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La carabine à air comprimé 10 m : discipline et matériel

Carabine à air comprimé de match pour le tir sportif à 10 mètres

Le « dix » d’une cible de carabine à air 10 m mesure 0,5 mm de diamètre. Le plomb qui doit l’effacer mesure 4,5 mm. Le projectile est neuf fois plus large que la cible qu’il vise. C’est pour cette raison que le règlement ne définit pas la mouche comme « le plomb est dans le dix », mais comme « le point blanc a été entièrement enlevé ».

Voilà la discipline la plus précise du tir sportif, et probablement la plus mal décrite en français. Deux chiffres circulent partout et sont faux depuis la dernière édition des règles : la finale ne se tire pas en 20 coups mais en 24, et le comptage décimal n’est plus une option en carabine 10 m. Tout ce qui suit s’appuie sur l’édition des règles en vigueur, traduction officielle de juillet 2026.

L’épreuve : 60 coups, 75 minutes, debout

Le nom officiel de l’épreuve est « Carabine à air 10 m (Debout) », la carabine à air comprimé de match étant la seule arme admise. La mention entre parenthèses n’est pas décorative : c’est la seule position autorisée, et c’est ce qui définit toute la difficulté.

ÉpreuveCoupsCibles électroniquesCibles papier
Carabine à air 10 m, hommes ou dames601 h 151 h 30
Carabine à air 10 m par équipes mixtes2 × 3040 min1 h

Soit une cadence disponible de 75 secondes par coup en qualification. Avant le match, la préparation et les essais forment un bloc de quinze minutes avec un nombre illimité de coups d’essai, et les athlètes sont appelés aux postes 25 minutes avant le début du relais.

Sur cible papier, dans les compétitions de club et aux échelons départementaux, le règlement prévoit un seul plomb par carton de match et quatre cartons d’essai. Soixante cartons pour un match.

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La finale se tire en 24 coups, pas en 20

C’est le chiffre le plus souvent faux en ligne, parce que beaucoup de contenus citent encore une édition périmée des règles. Le format actuel est le suivant, pour huit finalistes dont le score de qualification n’est pas reporté :

  • Deux séries de 5 coups, tirées en 250 secondes par série.
  • Puis 14 coups au coup par coup, chacun en 50 secondes.
  • Les éliminations commencent après le 12e coup et se poursuivent tous les deux coups : 8e place après 12 coups, 7e après 14, 6e après 16, 5e après 18, 4e après 20, bronze après 22, or et argent après 24.

Le déroulé est chronométré à la seconde. Installation du matériel au moins 20 minutes avant, appel « ATHLÈTES À VOS POSTES » environ 10 minutes avant, entrée un par un et présentation face au public, puis « EN POSITION » suivi de 30 secondes pour la carabine, contre dix secondes seulement pour le pistolet, avant le lancement des cinq minutes de préparation et d’essais. Entre les séries, l’annonceur commente 15 à 20 secondes, et les valeurs des coups ne sont pas annoncées après la première série. En cas d’égalité sur l’athlète à éliminer, des coups supplémentaires sont tirés au coup par coup, l’annonceur se taisant jusqu’à la rupture de l’égalité.

Un détail de production peu connu et savoureux : en finale ISSF télévisée, toutes les carabines doivent porter un système de visée en temps réel, installé dans la chambre d’appel sous supervision du jury. Le règlement précise même que le poids de ces dispositifs n’est pas compté dans le poids total de l’arme au contrôle.

La cible : un dix de 0,5 millimètre

Voici les dimensions officielles, zone par zone, avec une tolérance de 0,1 mm partout.

ZoneDiamètreZoneDiamètre
100,5 mm525,5 mm
95,5 mm430,5 mm
810,5 mm335,5 mm
715,5 mm240,5 mm
620,5 mm145,5 mm

Trois points contre-intuitifs, et ils sont ratés à peu près partout.

  • Le dix n’est pas un rond noir, c’est un point blanc de 0,5 mm au centre du visuel. À dix mètres, le tireur ne le voit pas. Il vise le disque noir.
  • Le visuel noir de 30,5 mm correspond aux zones 4 à 9. Autrement dit, tout ce qui est dans le noir vaut au moins 4, et une carabine de compétition met ses soixante coups dans un espace bien plus petit que ce disque.
  • Le carton n’est visible que sur 80 × 80 mm, avec un carton de fond de 170 × 170 mm de même couleur derrière la cible pour améliorer la visibilité.

