Oui, on peut découvrir le tir dans un stand sans licence : le régime ordinaire d’initiation autorise deux séances par période de douze mois, avec des exceptions prévues par le texte. C’est l’article R312-43-1 du code de la sécurité intérieure qui l’organise, et il est beaucoup plus précis que ce qu’en disent la plupart des clubs au téléphone.
Le détail qui surprend : le plafond ne se compte pas par saison sportive ni par année civile, mais par période de douze mois. Et une bonne partie de ce que vous croyez pouvoir faire sans licence, une association n’a pas le droit de vous le proposer.

Deux séances par période de douze mois
Le texte vise les personnes non adhérentes de trois familles de structures : les associations sportives agréées membres de la fédération française de tir, les associations affiliées à la fédération française de ball-trap et de tir à balle, et les associations ayant pour objet statutaire la gestion de la chasse. Elles peuvent être admises dans les installations pour participer à des séances de tir d’initiation.
À l’admission, deux pièces sont exigées : une pièce justificative d’identité et une invitation délivrée sous la responsabilité du président. Puis vient la limite : pas plus de deux séances de tir d’initiation par période de douze mois.
La nuance compte. Un plafond « par an » se remet à zéro le 1er janvier ou au changement de saison ; un plafond « par période de douze mois » est glissant. Si vous avez tiré en mars et en juin, votre compteur ne repart pas en septembre : il faudra attendre mars de l’année suivante pour retrouver une séance disponible. Et la FFTir précise que les journées portes ouvertes entrent dans ce décompte : une séance d’initiation découverte lors de portes ouvertes consomme l’un de vos deux droits.
Qui a le droit de vous faire tirer
C’est le point le plus important de l’article, et le plus ignoré. Le code précise que ces séances « ne peuvent être proposées et organisées que par les associations ou fédérations mentionnées », à l’exclusion de toute autre personne physique ou morale.
Traduction : une société commerciale qui vend une « initiation au tir sportif » en ligne, un prestataire d’événementiel, un ami licencié qui vous emmène au stand de sa propre initiative, un enterrement de vie de garçon organisé par une agence, tout cela sort du cadre. Seul un club affilié, une ligue ou la fédération peut organiser la séance. La FFTir le dit dans les mêmes termes sur sa page consacrée aux tirs d’initiation : aucune autre personne ou structure ne peut les organiser.
Concrètement, deux portes d’entrée seulement : l’invitation par un tireur membre de l’association, sous la responsabilité du président, ou la journée portes ouvertes du club.
Le texte ne pose, lui, aucune condition d’âge : il vise les personnes non adhérentes, sans autre distinction. Un club demandera en pratique l’accord de la personne exerçant l’autorité parentale pour un mineur, au titre de son règlement intérieur. Les seuils d’âge inscrits dans le code sont d’un autre ordre, ils concernent la détention d’une arme et non l’initiation : ils sont détaillés dans l’âge minimum au tir sportif.
Ce que le club vérifie avant de vous laisser approcher une arme
Avant votre première séance, et avant chacune des suivantes, les représentants de la fédération s’assurent de l’absence d’inscription au FINIADA, le fichier national des interdits d’acquisition et de détention d’armes. Ce n’est pas une formalité symbolique : en cas d’inscription, le signalement est fait sans délai au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie territorialement compétent.
Côté FFTir, ce contrôle se fait depuis l’intranet fédéral ITAC, au menu « Tirs d’initiation ». Si le club vous demande votre état civil complet avant de confirmer la séance, c’est pour cela.
Trois autres obligations pèsent sur l’organisateur, et elles vous concernent directement :
- La manipulation des armes et le tir se font sous le contrôle direct d’une personne qualifiée mandatée par le président. Pas de « débrouille-toi, je reviens ».
- L’organisateur tient un registre nominatif : votre identité, la date de la séance, et le type d’armes utilisées.
- Ce registre est tenu à la disposition des agents habilités de l’État. C’est lui qui rend le plafond de deux séances réellement vérifiable.

