Le dix d’une cible de pistolet à 10 m mesure 11,5 mm. Celui d’une cible de carabine mesure 0,5 mm. Le dix du pistolier est donc vingt-trois fois plus large que celui du carabinier, et pourtant la discipline est réputée plus dure. La raison tient en une phrase du règlement : le pistolet se tient à une seule main, bras franc, poignet visiblement libre de tout appui.
Trois autres faits que la quasi-totalité des contenus francophones sur le sujet ratent : la qualification au pistolet se compte au point entier et non au dixième, contrairement à la carabine ; c’est le mouchoir de 5,0 mm qui départage les ex æquo, pas le dix ; et une boîte de contrôle de 420 × 200 × 50 mm explique à elle seule pourquoi tous les pistolets de match mesurent entre 400 et 420 mm de long.
La discipline : 60 coups en 75 minutes, à bras franc
L’épreuve s’appelle 10 m Air Pistol et existe en quatre déclinaisons individuelles, hommes, dames, juniors garçons et juniors filles, plus deux déclinaisons par équipe mixte. Trois d’entre elles sont olympiques : le 10 m hommes, le 10 m dames et le 10 m par équipe mixte.
| Élément | Individuel | Équipe mixte |
|---|---|---|
| Coups de match | 60 | 30 par athlète |
| Temps de match, cibles électroniques | 75 minutes | 40 minutes |
| Temps de match, cibles papier | 90 minutes | 60 minutes |
| Préparation et essais | 15 minutes, coups illimités | 15 minutes |
| Coups par carton papier | 1 | 1 |
| Comptage en qualification | Point entier | Point entier |
Le règlement impose par ailleurs deux choses que personne ne cite : un stand fermé obligatoire pour tous les relais, et des cibles électroniques pour tous les relais. Le pistolet 10 m est ainsi la seule épreuve pistolet à se tirer intégralement à l’abri du vent et de la lumière. Les athlètes sont appelés au pas de tir vingt-cinq minutes avant l’heure de départ.
Le point que presque tous les articles ratent
La règle qui organise le déroulement des deux épreuves à 10 m écrit noir sur blanc : « Air Rifle: Decimal scoring / Air Pistol: Full ring (integer) scoring ». La carabine se compte au dixième en qualification, le pistolet au point entier. Le score maximum en qualification pistolet est donc de 600, pas de 654. Le comptage décimal, lui, n’apparaît qu’en finale.
Le départage : c’est le mouchoir de 5 mm qui tranche
Conséquence directe du comptage entier : il faut un autre critère pour séparer deux tireurs à égalité. Le règlement le donne dans l’ordre : d’abord le plus grand nombre de « inner tens », ensuite le meilleur score de la dernière série de dix coups en remontant série par série, puis une comparaison coup par coup sur les inner tens en partant du dernier, puis seulement, si les cibles électroniques sont utilisées, une comparaison en valeurs décimales.
Autrement dit, le tireur ne vise pas « le dix » de 11,5 mm, il vise le mouchoir central de 5,0 mm, parce que c’est lui qui décidera du classement en cas d’égalité. Voilà pourquoi un dix de 11,5 mm reste un objectif exigeant.
La finale : 24 coups, et le score de qualification remis à zéro
Le format est identique à celui de la carabine, à un détail près qui vaut d’être noté. Huit finalistes, et les scores de qualification ne sont pas reportés. Puis deux séries de cinq coups en 250 secondes chacune, suivies de quatorze coups isolés à 50 secondes, pour un total de vingt-quatre coups comptés cette fois au dixième. Les éliminations commencent après le douzième coup et se poursuivent tous les deux coups.
Le détail spécifique au pistolet : après le commandement « EN POSITION », le tireur dispose de dix secondes avant le lancement des cinq minutes de préparation, là où le carabinier en a trente. Question de matériel à installer.
En équipe mixte, la finale comporte trois séries de cinq coups en 250 secondes, puis trois séries de trois coups isolés à 50 secondes, avec élimination à chaque étape. Un seul temps mort de trente secondes est possible par finale, sur demande de l’entraîneur ou de l’athlète. Et détail vestimentaire réglementaire au pistolet uniquement : le code pays à trois lettres doit figurer sur la manche du côté tourné vers le public.
La cible pistolet : ne la confondez plus avec celle de la carabine
| Zone | Diamètre pistolet | Diamètre carabine |
|---|---|---|
| Inner ten | 5,0 mm, cercle imprimé | pas de cercle : le point blanc doit être entièrement enlevé |
| 10 | 11,5 mm | 0,5 mm |
| 9 | 27,5 mm | 5,5 mm |
| 8 | 43,5 mm | 10,5 mm |
| 7 | 59,5 mm | 15,5 mm |
| 1 | 155,5 mm | 45,5 mm |
| Visuel noir | 59,5 mm, zones 7 à 10 | 30,5 mm, zones 4 à 9 |
| Carton visible minimum | 170 × 170 mm | 80 × 80 mm |
Trois rapports à retenir, tous calculés depuis ces valeurs officielles : le dix pistolet est 23 fois plus large que le dix carabine, le visuel noir près de deux fois plus grand, et le carton offre une surface plus de quatre fois et demie supérieure.
