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Compak Sporting : règles, postes et différences avec le parcours

Le Compak Sporting tient le parcours de chasse dans un rectangle de 35 à 40 mètres de large sur 25 de profondeur : cinq postes alignés, six lanceurs implantés librement, vingt cinq plateaux par série. Sa règle la plus souvent mal comprise est aussi la plus simple : la position du fusil est libre au commandement, contrairement au parcours, et chaque plateau se tire épaulé. Voici le règlement FITASC du 1er janvier 2025 article par article, le menu d’une série et ce qui sépare réellement les deux disciplines.

Ce qu’est le Compak Sporting, et pourquoi il existe

Le Compak Sporting est la discipline de plateaux la plus compacte du tir sportif : là où un parcours de chasse déploie ses postes sur plusieurs hectares de terrain naturel, le Compak fait tenir l’équivalent dans un rectangle normalisé. La FITASC en fixe le règlement, dont la version en vigueur, datée du 1er janvier 2025, se télécharge en PDF sur le site de la FFBT.

L’intérêt de cette compacité n’est pas seulement foncier. Un terrain de Compak se contrôle entièrement du regard depuis la ligne de tir. L’emplacement des six lanceurs est libre et change d’un club à l’autre, mais toutes les trajectoires doivent survoler le même rectangle, et trois d’entre elles sont imposées : c’est ce cadre commun qui rend les compétitions comparables. Un parcours de chasse, lui, épouse le terrain naturel et change d’une installation à l’autre par nature. C’est la différence de fond, et elle explique presque toutes les autres.

Conséquence pratique pour un tireur : le Compak récompense la préparation et la constance, pas l’improvisation. Vous verrez les trajectoires avant de tirer, vous saurez d’où part chaque plateau, et ce qui vous départagera sera la régularité de votre montée d’arme et la justesse de vos points de casse. C’est la discipline la plus lisible pour progresser après les premières séances de ball-trap.

Compak ou parcours de chasse : ce qui change vraiment

Les deux disciplines relèvent de la FITASC et se tirent souvent avec le même fusil, ce qui entretient la confusion. Sept points de règlement les distinguent, à commencer par la position du fusil.

Point de règlementCompak SportingParcours de chasse
Position du fusilLibre au commandement, tir épaulé, art. 17.4Désépaulée imposée, art. 3.1.1
Emprise au solZone de survol de 35 à 40 m de large sur 25 m, art. 2.1Terrain naturel, plusieurs hectares
Postes de tir5 postes alignés de 1 m sur 1 m, espacés de 2 à 5 m, art. 2.2Postes dispersés, nombre variable
Lanceurs6 lanceurs repérés A à F, implantation libre, art. 2.43 à 5 machines par poste selon le type de parcours, art. 2.2
Série25 plateaux, 5 par poste, art. 17.125 plateaux, 15 simples et 5 doublés, art. 2.2
TrajectoiresTrois imposées, les autres libres, toutes au-dessus du rectangle, art. 2.4 et 3.1Propres à chaque installation
Délai de lancement0 à 3 secondes, 0,5 seconde en sono-pull, art. 2.30 à 3 secondes après l’ordre transmis par l’arbitre, art. 5.4

La première ligne est celle qui prête le plus à confusion. Le Compak est souvent présenté comme une discipline qui se tire fusil désépaulé, crosse au corps : c’est la règle du parcours de chasse, article 3.1.1, transposée par erreur. En Compak, l’article 17.4 laisse la position du fusil libre au moment du commandement. Vous pouvez donc être pré-épaulé. Si un moniteur vous impose la désépaulée en Compak, c’est un choix pédagogique, pas une obligation de règlement, et il vaut la peine de le lui faire préciser.

Une série de 25 plateaux, cinq par poste

L’article 17.1 fixe la structure d’une série : vingt cinq plateaux, répartis à raison de cinq plateaux par poste, et chaque poste reçoit l’une de trois formules, et trois seulement.

Cinq simples. Cinq plateaux lancés un par un, cinq commandements, la formule la plus lisible.

Trois simples et un doublé. Trois plateaux isolés, puis un doublé, ce qui fait bien cinq plateaux. Le doublé est soit simultané, les deux plateaux partant ensemble, soit « au coup de fusil », le second partant au coup tiré sur le premier (article 3.3) ; un même Compak garde le même type de doublé sur ses cinq postes.

Un simple et deux doublés. Un plateau isolé, puis deux paires. C’est la formule la plus dense, celle qui fait les écarts en compétition.

