Le calibre 20 est une jauge de fusil à âme de 15,6 mm, reconnaissable entre toutes à sa douille jaune. Il tire couramment 24 à 28 g de plomb, se chambre en 20/70 ou en 20/76, et son intérêt n’est pas d’être un petit calibre mais d’être monté sur des fusils nettement plus légers.
C’est le calibre qui monte, et pour de bonnes raisons. Un fusil de 20 bien construit pèse souvent six à huit cents grammes de moins que son équivalent en jauge supérieure, ce qui se sent après six heures de marche en plaine. Reste que les pages qui le vendent racontent à peu près n’importe quoi sur ce qu’il est, à commencer par son diamètre. Mettons les choses au clair.
Ce que le chiffre 20 veut dire, et ce qu’il ne veut pas dire
Vingt balles rondes du diamètre de l’âme dans une livre de plomb : voilà la définition, et elle donne une âme théorique de 15,63 mm, très proche des 15,6 mm annoncés par les fabricants. Le chiffre n’est ni une mesure en millimètres ni une fraction de pouce.
Cette dernière confusion mérite d’être signalée parce qu’elle traîne sur des fiches de vente très visibles, qui expliquent que le 20 correspondrait à vingt centièmes de pouce. Vingt centièmes de pouce font 5,08 mm : le calcul donnerait un canon trois fois trop étroit. Le système des jauges est expliqué en détail sur notre page consacrée à la jauge et au chambrage, et il ne doit rien aux pouces, sauf pour le .410 qui, lui, est bien une mesure impériale.
Un détail pratique vaut mieux que toutes les définitions : la douille du 20 est jaune. C’est une convention suivie par tous les fabricants, et c’est le seul calibre dont la couleur est normalisée de cette façon. Une cartouche jaune dans une boîte mélangée, c’est du 20, et une cartouche jaune glissée par erreur dans un fusil de jauge supérieure est l’accident classique du chasseur distrait : elle descend dans le canon, s’y coince, et la cartouche tirée derrière fait éclater l’arme.
Chambrages et charges disponibles
| Chambrage | Charge courante | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|---|
| 20/65 | environ 24 g de plomb | Fusils anciens, cartouches devenues rares |
| 20/70 | 24 à 28 g de plomb | Le standard, l’immense majorité de l’offre |
| 20/76 | charges lourdes, dites magnum | Exige un canon éprouvé à la pression supérieure |
La règle du dépliement, détaillée par l’Union française des amateurs d’armes, s’applique ici exactement comme ailleurs : une cartouche plus courte que la chambre se tire, une plus longue jamais, parce qu’une 20/76 entre sans forcer dans une chambre de 70 mm avant de se déplier au départ du coup. Beaucoup de fusils de 20 récents sortent chambrés en 76 mm et passent leur vie à tirer du 70, ce qui est parfaitement normal. Le magnum en 20 a d’ailleurs un coût rarement dit : la charge lourde part d’une arme légère, et le recul se paie donc plus cher que sur un fusil massif.
Compter les plombs plutôt que discuter de puissance
La vraie différence entre deux calibres lisses ne se joue pas sur une mystérieuse puissance mais sur le nombre de projectiles envoyés et sur la régularité de leur répartition. Ça se calcule.
Ce que fait cet outil : il divise la masse de la charge par la masse d’un plomb sphérique, calculée sur la masse volumique du plomb, 11,34 g/cm3. Il tombe sur 157 plombs pour 32 g de n° 4, là où la littérature de chasse annonce 160. Ce qu’il ne fait pas : il ne dit rien de la gerbe réelle, qui dépend du choke, de la bourre et du canon, ni de la grenaille d’acier, plus légère à volume égal. Le seul juge reste la planche à 35 mètres.

Le vrai match : le 20 contre la jauge du dessus
C’est la question que tout le monde pose, alors répondons-y franchement. À charge égale, il n’y a aucune différence : 28 g de n° 6 partis d’un 20 et 28 g de n° 6 partis d’un calibre supérieur envoient le même nombre de plombs à la même vitesse. La balistique ne connaît pas le numéro de jauge, elle connaît la masse et la vitesse.
La différence est ailleurs, et elle est double. D’abord la charge maximale : une jauge plus large loge davantage sans allonger démesurément la colonne de plomb, et une colonne trop haute se déforme au départ du coup, ce qui abîme la gerbe. Le 20 plafonne donc plus bas. Ensuite le poids de l’arme, qui est le vrai argument : moins de matière autour d’un canon plus étroit, donc un fusil plus léger, plus vif à l’épauler, plus supportable sur une longue journée. Le recul suit la même logique et reste plus doux à charge comparable, ce qui compte autant sur la trentième cartouche d’une journée que sur la première.
Conclusion honnête : le 20 n’est pas un calibre pour débutant ni un calibre au rabais, c’est un calibre pour chasse marchée. Sur la hutte, où l’on tire lourd et en acier, il montre ses limites. En plaine et au bois, derrière un chien, il n’en a pratiquement aucune sur le petit gibier, où les distances réelles laissent largement assez de plombs dans la gerbe. La chevrotine et la balle existent d’ailleurs en 20, avec les mêmes précautions de choke qu’ailleurs.