D’où vient la confusion permanente entre les deux ? Le règlement carabine prévoit des cartons de fond de 170 × 170 mm à placer derrière la cible pour améliorer sa visibilité. Une photo de cible carabine ressemble donc à un carton de 170 mm, exactement comme une cible pistolet. Mais le carton de tir carabine, lui, ne fait que 80 × 80 mm minimum. Notre guide de la carabine à air comprimé 10 m détaille l’autre versant de la comparaison.
Précision de lecture, valable pour les deux disciplines : sur la cible pistolet, les zones 10 et 9 ne portent pas de numéro, et les numéros de zone ne dépassent pas 2 mm de haut. L’épaisseur des cordons est de 0,1 à 0,2 mm.
Le stand : des cotes au centimètre
- Distance mesurée de la ligne de tir à la face de la cible, avec une tolérance de 5 centimètres seulement.
- Hauteur du centre de la cible : 1,40 m à 5 cm près, mesurée depuis le sol du pas de tir. Et toutes les cibles d’un même groupe doivent être à la même hauteur à un centimètre près.
- Pas de tir d’un mètre de large minimum, avec le bord le plus proche de la table placé 10 cm en avant de la ligne des 10 m.
- Tout stand 10 m doit disposer d’une alimentation en air comprimé accessible aux athlètes, les bouteilles étant obligatoirement fixées à une paroi pour ne pas basculer.
Sur les cibles électroniques, seules celles testées et approuvées sont autorisées, avec une précision d’au moins la moitié d’une zone décimale, et une bande témoin en papier obligatoire permettant la vérification physique des impacts.
L’arme : ce que la boîte de 420 mm explique
| Paramètre | Pistolet à air 10 m | Pistolet 25 m percussion annulaire |
|---|---|---|
| Masse maximale | 1 500 g | 1 400 g |
| Poids de détente minimal | 500 g | 1 000 g |
| Boîte de contrôle | 420 × 200 × 50 mm | 300 × 150 × 50 mm |
| Longueur de canon | Libre, seule la boîte contraint | 153 mm maximum |
| Rayon de visée | Libre, seule la boîte contraint | 220 mm maximum |
| Chargement | un seul plomb à la fois | selon l’épreuve |
Le pistolet 10 m est donc plus lourd, plus long, et sa détente est deux fois plus légère que celle du 25 m. Et la boîte se mesure organes de visée montés, accessoires compris.
La preuve par le marché : tous les pistolets remplissent la boîte
| Modèle | Longueur x hauteur x largeur | Masse |
|---|---|---|
| Walther LP500 XP | 420 / 140 / 50 mm | 946 g |
| Pardini K12 | 415 / 140 / 49 mm | environ 1 040 g |
| Feinwerkbau P 8X | 415 / 145 mm | 950 g |
| Steyr evo 10 E | 400 / 148 / 50 mm | 968 g |
| Morini CM200EI | 400 / 150 / 50 mm | 985 g |
| Pardini K12 Kid | 360 / 150 / 49 mm | 800 g |
Le Walther atteint exactement 420 mm de long et 50 mm de large : il remplit la boîte au millimètre. Steyr et Morini sont pile à 50 mm de large. Voilà l’explication concrète et vérifiable du format standardisé de ces armes : ce n’est pas une convention esthétique, c’est une contrainte de gabarit.
Et voici l’observation la plus révélatrice de ce tableau : toutes ces armes pèsent entre 800 et 1 040 g pour une limite autorisée de 1 500 g. Personne ne joue le maximum de masse. Les poids de canon amovibles existent, quatre fois dix grammes chez l’un, jusqu’à dix contrepoids de cinq grammes chez l’autre, mais ils servent à ajuster l’équilibre, pas à atteindre le plafond.
Trois verrous cumulés contre l’appui du poignet
C’est le cœur réglementaire de la discipline, et il fonctionne par redondance.
- Sur l’arme : « No part of the grip, frame or accessories may touch any part of the wrist. »
- Sur la forme de la crosse : la talonnette doit s’étendre à un angle d’au moins 90 degrés par rapport à la poignée, devant, derrière et sur les côtés, et être coupée à 30 degrés ou plus du côté du poignet.
- Sur la position : « The wrist must be visibly free of support. »
Deux cotes complètent le dispositif. La partie arrière de la crosse qui repose sur le dessus de la main ne peut dépasser 40 mm depuis le point de premier contact, et doit ensuite remonter d’au moins 45 degrés vers l’axe du canon. Et la crosse ne doit pas encercler la main. À titre de comparaison, la cote équivalente au pistolet 25 m est de 30 mm : le 10 m autorise donc une crosse légèrement plus enveloppante en partie arrière.
Le règlement ferme aussi les portes de côté. Colle et résine sont interdites pour améliorer le contact entre la main et l’arme, la craie, le talc et le magnésium restant autorisés. Bracelets, montres et bandeaux de poignet sont proscrits sur la main et le bras qui tient l’arme. Les crosses réglables sont permises mais les matériaux compressibles ne le sont pas, et les réglages sont soumis à contrôle aléatoire. Point de contraste amusant : au 50 m, des couvre-mains sont autorisés à condition de ne pas couvrir le poignet. Le 10 m n’a pas cette autorisation.
