Trois disciplines de la FFBT sortent des sentiers battus : le DTL et le Trap 1 comptent les points par 3, 2 ou 0 selon la cartouche qui a cassé le plateau, et le tir aux hélices ne valide un point que si le témoin blanc se détache et retombe dans l’enceinte. Trois chiffres circulent partout sur le DTL et sont faux, à commencer par sa distance de tir. Voici les trois règlements, article par article.
Trois disciplines, une même fédération
La FFBT encadre huit disciplines. À côté de la fosse universelle, du Compak Sporting et du parcours de chasse, trois d’entre elles restent mal documentées en français : le Down The Line, le Trap 1 et le tir aux hélices.
Elles ont pourtant un point commun structurant. Le DTL et le Trap 1 sont les deux seules disciplines où un plateau ne vaut pas un point : cassé du premier coup il en vaut trois, du second il en vaut deux. Le tir aux hélices, lui, est à l’exact opposé : c’est du tout ou rien, avec une condition de validation que la quasi-totalité des pages françaises passe sous silence.
Précision de vocabulaire utile avant d’entrer dans le détail : ces règlements sont internationaux. La FFBT applique en France les textes TRAP1 et ZZ de la FITASC, elle ne les écrit pas. Parler du « règlement FFBT des hélices » est une approximation ; le bon nom est le règlement international Tir aux Hélices ZZ.
Le tableau que personne ne publie
Voici les trois disciplines côte à côte sur les paramètres qui comptent, tirés des règlements en vigueur : le DTL depuis avril 2026, le TRAP1 et le ZZ depuis le 1er janvier 2025.
| Paramètre | DTL | Trap 1 | Hélices ZZ |
|---|---|---|---|
| Lanceur | 1 à variation d’angle automatique, ± 22° | 1 oscillant horizontalement | 5, 7 ou 9 machines |
| Distance de tir | 14,63 m du point de sortie | 15 m du bord frontal du toit | pas gradué 24 à 30 m, 26 m en compétition |
| Postes | 5, de 91 x 91 cm, à 2,74 m d’axe en axe | 5 + 1 d’attente, à 2,5 m d’axe en axe | 1 pas de tir gradué |
| Cible | plateau, 109 à 111 mm, 100 à 110 g | plateau, 11 cm, 100 à 110 g | hélice, envergure 28 cm, 60 g |
| Coups autorisés | 2 | 2 | 2 |
| Barème | 3 / 2 / 0 (art. 9) | 3 / 2 / 0 (art. 12.2) | 1 ou 0, sous condition (art. 6.8) |
| Format | 25 par manche, 5 par poste | 25 par série, 30 si épreuve à 300 | 20 hélices en Grand Prix, 30 en championnat |
| Délai d’appel | 10 secondes | 10 secondes (art. 13.10) | 20 secondes pour charger et appeler |
| Plomb | 28 g max, grains 2,6 mm max | 28 g ± 0,5 g, grains 2,5 mm + 0,1 | 28 g + 2 %, grains 2,5 mm ± 0,1 |
Une ligne mérite qu’on s’y arrête tout de suite : les 20 secondes du tir aux hélices contre les 10 secondes des deux autres. Ce n’est pas une tolérance accordée au tireur, c’est le temps nécessaire pour charger, fermer l’arme et appeler. Au delà, le règlement est expéditif : le micro est coupé et l’hélice est comptée zéro.
Le DTL : le barème qui change tout
C’est la particularité de la discipline, et elle réoriente entièrement la façon de tirer. L’article 9 du règlement DTL fixe le compte : trois points si le plateau est cassé avec la première cartouche, deux points avec la seconde, zéro s’il est manqué. Le Trap 1 applique le même barème à son article 12.2, dans une formulation presque identique.
La conséquence arithmétique est nette : une manche de vingt cinq plateaux vaut 75 points au maximum, et un championnat sur cent plateaux se joue sur 300. Un tireur qui casse ses vingt cinq plateaux mais tous au second coup marque 50 points sur 75. En décompte standard, il afficherait un 25 sur 25 parfait ; en DTL, il est à 66,7 % du maximum. Deux tireurs qui ont cassé le même nombre de plateaux peuvent être séparés de vingt points.
