« 9 × 23 » n’est pas le nom d’une cartouche, c’est celui d’au moins quatre : le 9 mm Steyr, le 9 mm Largo, le .38 Super et le 9 × 23 Winchester. Leurs étuis tiennent dans 0,34 mm. Leurs pressions maximales publiées vont de 1350 bar à 55 000 psi, soit près du triple, et aucune ne remplace une autre.
Nous avons consacré un dossier entier au 9 mm Largo, le seul des quatre qui n’a aucune fiche, et nous n’y revenons ici qu’en quelques lignes. Celui-ci part de l’autre bout : du nom tel qu’on le lit sur une boîte, dans une annonce ou sur le culot d’une cartouche. Il dit ce que « 9×23 » peut désigner, ce que la C.I.P. et le SAAMI publient pour chacune, et pourquoi la confusion n’est pas une affaire d’étiquette mais de sécurité.
Quatre cartouches derrière un seul nom
La notation métrique décrit une forme : une balle d’environ 9 mm, un étui d’environ 23 mm. Elle ne décrit pas une munition. Voici les quatre cartouches d’arme qui la portent, avec ce que publient leurs normes, plus un cinquième nom qui partage l’étui de l’une d’elles.
| Cartouche | Autres noms | Norme | Étui | Culot / corps | Pression maximale |
|---|---|---|---|---|---|
| 9 mm Steyr | 9 × 23 Steyr | C.I.P., tableau IV, fiche du 14 juin 1984 | 23,20 mm | 9,70 / 9,70 mm, sans bourrelet | 1350 bar (C.I.P.) |
| 9 mm Largo | 9 × 23 Largo, 9 mm Bergmann-Bayard | ni fiche C.I.P., ni dessin SAAMI | non normatif | non normatif | aucune publiée |
| .38 Super Auto | .38 Super, 9 × 23 SR | C.I.P., tableau IV, fiche du 14 juin 1984, et SAAMI | 22,86 mm | 10,31 / 9,75 mm, demi-bourrelet | 2300 bar (C.I.P.) ; 36 500 psi (SAAMI, +P) |
| 9 × 23 Winchester | 9×23 Win | SAAMI seul, dessin du 4 juin 1997 | 22,86 mm | 10,01 / 9,93 mm, sans bourrelet | 55 000 psi (SAAMI) |
| .38 ACP | .38 Auto | SAAMI seul, même dessin que le .38 Super | 22,86 mm | 10,31 / 9,75 mm, demi-bourrelet | 26 500 psi (SAAMI) |
Culot / corps : diamètre du bourrelet, puis du corps de l’étui à sa base. Fiches TDCC du tableau IV de la C.I.P. et norme ANSI/SAAMI Z299.3-2022, relevées le 30 septembre 2026. 55 000 psi valent environ 3792 bar, 36 500 psi environ 2517 bar et 26 500 psi environ 1827 bar ; les deux organismes ne mesurent pas la pression de la même manière, leurs chiffres se comparent en ordre de grandeur.
Trois choses sautent aux yeux. Le plus long des étuis est celui qui tient la pression la plus basse : le 9 mm Steyr. Les deux cartouches américaines ont exactement la même longueur d’étui, et ce n’est pas un hasard. Et la ligne du Largo est vide, parce qu’aucune norme ne la remplit.
Le nom que la C.I.P. n’a donné à aucune arme
Nous avons relu, le 30 septembre 2026, les index publics des onze tableaux de la C.I.P. : 665 noms. Un seul contient « 9 x 23 », et ce n’est pas une munition d’arme. C’est le 380 SB (9 x 23), au tableau VI, celui des cartouches à but industriel : fiche italienne du 14 juin 1984, révisée le 13 juin 1990. Sa longueur totale, 23,30 mm, est inférieure à celle de son étui, 23,50 mm, et la fiche ne décrit aucun projectile. Son culot fait 11,17 mm pour un corps de 9,62 mm : c’est une cartouche à bourrelet, sans rapport avec nos quatre munitions.
