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Le .480 Ruger : la même fiche C.I.P. que le .475 Linebaugh, moins 2,52 mm

Six cartouches de gros revolver à ogive creuse cuivrée, debout et couchées sur le comptoir gris d'une armurerie

Deux cartouches américaines portent une fiche C.I.P. déposée le même jour, révisée le même jour, et signée du même pays. Sur les trente-trois cotes que ces deux documents publient, vingt-cinq sont rigoureusement identiques. Ce qui change tient en deux nombres : 2,52 mm d’étui et 150 bar.

Le .480 Ruger est le .475 Linebaugh raccourci. Ce n’est pas une lecture d’histoire, c’est une lecture de fiches, et elle se vérifie ligne à ligne. Voici les deux documents, ce que la coupe a coûté, ce qu’elle a rapporté, et pourquoi 2,52 mm n’est pas un chiffre au hasard.

Deux fiches, un seul dessin

Le tableau IV de la C.I.P., celui des cartouches de poing et à bourrelet, compte quatre-vingt-seize fiches. Deux d’entre elles se ressemblent au point qu’on peut les superposer.

Cote C.I.P..480 Ruger.475 Linebaugh
Pays d’origineÉtats-UnisÉtats-Unis
Date de la fiche17 février 200317 février 2003
Révision27 septembre 200427 septembre 2004
Longueur d’étui32,64 mm35,16 mm
Longueur hors tout41,91 mm44,43 mm
Pression maximale3300 bar3450 bar
Bourrelet13,77 mm13,77 mm
Épaisseur de bourrelet1,78 mm1,78 mm
Corps d’étui12,80 mm12,80 mm
Ogive maximale12,08 mm12,08 mm
Saut de balle11,42 mm11,42 mm
Âme / fond de rayure11,81 / 12,07 mm11,81 / 12,07 mm
Rayures6 de 4,06 mm, pas 457,006 de 4,06 mm, pas 457,00
Section d’âme112,78 mm²112,78 mm²
Fiches C.I.P. tableau IV du .480 Ruger et du .475 Linebaugh, relevées le 16 septembre 2026.

Nous avons comparé les deux documents cote par cote, y compris les colonnes CHAMBRE MINI que ce tableau n’affiche jamais en clair. Trente-trois cotes publiées, vingt-cinq identiques au centième. Sept diffèrent, et elles ne disent que deux choses.

  • Quatre disent la longueur : l’étui 32,64 contre 35,16 mm, la longueur de chambre minimale 33,22 contre 35,74, la longueur hors tout 41,91 contre 44,43, et la somme L3+G 44,06 contre 46,58. Les quatre écarts valent exactement 2,52 mm.
  • Trois disent la pression : 3300 bar contre 3450 de pression maximale, 3795 contre 3968 de pression individuelle maximale, 4290 contre 4485 de pression d’épreuve. Mais les deux dernières se déduisent de la première, 1,15 fois puis 1,30 fois, sur les deux fiches. Il n’y a donc là qu’un seul nombre libre.

Reste une cote que la fiche du .480 laisse vide et que celle du .475 remplit, à 11,65 mm. Trente-trois lignes, deux décisions. Le .480 Ruger est le .475 Linebaugh moins 2,52 mm et moins 150 bar, et c’est la fiche qui le dit, pas nous.

Ce que valent ces 2,52 mm

Cinq cartouches de revolver du tableau IV de la C.I.P. Le 480 Ruger est le 475 Linebaugh raccourci de 2,52 mm, a la longueur d’etui du 44 Magnum. Coupé à la longueur du barillet Cinq cartouches de revolver du tableau IV, à la même échelle, alignées sur le bourrelet. Rien n’est grossi. 44 Remington Magnum étui 32,64 mm · 2800 bar ogive 10,97 45 Colt étui 32,64 mm · 1100 bar ogive 11,58 50 Action Express étui 32,64 mm · 2300 bar ogive 12,71 480 Ruger étui 32,64 mm · 3300 bar ogive 12,08 475 Linebaugh étui 35,16 mm · 3450 bar ogive 12,08 la bouche de l’étui 32,64 mm 2,52 mm de plus Le .480 Ruger et le .475 Linebaugh : 33 cotes publiées, 25 identiques. Même bourrelet 13,77 mm, même corps 12,80, même ogive 12,08, même saut de balle 11,42, même âme 11,81, mêmes six rayures de 4,06 mm au pas de 457,00, même section de 112,78 mm². Les deux fiches portent la même date, le 17 février 2003, et la même révision, le 27 septembre 2004. Ce qui change tient en deux nombres : 2,52 mm d’étui et 150 bar. Le reste en découle, PK valant 1,15 fois Pmax et PE 1,30 fois, sur les deux fiches. Et 32,64 mm n’est pas une cote quelconque : quatre fiches du tableau IV la portent au centième, le .44 Remington Magnum, le .45 Colt, le .50 Action Express et le .480 Ruger. Une contrainte de barillet, écrite dans la fiche de la cartouche. Profils tracés sur les cotes R1, R, P1, L3, H2, G1 et L6 des fiches C.I.P. Relevé du 16 septembre 2026.
Cinq profils tracés sur les cotes des fiches, à la même échelle, alignés sur le bourrelet. Sur petit écran, faites défiler horizontalement le schéma.

