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3 tirs contrôlés : ce que « contrôlée » veut vraiment dire

Trois séances, espacées d’au moins deux mois, dans les douze mois qui précèdent la demande. La règle tient en une phrase, et pourtant elle bloque des dossiers tous les mois, pour une raison simple : presque personne ne sait ce que le mot « contrôlée » recouvre exactement.

Ce n’est pas votre tir qui est contrôlé. Il n’y a ni score à atteindre, ni examen, ni niveau minimum. Ce qui est contrôlé, c’est la séance, par une personne nommément responsable. Le reste de cet article part de ce point, parce qu’il explique tout ce qui suit.

Tireur au pas de tir lors d'une séance contrôlée en club
Une séance contrôlée est une séance encadrée et consignée, pas une épreuve.

Ce que dit le texte, mot pour mot

La source est l’arrêté du 28 avril 2020, qui organise les avis favorables et les attestations délivrés par les fédérations délégataires. Son article 3 vise la première demande d’acquisition et pose trois exigences.

D’abord le décompte : l’attestation porte sur la participation du tireur, au cours des douze mois précédant sa demande, à trois séances contrôlées de pratique du tir, espacées d’au moins deux mois.

Ensuite le lieu : ces séances sont effectuées au sein d’une association sportive agréée membre de la FFTir.

Ces mêmes trois séances contrôlées sont exigées de qui sollicite une autorisation de port au titre des risques exceptionnels, comme l’expose le port d’arme.

Enfin la personne : le président de l’association, ou une personne désignée par lui, est chargé de contrôler les séances. Il tient à jour la liste nominative des personnes y ayant participé, et cette liste nominative est tenue à la disposition de la FFTir et des agents habilités de l’État.

Voilà pourquoi « contrôlée » ne décrit pas une performance : le contrôle est un acte administratif accompli par le président ou son délégué, qui constate votre présence et l’inscrit sur une liste. Votre groupement, le nombre de cartouches tirées, la discipline pratiquée et même le type d’arme employée n’entrent nulle part dans le texte.

Le préalable que tout le monde saute

L’article 1er de l’arrêté réserve ce dispositif aux personnes membres d’une association agréée titulaires d’une licence fédérale délivrée en vue de la pratique du tir sportif. Autrement dit, la licence n’est pas une formalité parallèle : sans elle, une séance ne peut pas être contrôlée au sens du texte.

Corollaire qui fait perdre six mois à beaucoup de débutants : les séances d’initiation réservées aux non-licenciés ne comptent pas. Elles s’adressent par construction aux personnes non adhérentes, et relèvent d’un tout autre régime, détaillé dans tirer dans un stand de tir sans licence. Le compteur des trois séances ne démarre qu’une fois la licence prise, dont les conditions sont dans la licence de tir.

À quelles armes cette procédure s’applique

Le dispositif ne concerne pas toutes les armes. L’article 1er de l’arrêté habilite la FFTir à délivrer l’avis favorable préalable aux demandes d’autorisation portant sur les armes classées au 3 bis de la rubrique 1 du I et aux 1°, 2°, 4° et 9° du II de l’article R311-2, c’est-à-dire l’essentiel de ce qu’un tireur sportif demande en catégorie B.

Les armes de catégorie C, soumises à simple déclaration, n’entrent pas dans ce circuit : aucune séance contrôlée n’est exigée pour acquérir ces armes, ni pour en conserver la détention, et leur régime est décrit dans la catégorie C. C’est une source de confusion courante en club, où les deux populations se côtoient au même pas de tir.

Autre nuance du texte, rarement relevée : l’article 3 vise la première demande d’acquisition, alors que l’article 4 vise le renouvellement d’autorisation de détention. Les trois séances ouvrent donc le droit d’acquérir ; c’est l’assiduité continue qui conserve le droit de détenir. Une même autorisation vit ainsi sous deux régimes de preuve successifs, et beaucoup de tireurs ne découvrent le second qu’au moment du renouvellement, quand le préfet attend une attestation que le club ne peut pas signer.

Le calendrier, et pourquoi six mois sont incompressibles

L’espacement de deux mois est un minimum entre deux séances consécutives, pas une moyenne. Vous pouvez tirer toutes les semaines, cela ne rapproche pas l’échéance d’un jour : seules trois séances correctement espacées seront retenues.

ÉtapeExempleCondition
Séance 112 janvierLicence en cours de validité
Séance 215 marsAu moins deux mois après la première
Séance 320 maiAu moins deux mois après la deuxième
Dépôt de la demandeà partir du 20 maiLes trois séances dans les douze mois précédents
Quatre mois pleins entre la première et la troisième séance, au strict minimum.