Ce qu’on trouve en France
L’offre a beaucoup grandi ces dix dernières années. Les grands fabricants proposent tous des superposés et des semi-automatiques en 20, souvent construits sur une bascule dédiée et non sur une carcasse de jauge supérieure allégée, ce qui est justement l’intérêt : un vrai fusil de 20 est conçu autour du calibre. Côté cartouches, on trouve du 24 g au 28 g en plomb dans toutes les armureries, l’acier en 24 g pour les zones humides, calibré pour le petit gibier d’eau, et des chargements magnum plus confidentiels. Le seul point d’attention est le fusil ancien en 20/65, dont les cartouches se raréfient et ne se remplacent pas par du 70.
Sur le plan légal, rien de particulier : un juxtaposé ou un superposé de 20 est une arme de catégorie C au sens du code de la sécurité intérieure, soumise à déclaration sur permis de chasser validé ou licence de tir, comme n’importe quel fusil à un coup par canon. Le fusil à pompe reste en catégorie B quelle que soit sa jauge.
Pour chaque profil, le bon arbitrage
Pour la chasse devant soi, choisir le 20 sans hésiter. Bécasse, perdrix, faisan au chien d’arrêt : le gain de poids se paie en réactivité, et les 24 à 28 g suffisent largement aux distances réelles de ces chasses.
Pour un jeune tireur ou un gabarit léger, choisir le 20. Le recul plus doux n’est pas un détail de confort, c’est ce qui évite d’apprendre à fermer les yeux au départ du coup, défaut qui met des années à se corriger.
Pour la hutte et le gibier d’eau, regarder ailleurs. L’acier oblige à monter en volume ce qu’on perd en densité, et c’est exactement ce que le 20 ne sait pas faire. Le .410 encore moins, malgré ce qu’on lit parfois.
Recharger le calibre 20 : composants et points de vigilance
Le 20 se recharge très bien et c’est un calibre agréable à l’atelier, avec des composants disponibles : étuis de 65, 70 et 76 mm, amorces de type fusil, bourres à jupe dimensionnées pour la jauge, plomb de chasse en numéros courants. Les poudres du marché français couvrent ces charges, chez Vectan comme chez Nobelsport.
Deux vigilances propres au 20. La première est la hauteur de colonne : le volume interne est plus étroit, donc une charge lourde monte vite et se déforme au départ du coup, ce qui gâche la gerbe avant même d’avoir quitté le canon. On n’obtient pas les performances de la jauge supérieure en poussant les grammages, on obtient une mauvaise cartouche. La seconde est le tri des composants : les bourres et les étuis de 20 se rangent séparément, parce qu’une bourre de jauge voisine engagée à la presse passe presque, et le presque suffit à ruiner un lot.
Les charges de poudre ne se lisent pas ici. Elles se lisent dans la table officielle du fabricant de poudre, jamais dans un forum ni dans un article de blog, celui-ci compris. Notre guide de la composition d’une cartouche détaille chaque étage, et celui qui compare cartouche rechargée et cartouche manufacturée aide à juger si l’atelier vaut le coup pour votre volume de tir.
BlackOpe est un média de tir sportif : nous ne vendons ni armes ni munitions et ne touchons aucune commission. Pour tirer près de chez vous, la carte des stands recense les clubs par département.
À lire aussi : le système des jauges et du chambrage, notre guide du calibre .410 et le dossier sur le choke de fusil.
Questions fréquentes
Quel est le diamètre réel d’un canon de calibre 20 ?
Environ 15,6 mm, pour une valeur théorique de 15,63 mm calculée sur la convention des vingt balles rondes dans une livre de plomb. Le chiffre 20 n’est ni des millimètres ni des centièmes de pouce.
Pourquoi les cartouches de calibre 20 sont-elles jaunes ?
C’est une convention suivie par tous les fabricants pour éviter les mélanges de calibres. Le 20 est le seul dont la couleur de douille est normalisée, précisément parce qu’une cartouche de 20 peut se coincer dans un canon de jauge supérieure.
Quelle charge de plomb pour un calibre 20 ?
De 24 à 28 g de plomb en 20/70, ce qui couvre l’essentiel des chasses au petit gibier. Le 20/76 permet des charges plus lourdes, à condition que le canon soit éprouvé pour la pression correspondante.
Le calibre 20 est-il moins puissant à charge égale ?
Non. À charge et à numéro de plomb identiques, la gerbe emporte le même nombre de projectiles à la même vitesse. La différence tient à la charge maximale que la jauge accepte sans déformer la colonne de plomb.
Peut-on tirer du 20/70 dans un fusil chambré en 20/76 ?
Oui, sans aucun risque : une cartouche plus courte que la chambre se tire toujours. L’inverse est interdit, car la cartouche se déplie au départ du coup et provoque une surpression.
Le calibre 20 convient-il au grand gibier ?
Il existe des balles et de la chevrotine en 20, et un arrêté préfectoral peut les autoriser. Mais les distances utiles sont plus courtes qu’en jauge supérieure, ce qui demande une discipline de tir stricte en battue.
Un fusil de calibre 20 est-il en catégorie C ?
Oui pour les juxtaposés, superposés et semi-automatiques à un coup par canon, soumis à déclaration. Le fusil à pompe à canon lisse relève de la catégorie B, quelle que soit sa jauge.
Le calibre 20 est-il un bon choix pour débuter ?
C’est un excellent choix, mais pas parce qu’il serait moins exigeant. Son recul plus doux évite d’acquérir le réflexe de fermer les yeux au départ du coup, défaut très long à corriger ensuite.
Un calibre 20 porte-t-il moins loin qu’un 12 ?
Non. À charge et à plomb identiques, les billes partent à la même vitesse et s’arrêtent au même endroit. Ce que le 20 perd, c’est le nombre de billes dans la gerbe, donc la marge d’erreur sur la cible, pas la distance.
