Le calibre 16 est une jauge de fusil à âme de 16,8 mm, qui dominait la chasse française avant 1970 et que la jauge du dessus a presque effacée. Il tire 28 à 32 g de plomb selon le chambrage, et le vrai sujet aujourd’hui n’est pas ses performances, c’est de savoir quelles cartouches un fusil de 16 ancien accepte encore.
Il y a des centaines de milliers de fusils de 16 dans les armoires françaises, souvent hérités, souvent en très bon état, et souvent chambrés en 65 mm. Un fusil marqué 16/65 n’accepte pas ce qu’accepte un 16/70, et leurs propriétaires posent tous la même question, à laquelle on répond sur les forums de façon parfois dangereusement approximative. Commençons par là.
Quelles cartouches dans un fusil de 16 ancien
Trois chambrages coexistent : 16/65, 16/67,5 et 16/70. Le second chiffre est la longueur de la chambre, qui correspond à la cartouche dépliée, donc après le tir. Une cartouche neuve est toujours plus courte que sa cote, et c’est exactement ce qui rend l’erreur possible.
| Chambrage | Charge courante | Ce que l’arme accepte |
|---|---|---|
| 16/65 | environ 28 g de plomb | Du 65 uniquement |
| 16/67,5 | environ 30 g de plomb | Du 65 et du 67,5 |
| 16/70 | environ 32 g de plomb | Les trois longueurs |
La règle de longueur est absolue et se lit dans un seul sens. Mais sur un fusil de 16 ancien, elle ne suffit pas, et c’est le point que beaucoup de conseils oublient : la pression compte autant que la longueur. Une bascule des années trente n’a pas été calculée pour les pressions des chargements modernes, même à la bonne longueur. Plusieurs fabricants proposent d’ailleurs des cartouches dites douces, chambrées en 65 mm et chargées bas, précisément pour ces armes.
Et le chambrage nominal des vieux fusils était irrégulier. Sur une arme dont les poinçons sont illisibles ou dont l’origine est incertaine, la seule réponse sérieuse reste le passage chez un armurier ou au banc d’épreuve. Le système des jauges et du chambrage est détaillé sur notre page dédiée, avec un vérificateur de compatibilité.
D’où vient le chiffre 16
De la convention de fonderie : seize balles rondes du diamètre de l’âme dans une livre de plomb de 453,59 g. Le calcul donne 16,84 mm, et les fabricants annoncent 16,8 mm. Comme toujours dans ce système, le chiffre monte quand le canon rétrécit.

Pourquoi le 16 a perdu, et ce que ça vaut vraiment
Le dicton dit qu’il tire comme un 20 et tue comme la jauge du dessus. C’est une jolie formule et elle est fausse, du moins telle qu’on l’entend. À charge et à numéro de plomb identiques, deux jauges envoient exactement le même nombre de plombs à la même vitesse : la balistique ne connaît pas le numéro de jauge, elle connaît la masse et la vitesse.
La vraie différence est géométrique, et elle se calcule. Une âme plus étroite oblige la même charge à s’empiler plus haut dans l’étui, et une colonne de plomb trop haute se déforme au départ du coup, ce qui abîme la gerbe avant même la sortie du canon. C’est la seule raison technique pour laquelle une jauge plus large encaisse mieux les charges lourdes.
Ce que fait cet outil : il compare les sections d’âme calculées sur la convention de la livre de plomb, et en déduit la hauteur relative de la colonne de plomb à charge identique. Le rapport est exact parce que le foisonnement du plomb, quel qu’il soit, se simplifie entre les deux jauges. Ce qu’il ne fait pas : il ne dit rien de la gerbe réelle, qui dépend du choke, de la bourre et du canon, et il ne remplace pas une planche à 35 mètres.
Concrètement, la jauge du dessus offre environ un cinquième de section en plus. Sur des charges légères, ça ne change rien du tout, et c'est pourquoi un 16 en 28 g reste redoutable sur le petit gibier. Sur des charges lourdes en acier, ça change tout, et c'est là que le 16 a été distancé.
L'état du marché en France
L’occasion conserve une place importante dans le patrimoine français du calibre 16, notamment avec les Darne. Mais la jauge n’a pas disparu du neuf : Browning documente toujours l’A5 Sweet Sixteen et publie une fiche technique A5 en 16/70. L’existence d’une référence au catalogue ne garantit pas sa disponibilité chez un distributeur français ; elle suffit toutefois à contredire l’idée d’un abandon total par les grands fabricants.
Côté cartouches, la situation est meilleure que sa réputation. On trouve du 16 dans à peu près toutes les armureries, y compris des chargements en 65 et 67,5 mm faits pour réveiller les fusils dormants, et des substituts sans plomb pour les zones humides, où la grenaille de plomb est interdite. La chevrotine et la balle existent aussi en 16, cette dernière étant utilisée en battue au sanglier à courte distance, avec les mêmes précautions de choke qu'ailleurs.
Sur le plan légal, aucune particularité : un juxtaposé ou un superposé de 16 est une arme de catégorie C au sens du code de la sécurité intérieure, soumise à déclaration sur permis de chasser validé ou licence de tir.
Si ce fusil provient d’une succession, consultez aussi les démarches pour hériter d’une arme.
