Le Perazzi MX8 porte le nom des Jeux de Mexico 1968. L’or de la fosse, à Mexico 1968, a été gagné avec un Browning. Ce fusil de compétition italien se vend 9 580 à 9 980 € neuf en France et 2 500 à 5 000 € d’occasion, en catégorie C. Voici ce que le récit de marque raconte, ce que le Référentiel Général des Armes enregistre, et ce que vous payez réellement.
Le Perazzi MX8 en bref
| Architecture | Superposé, un coup par canon, bascule basse usinée dans une pièce forgée |
|---|---|
| Calibres | 12 et 20. Le calibre 20 reçoit une bascule dédiée, pas un 12 réalésé |
| Canons | 68 à 75 cm au catalogue français. Le RGA enregistre des lignes de 690 à 860 mm |
| Charnière | Tourillons latéraux au genou, pas d’axe traversant. Principe Woodward |
| Verrouillage | Verrous de section carrée sortant de la face de bascule, d’inspiration Boss |
| Batterie | Extractible, ressorts à lames ou à boudins au choix d’usine. Sans sélecteur de canon |
| Bande | Ventilée, 11 x 11, 11 x 7 ou 7 x 10 mm. Non réglable |
| Chokes | Fixes de 0 à 9/10, interchangeables sur demande |
| Poids | Perazzi n’en publie aucun. Les fiches d’occasion françaises relèvent 3,5 à 3,78 kg |
| Catégorie (France) | C 1° c) sur les 16 lignes MX8 du RGA, sans exception |
| Prix constaté (septembre 2026) | 9 580 et 9 980 € neuf, 2 500 à 5 000 € d’occasion |
Le nom vient de Mexico 1968. L’or de Mexico 1968 est allé à un Browning
C’est l’histoire que tout le monde raconte, et elle mérite d’être vérifiée ligne par ligne, parce qu’elle sert d’argument de vente depuis cinquante-huit ans.
Ce qui est établi. Armi Perazzi est fondée en 1957 par Daniele Perazzi. La première médaille d’or olympique remportée avec un Perazzi est celle d’Ennio Mattarelli, en fosse olympique, aux Jeux de Tokyo en 1964, avec 198 sur 200. Ce point est concordant entre trois sources indépendantes du constructeur. Et la désignation MX8 renvoie bien aux Jeux de Mexico de 1968 : Irwin Greenstein et Joe Engesser l’écrivent tous les deux.
Ce qui est faux, et que personne ne corrige. L’or de la fosse olympique de Mexico 1968 revient à Bob Braithwaite, avec 198 sur 200, devant 55 tireurs de 34 nations. Son arme est un Browning superposé de calibre 12, grade C : la vente aux enchères de ses armes en donne la description exacte. Mike Yardley relève lui-même l’ironie dans son essai du MX12. Quant à Ennio Mattarelli, présenté comme le parrain du modèle, il termine vingt-septième à Mexico avec 189.
Et le constructeur ne revendique rien de tout cela. La page d’histoire officielle de Perazzi ne mentionne ni le MX8, ni 1968, ni Mexico, ni Mattarelli par son nom. Elle date son palmarès de 1964, avec l’or de Tokyo. Le récit fondateur du MX8 est donc porté par la presse et les revendeurs, pas par la marque.
Rien de cela ne retire une ligne au palmarès réel de Perazzi, qui est considérable et vérifiable. Mais le modèle d’arme des médaillés n’est attesté, dans presque tous les cas, que par le site de Perazzi lui-même. Les médailles de Michael Diamond en 1996 et 2000, celle de Jessica Rossi en 2012, sont confirmées par les bases olympiques officielles. Le fait qu’elles aient été gagnées avec un MX8 ne l’est pas : Wikipédia lui-même, quand il l’écrit, cite perazzi.it comme unique source. Nous le signalons plutôt que de le recopier.
