on l’achète pour la collection.
- L’arme : les MAS 36 et MAS 49/56 de surplus circulent régulièrement sur le marché français de l’occasion, mais les stocks de la Défense sont épuisés depuis longtemps et les prix montent.
À 1,75 € le coup, le 7,5 × 54 coûte environ trois fois le prix d’une 7,62 × 54 R de surplus et se situe dans la fourchette basse des munitions de carabine neuves. Ce n’est pas un calibre ruineux, c’est un calibre qu’il faut chercher.
Une remarque sur l’énergie, parce que l’écart revient à chaque fiche. La C.I.P. publie 3250 joules d’énergie retenue ; les ouvrages français donnent un peu plus de 3000 joules à la balle ordinaire de 9 grammes. Les deux chiffres sont justes : l’énergie retenue est une valeur normative attachée à la cartouche déposée, pas la performance d’un chargement réel, qui reste presque toujours en dessous.
Recharger le 7,5 × 54 MAS : composants et points de vigilance
Le rechargement se justifie ici par la disponibilité plus que par le prix. Quatre points de vigilance, dont deux propres au surplus français.
Le diamètre d’ogive d’abord. La fiche publie une ogive de 7,84 mm sur une âme de 7,57 et un fond de rayure de 7,85. Les catalogues américains désignent la bonne valeur en pouces, .308, soit 7,82 mm. Attention au piège : cette valeur est celle du fond de rayure de la .308 Winchester, 7,82, alors que le MAS demande 7,85. Trois centièmes de moins, ce n’est pas rédhibitoire, mais c’est ce qui explique qu’un lot d’ogives parfait dans une .308 puisse décevoir dans un MAS. Mesurez votre canon avant de commander un gros lot.
Les amorces, ensuite, et c’est le piège classique du surplus. Les étuis réglementaires français sont à amorçage Berdan, dont l’enclumette fait corps avec l’étui et qui se reconnaît à ses deux évents au fond, là où une amorce Boxer n’en montre qu’un seul, central. Le Berdan se recharge, mais avec un outillage hydraulique ou à griffe, pas avec un désamorceur ordinaire. Les étuis neufs vendus dans le commerce européen sont en Boxer.
Les balles de surplus à noyau d’acier ou à godet traceur ne se rechargent pas, et ne se démontent pas pour récupérer le projectile : l’acier marque les outils et le canon. Gardez le surplus perforant et traçant pour la collection, et rechargez sur des ogives neuves de chasse ou de tir.
Les charges se lisent dans la table officielle du fabricant de poudre, Vihtavuori, Vectan, Norma ou Hodgdon selon ce que vous trouvez, jamais dans un forum ni dans un article de blog, celui-ci compris. Partir de la charge de départ du fabricant, monter par paliers, surveiller les signes de surpression. La fiche plafonne à 3800 bar, et un MAS 49/56 semi-automatique est plus sensible qu’un MAS 36 à verrou au choix de la poudre, parce que son emprunt de gaz est calé sur la munition réglementaire. Pour la méthode, voir notre dossier sur la composition d’une cartouche et la lecture d’une table de rechargement.
En France : catégorie C
Un MAS 36 à verrou, cinq coups, est une arme d’épaule à répétition manuelle dont le projectile mesure moins de 20 mm au sens de l’article R311-2 du code de la sécurité intérieure : il relève de la catégorie C. Acquisition sur permis de chasser validé de l’année ou licence de tir en cours de validité, puis déclaration au SIA.
Le MAS 49/56 demande plus d’attention. C’est une arme d’épaule à répétition semi-automatique à percussion centrale, et la catégorie dépend alors de la capacité d’alimentation. Au-delà de trois coups avec un chargeur amovible, le régime n’est plus celui de la catégorie C. C’est l’arme et son chargeur qui sont classés, jamais le calibre : faites-vous confirmer le classement exact de l’exemplaire par l’armurier, chargeur compris, avant tout achat.
Les munitions suivent le régime de l’arme et se vendent sur la même présentation de titre. Les balles perforantes et traçantes de surplus relèvent d’un régime distinct et n’ont pas leur place sur un pas de tir ordinaire.
Pour quel profil ?
Pour le collectionneur d’armes réglementaires françaises, c’est une évidence : c’est la cartouche du MAS 36 et du MAS 49/56, et il n’y a pas de substitut.
Pour le tireur sportif, le calibre tient très correctement la distance : 3250 joules d’énergie retenue, un pas de 270,00 mm, une pression de 3800 bar. C’est la fiche d’une cartouche de carabine moderne, à cinquante joules près de ce que publie le 7,62 × 54 R. La limite n’est pas balistique, elle est logistique : il faut commander à l’avance.
À la chasse, il est licite mais rare. Sur sanglier et cerf, une munition demi-blindée de 9 à 12 grammes fait le travail, mais l’offre de chargements de chasse dans ce calibre est étroite, et un MAS de surplus n’est pas une arme de battue commode. Si c’est pour chasser, un calibre courant coûtera moins cher et se trouvera partout.
À lire aussi : le 7,62 × 54 R, le .505 Gibbs, et les armes de catégorie C.
Questions fréquentes
Quelles sont les cotes du 7,5 × 54 MAS ?