La détente : 500 grammes, et un contrôle qui disqualifie
Le seuil est de 500 g minimum. Mais c’est la méthode de mesure qui mérite d’être connue, parce qu’elle est très précise.
- Le poids d’essai est suspendu près du milieu de la détente, canon tenu verticalement, l’ensemble étant soulevé depuis une surface horizontale.
- Il s’agit d’un poids mort à arête vive, métal ou caoutchouc. Aucun galet n’est permis, aucun ressort ni dispositif.
- Trois tentatives au maximum. En cas d’échec, l’arme ne peut être représentée qu’après réglage.
- Et le point que beaucoup ignorent : la cartouche d’air doit être en pression pendant le test.
- Le poids minimum doit être maintenu pendant toute la compétition, et le poids d’essai est mis à disposition des athlètes avant et pendant l’entraînement.
Le contrôle inopiné est sévère : des vérifications aléatoires ont lieu immédiatement après la dernière série de tous les tours de qualification à 10 m, avec au moins un athlète tiré au sort par tranche de huit postes de tir. Un tireur dont l’arme échoue au test, ou qui ne présente pas son arme, est disqualifié.
Détentes électroniques et systèmes anti-oscillation
Les détentes électroniques sont autorisées sous cinq conditions cumulatives : composants fermement fixés et contenus dans la carcasse ou la crosse, détente actionnée par la main qui tient l’arme, principe de la pression pour tirer avec un délai maximal de 0,02 seconde, tous composants présentés au contrôle, et respect des cotes et de la masse. Une sixième condition est de nature sportive : l’arme ne doit être connectée à aucun appareil pendant la compétition, sauf un chargeur de batterie, sous peine de disqualification. Un fabricant précise d’ailleurs que son système sans fil est conforme uniquement quand la connexion est inactive, ce qui se vérifie visuellement par le retrait du dongle.
Sur les systèmes anti-oscillation, la règle est courte et il faut la lire au mot : « Any device, mechanism or system that actively reduces, slows or minimizes pistol oscillations or movements before the shot is released is prohibited. »
Les deux mots qui comptent sont « activement » et « avant le départ du coup ». Les absorbeurs de recul passifs, qui agissent au départ du coup, sont au contraire parfaitement courants et vendus comme tels : système breveté d’élimination du recul logé dans la culasse chez l’un, absorbeur à principe breveté chez l’autre, stabilisateur en alliage de tungstène chez un troisième, compensateur réduisant le recul et le relevé de bouche chez un quatrième. Ce n’est donc pas le recul qui est interdit d’être combattu, c’est l’oscillation d’avant le coup.
Dernier point de procédure : les armes doivent être examinées puis enregistrées dans une base de données de contrôle du matériel, chaque athlète recevant une carte listant jusqu’à cinq pistolets approuvés avec leur numéro de série.
La visée : le réglage le plus libre du tir sportif
La règle est catégorique sur ce qui est interdit : seuls les organes de visée ouverts sont autorisés. Sont proscrits dans la même phrase la fibre optique, les surfaces réfléchissantes ou avivantes, l’optique, le miroir, le télescope, le laser et le point rouge projeté électroniquement. Aucun capot de protection n’est permis sur la hausse ni sur le guidon.
Une subtilité mérite d’être relevée : les verres correcteurs et les filtres sont interdits sur l’arme, mais autorisés sur le tireur. Un pistolier peut donc porter lunettes, filtres et verres teintés, ce que la fédération recommande même sous la forme d’une monture spécialement adaptée au tir permettant de positionner filtres et verres dans l’axe de visée. Notre article sur l’œil directeur au tir traite du choix de l’œil de visée.
Ce que le règlement ne fixe pas, et que les fabricants vendent
Après lecture de la section pistolet du règlement, un constat : aucune cote de largeur de cran de mire, de hauteur de cran de mire ni de largeur de guidon n’est imposée. La règle se limite à « organes ouverts ». La seule contrainte dimensionnelle est celle de la boîte, hausse et guidon montés.
C’est donc un réglage entièrement libre, et le marché en a fait un argument de vente. Les valeurs constructeur relevées donnent une largeur de cran de mire réglable d’environ 2 à 8,5 mm et des guidons de 3,6 à 6 mm. Un fabricant propose la hauteur du cran de mire réglable de 1,8 à 3,5 mm, un autre la profondeur variable de 1 à 3 mm avec hausse orientable, un troisième une gamme de guidons accessoires en huit combinaisons de largeur et de hauteur.
Le rayon de visée, lui aussi libre au règlement, est en pratique borné par la boîte : les modèles du marché s’échelonnent de 316 à 400 mm, réglables en continu chez plusieurs fabricants. Et c’est là que le calcul devient parlant.
Combien de millimètres d’erreur à la hausse coûtent un dix ?
La tolérance réelle de l’alignement des organes de visée
Calcul géométrique effectué à partir de deux données publiées : les diamètres de zone du règlement et les rayons de visée annoncés par les fabricants. Il donne la tolérance d’alignement entre guidon et cran de mire, projectile parfaitement centré et arme parfaitement immobile. Ce n’est donc pas une donnée officielle mais un ordre de grandeur, et il ignore la dispersion de l’arme comme le mouvement du tireur, qui s’y ajoutent.