Un « menu » de Compak est simplement la liste des formules attribuées aux cinq postes, affichée avant la série. Quelle que soit la combinaison retenue, le total retombe toujours sur vingt cinq plateaux : c’est ce que l’outil ci dessous vérifie, et il permet aussi de préparer les cartouches d’une journée de compétition.

Composez le menu de votre série, une formule par poste, puis dimensionnez votre journée.



Ce que cet outil fait : il applique l’article 17.1 du règlement FITASC Compak Sporting (cinq plateaux par poste, trois formules possibles) et compte les plateaux, les simples et les doublés, puis il dimensionne les cartouches et le budget plateaux à raison d’un coup de feu par plateau. Ce qu’il ne fait pas : il ne connaît pas le menu réel de votre concours, ne tient pas compte des barrages, des cartouches perdues au rechargement, ni du tarif appliqué par votre club.

Le terrain : cinq postes, six lanceurs, un rectangle à survoler

L’article 2.2 décrit les postes de tir : cinq carrés de 1 mètre sur 1 mètre, alignés et espacés de 2 à 5 mètres, de centre à centre. Leur alignement se place entre 4 et 8 mètres en arrière du côté du rectangle tourné vers les tireurs, parallèlement à lui, et le poste 3 est centré sur ce côté. Chaque poste reçoit un limiteur d’angle de tir, qui borne le tir sur les côtés et en hauteur et empêche le tireur d’avancer hors du poste. Cette disposition des postes est la raison pour laquelle un terrain de Compak se reconnaît au premier coup d’œil.

L’article 2.4 impose six lanceurs, repérés de A à F de la gauche vers la droite. Leur emplacement est libre, à condition que les plateaux ne présentent aucun danger, même en cas de no bird ; un lanceur placé derrière les postes doit être surélevé d’au moins 4 mètres. Les trajectoires changent donc d’un terrain à l’autre : l’article 3.1 en impose trois, une traversante dans chaque sens et une fuyante, et laisse les autres au gré de l’organisateur, tous les plateaux devant survoler le rectangle par vent calme. Six machines pour cinq postes : chaque poste voit l’ensemble des trajectoires, mais sous un angle différent de celui de son voisin. C’est tout le sel de la discipline, et ce qui fait qu’un plateau facile au poste 1 devient un plateau de travers au poste 5 sans qu’aucune machine n’ait bougé.

Enfin, l’article 2.1 délimite la zone que les plateaux doivent obligatoirement survoler : un rectangle de 35 mètres au minimum à 40 mètres au maximum de large, sur 25 mètres de profondeur, matérialisé au sol par quatre piquets d’environ 50 centimètres de haut. La fourchette de 35 à 40 mètres que l’on croise souvent est donc la bonne : c’est le règlement lui-même qui la fixe. Ce rectangle, que le texte associe à des « trajectoires courtes » pour ne pas empiéter sur le Compak voisin, suffit à comprendre pourquoi les distances de casse en Compak restent courtes et pourquoi les chokes très serrés y sont rarement le bon choix.

Le terrain de Compak Sporting, schéma de principe Cotes du règlement FITASC Compak Sporting du 1er janvier 2025, articles 2.1 à 2.4. Zone de survol : 35 à 40 m x 25 m L’emplacement des six lanceurs A à F est libre : chaque club les implante à sa façon, tous les plateaux devant survoler le rectangle. Ce schéma n’en donne que le principe. A B C D E F 1 2 3 4 5 2 à 5 m 4 à 8 m Postes de tir 1 m x 1 m, art. 2.2 Poste 3 centré sur le rectangle, limiteur d’angle de tir sur chaque poste BLACKOPE.COM
Cinq postes, six lanceurs, un rectangle de 35 à 40 m sur 25 m : la zone de survol est encadrée par le règlement, l’implantation des lanceurs varie d’un club à l’autre.

Le fusil se monte librement, et c’est écrit

C’est le point sur lequel il faut être net, parce qu’il conditionne toute votre technique. L’article 17.4 du règlement Compak Sporting le dit en toutes lettres : « la position du fusil au moment du commandement est libre (épaulé ou non) ». Rien ne vous oblige à partir crosse basse. Le même article ajoute que « tous les plateaux doivent être tirés épaulé » : la liberté porte sur l’attente, pas sur le tir.