Le plancher réel est donc de quatre mois d’espacement cumulé, auxquels s’ajoute le temps de la licence, du certificat médical et de l’instruction préfectorale. Compter six mois entre la décision de se lancer et l’autorisation de détention en main est une estimation prudente, pas pessimiste, et c’est le délai qu’un club sérieux annonce d’emblée à un nouveau tireur.

L’autre borne est glissante : les douze mois se comptent à rebours depuis la date de demande. Une séance faite il y a treize mois est perdue, même si les deux autres sont impeccables. C’est le piège classique du dossier qui traîne : la quatrième séance de tir devient alors obligatoire, non pour combler un manque de pratique, mais pour remplacer une date périmée.

Vérifiez vos trois dates

L’outil applique les deux conditions du texte : l’espacement minimal de deux mois et la fenêtre de douze mois avant le dépôt.

Vos trois seances controlees
Renseignez vos quatre dates.

Ce calculateur applique l article 3 de l arrete du 28 avril 2020. Il ne prejuge pas de l appreciation du president de votre association, qui reste seul juge du controle de la seance, ni du reglement interieur du club.

Président d'association consignant une séance contrôlée sur la liste nominative
Le contrôle est un acte du président ou de son délégué, consigné sur une liste nominative.

Deux listes, deux obligations qu’on confond

L’arrêté crée deux liste nominatives distinctes, et les mélanger fait rater des dossiers.

La première, à l’article 3, recense les participants aux séances contrôlées. La seconde, à l’article 5, recense les personnes ayant suivi la formation initiale aux règles de sécurité, de stockage et de manipulation des armes prévue au c du 7° de l’article R312-5 du code de la sécurité intérieure. Cette formation initiale est elle aussi assurée au sein d’une association agréée FFTir, par le président ou une personne qu’il désigne.

Ce sont deux passages différents. Trois séances de tir ne valent pas formation initiale, et une formation initiale ne remplace aucune séance. Si votre club vous propose une matinée « sécurité » avant vos premiers tirs, c’est de la seconde qu’il s’agit.

L’avis favorable, un document à trois effets

Au bout du parcours, une seule signature couvre tout. L’article 2 de l’arrêté prévoit que l’avis favorable est délivré par le président de la FFTir, et qu’il vaut attestation de l’assiduité au tir du demandeur et de sa capacité à détenir et à utiliser une arme en sécurité. Il vaut également attestation du suivi de la formation initiale.

Trois attestations en un document, délivré au niveau fédéral sur la base de ce que votre association a consigné, et valable pour l’ensemble des armes visées par la demande. C’est ce qui explique l’importance de la liste nominative : elle est la seule trace qui remonte.

Après l’autorisation : l’assiduité, et sa sanction

Pour un renouvellement, la règle change de nature. L’article 4 prévoit que l’attestation porte sur la pratique régulière du tir pendant toute la période de la précédente autorisation, et que l’absence de pratique pendant douze mois consécutifs au moins fait obstacle à sa délivrance. Un passage par an suffit, mais aucune année blanche n’est tolérée.

Et il y a l’article 6, que presque aucune page ne cite. Lorsque les conditions d’assiduité au tir ne sont plus réunies, la fédération retire son avis favorable et en informe sans délai le préfet compétent. En application de l’article R312-15 du code de la sécurité intérieure, la ou les autorisations correspondantes sont nulles de plein droit. Le même mécanisme s’applique en cas d’infraction grave aux règles de sécurité. Le préfet n’a pas à reprendre une décision : la nullité joue d’elle-même, et le tir cesse d’être un loisir pour redevenir une question de titre.

Retenez la logique : votre autorisation de détention ne tient pas seulement à la préfecture, elle tient à un avis favorable fédéral qui peut être retiré en cours de route. Le parcours complet de la demande est décrit dans l’autorisation de catégorie B, et ce que le carnet de tir est devenu dans le carnet de tir.

Ce qui compte, ce qui ne compte pas

SituationSéance contrôlée ?
Séance en club FFTir, consignée par le président ou son déléguéOui
Séance d’initiation comme non-licenciéNon, régime distinct
Formation initiale aux règles de sécuritéNon, liste séparée
Tir avec sa propre arme sur un terrain privéNon, hors association agréée
Deux séances le même moisUne seule sera retenue au titre de l’espacement

Un mot sur la compétition : une épreuve officielle se déroule bien au sein d’une association agréée et sous la responsabilité de ses dirigeants, ce qui en fait en pratique une séance consignable. Faites-la porter sur la liste nominative comme les autres plutôt que de supposer qu’elle y figure d’office.

