Les deux se tirent depuis une fosse, devant cinq postes, sur des plateaux lancés au loin. Tout le reste diffère : la fosse universelle relève de la FFBT et aligne cinq lanceurs, la fosse olympique relève de la FFTir, en aligne quinze et fait partie des Jeux. Les munitions autorisées ne sont pas les mêmes non plus, et c’est le genre de détail qui se paie sur un contrôle en concours.
Deux fosses, deux fédérations
La confusion est permanente, y compris sur les pages de stands. La fosse universelle est une discipline de la Fédération française de ball-trap, aux côtés du DTL, du Compak Sporting et du parcours de chasse. La fosse olympique relève de la Fédération française de tir, qui porte les deux épreuves de plateau au programme olympique, la fosse et le skeet. Une fosse universelle n’est donc pas une fosse olympique au rabais : c’est une autre discipline, avec son règlement, ses grilles de trajectoires et sa licence.
Conséquence pratique, celle qui décide de votre saison : le club où vous tirez détermine la porte d’entrée. Un club affilié FFBT vous fera tirer la fosse universelle, un club FFTir la fosse olympique, et rares sont les installations qui proposent les deux, la seconde demandant quinze machines réglées et entretenues. Le détail des deux licences est dans nos guides de la licence de ball-trap et de la licence de tir.
Ce que la machine change, chiffres officiels en main
Les valeurs ci dessous viennent du règlement international de fosse universelle publié par la FFBT et des règles ISSF en vigueur (édition 2026, deuxième impression de juillet). Ce sont les textes qui font foi en concours, pas les usages de stand.
| Point de règlement | Fosse universelle (FFBT) | Fosse olympique (ISSF) |
|---|---|---|
| Lanceurs | 5, alignés et numérotés de 1 à 5 | 15, soit trois par poste |
| Postes | 5, à 15 m du bord du toit de la fosse | 5, plus un emplacement de préparation derrière le poste 1 |
| Distance du plateau | Selon les grilles officielles, tolérance ± 5 m | 76 m ± 1 m |
| Hauteur à 10 m | 1,50 à 3,50 m, tolérance ± 0,50 m | 1,50 à 3,00 m, tolérance ± 0,15 m |
| Angles | Fixés par dix grilles officielles | 45° au maximum à gauche ou à droite |
| Cartouches par plateau | 2 | 2, sauf en finale et en barrage où un seul coup est permis |
| Charge de plomb | 28 g, tolérance + 2 % | 24 g, tolérance + 0,5 g |
| Diamètre des grains | 2,5 mm, tolérance + 0,1 mm | 2,6 mm au maximum |
| Série | 25 plateaux | 25 plateaux par série ; 125 en qualification, puis finale |
Retenez les deux lignes du bas, ce sont celles qui coûtent une disqualification : quatre grammes de plomb séparent les deux disciplines, et la fosse olympique tolère un grain plus gros que la fosse universelle. Une cartouche de 28 g parfaitement légale en FU vous met hors règlement en fosse olympique. Le détail des grammages et des numéros de plomb est dans notre guide des cartouches de ball-trap.
Votre cartouche passe-t-elle le contrôle ?
Lisez la boîte, puis comparez au règlement de la discipline que vous allez tirer.
Ce que cet outil fait : il compare deux nombres aux plafonds écrits dans les règlements, article 2.07 pour la fosse universelle et article 9.4.3.1 pour l’ISSF, tolérances comprises. Ce qu’il ne fait pas : il ne pèse pas votre cartouche, ne juge ni la bourre ni la vitesse, et ne remplace pas le contrôle d’un jury.
Le déroulé d’une série, poste par poste
En fosse universelle, les cinq postes sont alignés à quinze mètres du bord de la fosse, et les cinq machines envoient le plateau à la distance fixée par la grille officielle du jour, avec une tolérance de cinq mètres. Chaque tireur dispose de deux cartouches par plateau, et la série compte vingt cinq plateaux. Le tirage des trajectoires est identique pour tout le monde, mais l’ordre change : personne ne sait quelle machine va partir, ce qui interdit de préparer le geste à l’avance et fait toute la difficulté de la discipline.