Le même tableau VI range un 38 S.& W. (9 x 19), un 9 x 17 et un 38 SP (9 x 29). La notation métrique n’est pas un nom réservé : elle décrit des proportions, que partagent des cartouches d’outils et des cartouches d’armes, et « 9 x 19 » lui-même y désigne autre chose que le 9 mm Parabellum.
Côté armes, le constat est inverse et tout aussi net. Le 9 mm Steyr et le .38 Super Auto ont chacun leur fiche, sous ces noms-là. Le champ « Marquage alternatif », qui recense les synonymes commerciaux d’une cartouche, inscrit bien « 9 x 19 » pour le 9 mm Luger. Il n’inscrit « 9 x 23 » nulle part, et le texte intégral des 496 fiches des tableaux I à IV ne contient pas cette suite de caractères. Le nom que l’acheteur lit le plus souvent est donc celui que la norme européenne n’emploie jamais pour une arme. La méthode de preuve d’une absence et ses pièges sont détaillés dans le dossier du Largo, nous ne la refaisons pas.
Le SAAMI, l’organisme américain, n’emploie la notation que dans un seul nom, celui du 9 × 23 Winchester. Pour le reste, il écrit .38 Super Automatic +P et .38 Automatic. L’index du tableau IV de la C.I.P. et la norme SAAMI des cartouches de pistolet et de revolver se consultent librement : c’est de là que viennent tous les chiffres de cet article.
Le décodeur du 9 × 23 : ce que désigne le nom que vous lisez
Ce que cet outil ne fait pas : il lit un nom et restitue ce que les normes publient pour lui. Il ne dit jamais ce qu’une arme accepte, et deux cartouches de même longueur ne partagent pas pour autant une chambre : seul le marquage du canon fait foi, et la question se pose à un armurier. Cotes et pressions C.I.P. : fiches TDCC publiques des tableaux IV et VI, relevées le 30 septembre 2026. Cotes et pressions SAAMI : norme ANSI/SAAMI Z299.3-2022, pression maximale moyenne au capteur piézoélectrique. Conversion : 1 psi = 0,068 947 57 bar. Les deux organismes ne mesurent pas la pression de la même manière : leurs chiffres se comparent en ordre de grandeur, pas au bar près.
Le « 23 » ne mesure pas la même chose
Les 23 mm du nom sont un arrondi, et pas le même selon le côté de l’Atlantique. La fiche du 9 mm Steyr publie un étui de 23,20 mm. Les dessins SAAMI du .38 Super et du 9 × 23 Winchester publient tous deux 0,900 pouce, soit 22,86 mm, et la fiche C.I.P. du .38 Super reprend cette cote au centième. Le Largo, lui, est donné à 23,1 mm dans les ouvrages, sans qu’aucune norme ne le fixe.
La vraie différence est au culot. Le 9 mm Steyr n’a pas de bourrelet du tout : 9,70 mm au culot, 9,70 mm au corps, la cartouche s’extrait par sa gorge. Le .38 Super a un demi-bourrelet : 10,31 mm pour un corps de 9,75, il déborde de 0,28 mm de chaque côté. C’est l’héritage du .38 ACP de 1900, et il pose des problèmes d’alimentation dans certains chargeurs, notamment à deux rangs.
Le 9 × 23 Winchester a gardé la longueur du .38 Super et supprimé ce demi-bourrelet : 10,01 mm au culot pour 9,93 mm au corps, sur le dessin SAAMI. Winchester a surtout renforcé le fond de l’étui, pour lui faire tenir un plafond sans commune mesure avec celui de ses aînés. À la main, un demi-bourrelet de 0,28 mm par côté ne se voit guère. Le marquage du culot, si.
Le fabricant d’étuis Starline en donne une illustration parlante : il a changé le marquage de culot de son étui de 9 × 23 en « 9×23 Comp », parce que l’ancien ressemblait trop à celui du .38 Super Comp, une variante sans demi-bourrelet du .38 Super. Quand le fabricant lui-même juge ses deux étuis trop faciles à confondre, le lecteur d’une annonce n’a aucune chance.