Pour chaque profil, le bon arbitrage
Pour faire vivre un fusil de famille, choisir le 16 sans hésiter. C'est le meilleur usage de la jauge : une arme qu'on a déjà, souvent mieux construite que ce qu'on achèterait aujourd'hui à budget égal, et des munitions qui existent encore. Faites vérifier le chambrage et l'état des bascules avant la première sortie.
Pour la chasse marchée au petit gibier, le 16 est un vrai choix. Poids intermédiaire, charge suffisante, équilibre agréable. Rien à lui reprocher tant qu'on reste dans les charges pour lesquelles il a été conçu.
Pour la hutte et l'acier, passer son chemin. L'offre en substitut est étroite en 16 et la section d'âme ne pardonne pas les colonnes hautes. Ce n'est pas une question de puissance, c'est une question de place dans l'étui.
Pour un achat neuf, une offre existe encore. Elle est plus restreinte que celle du calibre 12 ; vérifiez les références et leur disponibilité auprès du fabricant et du distributeur.
Recharger le calibre 16 : composants et points de vigilance
Le rechargement a du sens en 16, parce qu'il redonne accès à des chargements adaptés aux armes anciennes que le commerce propose peu. Les composants existent : étuis de 65, 67,5 et 70 mm, amorces de type fusil, bourres dimensionnées pour la jauge, plomb de chasse en numéros courants. Les poudres du marché français couvrent ces charges, chez Vectan comme chez Nobelsport.
Trois vigilances. La longueur d'étui d'abord : on recharge pour la chambre de l'arme, et un étui de 70 mm serti en étoile ne se tire pas dans un 65. Le niveau de pression ensuite, qui est le vrai sujet sur les fusils d'avant-guerre : viser une charge de catalogue moderne dans une bascule ancienne, c'est se tromper de siècle. Et la hauteur de colonne enfin, que la section plus étroite rend critique bien plus vite qu'en jauge supérieure.
Les charges de poudre ne se lisent pas ici. Elles se lisent dans la table officielle du fabricant de poudre, jamais dans un forum ni dans un article de blog, celui-ci compris. Sur une arme ancienne, la question de l'état du métal précède même celle de la table, et elle se pose à un armurier. Notre guide de la composition d'une cartouche détaille chaque étage, et celui qui compare cartouche rechargée et cartouche manufacturée aide à juger si l'atelier en vaut la peine.
BlackOpe est un média de tir sportif : nous ne vendons ni armes ni munitions et ne touchons aucune commission. Pour tirer près de chez vous, la carte des stands recense les clubs par département.
À lire aussi : le système des jauges et du chambrage, notre page sur le calibre 20 et le dossier sur le choke de fusil.
Questions fréquentes
Quelles cartouches dans un fusil chambré en 16/65 ?
Du 65 mm uniquement. Une cartouche plus longue entre sans forcer mais se déplie au départ du coup et provoque une surpression. Sur une arme ancienne, préférez en plus des chargements doux prévus pour ces fusils.
Quel est le diamètre d'un canon de calibre 16 ?
16,8 mm annoncés par les fabricants, pour une valeur théorique de 16,84 mm calculée sur la convention des seize balles rondes dans une livre de plomb de 453,59 g.
Le calibre 16 est-il moins puissant qu'une jauge supérieure ?
Pas à charge égale : le même grammage de plomb envoie le même nombre de projectiles à la même vitesse. La différence tient à la charge maximale que la jauge accepte sans déformer la colonne de plomb.
Trouve-t-on encore des cartouches de calibre 16 ?
Oui, dans la plupart des armureries, y compris en 65 et 67,5 mm pour les fusils anciens et en substituts sans plomb pour les zones humides. L'offre est plus étroite qu'en jauge dominante mais loin d'être marginale.
Fabrique-t-on encore des fusils neufs en calibre 16 ?
Oui. Browning documente notamment l’A5 Sweet Sixteen en calibre 16. La disponibilité locale doit être vérifiée ; le marché de l’occasion reste également important.
Peut-on tirer du 16/67,5 dans une chambre de 65 mm ?
Non, malgré ce qu'on lit parfois. Même si la différence semble minime, elle suffit à faire déborder l'étui de la chambre au dépliement, et les bascules anciennes ne sont pas calculées pour ces pressions.
Le calibre 16 convient-il au sanglier ?
La balle existe en 16 et s'emploie en battue à courte distance, sous réserve de l'arrêté préfectoral. Les distances utiles restent modestes, ce qui impose une discipline de tir stricte.
Un fusil de calibre 16 est-il en catégorie C ?
Les fusils à un coup par canon relèvent en principe de la catégorie C. Un semi-automatique n’est pas une arme à un coup par canon : son classement dépend notamment de ses caractéristiques et de son système d’alimentation. Les fusils à pompe ont aussi des critères spécifiques. Vérifiez le modèle exact avec un armurier et le RGA.
Quelle est la portée utile d'un calibre 16 ?
La même que celle d'un 12 ou d'un 20, puisque la jauge ne change pas la vitesse des plombs. Le 16 se situe entre les deux pour la densité de gerbe, ce qui lui vaut sa réputation d'équilibre. La distance se règle au choke et au numéro de plomb.