En fosse olympique, le principe est le même avec trois machines par poste au lieu d’une seule ligne, des trajectoires plus rapides et plus tendues, et un format de compétition nettement plus long, cent vingt cinq plateaux de qualification avant la finale. La finale impose en plus un seul coup par plateau, règle qui change complètement la gestion du deuxième tir et que les tireurs de FU découvrent souvent à leurs dépens.
Le format d’une compétition, et un chiffre que la moitié du web a raté
Une qualification internationale de fosse olympique se tire sur 125 plateaux, en séries de vingt cinq, avant la finale. Le règlement ISSF en vigueur donne ce chiffre pour les hommes comme pour les femmes, à son article 9.6.1 ; or plusieurs pages françaises annoncent encore 75 plateaux pour les femmes, un format antérieur qui n’a plus cours. Si vous préparez un premier concours, c’est le genre de détail qui change la gestion de l’effort : cinq séries de vingt cinq, ce n’est pas la même journée que trois.
Depuis 2026, les huit meilleurs qualifiés accèdent à la finale individuelle ISSF, conformément au règlement en vigueur.
En fosse universelle, le concours s’organise aussi en séries de vingt cinq, le nombre de séries dépendant du niveau de l’épreuve. Inscription, planche, marquage et délais d’appel : notre guide de la première compétition de ball-trap détaille le déroulé d’une journée de concours. Dans les deux cas, le plateau part à la voix : un micro capte l’appel du tireur et déclenche la machine, ce qui explique les appels secs et identiques que vous entendrez sur un pas de tir, et les ratés de déclenchement quand le vent souffle dans le micro.
Ces deux fosses ne sont pas seules : le tir aux plateaux compte aussi le skeet, seconde épreuve olympique, le DTL, autre tir de fosse mais sur un seul lanceur aux trajectoires aléatoires, le Compak Sporting et le parcours de chasse, ces trois derniers relevant de la FFBT. Le panorama complet est dans notre guide pour débuter au ball-trap.
Quel fusil, quels chokes
Un fusil de fosse n’est pas un fusil de parcours. Le plateau part vite, s’éloigne et se casse loin, souvent au delà de trente mètres : on cherche donc des canons longs, de 76 à 81 cm, un fusil lourd qui reste stable dans le geste, et une crosse qui tire légèrement haut pour couvrir un plateau montant sans le perdre sous le canon. Les chokes suivent la même logique, serrés, du demi au full selon le premier ou le second coup, alors qu’un parcours se tire beaucoup plus ouvert. Le fonctionnement du rétreint est expliqué dans notre guide du choke, et le choix du fusil dans celui du fusil de ball-trap.
La bonne nouvelle pour qui débute, et elle mérite d’être dite parce que le discours inverse est partout : l’écart entre un fusil de fosse d’occasion correct et une arme de haut niveau se voit dans les toutes dernières places d’un classement national, pas sur les vingt premiers plateaux d’un tireur qui apprend à lire une trajectoire.
Ce qui change dans la tête, et c’est l’essentiel
Techniquement, les deux fosses demandent la même chose : une position qui couvre les angles possibles sans privilégier un côté, un regard posé à la bonne hauteur au dessus du toit, et un tempo constant. La différence tient à l’incertitude. En fosse, vous ne savez ni l’angle ni la hauteur du plateau qui va sortir, contrairement au skeet où tout est connu d’avance et où seule l’exécution compte. C’est pour cette raison qu’un bon tireur de skeet n’est pas automatiquement bon en fosse, et réciproquement.
L’erreur du débutant est toujours la même : partir trop vite sur le premier coup, rater, puis précipiter le second. Le deuxième coup est un droit, pas une obligation, et en fosse universelle il sauve une série entière quand on le garde pour ce qu’il est, un rattrapage posé.

Pour chaque profil, la bonne fosse
Pour découvrir le plateau, la fosse universelle, parce qu’elle est partout : c’est la discipline de fosse la plus répandue dans les clubs FFBT français, et une séance d’initiation s’y organise sans difficulté. Le parcours complet du débutant est dans notre guide pour débuter au ball-trap.