C’est aussi ce qui fait la valeur pédagogique du DTL : il sanctionne l’hésitation. Un tireur qui part systématiquement en retard et rattrape au second coup le voit immédiatement dans son score, ce qu’un décompte binaire ne montre jamais. Calculez le vôtre ci dessous.
Votre score au barème 3 / 2 / 0, et ce qu’il vaudrait en décompte standard.
Ce que cet outil fait : il applique le barème de l’article 9 du règlement DTL, identique à l’article 12.2 du TRAP1, et compare le résultat au décompte standard d’un plateau égale un point. Ce qu’il ne fait pas : il n’intègre aucune pénalité, ni les points retirés pour faute de pied, absence de marquage ou absence au pas de tir, et il ne connaît ni les barrages ni votre catégorie de classement.
Le terrain du DTL, et les trois chiffres que le web se trompe
Le DTL se tire depuis cinq postes de 91 centimètres de côté, tracés sur un arc de cercle de 14,63 mètres de rayon autour du point de sortie du plateau et espacés de 2,74 mètres d’axe en axe, face à un lanceur unique à variation d’angle automatique. Le règlement en vigueur depuis avril 2026 impose que le plateau parte au hasard dans un secteur de 22° de chaque côté de l’axe du poste 3, élargi de 10° par vent défavorable, et qu’il vole de 45,7 à 50,3 mètres. Une manche de vingt cinq plateaux se répartit à raison de cinq par poste, et le règlement interdit les planches de plus de cinq tireurs. Le fusil se tient épaulé au commandement, comme en fosse.
Trois cotes circulent partout et ne figurent dans aucun règlement. Les voici corrigées.
La distance de tir n’est pas de 15 mètres, mais de 14,63 mètres à partir du point de sortie du plateau. Les 15 mètres sont la cote du Trap 1, recopiée par erreur sur le DTL par la plupart des pages françaises. Le 14,63 correspond à 16 yards : toute la géométrie du DTL est en unités britanniques, ce qui explique aussi les 2,74 mètres d’espacement, qui valent trois yards.
Les angles ne sont pas de 30 degrés, mais de 22 degrés de chaque côté de la ligne médiane, avec une tolérance portée à 32 degrés maximum en cas de vent. Le chiffre de 30 degrés que reprennent les pages marchandes n’apparaît dans aucun texte fédéral.
Le plateau ne vole pas 55 mètres, mais 45,7 à 50,3 mètres. L’origine de l’erreur est identifiable : le règlement dit « 50 à 55 yards », et les 55 ont été lus en mètres. La hauteur, elle, se contrôle à 9,14 mètres devant le lanceur, où le plateau doit passer entre 2,44 et 3,05 mètres, soit huit et dix pieds.
Les pénalités du DTL suivent la même logique de points, et elles sont lourdes : trois points retirés à partir de la deuxième faute de pied, neuf points pour une absence de marquage, neuf points encore pour une absence au pas de tir, quinze points pour toute autre infraction. À l’échelle d’une manche à 75 points, une absence au pas coûte l’équivalent de trois plateaux cassés du premier coup.
Reste la question que se pose tout tireur de fosse qui découvre la discipline : comment se déroule concrètement une manche ? Les cinq tireurs de la planche occupent les cinq postes, chacun appelle son plateau à son tour, et après cinq plateaux tout le monde se décale d’un poste vers la droite. Cinq rotations complètes font vingt cinq plateaux, et chaque tireur a donc vu la même machine depuis les cinq angles. Un championnat s’enchaîne sur quatre manches, soit cent plateaux et trois cents points possibles.
Ce format explique pourquoi le DTL est une bonne école pour un tireur de fosse. Un seul lanceur balaie un secteur de 44 degrés : l’angle change à chaque plateau, mais la zone à surveiller reste étroite, et c’est votre rythme d’appel et votre montée d’arme qui font l’écart, rien d’autre. Sur quatre manches d’affilée, la fatigue se lit directement dans la répartition entre premiers et seconds coups : un tireur qui commence à 22 plateaux au premier coup et finit à 14 sait exactement ce qu’il doit travailler, ce qu’un décompte binaire ne lui aurait jamais dit.
