Il n’y a pas un âge minimum pour le tir sportif, il y en a trois : neuf ans, douze ans, seize ans. Chacun ouvre une catégorie d’armes différente, et aucun n’ouvre le droit d’acheter.
C’est le point que presque toutes les pages sur le sujet manquent, et il change la façon de préparer le dossier : la vente aux mineurs est purement et simplement interdite. Ce qui existe, c’est un droit de détention encadré, et une acquisition faite par le parent.

La règle de base : la vente aux mineurs est interdite
L’article R312-1 du code de la sécurité intérieure ouvre tout le chapitre « acquisition et détention » par une phrase sans nuance : la vente aux mineurs des matériels de guerre, armes, munitions et de leurs éléments est interdite.
Le texte organise ensuite la seule voie possible. L’acquisition est faite par une personne qui exerce l’autorité parentale, à condition qu’elle ne soit pas inscrite au FINIADA, et sur présentation de l’un des deux titres suivants, établis au nom du mineur :
- le permis de chasser délivré en France ou à l’étranger au nom du mineur, accompagné d’un titre de validité de l’année en cours ou de l’année précédente ;
- ou une licence en cours de validité au nom du mineur, délivrée par une fédération sportive ayant délégation pour la pratique du tir, du ball-trap ou du biathlon.
Et une subtilité que même certains clubs ignorent : lorsque la fédération concernée a aussi reçu délégation pour d’autres disciplines, la licence doit être accompagnée d’un document de la fédération certifiant la pratique spécifique du tir, du ball-trap ou du biathlon par le mineur. Une licence multisports ne suffit pas à elle seule.
Retenez la répartition des rôles : le jeune pratique, le jeune détient, le parent achète. Ce n’est pas une formalité de caisse, c’est la structure même du régime.
Concrètement, un armurier qui vendrait directement à un mineur commettrait une infraction, même si ce mineur présente une licence FFTir parfaitement valide : la licence conditionne l’acquisition par le parent, elle ne fait pas du mineur un acheteur. À l’inverse, rien n’interdit que l’arme acquise par le parent soit ensuite détenue et utilisée par le jeune tireur. C’est exactement ce que le texte organise.
Trois âges, trois portes
La fiche officielle de l’administration décline les conditions par tranche. Voici la matrice complète.
| Âge | Ce qui devient possible | Conditions |
|---|---|---|
| 9 à 11 ans | Catégorie D uniquement : arme ou lanceur non pyrotechnique de 2 à 20 joules | Accord de l’autorité parentale non inscrite au FINIADA, et licence FFTir, ball-trap ou biathlon |
| 12 à 15 ans | S’ajoutent la catégorie C, la catégorie B1 à percussion annulaire à un coup, et les catégories A et B pour les sélectionnés en compétition internationale | Mêmes conditions, plus l’appartenance à une association agréée et l’avis favorable de la FFTir pour les armes soumises à autorisation |
| 16 et 17 ans | Les mêmes régimes, plus la voie de la chasse pour les catégories C et D | Pour la chasse : accord parental et permis de chasser validé pour l’année en cours ou la précédente |
Deux observations sur cette matrice. D’abord, la catégorie D visée pour les plus jeunes n’est pas la catégorie D entière : c’est la fenêtre des armes et lanceurs à projectile non pyrotechnique dont l’énergie à la bouche est comprise entre 2 et 20 joules, celle de la carabine à air comprimé et du lanceur de paint-ball. Le régime complet est dans la catégorie D.
Ensuite, le saut n’est pas là où on l’imagine. Entre 12 et 17 ans, les règles du tir sportif sont exactement les mêmes : ce qui s’ajoute à 16 ans, c’est la porte de la chasse, pas celle du tir.

Trois armes, ou quinze : les deux plafonds
Dès douze ans, un jeune tireur peut être autorisé à détenir des armes soumises à autorisation, mais pas dans les mêmes proportions selon son parcours.
La voie ordinaire : trois armes. L’article R312-40 prévoit que les personnes âgées de douze ans au moins, ne participant pas à des compétitions internationales, peuvent être autorisées à détenir des armes de poing à percussion annulaire à un coup relevant du 1° de la catégorie B, dans la limite de trois. L’autorité parentale doit alors attester que l’arme est détenue pour la pratique du tir sportif par un mineur ne participant pas à des compétitions internationales.
La voie de la compétition : quinze armes. Les tireurs sélectionnés de moins de dix-huit ans participant à des compétitions internationales relèvent du même plafond que les majeurs, soit quinze armes. Il leur faut être membre d’une association sportive agréée, titulaire d’une licence FFTir en cours de validité, et disposer de l’avis favorable de la fédération, lié à la pratique régulière du tir.
Une précision du texte qui pèse dans la vie du club : sauf dans le cadre des compétitions internationales, ces armes ne peuvent être utilisées que dans les stands des associations agréées. Le régime d’ensemble est détaillé dans les armes de catégorie B.
À dix-huit ans, tout ne s’ouvre pas d’un coup
C’est la suite logique, et elle surprend les familles qui ont anticipé le passage à la majorité comme une libération.
L’article R312-41-1 limite à six armes pendant cinq ans les personnes qui n’ont jamais été titulaires d’une autorisation, à compter de la délivrance de leur première. Et il précise que cette limite s’applique également aux personnes qui atteignent leur majorité alors qu’elles étaient autorisées au titre du régime des jeunes tireurs.
Autrement dit, un jeune autorisé à douze ans pour trois armes de poing ne bascule pas à quinze le jour de ses dix-huit ans : il passe par le palier des six, pendant cinq ans. L’exception existe pour ceux qui participent à des compétitions nationales ou internationales, et c’est là que la compétition prend tout son sens dans un parcours de jeune.