Ce que « MX8 » recouvre vraiment en France
Trois choses différentes, que les annonces mélangent en permanence.
- Un modèle encore au catalogue. Perazzi France liste le MX 8 parmi les neuf modèles de sa gamme MX, avec sa fiche technique propre.
- Une famille d’armes d’occasion des années 1960 à 2000, très présente sur le marché français, dont des exemplaires à canons marqués MAP que les tireurs eux-mêmes n’arrivent pas à identifier avec certitude.
- Un nom générique employé par les armuriers pour à peu près n’importe quel Perazzi à batterie amovible. Les fiches d’occasion françaises vendent sous l’étiquette MX8 aussi bien des configurations fosse que skeet que compak sporting.
Le RGA n’aide pas : il enregistre « MX 8 » sur 13 lignes, « MX8 » sur une et « MX8-20 » sur deux, comme trois libellés distincts parmi 45 libellés Perazzi. La marque et les déclarants n’écrivent pas le nom de la même façon. À l’achat, ne vous fiez pas au nom : demandez la ligne du référentiel.
Ce qui change vraiment dans la gamme, et ce qui est de l’habillage
Nous avons comparé les fiches techniques officielles de Perazzi ligne pour ligne. Le résultat est plus simple, et plus dérangeant, que le catalogue ne le laisse croire.
La vraie ligne de partage n’est pas celle qu’on croit. Elle ne sépare pas le MX8 du MX2000, elle sépare deux architectures de batterie :
- MX8, MX8 Vintage et MX2000/8 : batterie extractible, ressorts à lames ou à boudins au choix, et pas de sélecteur de canon.
- MX12, MX20 et MXS : platine fixe, ressorts à boudins, et sélecteur intégré à la sûreté. Mike Yardley présente d’ailleurs ce sélecteur comme un avantage du MX12 sur le MX8.
Autrement dit, le fusil le plus cher n’est pas forcément celui qui a le plus de fonctions. Sur un MX8, vous ne choisissez pas quel canon part en premier : c’est toujours le canon inférieur, et la séquence est figée. Pour un tireur de fosse qui tire deux cartouches sur le même plateau, c’est sans conséquence. Pour un tireur de parcours qui veut adapter le choke à la cible, c’en est une.
L’architecture, et ce qu’elle justifie
Mike Yardley décrit la mécanique de façon constante sur quatre armes de la marque, ce qui en fait la description la plus fiable disponible.
La charnière n’est pas un axe traversant. Le canon bascule sur des tourillons latéraux placés au genou de la bascule, à la manière d’un Woodward. Cela abaisse la carcasse, donc la ligne de visée, et supprime la pièce qui s’use le plus vite sur un superposé ordinaire. Un tireur français avertit d’ailleurs, sur un exemplaire de 1977 examiné avant achat : regardez si l’axe de charnière n’est pas rayé.
Le verrouillage est d’inspiration londonienne. Des verrous de section carrée sortent de la face de bascule et viennent dans des mortaises ménagées de part et d’autre de la bouche des chambres. Les appuis latéraux sont des « draws and wedges » à la Boss, usinés dans les parois de bascule et sur le monobloc.
La batterie s’extrait en poussant le cran de sûreté vers l’avant, au-delà de sa position normale. Alex Flint précise qu’il faut un pouce très ferme, ce qui rend la manœuvre accidentelle pratiquement impossible. C’est l’argument maison, et il est réel : un ressort cassé en compétition se règle en changeant le bloc, pas en rentrant chez soi.
Une nuance que le marketing ne dit pas : Mike Yardley décrit le Beretta DT11 comme ayant lui aussi un bloc de détente extractible à ressorts en V. L’exclusivité Perazzi sur ce point ne tient donc pas.