Sur un rayon de visée de 340 mm, garder l’impact dans le dix demande un alignement juste à moins de deux dixièmes de millimètre, et à moins d’un dixième pour le mouchoir de 5 mm. C’est la vraie réponse à la question « pourquoi un dix de 11,5 mm est-il difficile ». Et cela n’inclut ni la dispersion de l’arme, ni le mouvement du bras.
Un repère de finesse pour finir : un fabricant annonce un clic de hausse déplaçant l’impact de 1,8 mm à la cible, soit environ 16 % du diamètre du dix.
La position : une main, aucun appui, quatre-vingt-dix minutes
La règle tient en une phrase qui contient quatre exigences : « The athlete must stand free, without any artificial or other support, with both feet and/or shoes completely within the firing point. The pistol must be held and fired with one (1) hand only. The wrist must be visibly free of support. » La fédération française le résume en trois mots : debout, à bras franc.
Additionnons maintenant ce que cela représente sur un match de qualification. Quinze minutes de préparation avec essais illimités, puis soixante coups en soixante-quinze minutes. Soit une heure et demie au pas de tir, arme en main, bras tendu à répétition, avec une masse réelle de 950 g à 1 040 g au bout du bras. Et sans aucune lunette d’observation, formellement interdite au 10 m alors qu’elle est autorisée au 25 et au 50 m, pour couper le rythme et regarder ses impacts.
Ce que le pistolier n’a pas, et ce qu’il a à la place
Il n’existe aucun règlement vestimentaire pistolet à l’ISSF
La section carabine du règlement comporte un chapitre entier de réglementation vestimentaire, sur une dizaine de pages. La section pistolet ne comporte que deux chapitres : les chaussures et les accessoires de tir. Aucune veste, aucun pantalon, aucun gant réglementé. La fédération le confirme : « Seuls les carabiniers, dans les disciplines de tir olympique, font usage d’une tenue très spécifique […] Il est donc possible de tirer dans n’importe quelle tenue vestimentaire. »
C’est l’argument budget majeur de la discipline, et nous le chiffrons plus bas.
Ce que le pistolier a en revanche : des poids de canon modulables pour ajuster l’équilibre, des crosses anatomiques ajustables déclinées en tailles multiples, du XXS au XL selon les fabricants, en versions droitier et gaucher, et la monture de lunettes de tir mentionnée plus haut.
Les chaussures, elles, sont réglementées comme en carabine : uniquement des modèles bas ne couvrant pas l’os de la cheville, semelle flexible sur tout l’avant du pied, et la même exigence de flexion d’au moins 22,5 degrés sous 15 newtons-mètres. Comme en carabine, la marche naturelle talon-pointe est exigée sur l’aire de compétition, sous peine d’avertissement puis de pénalité de deux points.
Dernier accessoire encadré : le support de pistolet posé sur la table pour reposer l’arme entre les coups. La hauteur totale de la table avec son support ne peut excéder un mètre, et en finale, la mallette de transport ne peut pas servir de support.
Les technologies : pourquoi l’air précomprimé a tout gagné
Le règlement autorise « any 4.5 mm compressed air, CO2 or pneumatic air pistol » conforme au tableau de spécifications. Trois technologies sont donc admises : air précomprimé sous bouteille, CO2, et pneumatique à compression manuelle. Le ressort n’est pas nommé dans cette liste.
Formulons ce point avec précision, parce qu’il circule beaucoup d’approximations : nous n’avons trouvé aucune règle interdisant nommément le ressort. Ce qui est établi, c’est que le règlement énumère trois technologies sans le citer, et qu’aucun fabricant de match n’en propose. Nous n’écrirons donc pas « le ressort est interdit ».
Dans les faits, tous les modèles de haut de gamme fonctionnent à l’air précomprimé, sous 200 bar chez la plupart et jusqu’à 250 bar chez un fabricant italien qui loge le détendeur dans la carcasse même du pistolet.
La raison est le détendeur, et elle est documentée. Un fabricant l’explique : le régulateur de pression « is responsible for maintaining a constant air pressure to ensure that each shot is fired with the same force and velocity », ce qui permet « de maintenir une performance constante même pendant de longues séances de tir ». Un autre annonce un réducteur de pression sans entretien assurant des performances constamment élevées. Sur un match de soixante coups plus essais illimités en quatre-vingt-dix minutes, la constance de vitesse coup après coup est déterminante.
Sur la disparition du CO2 en match, restons honnêtes : l’explication couramment avancée est sa sensibilité à la température, mais aucune source constructeur ou réglementaire que nous ayons consultée ne l’énonce. Ce qui est sourcé, c’est l’avantage du détendeur d’air comprimé et l’absence de modèle CO2 dans les catalogues match. Pour le comportement thermique du CO2 lui-même, notre article sur la cartouche CO2 de 12 g donne les courbes de pression.
Le pneumatique : la voie d’entrée sans station de gonflage
Un modèle italien d’initiation illustre l’autre chemin. Son distributeur français le décrit ainsi : « Le FAS 6004 utilise un système à précompression de l’air, et non un ressort. En pratique, cela supprime les vibrations parasites et le recul au départ du coup. » Caractéristiques annoncées : 3,7 joules, environ 122 m/s, 1 022 g, détente réglementaire à 500 g, crosse noyer ambidextre, organes de visée entièrement réglables et solidaires du canon.