Une coupe de 2,52 mm sur un étui de revolver, ce n’est pas une variation de fabrication : c’est une décision, et elle se lit à son résultat. Elle amène l’étui à 32,64 mm, et cette valeur-là n’est pas quelconque.

Quatre fiches du tableau IV portent 32,64 mm de longueur d’étui, au centième : le .44 Remington Magnum, le .45 Colt, le .50 Action Express et le .480 Ruger. Quatre cartouches qui n’ont ni le même bourrelet, 13,06 contre 13,00, 13,06 et 13,77, ni la même ogive, 10,97 contre 11,58, 12,71 et 12,08, ni la même pression, 2800 bar contre 1100, 2300 et 3300.

Ce qu’elles partagent n’est pas une famille, c’est une contrainte. Un barillet a une longueur, et une cartouche de gros revolver américain fait 32,64 mm parce que c’est ce qui rentre. Nous avions vu le même mécanisme ailleurs : une longueur hors tout de 57,40 mm désigne le chargeur d’AR-15 chez la .224 Valkyrie, et trois cartouches de pistolet de service tiennent dans treize centièmes de millimètre chez le .45 GAP. Une contrainte d’arme finit toujours par s’écrire dans la fiche de la cartouche.

Le .475 Linebaugh, lui, est né dans un autre boîtier : le Freedom Arms modèle 83 et le Magnum Research BFR, des armes de gros barillet. Le .480 devait entrer dans un Super Redhawk, dont le barillet avait été dessiné pour le .44 Remington Magnum. Les 2,52 mm sont la différence entre les deux armes, pas entre les deux cartouches.

Ce que la fiche dit du croisement, et ce qu’elle ne dit pas

Une fiche C.I.P. publie deux colonnes : CARTOUCHE MAXI, la cartouche la plus grosse admise, et CHAMBRE MINI, la chambre la plus petite. Croiser l’une avec l’autre est l’opération que ce dossier fait à chaque calibre, et ici elle donne un résultat net dans un sens et un résultat net dans l’autre.

Cartouche maximale du .480 Ruger contre chambre minimale du .475 Linebaugh : longueur d’étui 32,64 contre 35,74, bourrelet 13,77 contre 13,87, épaisseur de bourrelet 1,78 contre 1,80, corps 12,80 contre 12,86, bouche 12,80 contre 12,81, ogive 12,08 contre 12,08. Six cotes sur six tiennent.

Dans l’autre sens, une seule ne tient pas, et c’est la bonne : l’étui maximal du .475 mesure 35,16 mm quand la chambre minimale du .480 en fait 33,22. Il manque près de deux millimètres, et aucune tolérance ne les rattrape.

Voilà pour la géométrie. Et voilà où nous nous arrêtons, délibérément. Une fiche C.I.P. décrit une cartouche et une chambre, elle n’autorise rien : elle ne connaît ni l’usure d’un barillet, ni le marquage d’une arme donnée, ni ce qu’un armurier verrait en la regardant. Sur une arme précise, seul le marquage du canon fait foi, et la question se pose à un armurier, jamais à un tableau de cotes lu en ligne.

La poussée au culot, là où les 150 bar se voient

La cote que personne n’utilise est la section d’âme, notée Q sur la fiche. Multipliée par la pression maximale et divisée par dix, elle donne la force en newtons qui s’applique au cul de l’ogive au moment du pic de pression.