Même étui à 0,34 mm près, des pressions du simple au triple
Comparons d’abord ce qui se compare, c’est-à-dire les chiffres d’un même organisme. À la C.I.P., le 9 mm Steyr plafonne à 1350 bar, exactement comme le 9 mm Browning court, le .380 ACP des pistolets de poche. Le .38 Super Auto est à 2300 bar, soit 70 % de plus, et à 50 bar seulement du 9 mm Luger. Même longueur d’étui à 0,34 mm près, même ogive maximale à un centième près (9,03 contre 9,04 mm), et une pression qui n’a rien à voir.
Au SAAMI, l’échelle monte encore. Le .38 ACP est à 26 500 psi, le .38 Super +P à 36 500, le 9 × 23 Winchester à 55 000. C’est la cinquième pression des 39 désignations de la norme pistolet et revolver, derrière le .454 Casull, le .460 S&W Magnum, le .500 S&W Magnum et le .221 Remington Fireball. Parmi les cartouches dont la balle mesure environ 9 mm, aucune n’en approche : la suivante, le .357 SIG, s’arrête à 40 000 psi.
Convertis, 55 000 psi font environ 3792 bar, près de trois fois le plafond C.I.P. du 9 mm Steyr. Les deux organismes ne mesurent pas de la même façon, et ce rapport est un ordre de grandeur, pas une mesure. Mais sur les deux cartouches de cet article que tous deux publient, l’écart est de 3 % pour le 9 mm Luger et de 9 % pour le .38 Super (en +P au SAAMI). Aucun écart de cet ordre ne ramène un triple à un double.
La pression n’est pas la puissance, nous l’avons montré avec le .577 Nitro Express. Mais c’est exactement ce que la culasse, le canon et l’étui doivent contenir. Un pistolet dessiné pour 1350 bar n’a aucune raison de tenir le triple, et la ressemblance d’étui est précisément ce qui rend l’erreur possible. La revue de tir sportif de la NRA le dit sans détour pour la paire la plus ancienne : une munition .38 Super ne doit jamais être tirée dans un pistolet marqué .38 Automatic, alors que les deux étuis ont les mêmes dimensions extérieures. Le raisonnement vaut, à plus forte raison, pour une arme ancienne en 9 mm Steyr ou en 9 mm Largo face à une munition de 9 × 23 Winchester.
Le SAAMI publie un tableau d’interchangeabilité. Pour toute cette famille, il n’y porte qu’une seule ligne, et elle ne va que dans un sens : une arme chambrée en .38 Super Auto +P peut en général recevoir de la .38 Automatic, moins pressurisée. Jamais l’inverse, et rien pour le 9 × 23 Winchester, le 9 mm Steyr ou le 9 mm Largo. Le même document commence par la seule règle qui vaille : la munition doit correspondre au marquage de l’arme, et c’est le marquage du culot qu’il faut comparer à celui du canon.
Le 9 mm Steyr, le 9 × 23 européen
C’est la cartouche du pistolet Steyr modèle 1912, dit Steyr-Hahn, adopté en 1912 par l’armée austro-hongroise et utilisé aussi par le Chili et la Roumanie. La cartouche a également équipé des pistolets-mitrailleurs Steyr de l’entre-deux-guerres. Sa fiche C.I.P., autrichienne, date du 14 juin 1984 et a été révisée le 7 juin 2000.
Un détail d’histoire complique l’identification. Après l’annexion de l’Autriche en 1938, la police allemande a fait rechambrer environ 60 000 de ces pistolets en 9 × 19, marqués « 08 » sur le flanc gauche de la culasse. Un Steyr M12 vendu comme « 9×23 » peut donc être un 9 × 19, et l’inverse. Une annonce d’armurerie le résume en une phrase : « le 9X23 c’est pas un 9X19 ». Encore faut-il savoir lequel des deux est dans le canon.
La munition n’a pas disparu : Fiocchi en produit encore, en ogive blindée, et Starline fabrique des étuis neufs, qu’il annonce plus serrés que la tolérance de la fiche C.I.P. C’est un calibre de collectionneurs d’armes réglementaires plus que de tireurs réguliers, et il a son public : un fil du forum Tir et Collection lui consacre sept pages, rien que pour le rechargement.