L’intérêt éditorial est réel : cette arme démontre qu’on peut être conforme au règlement international sans bouteille d’air comprimé, donc sans station de gonflage. C’est l’arme d’école de tir type.
Vitesses, énergies et munition
Les vitesses annoncées tournent autour de 145 à 155 m/s chez un fabricant et 150 m/s de moyenne chez un autre. Côté énergie, un constructeur annonce 7,5 joules maximum sur son modèle haut de gamme et le pneumatique d’initiation est donné à 3,7 J. En croisant un plomb pistolet de 0,45 g à 150 m/s, on obtient environ 5 joules, ce qui recoupe bien les deux bornes annoncées.
Sur la munition, le règlement impose le calibre 4,5 mm et des projectiles « only of lead or similar soft material », les projectiles chemisés étant interdits et le jury pouvant prélever des échantillons. Aucune spécification de masse n’est imposée, contrairement au 25 m vitesse.
Point souvent ignoré : le plomb pistolet n’est pas le plomb carabine. Un fabricant référence son plomb match en deux masses distinctes, dont une version de 0,45 g explicitement fléchée « type d’arme : pistolet » et « adapté au pistolet à air 10 m », avec une longueur de balle de 5,4 mm. Les diamètres de tête proposés vont de 4,48 à 4,51 mm. Notre guide des plombs diabolo explique pourquoi ces centièmes de millimètre décident du groupement.
Le marché et le budget réel
Prix constructeur hors taxes du tarif officiel 2026 d’un groupe germano-suisse, et prix affichés chez des détaillants français relevés le 16 août 2026. Attention au régime fiscal, qui n’est pas homogène : les tarifs constructeur cités sont hors taxes, les prix des fiches produit incluent la TVA allemande à 19 %, et les pages des détaillants français ne portent pas de mention explicite.
| Niveau | Modèle et prix |
|---|---|
| Débuter école de tir | Chiappa FAS 6004 Match : 609 € en France, pneumatique, aucune station de gonflage nécessaire · Hämmerli AP20 Hybrid 713,45 € HT · Hämmerli AP20 ALL-IN-ONE 797,48 € HT · Pardini K12 Kid 1 225 € en France |
| Progresser club confirmé | Hämmerli AP20 PRO 1 007,56 € HT · Walther LP500 XP 1 343,70 € HT · Pardini K12 Basic 1 795 € en France |
| Compétition national et international | Walther LP500 EXPERT XP mécanique 1 973,95 € HT · Pardini K12 Absorber 2 020 € en France · Feinwerkbau P 8X à partir de 2 225 € TTC · Walther LP500 EXPERT à détente électronique 2 478,15 € HT · Walther LP500 Meister Manufaktur 2 604,20 € HT · Steyr LP50 2 749 € en France |
Accessoires structurants, aux mêmes conditions de relevé : bouteille d’air supplémentaire 200 bar 167,23 € HT, adaptateur de gonflage 21 € HT, mallette 33,61 € HT, et 562,18 € HT pour passer d’une détente mécanique à une détente électronique sur un modèle donné.
Le coût de fonctionnement, et ce que le pistolier n’achète pas
Les plombs relevés chez un détaillant français vont de 6 € la boîte de 500 pour un diabolo d’entraînement à 14,50 € pour le plomb match pistolet, en passant par 10 € pour un plomb match intermédiaire. En comptant large, cent plombs par séance de match essais compris, la munition de compétition revient à 2,90 € les cent coups. Un match de soixante coups coûte donc moins de deux euros de plombs.
Et voici l’écart de budget d’entrée avec la carabine, qui n’est écrit à peu près nulle part. Le pistolier n’achète ni veste de tir, ni pantalon de tir, ni sangle, ni gant. Le règlement ne prévoit aucun chapitre vestimentaire pistolet, et la fédération confirme que seuls les carabiniers utilisent une tenue spécifique. Là où un carabinier de niveau national investit plusieurs milliers d’euros en textile technique, le pistolier tire en tenue de sport ordinaire.
Le cadre légal français : catégorie D, et un seul point de vigilance
Trois textes suffisent à cadrer la question, et ils donnent une réponse simple.
Premier point : ce n’est pas une arme à feu. Le code définit l’arme à feu comme celle qui tire un projectile « par l’action de la combustion d’une charge propulsive ». Un pistolet à air précomprimé ne fonctionne pas par combustion. Il est donc une arme au sens du code, mais pas une arme à feu, et cette distinction commande tout ce qui suit.
Deuxième point : le classement. En dessous de 2 joules, un objet n’est pas une arme au sens du titre. Entre 2 et 20 joules, c’est la catégorie D, d’acquisition et de détention libres. À partir de 20 joules, c’est la catégorie C, soumise à déclaration. Avec des valeurs constructeur de 3,7 à 7,5 joules et un calcul intermédiaire vers 5 joules, le pistolet de match 10 m est franchement en catégorie D. Nos guides des armes de catégorie D et des armes de catégorie C détaillent les deux régimes.
Attention à ne pas généraliser : cela ne veut pas dire que tous les pistolets à air comprimé sont en catégorie D. Le classement suit l’énergie réelle, et notre article sur les pistolets à plomb de forte puissance traite précisément des modèles qui franchissent les 20 joules.