Ce que vous avez le droit de tirer, fédération par fédération
Les armes sont mises à votre disposition par l’association ou la fédération. Vous n’apportez donc rien : ni votre arme si vous en détenez une, ni celle d’un proche. Ce que recouvre exactement cette mise à disposition, et ce qu’un adhérent peut ou ne peut pas prêter, est traité dans prêter son arme au stand. Et la liste de ce qui peut vous être confié dépend de qui organise.
| Organisateur | Armes autorisées pour l’initiation |
|---|---|
| Association membre de la FFTir, ou la fédération | Armes de poing à percussion centrale de catégorie B, armes à percussion annulaire de catégorie B, armes de catégorie C |
| Association affiliée à la FFBT | Armes à percussion centrale de catégorie C uniquement |
| Association de gestion de la chasse | Armes à percussion centrale de catégorie C uniquement |
Le pistolet de catégorie B, celui que la plupart des curieux viennent essayer, n’est donc accessible qu’en club FFTir. En ball-trap comme en association de chasse, l’initiation se fait au fusil de catégorie C, à percussion centrale. Le classement de ces catégories est détaillé dans les catégories d’armes en France et dans le régime de la catégorie C.
Les deux voies qui échappent au plafond
C’est la partie que presque personne ne mentionne, et c’est pourtant celle qui débloque le plus de situations. Le III de l’article écarte deux cas de ce régime.
Les séances de ball-trap ou de tir à balle organisées dans des installations temporaires. Le ball-trap de fête de village, la structure montée pour un week-end : ces séances ne relèvent pas du plafond des deux séances.
Les séances de tir d’initiation au moyen d’armes à air comprimé. Le tir à 10 mètres à la carabine ou au pistolet à air comprimé n’entre pas dans le décompte. Pour qui veut simplement s’essayer au tir plusieurs fois avant de s’engager, c’est la voie la plus ouverte, et c’est aussi une vraie discipline olympique : nous l’avons détaillée dans le tir au pistolet à 10 mètres.
Dans ces deux cas, le code précise que les organisateurs garantissent la sécurité des séances et le respect des dispositions applicables aux disciplines correspondantes. Autrement dit, le plafond tombe, pas les règles de sécurité. Les quatre règles de base, celles que l’armée enseigne sous le nom de règles ISTC, valent dès la première séance.
- 01Initiation ordinaireDeux séances maximum sur douze mois glissants, sous les conditions de l’article R312-43-1.
- 02Air compriméLes initiations à air comprimé échappent au plafond ; l’encadrement et la sécurité restent essentiels.
- 03Installations temporairesLes initiations de ball-trap ou de tir à balle dans les installations temporaires visées par le texte sont également exceptées.
Source : Code de la sécurité intérieure, article R312-43-1. Le club confirme le cadre applicable à la séance proposée.
Assurance et responsabilité : qui porte quoi
Question légitime quand on tire sans être licencié : qui répond en cas de pépin ? L’assurance fédérale de la FFTir couvre les associations affiliées au titre de la responsabilité civile dans le cadre des activités d’initiation au tir sportif, journées portes ouvertes comprises, et cette couverture s’étend aux pratiquants occasionnels reçus à ce titre.
En face, le club qui s’affranchit des règles prend cher : suspension ou retrait des autorisations de détention d’armes de l’association, fermeture temporaire ou définitive de l’installation, amendes, peines d’emprisonnement en cas de manquement grave, responsabilité du président et des encadrants engagée en cas d’accident, sanctions disciplinaires et perte d’affiliation.
C’est pourquoi un club sérieux vous demandera votre identité, vous fera signer un registre et ne vous laissera pas seul au pas de tir. Un club qui ne demande rien ne vous rend pas service : il vous expose, et il s’expose.
Ce que la séance d’initiation ne vous donne pas
Elle ne vaut pas licence, et ce n’est pas qu’une question de vocabulaire. Elle n’ouvre aucun droit d’acquisition : à la sortie du pas de tir, vous ne pouvez pas acheter l’arme que vous venez d’essayer, ni ses munitions. Elle ne vous inscrit dans aucun fichier de détenteur, et elle ne crée aucun titre.
La séance d’initiation ne remplace pas le parcours du licencié pour une autorisation de catégorie B. Le carnet de tir n’est plus une pièce réglementaire obligatoire depuis la réforme de 2020 ; le club peut toutefois conserver un suivi interne. L’avis préalable repose sur les conditions de pratique et d’assiduité prévues par les textes, comme le précise la FFTir. Le parcours est détaillé dans l’autorisation de catégorie B.