Le .38 Super et le .38 ACP : un étui, deux pressions
La filiation est américaine et elle est nette. John Browning dessine en 1900 une cartouche de .38 pour les pistolets Colt : c’est le .38 ACP, ou .38 Automatic. À la fin de 1928, Colt en présente une version plus poussée, dans son Government Model : le .38 Super. Mêmes dimensions extérieures, pression bien supérieure. Le SAAMI décrit d’ailleurs les deux sur un seul dessin, émis le 29 mai 1979.
La C.I.P., elle, ne publie qu’une fiche, 38 Super Auto, à 2300 bar. Le .38 ACP n’a aucune fiche parmi les 665 noms : un Européen qui achète une boîte marquée .38 Auto n’a pas de référence C.I.P. à laquelle la rapporter.
Le demi-bourrelet du .38 Super a fini par gêner les tireurs de vitesse, qui utilisent de longs chargeurs à deux rangs et veulent une alimentation sans faille. D’où des variantes sans demi-bourrelet, les « Super Comp », et d’où, en 1996, le 9 × 23 Winchester. Le .38 Super a fait son retour dans les pistolets de course de l’IPSC, surtout équipés d’un compensateur, ce qui les range en division Open : sa pression fait mieux travailler le compensateur qu’une cartouche plus douce. Pour le cadre de ces compétitions en France, voir notre article sur l’Euro IPSC de 2030.
Le 9 × 23 Winchester, et la question « 9×23 ou 9 mm »
C’est le plus jeune des quatre et le seul qui porte officiellement le nom. Winchester l’a développé avec Colt et commercialisé en 1996, comme successeur du .38 Super pour le tir sportif de vitesse. Le SAAMI l’a normalisé par un dessin daté du 4 juin 1997, révisé le 16 juillet 2021. La C.I.P. ne lui a jamais consacré de fiche : en Europe, il n’existe aucune cote de chambre ni aucune pression normalisée à laquelle comparer une munition de ce nom.
Le calibre n’a pas trouvé son marché. Selon l’historique le plus cité, un litige de brevet a retardé sa production, et l’IPSC avait entre-temps abaissé de 175 à 165 le seuil du facteur de puissance majeur : le gain du 9 × 23 Winchester était devenu inutile. On en trouve pourtant en France : la munition Winchester à ogive demi-blindée de 124 grains, par boîte de 50, figure chez des détaillants français comme munition de catégorie B, et elle était indisponible chez l’un d’eux au relevé du 30 septembre 2026.

Et la question du « 9 × 23 contre 9 mm » ? Face au 9 × 19, le 9 × 23 Winchester a un étui plus long de 3,71 mm (22,86 contre 19,15 mm) et une pression maximale SAAMI plus haute de 57 % (55 000 contre 35 000 psi). La balle est de même diamètre : 9,04 mm au dessin SAAMI, 9,03 mm sur la fiche C.I.P. du 9 mm Luger. Ce n’est pas un 9 mm allongé, c’est une autre cartouche, avec une autre chambre et une autre arme. Tout ce qu’il faut savoir du 9 × 19 lui-même est dans notre dossier sur le 9 mm Parabellum.
Et le 9 mm Largo ?
C’est le 9 × 23 espagnol, connu aussi comme 9 mm Bergmann-Bayard, né au début du XXᵉ siècle et resté en service en Espagne jusqu’aux années 1980, dans l’Astra 400 et des pistolets Star. Il n’a ni fiche C.I.P. ni dessin SAAMI : pas de cote de chambre, pas de pression maximale, rien à opposer à une munition d’origine inconnue. Les cotes qui circulent à son sujet, et la réputation de l’Astra 400 qui « accepterait tout », sont examinées dans notre dossier dédié. Pour ce qui nous occupe ici, un point suffit : c’est le seul 9 × 23 dont on ne peut même pas écrire la pression.