Colonne CARTOUCHE MAXI de la fiche C.I.P. : longueur d’étui 54,00 mm, longueur hors tout 76,00, culot 12,34, corps à la base 12,25, épaulement 11,30, collet 8,62, ogive 7,84. Côté canon : âme 7,57, fond de rayure 7,85, quatre rayures de 3,70 mm au pas de 270,00 mm, section d’âme 47,17 mm². Saut de balle 13,58 mm.
Quel diamètre d’ogive pour le 7,5 × 54 MAS ?
7,84 mm au maximum sur la fiche, pour une âme de 7,57 et un fond de rayure de 7,85. Les catalogues américains vendent ces ogives en .308 pouce, soit 7,82 mm, qui est le fond de rayure de la .308 Winchester et non celui du MAS. Trois centièmes de moins : ce n’est pas rédhibitoire, mais mesurez votre canon avant de commander un gros lot.
Quelle pression et quelle énergie pour le 7,5 × 54 MAS ?
3800 bar de pression maximale, 4370 bar de pression individuelle maximale et 4750 bar de pression d’épreuve. L’énergie retenue vaut 3250 joules. La poussée au culot de balle, pression multipliée par section d’âme et divisée par dix, atteint 17 925 newtons, au quatre-vingt-quinzième rang des 215 fiches du tableau I.
Le 7,5 × 54 MAS et le 7,5 × 55 Suisse, c’est le même canon ?
Non, et c’est le piège de leur voisinage. Ils ne partagent que deux cotes sur six : le nombre de rayures, quatre, et le pas, 270,00 mm. L’âme du Suisse fait 7,51 mm contre 7,57 au MAS, son fond de rayure 7,77 contre 7,85, sa rayure 3,75 contre 3,70. Deux cartouches militaires européennes de 7,5 mm, deux canons différents.
Quelles cartouches C.I.P. s’appellent 7,5 ?
Quatre, sur les 496 fiches des quatre tableaux d’armes à canon rayé : le 7,5 × 54 MAS, tableau I, France ; le 7,5 × 55 Suisse, tableau I, Suisse ; le 7,5 FK, tableau IV, une cartouche de pistolet tchèque de 2015 ; et le 7,5 Ordonnance Suisse, tableau IV, une cartouche de revolver. Quatorze centièmes de millimètre séparent leurs âmes extrêmes.
Le 7,5 × 55 Suisse et le 7,5 FK ont-ils le même canon ?
Oui, à la lettre. Les deux fiches publient six cotes de canon identiques au centième : âme 7,51 mm, fond de rayure 7,77, rayure de 3,75 mm, quatre rayures, pas de 270,00 mm, section d’âme 46,33 mm². Seule l’ogive les sépare, de deux centièmes. Un fusil d’ordonnance suisse de 1889 et une cartouche de pistolet tchèque de 2015.
Pourquoi la fiche C.I.P. du 7,5 × 54 MAS est-elle en allemand ?
Parce que la version française n’existe pas. Sur l’index public de la C.I.P., la ligne de cette cartouche propose trois liens de langue, mais les trois pointent vers le même fichier, qui est la version allemande. Relevé du 30 septembre 2026. Les lettres de cote étant les mêmes dans toutes les langues, la fiche se lit sans traduction.
D’où vient le 7,5 × 54 MAS ?
Du remplacement du 8 mm Lebel, dont l’étui à bourrelet s’alimentait mal dans les armes automatiques. La France adopte en 1924 un 7,5 × 58 inspiré de la cartouche allemande, puis raccourcit l’étui à 54 mm pour éviter toute confusion avec le 7,92 × 57 : le 7,5 × 54 MAS naît de ce raccourcissement et sera réglementaire de 1930 à 1995 environ.
Le 8 mm Lebel de fusil a-t-il une fiche C.I.P. ?
Non. Le balayage plein texte des 496 fiches des quatre tableaux ne donne qu’une seule occurrence du mot « Lebel », et c’est la cartouche de revolver modèle 1892, au tableau IV. Le 8 × 50 R Lebel de fusil n’a pas de fiche, et le 7,5 × 58 de 1924 non plus : sur trois cartouches de fusil réglementaires françaises, une seule est normalisée.
Comment reconnaître les balles de surplus en 7,5 × 54 ?
À la couleur. La balle ordinaire dite 1929 C, 9 grammes à chemise de maillechort, ne porte aucune marque. La traçante porte une pointe noire et des joints noirs, la traçante-perforante une pointe verte et des joints verts, l’incendiaire une pointe bleue et des joints bleus. La perforante a un noyau d’acier. Lisez les pointes et les joints avant d’acheter un lot en vrac, pas l’étiquette de la caisse.
Les étuis de surplus en 7,5 × 54 se rechargent-ils ?
Les étuis réglementaires français sont en laiton 70/30, ce qui est un bon point, mais ils sont à amorçage Berdan, reconnaissable à ses deux évents au fond de l’étui là où le Boxer n’en a qu’un. Le Berdan se recharge avec un outillage hydraulique ou à griffe, pas avec un désamorceur ordinaire. Les étuis neufs du commerce européen sont en Boxer.
Combien coûte une cartouche de 7,5 × 54 MAS en France ?
Relevé du 30 septembre 2026 : du Prvi Partizan blindé de 139 grains à 34,90 € la boîte de 20, soit 1,75 € le coup, en stock. Le surplus de collection se paie bien plus cher : des lames-chargeurs ATE de 1971 neuves sous scellé, quinze cartouches, à 54,00 €, soit 3,60 € le coup.