Et le choix des ressorts se paie. Perazzi propose les deux au catalogue, lames ou boudins. Yardley écrit que les ressorts à lames, bien que légèrement plus fragiles, donnent les meilleurs départs et les meilleurs temps de percussion. Il existe d’ailleurs un marché de kits de conversion en ressorts à boudins pour la série MX8. Aucun taux de casse, aucun nombre de coups avant rupture n’est publié nulle part : le défaut est établi dans son principe, jamais dans son ampleur.
Ce que dit le droit français
Le Référentiel Général des Armes enregistre 16 lignes MX8 parmi 213 lignes Perazzi, toutes en mode de fonctionnement « à 1 coup par canon », canon lisse, capacité hors chambre nulle. Classement français unique : C 1° c), arme à feu d’épaule à un coup par canon.
La règle des trois munitions ne s’applique pas ici, contrairement à ce qu’on lit parfois. Elle appartient au classement C 1° a), qui vise les armes d’épaule à répétition semi-automatique. Un superposé n’a pas de magasin. C’est le référentiel qui tranche, pas un raisonnement par analogie.
Le RGA recense pour le MX8 des longueurs de canon de 690 à 860 mm, bien au-delà des 68 à 75 cm du catalogue actuel. Sur un fusil dont la moitié du parc français a plus de trente ans, cette amplitude est une information d’achat : la ligne déclarée doit correspondre à l’exemplaire, pas au catalogue du moment.
Prix constatés en France
Deux fiches produit neuves seulement étaient ouvertes chez un armurier français au 29 septembre 2026. C’est peu, et c’est déjà une information : ce fusil se commande, il ne se prend pas en rayon.
| État | Armurier | Prix | Configuration |
|---|---|---|---|
| Neuf | Meyson | 9 580 € | MX8 Trap cal. 12 |
| Neuf | Meyson | 9 980 € | MX8 Trap crosse réglable |
| Occasion | Bernizan, Bayonne | 2 500 € | MX8 skeet 12/70, canon 70 cm, 3,740 kg |
| Occasion | L’Arquebusier, Bordeaux | 3 400 € | MX8 compak sporting, canons 75 cm, 3,580 kg |
| Occasion | Hauts de Gironde | 4 500 € | MX8 trap 12/70, 75 cm plus canon mirage 71 cm |
| Occasion | Bernizan, Bayonne | 5 000 € | MX8 skeet 12/70, canon 70 cm, 3,5 kg, mallette |
Le même armurier vend le même fusil à un et à deux. Les deux MX8 skeet de Bayonne sont des 12/70 à canon de 70 cm, proposés le même jour à 2 500 et à 5 000 €. Les fiches ne diffèrent que sur trois points : la longueur de crosse, 36,5 contre 36 cm, le poids, 3,740 contre 3,5 kg, et l’âme, 18,3 contre 18. Le second ajoute une mallette et deux ans de révision mécanique. Le prix d’un MX8 d’occasion ne se déduit pas de sa fiche technique, il se négocie sur l’état réel et sur ce qui l’accompagne.
Une fourchette qui circule et que nous écartons. Une encyclopédie française du tir sportif annonce 10 000 à 20 000 € pour un MX8 selon configuration. Chez l’armurier où nous avons relevé, il faut monter jusqu’au SC3 à crosse réglable, 17 990 €, pour approcher ce haut de fourchette, et le SC3 n’est pas un MX8. L’écart avec le marché français réel va de 400 à plus de 10 000 €.
Dernier détail qui coûte cher à ignorer : sur la fiche du MX8 à crosse réglable, le corps de page affiche « rupture de stock » quand les données de la même page déclarent le produit disponible. Un prix affiché sur une fiche Perazzi neuve n’est pas une promesse de livraison.
Ce que la munition coûte à côté
Une cartouche de plateaux de 24 grammes se paie 0,304 € le coup en carton de 250 chez un armurier français, prix relevé le 29 septembre 2026. Les repères de charge et de numéro de plomb sont dans notre guide du calibre 12. Le règlement ISSF plafonne la charge à 24 grammes avec 0,5 gramme de tolérance, et le diamètre des grains à 2,6 mm : en fosse olympique, vous n’avez pas le choix de monter en charge. Le détail des formats est dans notre comparaison fosse olympique et fosse universelle.