La voie de la chasse, à partir de seize ans
Elle est distincte et souvent plus simple. Un mineur de plus de seize ans peut détenir une arme des catégories C et D à condition de réunir deux éléments : l’accord d’une personne exerçant l’autorité parentale non inscrite au FINIADA, et un permis de chasser, délivré en France ou à l’étranger, accompagné de sa validation pour l’année en cours ou l’année précédente.
Aucun avis favorable fédéral n’est requis ici, et aucune association n’a à se prononcer : c’est le titre cynégétique qui ouvre le droit. Pour les armes concernées, voyez la catégorie C et le classement d’ensemble dans les catégories d’armes en France.
Ce que le club va vraiment vous demander
Le dossier d’un mineur suit le même circuit que celui d’un adulte : demande de licence par le club, avis favorable du président de la FFTir pour les armes soumises à autorisation, avec deux pièces de plus. L’autorisation parentale d’abord, et, lorsque la fédération porte d’autres disciplines, l’attestation de pratique sportive spécifique. Surveillez ensuite la date de validité : une licence sportive expirée fait tomber le fondement même de la détention du mineur, et son renouvellement n’est pas automatique.
Au-delà du code, l’inscription d’un jeune en club suit un chemin balisé. Le certificat médical de moins d’un an conditionne la délivrance de la licence, comme pour un adulte, et les conditions détaillées sont dans la licence de tir. L’autorisation parentale est signée sur un formulaire fédéral, et c’est bien la personne exerçant l’autorité parentale qui devra être présente pour toute acquisition.
Pour découvrir avant de s’engager, la séance d’initiation reste ouverte au mineur non licencié dans les mêmes conditions que pour un adulte, avec l’invitation du président et une arme mise à disposition par l’association : le cadre est décrit dans tirer dans un stand de tir sans licence.
Un dernier réflexe, souvent négligé : la condition tenant au FINIADA se vérifie au moment de l’acquisition, pas une fois pour toutes. Une inscription survenue depuis la précédente visite chez l’armurier bloque l’acquisition suivante, même si le mineur, lui, remplit parfaitement ses propres conditions.
Enfin, l’amende de 750 euros mentionnée par l’administration pour chaque situation non conforme vise la détention irrégulière, pas la maladresse : elle rappelle surtout que ce régime dérogatoire ne se présume pas. Une licence expirée, un accord parental non renouvelé, et la détention du mineur devient irrégulière sans que personne n’ait rien fait de mal.
Votre situation, âge par âge
Cet outil resume les articles R312-1, R312-40 et R312-41-1 du code de la securite interieure et la fiche de l administration sur la détention par un mineur. Chaque club applique en plus son reglement interieur, souvent plus prudent.
Questions fréquentes
À partir de quel âge peut-on faire du tir sportif ?
La détention d’une arme de catégorie D de 2 à 20 joules est ouverte dès neuf ans, avec l’accord parental et une licence fédérale. La catégorie C et les armes soumises à autorisation s’ouvrent à douze ans. La voie de la chasse commence à seize ans.
Un mineur peut-il acheter une arme lui-même ?
Non. L’article R312-1 interdit la vente aux mineurs. L’acquisition est faite par une personne exerçant l’autorité parentale, non inscrite au FINIADA, sur présentation du permis de chasser validé ou de la licence sportive établis au nom du mineur.
Un jeune de douze ans peut-il détenir une arme de poing ?
Oui, mais seulement une arme à percussion annulaire à un coup de la catégorie B1, dans la limite de trois. Il faut une association agréée, une licence FFTir, l’avis favorable de la fédération et une autorisation parentale attestant l’absence de compétition internationale.
Pourquoi certains jeunes peuvent-ils détenir quinze armes ?
Parce qu’ils sont sélectionnés pour des compétitions internationales. Ce statut les fait relever du plafond applicable aux majeurs, quinze armes, au lieu des trois armes de poing à percussion annulaire à un coup de la voie ordinaire.
Que se passe-t-il à dix-huit ans ?
Pas une ouverture complète. L’article R312-41-1 applique aux jeunes qui atteignent leur majorité la limite de six armes pendant cinq ans, sauf s’ils participent à des compétitions nationales ou internationales.
Une licence multisports suffit-elle ?
Pas toujours. Si la fédération a reçu délégation pour d’autres disciplines que le tir, le ball-trap ou le biathlon, la licence doit être accompagnée d’un document de la fédération certifiant la pratique spécifique de l’une de ces trois disciplines par le mineur.
L’autorisation parentale suffit-elle à elle seule ?
Non, et elle a elle-même une condition : la personne qui exerce l’autorité parentale ne doit pas être inscrite au fichier national des interdits d’acquisition et de détention d’armes. Elle s’ajoute toujours à un titre, licence ou permis de chasser.
Un mineur peut-il chasser avec son arme à seize ans ?
Il peut détenir une arme de catégorie C ou D avec l’accord parental et un permis de chasser accompagné de sa validation pour l’année en cours ou la précédente. Aucun avis fédéral n’est requis par cette voie.
Que risque-t-on en cas de non-respect ?
Une amende pouvant atteindre 750 euros, dans chacune des situations décrites par l’administration. Une licence expirée ou un accord parental caduc suffisent à rendre la détention irrégulière.
Un enfant de moins de neuf ans peut-il tirer en club ?
La réglementation ne lui ouvre aucune détention, même en catégorie D. La pratique encadrée avec le matériel du club relève alors du règlement fédéral et de l’école de tir, pas d’un droit de détention personnel.
Sources : l’article R312-1 du code de la sécurité intérieure, les articles R312-40 et R312-41-1 du même code, et la fiche Un mineur peut-il détenir une arme ? de service-public.gouv.fr, vérifiée le 27 août 2025, consultés le 15 septembre 2026.