Le Trap 1 : le même barème, une autre géométrie
Le Trap 1 partage avec le DTL l’essentiel : cinq postes, un seul appareil de lancement, vingt cinq plateaux par série, deux cartouches autorisées, et le même barème de trois, deux ou zéro points. Dans les deux disciplines, la machine change d’angle au hasard d’un plateau à l’autre. Ce qui les distingue, c’est la géométrie : postes en arc de cercle à 14,63 mètres du point de sortie en DTL, postes en ligne droite à 15 mètres du toit de la fosse en Trap 1, où le lanceur oscille horizontalement.
Le reste de sa géométrie diffère du DTL sur des détails qui comptent. La ligne de tir est à 15 mètres du bord frontal du toit de la fosse, les postes sont espacés de 2,5 mètres d’axe en axe avec 1,5 mètre de largeur entre eux, et un sixième emplacement sert de poste d’attente. Deux fosses voisines doivent être séparées d’au moins 25 mètres, mesurés entre les centres de leurs postes numéro 3.
Deux règles pratiques à retenir. Les séries passent à trente plateaux sur les compétitions à 300 plateaux. Et les groupes suivent la règle commune des disciplines FFBT : six tireurs maximum, trois minimum.

Le tir aux hélices : casser ne suffit pas
Voici la notion que presque toute la SERP française rate. En tir aux hélices, l’article 6.8 du règlement ZZ pose une double condition : pour que l’hélice soit comptée bonne, le témoin blanc doit se détacher et tomber dans l’enceinte. Casser l’hélice sans détacher le témoin ne vaut rien. Détacher le témoin qui retombe hors de l’enceinte ne vaut rien non plus. Et toute hélice tirée en dehors de la ligne diagonale des drapeaux est comptée zéro, selon l’article 6.13.
Cette exigence explique la conception de la cible. L’hélice porteuse est en polystyrène orangé, très friable, avec deux pales et une envergure de 28 centimètres pour 60 grammes. Le témoin central, lui, mesure 10,4 centimètres de diamètre, pèse 25 grammes et contient au minimum 50 % de polyéthylène, un matériau qui ne se casse pas. La cible est donc faite pour se désagréger tout en laissant intact le disque blanc dont la chute décide du point.
Le terrain reprend cette logique. Cinq, sept ou neuf machines sont alignées face au tireur, espacées de 3,80 à 5 mètres pour les installations à cinq lanceurs, de 2,25 à 2,50 mètres pour celles à sept ou neuf. Une barrière de 60 à 80 centimètres de haut ceinture l’aire de chute, à 21 mètres au maximum du point de départ des hélices. Ce chiffre de 21 mètres est régulièrement présenté comme le diamètre d’un cercle : c’est faux, le règlement ne parle que d’une distance entre le lanceur et la barrière.
Le tireur, lui, se place sur un pas gradué de 24 à 30 mètres, la distance de compétition étant fixée à 26 mètres. Il ne sait pas quelle machine va partir : sur une installation à cinq lanceurs, le règlement prévoit qu’une à quatre hélices peuvent être lancées ; à sept lanceurs, une à six ; à neuf, une à huit. Un Grand Prix se tire sur 20 hélices, un championnat continental ou du monde sur 30.
Attention enfin aux chiffres périmés : le règlement a été refondu au 1er janvier 2022. L’hélice est passée de 70 à 60 grammes, le témoin de 35 à 25 grammes, le nombre de pales de « 2 à 5 » à deux, la vitesse du moteur de 10 000 à 7 500 tours par minute, et l’espacement des cinq lanceurs de 4,50 à 3,80 mètres. Les pages qui citent encore les anciennes valeurs reprennent fidèlement un texte qui n’est plus en vigueur.
La munition : une nuance que personne ne relève
Les trois disciplines partagent le même socle : calibre 12 au maximum, canon d’au moins 66 centimètres, deux cartouches au plus dans l’arme, fusils à pompe interdits au tir aux hélices, et 28 grammes de plomb comme plafond de charge.
Mais le diamètre des grains diffère, et c’est le genre de détail qui se paie à un contrôle. Le DTL admet des grains jusqu’à 2,6 millimètres. Le Trap 1 et le tir aux hélices s’arrêtent à 2,5 millimètres, avec une tolérance de 0,1 millimètre qui ramène le plafond pratique au même endroit. La tolérance sur la charge change aussi de nature : plus ou moins 0,5 gramme en Trap 1, plus 2 % au tir aux hélices. Notre guide des cartouches de ball-trap détaille ce que ces bornes impliquent à l’achat, et celui du fusil de ball-trap ce que la longueur de canon change en pratique.
