Pour chasser à l’arc en France, il faut un permis de chasser validé et une attestation de participation à une journée de formation obligatoire, la JFO, organisée par les fédérations départementales des chasseurs. Le reste est fixé par l’arrêté du 18 août 2008 : un arc armé et maintenu armé par la seule force de l’archer, des pointes coupantes d’au moins deux lames et 25 mm de diamètre de coupe, ou 40 mm de tranchant par lame, pour le grand gibier, des flèches marquées au numéro du permis, et une flèche qu’on n’encoche qu’en action de chasse. Tous les grands gibiers soumis à plan de chasse, et le sanglier, peuvent être chassés à l’arc.
La chasse à l’arc reste une pratique minoritaire, pratiquée par « plusieurs milliers de chasseurs » selon la FFCA, mais l’OFB note qu’elle « connaît un engouement certain depuis quelques années ». Cet article détaille la formation, le matériel autorisé, les règles de tir et ce qui pourrait changer, avec un vérificateur de pointes de chasse plus bas.
Les conditions pour chasser à l’arc
Un chasseur à l’arc doit remplir les mêmes conditions que tout chasseur, plus une. Il doit avoir sur lui, en action de chasse, quatre documents :
- son titre permanent du permis de chasser ;
- la validation de la saison en cours ;
- l’attestation d’assurance responsabilité civile chasse ;
- l’« attestation de participation à une session de formation à la chasse à l’arc », délivrée par la fédération à l’issue de la JFO.
Il n’existe donc pas de permis spécifique à l’arc : c’est le permis de chasser ordinaire, complété par la formation. La formation peut se faire avant ou après l’obtention du permis, et sans limite de temps. Deux cas en sont dispensés par l’arrêté de 2008 : en chasse accompagnée, seul l’accompagnateur doit être formé ; et les non-résidents titulaires d’un permis étranger validé pour trois ou neuf jours n’en ont pas besoin, alors qu’une validation annuelle l’exige. Les archers qui justifient d’une pratique antérieure au 1er janvier 1995 en sont aussi dispensés.
La journée de formation obligatoire
On s’inscrit auprès de la fédération départementale de son choix, avec le formulaire cerfa n° 10804*03, une photocopie de pièce d’identité et une enveloppe timbrée à son adresse. La fédération communique ensuite les dates. La formation se déroule sur une journée, avec une partie théorique et des exercices pratiques. Son programme, fixé en annexe de l’arrêté, couvre :
- la nomenclature de l’arc, de la corde, de la flèche et des accessoires, et des notions comme le band, l’allonge ou le spine ;
- le choix du matériel : les trois familles d’arcs, droit, à double courbure et à mécanisme, la force d’armement, la flèche et la pointe ;
- le tir instinctif et le tir au viseur ;
- l’anatomie des ongulés et la zone vitale à atteindre selon l’orientation de l’animal ;
- les modes de chasse : approche, chasse devant soi, affût, poussée silencieuse, battue ;
- la réglementation et la sécurité.
La partie pratique fait monter un arc, mesurer le band, trouver la longueur de flèche adaptée à son allonge, aiguiser une lame, régler l’ensemble arc, flèche et tireur, puis tirer debout, à genoux et assis sur une cible de 15 cm de diamètre ou une cible 3D. Le but est de trouver son « cercle efficace » : la distance à laquelle quatre flèches sur cinq, dont la première, touchent la cible. Ce n’est pas un examen éliminatoire, mais c’est la meilleure mesure de la distance à laquelle on peut tirer un animal.

Le matériel autorisé
L’arc
L’article 8 de l’arrêté est court : « seuls sont autorisés les arcs dont l’armement et le maintien en position armée ne sont dus qu’à la seule force de l’archer ». Les arcs droits, les arcs recourbés et les arcs à poulies sont donc autorisés. L’arbalète, qui se maintient armée par un mécanisme, est exclue par cette définition. Le texte ne fixe aucune puissance minimale ; la Fédération française des chasseurs à l’arc (FFCA) indique que la puissance moyenne utilisée pour le grand gibier se situe « entre 50 et 60 livres », avec des flèches de 25 à 50 g lancées entre 40 et 90 m/s. Elle compte environ 60 % d’arcs à poulies et 40 % d’arcs traditionnels chez les chasseurs.