Troisième point : ni compte SIA, ni râtelier numérique. Le texte qui les impose vise les « détenteurs d’armes à feu portatives » et limite le râtelier aux catégories A, B et C. Le pistolet 10 m est exclu deux fois : ce n’est pas une arme à feu, et il est en catégorie D. Aucune déclaration, aucun enregistrement, aucune autorisation préfectorale.
La vente aux mineurs, et le vrai rôle de la licence
Deux points pratiques que les contenus en ligne traitent mal.
Un mineur ne peut pas acheter l’arme lui-même. La vente aux mineurs de matériels de guerre, armes, munitions et leurs éléments est interdite. L’acquisition est faite par une personne exerçant l’autorité parentale, non inscrite au fichier national des interdits, sur présentation du permis de chasser ou d’une licence au nom du mineur, en cours de validité, d’une fédération sportive délégataire pour la pratique du tir. Le texte ne restreint pas par catégorie : le pistolet 10 m étant une arme au sens du code puisqu’il dépasse 2 joules, il entre dans le champ.
Et le seul vrai point de vigilance est le transport. Le port et le transport sans motif légitime des armes de catégories C et D sont interdits. Mais le texte donne lui-même la solution : la licence de tir en cours de validité vaut titre de transport légitime pour les armes de catégorie D utilisées dans la pratique du sport relevant de la fédération.
Retenez donc la formulation exacte : l’arme est libre à l’achat, mais c’est la licence qui rend son transport légitime entre le domicile et le club. C’est l’information la plus utile de cette section, et elle est rarement écrite correctement.
Deux nuances de rigueur pour finir. L’obligation de transporter l’arme « de manière à ne pas être immédiatement utilisable » vise expressément les armes à feu : la lettre du texte ne l’applique donc pas à un pistolet à air comprimé, et nous n’écrirons pas le contraire. La mallette fermée reste évidemment la bonne pratique, et c’est ce que recommande la fédération. Enfin, pour un déplacement à l’étranger, un pistolet de match ne peut pas figurer sur une carte européenne d’arme à feu, la fédération prévoyant à la place une lettre de voiture pour les armes de catégorie D.

Les records, et le mur des 594
| Record | Hommes | Dames |
|---|---|---|
| Monde, qualification sur 60 coups | 594 (avril 2009) | 591 (octobre 2022) |
| Monde, finale sur 24 coups | 246,5 (2019) | 246,9 (2017) |
| Olympique, finale | 244,8 (Tokyo 2021) | 243,2 (Paris 2024) |
| Maximum | 600 en qualification, 261,6 théoriques en finale | idem |
Trois lectures de ces chiffres.
Le 594 sur 600 signifie six points perdus sur soixante coups, soit une moyenne de 9,90 par coup. Et ce record de qualification masculine tient depuis avril 2009, alors que celui des dames a été battu en 2022. C’est le mur de la discipline.
En finale, les records féminins dépassent les records masculins, 246,9 contre 246,5, sur un programme strictement identique. Le record du monde de finale masculine correspond à une moyenne de 10,27 par coup au comptage décimal.
Le record du monde par équipe mixte est très récent, établi en juillet 2026 avec 488,4 en finale et 591 en qualification, tandis que le record olympique de finale en équipe mixte n’est pas encore établi, la discipline étant jeune au programme.
Détail matériel qui plaira aux lecteurs : les deux records de qualification en vigueur, le 594 masculin et le 591 féminin, ont été réalisés avec des armes du même fabricant autrichien, qui les affiche sur son site.
Situer le 10 m dans l’écosystème pistolet
| Épreuve | Programme | Diamètre du dix |
|---|---|---|
| 10 m air | 60 coups en 75 min | 11,5 mm |
| 50 m | 60 coups en 1 h 30 | 50 mm |
| 25 m standard | 3 x 20 coups, séries de 5 en 150, 20 et 10 s | 50 mm |
| 25 m vitesse | 30 + 30 coups, séries de 5 en 8, 6 et 4 s | 100 mm |
Quatre singularités du 10 m ressortent de cette comparaison. C’est la seule épreuve pistolet à stand fermé obligatoire. Elle a la détente la plus légère, 500 g contre 1 000 g au 25 m. C’est la seule où la lunette d’observation est interdite. Et à l’inverse, le 50 m est l’épreuve la moins réglementée en matériel, avec la mention « no restriction » sur la masse, la détente, la boîte, le canon et le rayon de visée. La position à bras franc, elle, est commune à toutes.
En France, il y a trois épreuves de pistolet à 10 m, pas une
Voilà un angle que presque personne ne traite. Le règlement de gestion sportive de la fédération liste, au programme individuel :
- Pistolet 10 m, la précision, ouverte des cadets aux seniors 3.
- Pistolet vitesse 5 cibles 10 m, mêmes catégories.
- Pistolet standard 10 m, mêmes catégories.
Les deux dernières n’existent pas au programme international senior. Le championnat de France organise des finales pour la précision et pour la vitesse 5 cibles. Précisons ce que nous ne savons pas : le règlement liste ces épreuves et leurs catégories, mais ne publie pas le détail des programmes de tir, des temps de série ni des cibles, renvoyant à des règlements spécifiques que nous n’avons pas pu récupérer. Nous ne les inventerons pas : demandez à votre club.