D’où vient l’erreur ? Du parcours de chasse, où l’article 3.1.1 impose au contraire la position désépaulée, talon de crosse contre le corps et haut de la crosse sous une ligne repère tracée sur le gilet, et où l’arbitre sanctionne une arme trop haute. Les deux disciplines partagent la même fédération internationale, souvent le même fusil et le même club, et la contrainte du parcours a fini par être attribuée au Compak, jusque sur la page de présentation des disciplines de la FFBT, qui écrit que le Compak se tire « arme désépaulée ». Le règlement que la fédération met en téléchargement sur cette même page dit l’inverse, et c’est lui qui fait foi.

Ce que cela change pour vous, concrètement : en Compak, vous pouvez construire une routine de pré-épaulé stable, pointer votre zone d’attente et ne plus penser qu’au plateau. Sur un doublé, cette économie de geste vaut souvent le deuxième plateau. Beaucoup de tireurs choisissent malgré tout de s’entraîner désépaulés pour rester à l’aise quand ils passent sur le parcours : c’est un choix d’entraînement parfaitement défendable, mais ce n’est pas une règle.

« Ball Trap : parcours de chasse & compak sporting », un tour des deux disciplines en images.

Le commandement, et le délai de 0 à 3 secondes

L’article 2.3 fixe le délai entre l’appel du tireur et le départ du plateau : de 0 à 3 secondes. Le texte demande un départ immédiat au commandement, dans ce délai maximum : le plateau peut donc partir à l’instant même où vous appelez, comme se faire attendre jusqu’à trois secondes. Au-delà, il est déclaré no bird (article 20.3.2).

Quand l’installation fonctionne en sono-pull, c’est à dire au déclenchement sonore de la voix, le même article ramène ce délai à 0,5 seconde. La différence est considérable à l’usage : sur un terrain équipé en sono-pull, un tireur habitué à la plage de 0 à 3 secondes part systématiquement en retard les premières séries.

La conséquence technique est toujours la même : appelez seulement quand vous êtes prêt. Une routine d’appel qui s’installe, souffle bloqué et regard déjà posé sur la zone de sortie, vaut plus de plateaux qu’un choke à cent euros. C’est aussi ce qui distingue le Compak du tir en fosse, où l’on cherche un départ instantané.

Tireur au poste sur un terrain de Compak Sporting, fusil épaulé vers la zone de survol
Au poste, le tireur voit l’ensemble de la zone de survol : rien ne sort de son champ de vision.

Le matériel autorisé : calibre et cartouche

Le règlement est court sur ce chapitre, et c’est une bonne nouvelle pour qui débute. L’article 18.1 plafonne le calibre à 12 : tout ce qui est inférieur est autorisé, un 20 ou un 28 sont donc parfaitement réglementaires, même s’ils vous désavantagent sur les plateaux lointains. Le même article exige des canons de 66 centimètres au moins et écarte les fusils à pompe et les drillings.

L’article 18.3 encadre la cartouche : 28 grammes de plomb, tolérance de 2 %, et des grains d’un diamètre compris entre 2 et 2,5 millimètres. En clair, une cartouche de ball-trap du commerce en 28 g et plomb 7,5 ou 8 tombe dans les clous sans que vous ayez à calculer quoi que ce soit. Notre guide des cartouches de ball-trap détaille ce qui se cache derrière ces deux lignes.

Côté arme, le Compak se tire avec un fusil de ball-trap de sporting : un superposé à chokes interchangeables, dont notre guide situe les canons entre 76 et 81 centimètres pour le sporting et le compak. C’est une fourchette d’usage, pas une règle : le règlement ne fixe que le minimum de 66 centimètres. Les distances de casse restant courtes dans un rectangle de 35 à 40 mètres sur 25, la plupart des tireurs y descendent d’un cran par rapport à la fosse, autour d’un quart et d’un demi. Les lunettes et les protections auditives sont obligatoires sur les disciplines FFBT, loisir compris.

Débuter au Compak : par où commencer

Le Compak est l’une des disciplines les plus accessibles pour un premier contact, justement parce que tout se voit depuis le poste. Trois étapes suffisent.

Trouvez un club qui l’arme réellement. Beaucoup de clubs FFBT affichent le Compak sans le faire tourner chaque week-end, faute de main d’œuvre au pupitre. Notre guide du club de ball-trap explique quelles questions poser au téléphone, et une séance découverte se réserve presque toujours.

Regardez une série complète avant de tirer la vôtre. Quinze minutes à observer les six trajectoires depuis l’arrière de la ligne valent une série entière de tâtonnement. Notez d’où sort chaque plateau et où les tireurs le cassent.

Prenez votre licence au bon moment. Elle court sur l’année civile, du 1er janvier au 31 décembre, quelle que soit la date d’achat. En attendant, une autorisation temporaire couvre une journée d’essai.