Les pointes
| Pointe | Petit gibier | Grand gibier |
|---|---|---|
| Coupante, au moins deux lames, 25 mm de coupe ou 40 mm de tranchant par lame | Autorisée en tir fichant | Seule pointe autorisée |
| Coupante plus petite | Autorisée en tir fichant | Interdite |
| Assommoir, sans couper ni percer, griffes ou pointes multiples comprises | Autorisée | Interdite |
| Pointe de tir sur cible, dispositif toxique ou explosif | Interdite | Interdite |
Le tir fichant est la règle pour une pointe coupante : la flèche doit finir sa course dans le sol. Pour un tir non fichant, comme un oiseau en l’air, la flèche doit porter un large empennage qui la freine, dont la partie la plus large ne peut pas s’inscrire sans déformation dans un cercle de 6 cm de diamètre. La FNC, sur sa page consacrée à la chasse à l’arc, précise qu’on ne tire jamais en l’air une flèche à lames.
Ma flèche est-elle autorisée pour ce tir ?
Ce que cet outil ne fait pas : il applique les articles 8 à 10 de l’arrêté du 18 août 2008 aux mesures que vous saisissez. Il ne dit rien de l’efficacité de la combinaison arc et flèche, ni de la distance à laquelle vous pouvez tirer : c’est votre cercle efficace qui la fixe. Par défaut : pointe à deux lames de 28 mm de coupe, au grand gibier, en tir fichant.
Le marquage des flèches
Toutes les flèches emportées doivent être marquées de manière indélébile au numéro du titre permanent du permis de chasser. Un chasseur titulaire d’un permis étranger les marque au numéro de sa validation de la saison, y compris pour une validation de trois ou neuf jours. Le marquage permet de rattacher une flèche retrouvée à son tireur.
Les règles de tir et de sécurité
La flèche ne peut être encochée qu’en action de chasse. En dehors, les flèches voyagent dans un carquois qui enferme les lames dans une protection. Dans un véhicule, l’arrêté du 1er août 1986 impose que l’arc soit débandé ou sous étui, comme une arme à feu doit être démontée ou sous étui. Les consignes de sécurité enseignées pendant la formation complètent le texte :
- ne jamais franchir un obstacle ni progresser en terrain glissant avec une flèche encochée ;
- ne pas grimper à un affût perché avec son arc et ses flèches, mais les hisser à la corde une fois installé et attaché ;
- ne tirer qu’un animal clairement identifié, et en tir fichant avec une pointe à lames ;
- ne jamais tirer à l’entraînement une flèche au-delà de 40 mètres, sauf en terrain bien dégagé ;
- casser les flèches dont le fût est fendu, et ne pas tirer une flèche dont une plume est décollée à l’avant.
La distance change tout. La FFCA relève des distances moyennes de tir au grand gibier de 13 à 14 mètres avec un arc traditionnel, et de 15 à 16 mètres avec un arc à poulies. On est loin des 100 mètres d’une carabine, et à ces distances une erreur de cinq mètres suffit à rater la zone vitale : beaucoup d’archers utilisent un télémètre laser pour mesurer les repères autour de leur affût. C’est pourquoi l’arc se pratique surtout à l’approche et à l’affût, parfois en poussée silencieuse ou en battue, là où le chasseur peut attendre un animal à quelques pas. Notre guide de la chasse à l’approche et à l’affût décrit ces modes de chasse.
La flèche tue par hémorragie, pas par choc. Une flèche bien placée dans la zone thoracique tue vite, mais l’animal parcourt souvent quelques dizaines de mètres avant de tomber. La recherche au sang, parfois avec un chien de rouge, fait partie de la pratique. La formation insiste sur ce point, et la FFCA relève que 80 % des chasseurs à l’arc pratiquent aussi d’autres modes de chasse.