En France : catégorie B, et un marquage à lire
Un pistolet semi-automatique chambré dans l’un de ces calibres est une arme à feu de poing, donc de catégorie B, quel que soit le nom de sa cartouche : autorisation préfectorale préalable, licence de tir en cours de validité, avis favorable du club. Les munitions se vendent, comme celles de toute arme de catégorie B, sur présentation des justificatifs. Le détail des obligations est dans notre dossier sur les armes de catégorie B, et un classement se vérifie toujours au moment de l’achat : les ministres peuvent le modifier par arrêté.
Le droit ne tranche donc rien entre les quatre 9 × 23. C’est le marquage du canon qui tranche, puis celui du culot de chaque munition. Sur une arme d’occasion, surtout une arme réglementaire ancienne, la question de ce qu’on peut y tirer se pose à un armurier, jamais à un nom d’annonce.
Recharger un 9 × 23 : d’abord savoir lequel
Le rechargement est souvent la voie normale pour ces calibres, et c’est là que la confusion des noms coûte le plus cher. Une table de rechargement vaut pour une cartouche précise, dans un étui précis, et quatre cartouches du même nom font quatre tables qui ne s’échangent pas.
Les munitions d’usine. Le 9 mm Steyr se trouve encore chez Fiocchi, le 9 × 23 Winchester chez Winchester, le .38 Super chez plusieurs fabricants. Pour le 9 mm Largo, aucun détaillant français ne le référençait lors du relevé de notre dossier dédié, le 16 septembre 2026.
Les étuis. Starline fabrique des étuis de 9 mm Steyr, à amorce petit pistolet, et des étuis de 9 × 23 marqués « 9×23 Comp », à amorce petit fusil, plus résistante, que le fabricant présente comme des 9 × 23 Winchester. Il précise avoir modifié leur forme intérieure pour loger des ogives lourdes, et leur contenance diffère de celle des étuis Winchester d’origine. Un étui de .38 Super et un étui de 9 × 23 Winchester ont la même longueur, pas la même épaisseur au fond. Ne jamais mélanger les étuis d’un lot, et ne jamais reprendre pour l’un des données établies pour l’autre.
Les ogives. Les quatre tirent une balle d’environ 9 mm : 9,03 mm d’ogive maximale sur la fiche du 9 mm Steyr, 9,04 sur celle du .38 Super, 9,04 sur le dessin SAAMI du 9 × 23 Winchester. Les ogives de 9 × 19, de .355 à .356 pouce, ont le bon diamètre sur le papier ; la longueur hors tout, elle, dépend de la cartouche et de l’arme. Sur un pistolet ancien, un sondage du canon par un armurier vaut mieux qu’une supposition.
Les données. Les forums francophones publient des recettes pour le 9 mm Steyr et le Largo ; nous ne les reprenons pas. Les charges se lisent dans la table officielle du fabricant de poudre, pour la cartouche exacte, jamais dans un forum ni dans un article de blog, celui-ci compris. Partir de la valeur de départ du fabricant, monter par paliers, surveiller les signes de surpression, et garder en tête que l’arme, le lot de composants et la longueur du canon changent le résultat. La méthode de lecture est expliquée dans notre article sur la table de rechargement, et la place de chaque composant dans la composition d’une cartouche.
Pour quel profil, quel 9 × 23
Pour le collectionneur d’armes réglementaires, le 9 × 23 est d’abord un 9 mm Steyr ou un 9 mm Largo, dans un Steyr M12, un Astra 400 ou un Star. Le premier réflexe est de lire le canon, et sur un Steyr de chercher le « 08 » d’un rechambrage en 9 × 19. Le rechargement fait partie du jeu, avec des étuis neufs qui existent pour le Steyr.
Pour le tireur de vitesse, le 9 × 23 désigne le .38 Super et ses étuis sans demi-bourrelet, dans un pistolet de type 1911 compensé. C’est un calibre de compétition, qui se recharge presque toujours.
Pour le curieux du 9 × 23 Winchester, c’est une munition américaine rare en France, sans fiche européenne, qu’on ne tire que dans une arme marquée pour elle. Elle a sa place dans une collection de cartouches bien plus que dans un sac de tir.