À ces trois épreuves s’ajoutent l’épreuve par équipe mixte à la française, en 30 coups par tireur avec les 42 premières équipes de chaque catégorie qualifiées pour le championnat de France, les épreuves d’écoles de tir dont un pistolet 3/7 pour les minimes, et sept épreuves de para-tir à 10 m au pistolet.
Une dernière précision pour éviter une confusion fréquente : le Tir Sportif de Vitesse est une discipline entièrement distincte, qui emploie des armes de poing en 9×19, 38 Super Auto ou 45 ACP. Il n’a rien à voir avec le pistolet international.
Débuter en France
La licence est obligatoire et elle est délivrée par un club affilié, pas directement par la fédération. Elle court du 1er septembre au 31 août, couvre l’assurance jusqu’au 30 septembre suivant, donne accès aux installations, à l’encadrement par des moniteurs et aux compétitions officielles.
Sur le coût, soyons précis là où les autres arrondissent. La part fédérale est de 69 € pour un adulte et 49 € pour un jeune, montants identiques pour les saisons 2025-2026 et 2026-2027. Mais ce n’est pas le prix de votre licence : s’y ajoutent les parts de la ligue, du comité départemental et du club, qui ne sont pas publiées et varient d’un endroit à l’autre. Notre article sur la licence de tir détaille la démarche, et celui sur la validité du certificat médical couvre l’autre pièce obligatoire, la licence n’étant délivrée qu’après validation par le club de l’existence d’un certificat valide.
Pour les jeunes, le 10 m est la porte d’entrée obligatoire
La fédération est explicite : « pour le tir à la cible, la formation se fait exclusivement à 10 mètres, que ce soit au pistolet, à la carabine ou à l’arbalète field ». La progression passe par le dispositif Cibles Couleurs et ses sept niveaux d’apprentissage, chacun validé par un contrôle de connaissances, un diplôme et une cible de couleur, la progression étant enregistrée dans le passeport individuel du tireur.
Deux évolutions récentes à connaître. Le programme des catégories poussins et benjamins est passé de 30 à 40 coups de match à partir de la saison 2025-2026. Et un classement combiné additionnant les scores de pistolet et de carabine 10 m a été mis en place pour toutes les catégories individuelles, aux échelons qualificatifs comme au championnat de France.
Sur l’âge minimum, une réserve nécessaire : aucun texte consulté ne fixe de plancher d’âge chiffré. La catégorie la plus jeune, poussins, est définie par une année de naissance, ce qui correspond à dix ans et moins pour la saison en cours, mais c’est une borne de catégorie et non un âge minimum réglementaire. Posez la question à votre club.
La tenue et les premiers gestes
Puisqu’il n’existe pas de règlement vestimentaire pistolet international, c’est la fédération qui encadre. Tenue sportive appropriée, camouflage, tenues de combat et de police interdites, et pour les disciplines internationales, jean bleu et denim interdits à tous les niveaux. L’objectif affiché est de faire porter des tenues rappelant l’appartenance au club. Les chaussures doivent être conformes, sandales interdites, et il est interdit de retirer ses chaussures.
Enfin le geste qui compte le plus, celui de l’arrivée au pas de tir : la mallette est apportée fermée et l’arme n’en sort qu’à ce moment-là, mise en sécurité et posée sur la table, canon en direction des cibles. Avant d’utiliser une arme, on s’assure qu’elle est désapprovisionnée. Et l’éthique fédérale est sans ambiguïté sur un point : viser quelqu’un est passible de radiation.
Ce qu’il faut retenir
- Le dix pistolet mesure 11,5 mm, soit 23 fois le dix carabine. Ne confondez plus les deux cibles.
- La qualification se compte au point entier, maximum 600. Le décimal n’apparaît qu’en finale.
- Le départage se fait sur le mouchoir de 5,0 mm. C’est lui qu’on vise, pas le dix.
- La boîte de 420 x 200 x 50 mm explique le format de tous les pistolets de match, dont l’un la remplit au millimètre.
- Personne ne joue les 1 500 g autorisés. Le marché est entre 800 et 1 040 g.
- Détente à 500 g minimum, mesurée cartouche en pression, avec contrôle aléatoire après la dernière série et disqualification à la clé.
- Aucune cote de cran de mire n’est imposée. Le marché offre 2 à 8,5 mm de largeur réglable.
- Sur un rayon de visée de 340 mm, la tolérance d’alignement est de moins de deux dixièmes de millimètre pour rester dans le dix.
- Une main, aucun appui, poignet visiblement libre, et une heure et demie au pas de tir avec un kilogramme au bout du bras.
- Il n’existe aucun règlement vestimentaire pistolet. Ni veste, ni pantalon, ni gant à acheter : c’est l’écart de budget avec la carabine.
- Catégorie D, acquisition et détention libres, sans SIA ni râtelier numérique, mais c’est la licence qui rend le transport légitime.
- Le record de qualification masculin, 594 sur 600, tient depuis 2009.
- En France il y a trois épreuves de pistolet à 10 m, dont deux qui n’existent pas au programme international senior.
Questions fréquentes
Quelle est la taille du dix au pistolet 10 m ?