Une multiplication, rien de plus. Elle change pourtant la façon de lire une étiquette à cinq chiffres.
Le calcul ignore la licence, les plateaux, les déplacements et les révisions : il isole volontairement la seule munition. Valeur par défaut : 0,304 € le coup, Fiocchi TT Two 24 g relevée en carton de 250 le 29 septembre 2026.
Le sur-mesure se fait sur le terrain, pas à l’usine
C’est le point où ce fusil se distingue vraiment, et il est mal expliqué partout.
L’importateur français est nommable. Perazzi France, société I.D.S., Alain Gendreau, 23 rue Boissière à Paris. Il publie son réseau : neuf revendeurs, huit points relais où essayer un fusil sur stand, et trois réparateurs agréés, à Port-Sainte-Foy-et-Ponchapt, à Monneville et à Cuers. Sur un produit à cinq chiffres, savoir où l’on fera réviser l’arme avant de l’acheter n’est pas un détail.
Et la prise de cotes se fait au pas de tir. Deux tireurs racontent la même chose, le même jour, sur le forum Passion Ball-Trap, fin 2018. Le premier décrit trois heures d’essai sur cinq fusils dans un club, un devis pour cadrer le budget, puis un second rendez-vous pour la prise de cotes et la configuration détaillée, la commande, et la livraison avec prise en main sur stand comprise. Le second raconte « pratiquement une journée à tirer sur des plateaux avec une crosse qu’Alain modifiait au fur et à mesure des tirs », et conclut : « je pense qu’il vaut mieux passer par le terrain que par l’usine ». Les délais annoncés par ces deux témoignages sont de six et huit mois.
Une correction de vocabulaire qui évite un malentendu coûteux. On lit partout que la bascule du Perazzi est interchangeable. Aucune source française consultée ne le décrit. Ce qui se démonte, c’est la batterie, le groupe de détente. Les canons, eux, sont bien interchangeables : une fiche d’occasion française vend un MX8 avec un canon mirage de 71 cm en plus de son 75 cm, et un armurier vend séparément un canon Perazzi de calibre 20 à bande réglable, 1 700 €.
Dernier point à vérifier avant de commander : sur la fiche de Perazzi France, la mention « crosse sur mesure, taille ajustable » figure sur le MX 8 Vintage, les MX 12 et 20, les MX 2000, le MX 2005, le MX S et le MX 1. Elle ne figure pas sur la fiche du MX 8, qui indique seulement « crosse design HT ». Faites-vous confirmer par écrit ce qui est ajustable sur la configuration que vous commandez.
Ce qu’en disent les tireurs francophones
Le corpus français ne porte presque pas sur la performance. Il porte sur l’achat d’occasion, et il est d’une précision rare.
Le cas d’école. Fin 2015, un tireur du Finistère présente sur Passion Ball-Trap un MX8 de 1977, calibre 12, canon de 74 cm, chokes fixes trois quarts et full, canons gravés MAP, proposé 1 500 € sans coffret. L’administrateur du forum, Bernard Proust, répond : « à 1 500 € tu ne prends pas de risque même avec de la remise en état, regarde quand même si l’axe charnière n’est pas rayé », et prévient qu’une clé sans réserve impose une remise à niveau. Le fusil est acheté 1 400 €, part deux semaines en atelier pour bronzage, ponçage huilé, changement de mire et de plaque de couche, révision et rattrapage des jeux, et revient début mars.