  • .480 Ruger : 3300 × 112,78 ÷ 10 = 37 217 newtons
  • .475 Linebaugh : 3450 × 112,78 ÷ 10 = 38 909 newtons

Mille six cent quatre-vingt-douze newtons d’écart, soit moins de cinq pour cent. C’est tout ce que les 150 bar achètent, à section égale. Le .480 Ruger est cinquième des quatre-vingt-douze fiches du tableau IV qui publient une pression et une section, derrière le .500 S&W Magnum (45 647 N), le .460 S&W Magnum (40 136), le .454 Casull (39 601) et son propre aîné. Le .44 Remington Magnum, qui passe pour la référence du gros revolver, est à 25 382 newtons : le .480 pousse 47 % plus fort.

Le comparateur du tableau IV

L’outil applique les mêmes lectures à douze cartouches du tableau IV et les compare au .480 Ruger : la longueur d’étui, la poussée au culot, l’ogive et la pression.

Comparer au .480 Ruger

Ce que cet outil ne fait pas : il lit des fiches et applique une formule. Il ne dit jamais ce qui se chambre dans quoi, et la poussée au culot n’est pas une performance : elle décrit un plafond normatif, pas une munition d’usine. Seul le marquage du canon fait foi. Les treize jeux de cotes viennent des fiches TDCC publiques du tableau IV, relevées le 16 septembre 2026. Le tableau IV ne publie pas d’énergie retenue, à la différence des tableaux de carabine.

D’où viennent les deux cartouches

Le .475 Linebaugh est l’aîné. John Linebaugh le dessine en 1986, à partir d’un étui de .45-70 Government recoupé à 1,4 pouce, soit 35,56 mm. C’est une cartouche d’artisan, faite pour des revolvers de gros barillet et pour le tir sur gros gibier à courte distance.

Le .480 Ruger arrive en 2001, développé avec Hornady. Ruger présente le Super Redhawk dans ce calibre dans son rapport annuel 2001. Il faut distinguer ce lancement commercial de la date du 17 février 2003 portée par la fiche C.I.P.

Les deux fiches sont déposées le même jour, le 17 février 2003, ce qui fait entrer l’aîné au catalogue européen en même temps que son cadet. Dix-sept ans après sa création, le .475 Linebaugh n’y était toujours pas.

Revolver à double action en acier inoxydable avec long canon lourd posé sur un comptoir d'armurerie, entouré de cartouches de .480 Ruger à ogive creuse
Un gros revolver à double action, canon lourd et barillet long : le .480 Ruger ne se tire pratiquement que comme ça.

Disponibilité en France

Relevé du 16 septembre 2026, chez les détaillants français consultés. Le .480 Ruger existe en rayon, ce qui n’était pas gagné pour un calibre de niche.

  • Le revolver : un Ruger Super Redhawk à canon de 7,5 pouces, six coups, annoncé disponible à 908,90 € en prix spécial contre 1 799,00 € de tarif normal.
  • La munition : une boîte de vingt Speer Gold Dot à ogive de 325 grains, soit 21 grammes, à 45,91 €, c’est-à-dire 2,30 € le coup. Annoncée en stock.
  • Les composants : une autre enseigne française ouvre bien une rubrique « 480 Ruger », mais elle était vide au relevé. Pas d’étuis vides référencés.

Le .475 Linebaugh, lui, ne se trouve nulle part en France : ni munition, ni étui. Des deux jumelles, seule la cadette a un marché européen, et c’est le positionnement commercial de ce calibre.

À titre de repère de performance, et ce sont là des chiffres de fabricant et non de la C.I.P. : Hornady publie 1350 pieds par seconde pour son chargement de 325 grains, soit 412 mètres par seconde, et 1315 pieds-livres d’énergie à la bouche, soit environ 1780 joules, mesurés dans un canon de 7,5 pouces. Le tableau IV ne publie pas d’énergie retenue, contrairement aux tableaux de carabine : sur une cartouche de poing, il n’y a pas de valeur normative à opposer à celle du fabricant.

Recharger le .480 Ruger

Avec 2,30 € le coup et pas d’étuis en rayon, la question se pose vite. Les cotes utiles de la fiche sont une ogive de 12,08 mm au maximum, une âme de 11,81, un fond de rayure de 12,07, six rayures de 4,06 mm au pas de 457,00 mm, un étui de 32,64 mm, une longueur hors tout de 41,91 mm et une section d’âme de 112,78 mm².