Pour le classement des armes visées par cette procédure, voyez les armes de catégorie B et les catégories d’armes en France. Le volet ball-trap, qui relève d’une autre fédération, est traité dans la licence de ball-trap.

L’erreur qui coûte le plus cher

Elle tient en une phrase entendue dans tous les clubs : « je tire depuis des années, j’ai bien assez de séances ». Tirer beaucoup ne vaut pas tir contrôlé. Si vos passages au pas de tir n’ont pas été consignés sur la liste nominative par le président ou son délégué, ils n’existent pas pour la demande d’acquisition, et il faudra tout reprendre depuis la première séance.

Le réflexe qui évite cela ne coûte rien : à chaque passage, vérifiez que votre nom est porté sur la liste du jour, et notez la date de votre côté. Une arme de catégorie B se demande sur dossier, et sa détention se défend de la même façon, et un dossier se construit sur des dates, pas sur des souvenirs. Cette rigueur vaut aussi pour la détention ensuite, puisque c’est la même liste nominative qui servira à attester votre assiduité lors du renouvellement.

Dernier conseil de bon sens : ne visez pas le minimum. Trois séances espacées de deux mois et un jour laissent zéro marge si l’une d’elles n’a pas été consignée, ou si l’instruction de votre demande d’acquisition prend du retard. Une quatrième séance intercalaire ne coûte qu’un aller-retour au stand, et elle sauve un dossier.

Questions fréquentes

Que veut dire « séance contrôlée » exactement ?

Une séance de pratique du tir contrôlée par le président de l’association agréée, ou par une personne qu’il désigne, et consignée sur une liste nominative. Le contrôle porte sur votre présence, pas sur votre performance : aucun score n’est exigé.

Combien de temps faut-il pour réunir trois tirs contrôlés ?

Quatre mois au minimum entre la première et la troisième séance, puisque chaque intervalle doit atteindre deux mois. Tirer plus souvent ne raccourcit rien, la règle portant sur l’espacement et non sur le nombre de passages.

Les séances doivent-elles être faites dans mon club d’attache ?

Elles doivent être effectuées au sein d’une association sportive agréée membre de la FFTir. Rien n’impose qu’il s’agisse de votre club d’attache, mais c’est bien le président de la structure d’accueil, ou son délégué, qui contrôle la séance et la consigne.

Une séance d’initiation compte-t-elle comme tir contrôlé ?

Non. Les séances d’initiation s’adressent aux personnes non adhérentes et relèvent d’un régime distinct. Le dispositif des trois séances contrôlées est réservé aux membres d’une association agréée titulaires d’une licence fédérale.

La formation à la sécurité remplace-t-elle une séance ?

Non, ce sont deux obligations distinctes, avec deux listes nominatives séparées. La formation initiale aux règles de sécurité, de stockage et de manipulation relève de l’article 5 de l’arrêté, les séances contrôlées de l’article 3.

Une séance vieille de treize mois compte-t-elle encore ?

Non. Les trois séances doivent se situer dans les douze mois précédant la demande. La fenêtre étant glissante, un dossier qui traîne peut faire sortir la plus ancienne séance du décompte et imposer d’en refaire une.

Combien de tirs faut-il pour un renouvellement ?

L’attestation porte sur la pratique régulière pendant toute la période de l’autorisation précédente, et une absence de pratique de douze mois consécutifs au moins fait obstacle à sa délivrance. Un passage par an au minimum, donc, sans année blanche.

Que se passe-t-il si je cesse de tirer ?

La fédération retire son avis favorable et en informe sans délai le préfet. En application de l’article R312-15 du code de la sécurité intérieure, les autorisations correspondantes deviennent nulles de plein droit. Le même mécanisme s’applique après une infraction grave aux règles de sécurité.

Qui délivre l’avis favorable et que couvre-t-il ?

Le président de la Fédération française de tir. Il vaut attestation de l’assiduité au tir, de la capacité à détenir et utiliser une arme en sécurité, et du suivi de la formation initiale : trois attestations dans un seul document.

Une compétition officielle compte-t-elle comme séance contrôlée ?

Elle se déroule au sein d’une association agréée et sous la responsabilité de ses dirigeants, ce qui permet de la consigner comme les autres. Demandez expressément qu’elle soit portée sur la liste nominative plutôt que de le supposer.

Sources : l’arrêté du 28 avril 2020 relatif aux avis favorables et aux attestations délivrés par les fédérations délégataires, et l’article R312-40 du code de la sécurité intérieure, consultés le 15 septembre 2026. Chaque association peut appliquer un règlement intérieur plus exigeant.