Quels gibiers pour la chasse à l’arc
L’arrêté du 1er août 1986 autorise la chasse du cerf, du daim, du mouflon, du chamois, de l’isard, du chevreuil et du sanglier « au moyen d’un arc de chasse », en plus de l’arme à feu. Le petit gibier se chasse aussi à l’arc, avec des pointes assommoirs ou des pointes coupantes en tir fichant, et des flèches freinées pour les tirs en l’air. Les règles propres à chaque espèce, dates, plan de chasse et bracelets, sont les mêmes qu’avec une arme à feu : voir nos guides sur la chasse au chevreuil et sur la chasse au sanglier, et notre article sur le plan de chasse.
Un permis spécifique pour l’arc ?
Au printemps 2026, Chasse Passion a rapporté que la création d’un permis ou d’une validation propre à la chasse à l’arc était discutée entre la Fédération nationale des chasseurs et les autorités, sans qu’aucune réforme n’ait été adoptée. L’idée n’est pas neuve : le président de la FNC l’avait déjà évoquée en 2023. Au moment où nous écrivons, rien n’a changé dans les textes : le permis de chasser validé et l’attestation de formation suffisent. Nous mettrons cet article à jour si un texte est publié.
BlackOpe est un média de tir. Les règles citées sont celles de l’arrêté du 18 août 2008 et de la FNC ; votre schéma départemental peut en ajouter, notamment pour la chasse à l’arc en battue. Pour la formation, adressez-vous à votre fédération départementale des chasseurs, et pour vous perfectionner, aux associations de chasseurs à l’arc.
À lire aussi : passer le permis de chasser, la validation du permis de chasser, l’équipement du chasseur et débuter la chasse.
Questions fréquentes
La chasse à l’arc est-elle autorisée en France ?
Oui, depuis 1995, et elle est aujourd’hui encadrée par l’arrêté du 18 août 2008. Le cerf, le daim, le mouflon, le chamois, l’isard, le chevreuil, le sanglier et le petit gibier peuvent être chassés à l’arc, avec un permis validé et une attestation de formation.
Quel permis faut-il pour chasser à l’arc ?
Le permis de chasser ordinaire, validé pour la saison, complété par l’attestation de participation à la journée de formation obligatoire organisée par les fédérations. Il n’existe pas de permis spécifique à l’arc.
Comment s’inscrire à la formation à la chasse à l’arc ?
Auprès de la fédération départementale des chasseurs de son choix, avec le formulaire cerfa n° 10804*03, une copie de pièce d’identité et une enveloppe timbrée. La formation dure une journée, théorie et pratique.
Quelle pointe pour chasser le grand gibier à l’arc ?
Une pointe coupante d’au moins deux lames, avec un diamètre de coupe d’au moins 25 mm ou une longueur tranchante d’au moins 40 mm par lame. Les pointes assommoirs et les pointes de cible sont interdites au grand gibier.
Quelle puissance d’arc pour la chasse ?
Le texte ne fixe aucun minimum. La FFCA indique que les chasseurs utilisent en moyenne 50 à 60 livres pour le grand gibier. La bonne puissance est celle que l’on tient sans trembler et qui permet un tir précis.
Peut-on chasser à l’arbalète en France ?
Non. Seuls sont autorisés les arcs dont l’armement et le maintien en position armée ne sont dus qu’à la force de l’archer, ce qui exclut l’arbalète.
À quelle distance tire-t-on à l’arc ?
La FFCA relève une distance moyenne de 13 à 14 mètres au grand gibier avec un arc traditionnel, et de 15 à 16 mètres avec un arc à poulies. La bonne distance est celle de votre cercle efficace, mesuré à l’entraînement.
Peut-on tirer à l’arc dans son jardin ?
S’entraîner chez soi n’est pas une action de chasse, mais la sécurité reste votre responsabilité : une butte ou une cible capable d’arrêter la flèche, et aucun risque pour les voisins ou la voie publique. Chasser, en revanche, exige le permis, la validation et l’attestation de formation.