Le plafond est à 3300 bar, avec une pression individuelle maximale de 3795 et une pression d’épreuve de 4290. Le point de vigilance n’est pas le composant, c’est la fiche de référence : les deux cartouches partagent l’ogive au centième et n’ont pas le même plafond, donc une donnée trouvée « en .475 » ne se transporte pas telle quelle en .480. Le capteur de pression est d’ailleurs au même endroit sur les deux fiches, à 17,50 mm du culot, ce qui rend les deux chiffres directement comparables.

Pour la méthode, voir notre dossier sur la composition d’une cartouche, notre article sur la balistique du rechargement et la lecture d’une table de rechargement. Sur un gros calibre de revolver, le sertissage n’est pas un détail : voir notre article sur le sujet.

En France : catégorie B

Un revolver en .480 Ruger relève de la catégorie B, comme tout revolver à percussion centrale : autorisation préfectorale préalable, licence de tir en cours de validité, avis favorable du club et pratique justifiée. L’ogive de 12,08 mm reste très loin du seuil de 20 mm qui ferait basculer une arme en catégorie A1, et le calibre ne figure sur aucune liste d’exception. Le détail du classement est dans notre dossier sur les catégories d’armes en France.

À noter, parce que la confusion est fréquente : c’est l’arme qui est classée, pas le calibre. La même cartouche dans une carabine à levier de onze coups au plus relèverait de la catégorie C. Il n’en existe pas de modèle courant en .480 Ruger.

Pour quel profil le .480 Ruger a un sens

Il en a un si vous tirez le gros revolver, que vous avez déjà l’autorisation et le club, et que vous cherchez une poussée de magnum sans monter au .454 Casull ni au .500 S&W. Il pousse 47 % plus fort qu’un .44 Remington Magnum sur une arme de même encombrement de barillet, et il est le seul de sa gamme à être vraiment disponible en France.

Il n’en a pas si vous tirez au volume. À 2,30 € le coup et sans étuis vides en rayon, la séance coûte cher et le rechargement suppose d’importer son laiton. Pour le loisir en stand, la .44 Special ou un .357 Magnum font le travail à une fraction du prix.

Et il mérite d’être lu par qui consulte des fiches, pour une leçon qui dépasse le calibre. Deux documents normatifs peuvent décrire le même dessin à deux nombres près, et l’un de ces deux nombres n’a rien à voir avec la cartouche : il vient de l’arme qui devait la recevoir. Nous l’avions vu avec le 6 PPC, que la C.I.P. porte trois fois ; ici, la fiche ne se répète pas, elle se raccourcit.

À lire aussi : le .44 Magnum, le .500 S&W Magnum, et le 6 PPC.

Questions fréquentes

Le .480 Ruger et le .475 Linebaugh, c’est la même cartouche ?

Non, mais les deux fiches C.I.P. sont presque le même document. Déposées le même jour, le 17 février 2003, révisées le même jour, le 27 septembre 2004, elles publient trente-trois cotes chacune, dont vingt-cinq rigoureusement identiques : bourrelet 13,77 mm, corps 12,80, ogive 12,08, saut de balle 11,42, âme 11,81, six rayures de 4,06 mm au pas de 457,00, section de 112,78 mm². Ce qui change tient en deux nombres : 2,52 mm d’étui et 150 bar.

Pourquoi 32,64 mm d’étui précisément ?

Parce que c’est la longueur qui rentre dans un barillet de gros revolver américain. Quatre fiches du tableau IV portent exactement cette cote : le .44 Remington Magnum, le .45 Colt, le .50 Action Express et le .480 Ruger. Elles n’ont ni le même bourrelet, ni la même ogive, ni la même pression. C’est une contrainte d’arme écrite dans la fiche de la cartouche, comme la longueur hors tout de 57,40 mm l’est pour le chargeur d’AR-15.

Peut-on tirer du .480 Ruger dans un revolver en .475 Linebaugh ?