Ce fil dit trois choses utiles. D’abord, un MX8 ancien se remet à neuf, et c’est même son intérêt : un intervenant note que « ces premiers Perazzi sont assez recherchés, justement pour leurs excellents canons ». Ensuite, un autre tireur rapporte une révision complète chez Perazzi vers 2006 pour 600 €, fusil revenu « comme neuf ». Enfin, sur les cartouches acier, l’avertissement est net : oubliez, sauf les basses pressions. La fiche d’occasion de Bayonne le confirme à sa façon, en portant « éprouvé billes d’acier : non ».

Deux réserves viennent des essais signés, et aucune ne porte sur la fiabilité. Alex Flint juge le fusil « plutôt lourd », équilibré légèrement en avant de l’axe de charnière, et « fatigant sur une journée entière de tir ». Il ne le pèse pas, et Perazzi ne publie aucun poids : les seules valeurs disponibles sont celles des fiches d’occasion françaises, de 3,5 à 3,78 kg. Le même auteur recommande d’inspecter la crosse à la jonction du bois et du métal, où des fissures apparaissent.
Un point à trancher avant d’acheter un exemplaire ancien. Les canons marqués MAP divisent les tireurs eux-mêmes : dans le même fil, à un jour d’écart, l’un lit « Manufrance, Manufacture de Saint-Étienne » et l’autre « Manufacture Armi Perazzi ». Personne ne produit de source. Si un vendeur vous propose un MX8 en 74 cm à canons MAP, faites établir l’origine par un armurier avant de payer, pas après.
Et une idée reçue à démonter. Aucun tireur français de fosse olympique n’est nommément associé à un Perazzi dans les sources que nous avons pu ouvrir. La fédération nomme ses qualifiés sans citer de marque. À l’inverse, Philippe Marty, six fois champion de France de parcours et de compak et vainqueur de la Coupe du monde de parcours 1996, détaille lui-même ses armes de compétition sur un forum : ce sont toutes des Beretta. Le Perazzi n’est pas le passage obligé du haut niveau français. Le comparatif des inertiels et des superposés de chasse est ailleurs, dans notre fiche du Benelli 828U.
Face à la concurrence
À ce niveau de prix, la comparaison est plus pauvre qu’on ne l’imagine : aucun essai comparatif conduit côte à côte n’oppose le MX8 au DT11, au Krieghoff K-80, au Zoli ou au Browning 725. Ce qui circule sous le nom de comparatif est une juxtaposition de fiches, sans protocole et sans tir croisé. Nous le disons plutôt que de meubler.
- Beretta DT11, 10 399 € en version Pyramide chez l’armurier où nous avons relevé le MX8, et jusqu’à 12 289 € en DTL. C’est l’adversaire direct sur les podiums. Mike Yardley lui reconnaît aussi un bloc de détente extractible à ressorts en V : sur ce point, les deux fusils font la même chose.
- Browning B525 Trap, 2 003 à 2 495 €. Quatre fois moins cher, et c’est exactement le débat : notre fiche du Browning B525 Trap montre un fusil de fosse dont personne n’a publié le point d’impact, quand le MX8 n’en publie pas davantage. L’écart de prix ne s’achète pas en données, il s’achète en ajustement et en service.
- Le MX2000, dans la même maison, 10 850 € en version Trap. Pour 1 270 € de plus que le MX8, il apporte la seule différence mécanique que Perazzi publie dans cette fourchette : une bande réglable à cinq positions, donc un point d’impact modifiable sans toucher à la crosse.
- Le MX8 d’occasion, de 2 500 à 5 000 €, reste son propre concurrent le plus sérieux. Une remise à neuf complète ramène un exemplaire des années 1970 ou 1980 à un état de service, et les canons anciens ont bonne réputation chez les tireurs français.
Si vous démarrez en plateaux, notre guide du fusil de ball-trap compare les architectures avant les marques, et notre guide du choke de fusil explique ce que les chokes fixes de 0 à 9/10 recouvrent réellement.