Ce que nous n’avons pas trouvé
Les angles et les hauteurs de trajectoire du Trap 1 diffèrent entre le texte de 2018 et celui de 2025 : c’est la version 2025 qui s’applique. Le règlement Trap 1 du 1er janvier 2025 fixe un vol de 50 mètres, à 2 mètres près par vent nul, une hauteur mesurée à 10 mètres du lanceur comprise entre 1,70 et 2,70 mètres pour une machine en fosse (2 à 3 mètres pour une machine posée au sol), et un angle extrême de 22° de chaque côté, avec 5° de tolérance.
Nous n’avons trouvé aucun recensement des installations de DTL, de Trap 1 ou d’hélices en France, ni de statistique de licenciés par discipline. Le tir aux hélices reste en particulier une pratique rare, dont nous ne pouvons chiffrer ni le nombre de stands ni le coût d’une série, faute de source publiée.
Enfin, un avertissement de méthode : la plupart des règlements que l’on trouve par une recherche directe sont des millésimes périmés. Les textes en vigueur sont accessibles depuis la page des disciplines de la FFBT, et c’est le seul point d’entrée fiable.
Première étape concrète : demandez à votre club si une fosse tourne en DTL le week-end. C’est la discipline la plus formatrice des trois pour un tireur de fosse, parce que son barème vous dit exactement ce que votre second coup vous coûte.
À lire aussi : la FFBT et ses disciplines, fosse olympique ou fosse universelle et votre première compétition.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le DTL au ball-trap ?
Le Down The Line est une discipline FFBT tirée depuis cinq postes disposés en arc de cercle à 14,63 mètres du point de sortie du plateau, face à un lanceur unique qui change d’angle au hasard. Sa particularité est son barème : trois points au premier coup, deux au second, zéro si le plateau est manqué.
Comment compte-t-on les points en DTL ?
Trois points si le plateau est cassé avec la première cartouche, deux points avec la seconde, zéro s’il est manqué, selon l’article 9 du règlement. Une manche de 25 plateaux vaut donc 75 points au maximum, et un championnat sur 100 plateaux se joue sur 300.
Quelle différence entre le DTL et le Trap 1 ?
Le barème et le format sont identiques, trois, deux ou zéro points sur 25 plateaux. La différence tient à la géométrie : postes en arc de cercle à 14,63 mètres en DTL, en ligne droite à 15 mètres du toit de la fosse en Trap 1. Dans les deux cas, le lanceur change d’angle au hasard.
À quelle distance tire-t-on en DTL ?
À 14,63 mètres du point de sortie du plateau, soit 16 yards. Les 15 mètres que l’on lit souvent sont la cote du Trap 1, mesurée depuis le bord frontal du toit de la fosse, reportée par erreur sur le DTL.
Comment marque-t-on un point au tir aux hélices ?
Il ne suffit pas de toucher l’hélice. L’article 6.8 du règlement ZZ exige que le témoin blanc se détache et tombe à l’intérieur de l’enceinte. Une hélice cassée dont le témoin retombe hors des limites est comptée zéro.
Combien de lanceurs y a-t-il au tir aux hélices ?
Cinq, sept ou neuf machines selon l’installation. Sur un stand à cinq lanceurs, une à quatre hélices peuvent être lancées ; à sept, une à six ; à neuf, une à huit. Le tireur ne sait pas laquelle partira.
Combien de temps a-t-on pour appeler au tir aux hélices ?
Vingt secondes pour charger, fermer l’arme et appeler l’hélice, contre dix secondes pour commander un plateau en DTL ou en Trap 1. Au delà, le micro est coupé et l’hélice est comptée zéro.
Quelle cartouche pour le DTL, le Trap 1 et les hélices ?
28 grammes de plomb au maximum dans les trois disciplines, calibre 12 au plus et canon d’au moins 66 centimètres. Le diamètre des grains diffère : jusqu’à 2,6 mm en DTL, 2,5 mm avec 0,1 mm de tolérance en Trap 1 et au tir aux hélices.