Ce dossier ne répond pas à cette question, et c’est délibéré. Ce qu’on peut dire, c’est ce que les deux fiches publient : croisée avec la chambre minimale du .475, la cartouche maximale du .480 tient sur les six cotes comparées. Mais une fiche C.I.P. décrit une cartouche et une chambre, elle n’autorise rien : elle ne connaît ni l’état d’un barillet, ni le marquage d’une arme donnée. Sur une arme précise, seul le marquage du canon fait foi, et la question se pose à un armurier.

Et dans l’autre sens ?

Là, la géométrie tranche : l’étui maximal du .475 Linebaugh mesure 35,16 mm quand la chambre minimale du .480 Ruger en fait 33,22. Il manque près de deux millimètres et aucune tolérance ne les rattrape. Les cinq autres cotes comparées tiennent, c’est la seule qui ne tient pas, et elle suffit.

Quelles sont les cotes du .480 Ruger ?

Colonne CARTOUCHE MAXI de la fiche : longueur d’étui 32,64 mm, longueur hors tout 41,91, bourrelet 13,77 pour 1,78 d’épaisseur, corps d’étui 12,80, collet 12,80, ogive 12,08. Côté canon : âme 11,81, fond de rayure 12,07, six rayures de 4,06 mm au pas de 457,00 mm, section 112,78 mm². Le saut de balle publié vaut 11,42 mm, et la somme de contrôle L3+G 44,06 mm.

Quelle pression maximale pour le .480 Ruger ?

3300 bar, avec une pression individuelle maximale de 3795 bar et une pression d’épreuve de 4290 bar. Le .475 Linebaugh est à 3450 bar. Sur les deux fiches, la pression individuelle vaut 1,15 fois la pression maximale et la pression d’épreuve 1,30 fois, ce qui veut dire qu’il n’y a qu’un seul nombre libre entre les deux documents.

Le .480 Ruger pousse-t-il plus fort qu’un .44 Magnum ?

Oui, et de beaucoup. La force au cul de l’ogive vaut la pression maximale multipliée par la section d’âme et divisée par dix : 3300 × 112,78 ÷ 10, soit 37 217 newtons, contre 2800 × 90,65 ÷ 10, soit 25 382 newtons pour le .44 Remington Magnum. C’est 47 % de plus, pour un étui de la même longueur. Le .480 Ruger est cinquième des quatre-vingt-douze fiches du tableau IV qui publient une pression et une section.

D’où vient le .480 Ruger ?

Il est introduit en 2001 par Ruger avec Hornady, et c’est la première cartouche que Ruger ait jamais lancée sous son propre nom. Elle est chambrée dans le Super Redhawk, un revolver à double action de six coups. Le point de départ était le .475 Linebaugh, dessiné en 1986 par John Linebaugh à partir d’un étui de .45-70 Government recoupé. La longueur nominale retenue pour le .480, 1,285 pouce, vaut 32,639 mm, soit au millième la cote maximale de la fiche C.I.P.

Trouve-t-on des munitions .480 Ruger en France ?

Oui, au relevé du 16 septembre 2026 : une boîte de vingt Speer Gold Dot à ogive de 325 grains, soit 21 grammes, à 45,91 €, c’est-à-dire 2,30 € le coup, annoncée en stock chez un détaillant français, qui propose aussi le revolver. Une autre enseigne ouvre une rubrique « 480 Ruger » mais elle était vide. Pas d’étuis vides référencés. Le .475 Linebaugh, lui, ne se trouve nulle part en France.

Le .480 Ruger se recharge-t-il ?

Oui, et le prix au coup y pousse. Les cotes de la fiche donnent tout ce qu’il faut : ogive 12,08 mm au maximum, étui 32,64, longueur hors tout 41,91, plafond à 3300 bar. Le point de vigilance n’est pas le composant mais la fiche de référence : les deux jumelles partagent l’ogive au centième et n’ont pas le même plafond, donc une donnée trouvée « en .475 » ne se transporte pas telle quelle en .480. Les étuis vides ne sont pas référencés en France au relevé.

En quelle catégorie est un revolver en .480 Ruger en France ?

En catégorie B, comme tout revolver à percussion centrale : autorisation préfectorale préalable, licence de tir en cours de validité, avis favorable du club et pratique justifiée. L’ogive de 12,08 mm reste très loin du seuil de 20 mm qui ferait basculer une arme en catégorie A1. C’est l’arme qui est classée et non le calibre : la même cartouche dans une carabine à levier de onze coups au plus relèverait de la catégorie C, mais il n’en existe pas de modèle courant.