À lire aussi : le 9 mm Largo, le 9 mm Parabellum, et le .45 ACP.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le calibre 9×23 ?
Ce n’est pas un calibre mais un nom partagé par au moins quatre cartouches : le 9 mm Steyr, le 9 mm Largo, le .38 Super et le 9 × 23 Winchester. Leurs étuis mesurent de 22,86 à 23,20 mm, mais leurs pressions maximales vont de 1350 bar à 55 000 psi.
Le 9×23 est-il la même chose que le 9 mm ?
Non. Le 9 mm courant est le 9 × 19, dont l’étui mesure 19,15 mm. Le 9 × 23 Winchester a un étui plus long de 3,71 mm et une pression maximale SAAMI plus haute de 57 %. La balle a le même diamètre, mais ce sont deux cartouches, deux chambres et deux armes différentes.
Quelle différence entre le 9 × 23 Winchester et le .38 Super ?
Même longueur d’étui, 22,86 mm, mais le .38 Super a un demi-bourrelet de 10,31 mm et le 9 × 23 Winchester un culot de 10,01 mm sans bourrelet, renforcé au fond. Surtout, le SAAMI place le .38 Super +P à 36 500 psi et le 9 × 23 Winchester à 55 000 psi.
Le 9 mm Steyr et le 9 mm Largo sont-ils la même cartouche ?
Non. Le 9 mm Steyr a une fiche C.I.P. depuis le 14 juin 1984, avec un étui de 23,20 mm et une pression maximale de 1350 bar. Le 9 mm Largo, ou 9 × 23 Bergmann-Bayard, n’a aucune fiche : ses cotes circulent dans les ouvrages sans qu’aucune norme ne les fixe.
Quelle est la pression maximale d’un 9 × 23 ?
Cela dépend duquel. La C.I.P. publie 1350 bar pour le 9 mm Steyr et 2300 bar pour le .38 Super Auto. Le SAAMI publie 36 500 psi pour le .38 Super +P et 55 000 psi, environ 3792 bar, pour le 9 × 23 Winchester. Le 9 mm Largo n’a aucune pression publiée.
Le 9×23 a-t-il une fiche C.I.P. ?
Pas sous ce nom. Sur les 665 noms des onze tableaux de la C.I.P., le seul qui contient « 9 x 23 » est le 380 SB, une cartouche industrielle du tableau VI. Le 9 mm Steyr et le .38 Super Auto ont chacun une fiche sous leur propre nom ; le 9 × 23 Winchester et le 9 mm Largo n’en ont pas.
Peut-on tirer du .38 Super dans une arme en .38 ACP ?
Non. Les deux cartouches ont les mêmes dimensions extérieures, mais le .38 Super est nettement plus pressurisé : 36 500 psi au SAAMI contre 26 500 pour le .38 ACP. La revue de la NRA le dit sans ambiguïté, et seul le marquage de l’arme fait foi pour savoir ce qu’elle accepte.
Trouve-t-on des munitions 9×23 en France ?
Oui, pour certaines. La munition Winchester de 9 × 23 à ogive de 124 grains est référencée par des détaillants français comme munition de catégorie B, Fiocchi produit encore du 9 mm Steyr et le .38 Super se trouve chez plusieurs fabricants. Le 9 mm Largo reste introuvable en rayon.
En quelle catégorie est un pistolet en 9 × 23 en France ?
En catégorie B, comme toute arme à feu de poing semi-automatique : autorisation préfectorale préalable, licence de tir en cours de validité et avis favorable du club. Le nom de la cartouche ne change rien au classement, qui peut en revanche évoluer par arrêté.
Comment savoir quel 9 × 23 on a entre les mains ?
Par le marquage du canon de l’arme, puis par celui du culot de chaque cartouche, jamais par le nom d’une annonce. Sur un Steyr M12, cherchez aussi un « 08 » sur la culasse : environ 60 000 exemplaires ont été rechambrés en 9 × 19 après 1938.