Les erreurs qui coûtent des plateaux

Appeler sans être prêt. Avec un délai qui peut être nul, un appel lancé pendant que l’on cherche encore sa position se solde par un plateau perdu avant même la montée d’arme.

Choker trop serré. Le réflexe vient de la fosse. Dans un rectangle de 35 à 40 mètres sur 25, la gerbe n’a pas le temps de s’ouvrir et les plateaux à peine manqués le restent.

Tirer le premier plateau d’un doublé trop tard. Sur la formule à deux doublés, le retard pris sur le premier plateau se paie sur le second, presque toujours. Mieux vaut un premier plateau cassé tôt, même imparfaitement, qu’une paire ratée.

Oublier que le poste change tout. La même machine, vue du poste 5, ne donne pas la même trajectoire apparente qu’au poste 1. Refaire mentalement le plan avant chaque changement de poste évite la série de trois plateaux perdus à la réinstallation.

Ce que nous n’avons pas trouvé

Le texte de référence que nous citons ici est le règlement FITASC Compak Sporting daté du 1er janvier 2025, celui que la FITASC et la FFBT proposent en téléchargement au 7 octobre 2026 ; la version de la FFBT y ajoute une spécificité fédérale sur la tenue de la feuille de marque. Cet article a été mis à jour en octobre 2026 sur ce texte : sa première version, fondée sur le règlement de 2018, écartait à tort la fourchette de 35 à 40 mètres et décrivait des lanceurs fixes. Un club peut enfin appliquer des consignes locales : vérifiez toujours le règlement affiché à l’accueil avant un concours.

Nous n’avons trouvé aucune source fiable donnant le nombre de terrains de Compak en France, ni de statistique de licenciés par discipline. Méfiez-vous enfin de la position désépaulée présentée comme obligatoire : elle relève du parcours de chasse et non du Compak, dont le règlement laisse le fusil libre au commandement.

Première étape concrète : repérez les installations FFBT autour de chez vous sur notre carte des stands de tir, puis demandez au club si le Compak tourne le jour où vous êtes libre.

À lire aussi : le parcours de chasse, la FFBT et ses disciplines et choisir son fusil de ball-trap.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le Compak Sporting ?

Une discipline FITASC de tir aux plateaux qui condense le parcours de chasse sur cinq postes alignés et six lanceurs implantés librement, dans une zone de survol de 35 à 40 mètres de large sur 25 de profondeur. Une série compte 25 plateaux, cinq par poste.

Faut-il tirer fusil désépaulé en Compak Sporting ?

Non. L’article 17.4 du règlement laisse la position du fusil libre au commandement, et tous les plateaux se tirent épaulé. La désépaulée obligatoire relève du parcours de chasse, article 3.1.1, et se retrouve souvent attribuée au Compak par erreur.

Combien y a-t-il de lanceurs et de postes en Compak Sporting ?

Six lanceurs, repérés de A à F et implantés librement selon l’article 2.4, pour cinq postes de tir de 1 mètre sur 1 mètre, alignés et espacés de 2 à 5 mètres selon l’article 2.2.

Comment se compose une série de 25 plateaux ?

Cinq plateaux par poste, selon l’une de trois formules : cinq simples, ou trois simples et un doublé, ou un simple et deux doublés. Quelle que soit la combinaison, le total fait toujours 25 plateaux.

Quelle différence entre Compak Sporting et parcours de chasse ?

Le Compak est normalisé : cinq postes alignés face à un rectangle de survol de 35 à 40 mètres sur 25, six lanceurs implantés librement, fusil libre au commandement. Le parcours se tire sur terrain naturel, avec des postes et des trajectoires propres à chaque installation et le fusil désépaulé imposé.

Quelle cartouche est autorisée en Compak Sporting ?

L’article 18.3 impose 28 grammes de plomb avec une tolérance de 2 %, et des grains de 2 à 2,5 millimètres de diamètre. Le calibre est plafonné à 12 par l’article 18.1, les calibres inférieurs restant autorisés.

Combien de temps s’écoule entre l’appel et le plateau ?

De 0 à 3 secondes selon l’article 2.3, sans préavis : le plateau peut partir instantanément. Sur une installation en sono-pull, ce délai tombe à 0,5 seconde.

Quel choke choisir au Compak Sporting ?

Les distances de casse restant courtes dans un rectangle de 35 à 40 mètres sur 25, la plupart des tireurs y descendent d’un cran par rapport à la fosse, autour d’un quart et d’un demi, plutôt que des chokes serrés.