Verdict
Ce qui est solide. Une architecture cohérente et documentée par un auteur nommé sur quatre armes différentes : tourillons au genou, verrous carrés à la Boss, batterie extractible. Un réseau français réel, avec un importateur identifiable, huit stands où essayer avant d’acheter et trois réparateurs agréés. Un sur-mesure qui se fait au pas de tir, avec une crosse retouchée entre les séries. Et un parc d’occasion qui se remet à neuf, ce qui est rare à ce niveau de prix.
Ce qui appelle de la prudence. Le récit fondateur, qui ne résiste pas à la vérification. L’absence totale de données mesurées : aucune gerbe, aucun point d’impact chiffré, aucun poids publié par le constructeur. Les ressorts à lames, plus fragiles de l’aveu même des sources favorables, sans qu’aucun chiffre ne dise à quel point. Et un marché de l’occasion où le même armurier affiche un facteur deux sur deux fusils presque identiques.
À qui ça s’adresse. Au tireur de fosse ou de parcours qui tire assez pour que la crosse compte plus que la marque, et qui ira faire prendre ses cotes sur un stand avant de signer. Pas au tireur qui achète un palmarès : le palmarès de Perazzi est réel, mais il ne vient pas dans la mallette, et l’or de Mexico 1968 est allé à un Browning.
Pour aller plus loin : le régime de détention est détaillé dans notre page arme de catégorie C, le choix du format dans notre guide du fusil de ball-trap, et l’entrée de gamme de la fosse dans notre fiche du Browning B525 Trap.
Questions fréquentes
Quel est le prix d’un Perazzi MX8 en France ?
9 580 € pour un MX8 Trap neuf et 9 980 € en crosse réglable, sur les deux seules fiches produit ouvertes en septembre 2026. En occasion, de 2 500 à 5 000 € chez des armuriers français.
Le Perazzi MX8 a-t-il gagné les Jeux de Mexico 1968 ?
Non. Il en porte le nom, mais l’or de la fosse olympique de Mexico 1968 revient à Bob Braithwaite avec un Browning superposé grade C, 198 sur 200. Ennio Mattarelli y termine vingt-septième avec 189.
Quelle est la catégorie du Perazzi MX8 en France ?
Catégorie C 1° c) sur les 16 lignes MX8 du Référentiel Général des Armes, sans exception. Arme d’épaule à un coup par canon, soumise à déclaration et non à autorisation préfectorale.
Quelle différence entre un MX8 et un MX2000/8 ?
Aucune que le constructeur publie, sinon la gravure et l’or du nom. Les deux fiches techniques officielles sont identiques ligne pour ligne : mêmes calibres, mêmes longueurs, même batterie, même bande.
La bascule du Perazzi MX8 est-elle interchangeable ?
Non, c’est la batterie qui l’est, autrement dit le groupe de détente. Il s’extrait en poussant le cran de sûreté vers l’avant. Les canons sont également interchangeables, la bascule ne l’est pas.
Qui importe Perazzi en France ?
Perazzi France, société I.D.S., à Paris. L’importateur publie neuf revendeurs, huit points relais où essayer un fusil sur stand et trois réparateurs agréés, à Port-Sainte-Foy-et-Ponchapt, Monneville et Cuers.
Le MX8 a-t-il un sélecteur de canon ?
Non. La batterie du MX8 est extractible mais non sélective : le canon inférieur part toujours en premier. Le sélecteur existe sur les MX12, MX20 et MXS, qui ont en revanche une platine fixe.
Faut-il choisir les ressorts à lames ou à boudins ?
Perazzi propose les deux d’usine. Les lames donnent les meilleurs départs et les meilleurs temps de percussion, mais sont décrites comme légèrement plus fragiles. Aucun taux de casse n’est publié nulle part.
Peut-on tirer de l’acier dans un Perazzi MX8 ?
Les fiches d’occasion françaises consultées portent « éprouvé billes d’acier : non », et un administrateur de forum conseille de s’en tenir aux basses pressions. Vérifiez les poinçons de votre exemplaire avant tout.