11,5 mm de diamètre, avec un mouchoir central imprimé de 5,0 mm. Le visuel noir fait 59,5 mm et couvre les zones 7 à 10, et le carton mesure au minimum 170 sur 170 mm. Pour comparaison, le dix de la cible carabine 10 m ne fait que 0,5 mm : celui du pistolet est vingt-trois fois plus large.
Combien de coups en compétition de pistolet 10 m ?
Soixante coups de match en 75 minutes sur cible électronique, ou 90 minutes sur cible papier, précédés de quinze minutes de préparation avec un nombre illimité de coups d’essai. La finale se tire en 24 coups à huit finalistes : deux séries de cinq coups en 250 secondes, puis quatorze coups isolés en 50 secondes chacun. En équipe mixte, chaque tireur tire 30 coups en qualification.
Le pistolet 10 m se compte-t-il au dixième de point ?
Pas en qualification. Le règlement distingue explicitement les deux armes : comptage décimal pour la carabine, comptage au point entier pour le pistolet. Le score maximum en qualification est donc de 600. Le comptage au dixième n’intervient qu’en finale, où le maximum théorique est de 261,6 sur 24 coups. En cas d’égalité en qualification, c’est le nombre de mouchoirs de 5,0 mm qui départage en premier.
Quel pistolet à air comprimé 10 m choisir pour débuter ?
Un modèle pneumatique à simple compression, autour de 609 €, permet d’être conforme au règlement international sans bouteille d’air comprimé donc sans station de gonflage : 3,7 joules, environ 122 m/s, détente réglementaire à 500 g. Au-dessus, les premiers pistolets à air précomprimé de club se situent entre 713 et 1 007 € hors taxes en tarif constructeur, et un modèle junior allégé à 800 g se trouve vers 1 225 € en France. Prix relevés en août 2026.
Un pistolet à air comprimé de match est-il une arme réglementée ?
C’est une arme de catégorie D, d’acquisition et de détention libres pour un majeur, parce que son énergie se situe entre 2 et 20 joules : les valeurs constructeur vont de 3,7 à 7,5 joules. Ce n’est pas une arme à feu, puisqu’elle ne fonctionne pas par combustion, donc pas de compte SIA, pas de râtelier numérique, aucune déclaration. En revanche, un mineur ne peut pas l’acheter lui-même : c’est le parent qui acquiert, sur présentation de la licence au nom du jeune.
Faut-il une licence pour transporter son pistolet 10 m ?
C’est le point le plus utile du cadre légal. Le port et le transport sans motif légitime des armes de catégories C et D sont interdits, mais la licence de tir en cours de validité vaut elle-même titre de transport légitime pour les armes de catégorie D utilisées dans la pratique du sport de la fédération. L’arme est donc libre à l’achat, et c’est la licence qui rend son transport légitime entre le domicile et le club.
Quel poids de détente au pistolet 10 m ?
500 grammes minimum, soit la moitié de ce qu’exige le pistolet 25 m. La mesure se fait avec un poids mort à arête vive suspendu près du milieu de la détente, canon tenu verticalement, en trois tentatives maximum, et la cartouche d’air doit être en pression pendant le test. Des contrôles aléatoires ont lieu immédiatement après la dernière série, avec au moins un tireur tiré au sort par tranche de huit postes, et l’échec entraîne la disqualification.
Faut-il une veste de tir pour le pistolet ?
Non, et c’est une différence majeure avec la carabine. Le règlement international ne comporte aucun chapitre de réglementation vestimentaire pour le pistolet, seulement des règles sur les chaussures et les accessoires. La fédération le confirme : seuls les carabiniers utilisent une tenue spécifique. Le pistolier tire en tenue de sport ordinaire, camouflage, tenues de combat et jean bleu étant toutefois interdits en compétition.
Pourquoi tous les pistolets de match mesurent-ils environ 420 mm ?
Parce que le règlement impose une boîte de contrôle de 420 sur 200 sur 50 mm, dans laquelle l’arme doit entrer organes de visée montés et accessoires compris. Les fabricants dimensionnent donc leurs armes au plus près de cette limite pour maximiser le rayon de visée, lui-même non limité par ailleurs. Un modèle atteint exactement 420 mm de long et 50 mm de large.
À quel âge peut-on commencer le pistolet 10 m ?
Aucun texte consulté ne fixe d’âge minimum chiffré. La catégorie la plus jeune de la fédération, poussins, est définie par une année de naissance, ce qui correspond à dix ans et moins pour la saison en cours, mais c’est une borne de catégorie et non un plancher réglementaire. En pratique, la formation des jeunes se fait exclusivement à 10 mètres, avec une progression en sept niveaux du dispositif Cibles Couleurs. Renseignez-vous auprès de votre club.
Le pistolet 10 m est probablement la discipline la plus accessible du tir olympique : pas de textile technique à acheter, pas de déclaration à faire, moins de deux euros de plombs par match, une arme qui tient dans une mallette de 46 centimètres et un club qui vous prêtera de quoi commencer. Ce qui est difficile est ailleurs, et cela ne s’achète pas : tenir un kilogramme à bout d’un bras, soixante fois en soixante-quinze minutes, avec deux dixièmes de millimètre de tolérance sur l’alignement de deux morceaux de métal.