Pour le chasseur qui veut garder le geste, la fosse universelle encore, dont les trajectoires montantes ressemblent à un envol, et dont la cartouche de 28 g est celle qu’il a déjà dans son armoire.
Pour viser le haut niveau, la fosse olympique, seule des deux au programme des Jeux olympiques, comme nous le détaillons dans notre article sur le ball-trap aux JO. Le prix d’entrée est réel : club équipé, licence FFTir et cartouche de 24 g.
La fosse universelle possède également des championnats internationaux, dont un championnat du monde présenté par la FFBT. L’absence aux Jeux ne signifie donc pas l’absence de haut niveau international.
Ce que nous n’avons pas trouvé
Trois choses, et elles sont utiles à savoir avant de croire une page trop affirmative. D’abord, les pages françaises se contredisent franchement sur cette discipline : sur les neuf pages que nous avons relevées, quatre annoncent quinze lanceurs en fosse olympique, trois en annoncent trois, et la réconciliation tient en une phrase que presque personne n’écrit, quinze machines réparties en cinq groupes de trois, soit trois par poste. Le même désordre règne sur le skeet, sept ou huit postes selon les pages. Aucun texte fédéral ne publie le nombre de stands français équipés en fosse olympique : les chiffres qui circulent viennent de recensements privés, invérifiables, et nous ne les reprendrons pas. Et les grilles de trajectoires de la fosse universelle ne se résument pas en une phrase : elles sont dix, avec des angles et des hauteurs propres à chaque machine, publiées en annexe du règlement FFBT. Toute page qui vous annonce « les angles de la FU » en une ligne simplifie un document de plusieurs pages.
Pour trouver une fosse près de chez vous, notre carte des stands de tir recense les clubs et les terrains département par département.
À lire aussi : débuter au ball-trap, choisir ses lunettes de ball-trap et le guide du lanceur de ball-trap.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre fosse olympique et fosse universelle ?
La fosse universelle relève de la FFBT et aligne 5 lanceurs, la fosse olympique relève de la FFTir et en aligne 15, trois par poste. Seule la fosse olympique est au programme des Jeux, et leurs munitions autorisées diffèrent.
Combien de machines compte une fosse olympique ?
Quinze, soit trois par poste de tir, installées dans la fosse devant les cinq postes. Le plateau part à 76 m plus ou moins 1 m, avec un angle maximal de 45° à gauche ou à droite.
Quelle cartouche est autorisée en fosse olympique ?
24 grammes de plomb au maximum, avec 0,5 g de tolérance, et des grains de 2,6 mm au plus, selon l’article 9.4.3.1 des règles ISSF. Une cartouche de 28 g, légale en fosse universelle, y est hors règlement.
Combien de cartouches peut-on tirer sur un plateau en fosse ?
Deux dans les deux disciplines, avec une exception : en fosse olympique, un seul coup est autorisé en finale et lors des barrages. Le second coup reste un rattrapage, pas une obligation.
Combien de plateaux compte une série de fosse universelle ?
Vingt cinq plateaux par série, cinq par poste. En fosse olympique, une qualification internationale se dispute sur 125 plateaux avant la finale.
Quel choke utiliser en fosse ?
Des chokes serrés, du demi au full selon le coup, parce que le plateau se casse loin, souvent au delà de 30 m. Le parcours de chasse se tire à l’inverse avec des rétreints beaucoup plus ouverts.
Faut-il une licence différente pour chaque fosse ?
Oui. La fosse universelle se tire avec une licence FFBT dans un club affilié à cette fédération, la fosse olympique avec une licence FFTir. Le club où vous tirez détermine donc la discipline accessible.
La fosse universelle est-elle plus facile que la fosse olympique ?
Elle est plus accessible, pas plus facile. Les trajectoires y sont moins rapides et moins tendues, mais l’incertitude sur la machine qui part reste entière, et les grilles officielles varient d’une série à l’autre.