Enfin, la vérification au FINIADA faite avant votre séance ne vous délivre aucune attestation : c’est un contrôle interne à la fédération, pas un certificat que vous pourriez réutiliser ailleurs. De la même façon, l’invitation remise par le club ne vaut que pour cette séance et pour ce stand.
Après les deux séances
Hors des exceptions décrites plus haut, une fois vos deux séances consommées, la pratique régulière en club passe par l’adhésion et la licence, et c’est bien le but du dispositif, qui sert de sas d’essai avant la licence plutôt que d’alternative durable pour continuer à tirer en club. C’est aussi elle qui vous couvre en responsabilité civile pendant la pratique du tir toute l’année, là où l’assurance de la séance d’initiation ne joue que le temps de la séance et qui ouvre l’accès aux installations le reste de l’année. Le parcours complet est dans la licence de tir, et pour le ball-trap dans la licence de ball-trap.
Un mot sur une question que se posent beaucoup de détenteurs : perdre sa licence ne fait pas perdre ses armes du jour au lendemain, mais les conséquences ne sont pas les mêmes selon la catégorie. Le sujet est traité dans garder ses armes de catégorie C sans licence.
Votre situation, en clair
Cet outil resume le regime de l article R312-43-1 pour un particulier non licencie. Chaque club applique en plus son propre reglement interieur, souvent plus strict : appelez avant de vous deplacer.
Questions fréquentes
Peut-on tirer dans un stand sans licence ?
Oui, dans le cadre encadré d’une initiation : le régime ordinaire prévoit au maximum deux séances par période de douze mois, sur présentation d’une pièce d’identité et d’une invitation délivrée sous la responsabilité du président. L’article R312-43-1 prévoit notamment des exceptions pour le tir à air comprimé et certaines installations temporaires.
Le plafond de deux séances se remet-il à zéro chaque année ?
Non. L’article R312-43-1 parle de deux séances par période de douze mois, ce qui est un compteur glissant : chaque séance se libère douze mois après avoir été consommée, pas au changement d’année ou de saison sportive.
Une société privée peut-elle organiser une initiation au tir ?
Non. Le code réserve l’organisation de ces séances aux associations affiliées et aux fédérations concernées, à l’exclusion de toute autre personne physique ou morale. Une agence événementielle ou une société commerciale n’a pas ce droit.
Une journée portes ouvertes compte-t-elle dans les deux séances ?
Oui. La FFTir précise que la limite de deux séances sur douze mois s’applique y compris dans le cadre des journées portes ouvertes.
Quelles armes peut-on utiliser lors d’une séance d’initiation ?
Celles que l’association met à disposition. En club FFTir : armes de poing à percussion centrale de catégorie B, armes à percussion annulaire de catégorie B, armes de catégorie C. En ball-trap et en association de chasse : uniquement des armes à percussion centrale de catégorie C.
Peut-on apporter sa propre arme à une séance d’initiation ?
Non. Le texte prévoit que les armes sont mises à disposition par l’association ou la fédération. L’apport personnel est exclu, y compris l’arme d’un proche licencié.
Le club vérifie-t-il quelque chose avant la séance ?
Oui, l’absence d’inscription au FINIADA, le fichier des interdits d’acquisition et de détention d’armes. En club FFTir, ce contrôle se fait depuis l’intranet fédéral ITAC. Une inscription au FINIADA entraîne un signalement sans délai aux forces de l’ordre.
Le tir à air comprimé compte-t-il dans le plafond ?
Non. Les séances d’initiation au moyen d’armes à air comprimé sont expressément écartées de ce régime, tout comme le ball-trap et le tir à balle organisés dans des installations temporaires.
Suis-je assuré pendant une séance d’initiation ?
L’assurance fédérale couvre les associations affiliées à la FFTir au titre de la responsabilité civile pour les activités d’initiation, journées portes ouvertes comprises, et cette couverture concerne aussi les pratiquants occasionnels reçus dans ce cadre.
Sources : l’article R312-43-1 du code de la sécurité intérieure dans sa version en vigueur depuis le 10 février 2022, et la page Tirs d’initiation de la Fédération française de tir, consultées le 15 septembre 2026. Chaque club peut appliquer un règlement intérieur plus strict.