Traduit en angle, le dix de 0,5 mm à dix mètres mesure 0,05 mrad, soit 0,172 minute d’angle. Pour situer, la cible carabine 50 m a un dix de 10,4 mm et la cible 300 m un dix de 100 mm. Le dix de la 10 m est donc vingt fois plus petit en diamètre que celui de la 50 m, pour une distance cinq fois plus courte : rapporté à la distance, la 10 m est quatre fois plus exigeante angulairement.

La règle du décimal, et ce qu’elle vaut en millimètres

Le comptage décimal divise chaque zone entière en dix zones égales, de 10.0 à 10.9. Depuis l’édition en vigueur, il est obligatoire en qualification carabine 10 m aux championnats ISSF pour les hommes, les juniors garçons, les dames et les juniors filles, ainsi qu’en équipes mixtes. Les finales carabine sont également comptées en décimales. En équipes mixtes, où chaque équipe associe un homme et une femme, la règle sépare d’ailleurs nettement les deux armes : le comptage décimal s’applique à la qualification carabine, tandis que le pistolet 10 m par équipes reste compté en points entiers. En France, le règlement fédéral est explicite : « les matchs carabine 10 m pour toutes les catégories sont comptés au dixième et non plus au point entier », l’épreuve carabine 3×20 restant au point entier.

Reste à savoir ce que représente une décimale physiquement, et c’est là que le calcul devient parlant. La lecture se faisant à la jauge extérieure, un impact vaut 10 dès que le plomb de 4,5 mm touche le cercle de 0,5 mm : le centre du plomb doit donc se trouver à moins de 2,5 mm du centre de la cible. Cette zone de 2,5 mm de rayon étant divisée en dix bandes égales, chaque décimale vaut 0,25 mm. Un 10.9 correspond à un centre de plomb à moins de 0,25 mm du centre géométrique.

Un score décimal, combien de millimètres ?

Reconstruction rédactionnelle. Elle combine deux règles publiées : la division de chaque zone entière en dix zones décimales égales, et le principe de la jauge extérieure, qui fait valoir 10 tout plomb de 4,5 mm touchant le cercle de 0,5 mm. L’ISSF ne publie pas de tableau des zones décimales en millimètres pour la carabine 10 m. Ces valeurs sont donc un calcul, pas une donnée officielle.

Détail de procédure qui étonne toujours : sur cible papier, la mouche carabine 10 m se mesure avec la jauge extérieure prévue pour le pistolet à air, une jauge de 4,5 mm. Le règlement le dit explicitement, et c’est le même outil qui sert pour la cible mobile 10 mètres.

Le maximum théorique est donc de 654,0 en qualification et de 261,6 en finale. Nous verrons plus bas que personne n’en a jamais approché.

Sur les cibles électroniques, le règlement exige une précision d’au moins la moitié d’une zone décimale, soit environ 0,125 mm, et seules les cibles testées et approuvées par l’ISSF sont autorisées. Chaque cible 10 m doit en outre utiliser une bande témoin en papier permettant le contrôle. En France, le championnat se tire sur cible électronique pour toutes les épreuves pistolet et carabine.

La carabine à air comprimé : ce que le règlement autorise et interdit

ParamètreCarabine à air 10 m
Poids maximum, organes de visée compris5,5 kg
Longueur maximum du système850 mm
Munition4,5 mm
Poids de détenteLibre, pas de minimum imposé
Énergie maximale7,5 joules, avec marquage obligatoire
Trou de pouce, appui-paume, appui-pouce, pommeau, niveau à bulleInterdits

Deux erreurs classiques à corriger tout de suite. Les 850 mm concernent le système, c’est-à-dire mécanisme plus canon, mesuré de l’arrière du mécanisme à la bouche apparente. Ce n’est pas la longueur hors tout : une carabine de match mesure couramment 1 075 à 1 190 mm. Et le poids de détente en carabine 10 m est libre, contrairement à ce qu’on lit souvent : le tableau des mesures porte la mention « libre » là où il impose 1 500 g minimum à la 300 m Standard. Les fabricants descendent d’ailleurs très bas, jusqu’à 15 à 50 g sur une détente électronique.

À titre de comparaison, une carabine 50 m ou 300 m peut peser 8,0 kg et n’a aucune restriction de longueur. La 10 m est, avec la 300 m Standard, la plus contrainte des carabines ISSF.

Le tableau des mesures, tel quel

Toutes les cotes marquées sont prises depuis l’axe de l’âme du canon.

CaractéristiqueLimite
Longueur du tunnel de guidon50 mm
Diamètre extérieur du tunnel, profil circulaire obligatoire25 mm
Hauteur du guidon au-dessus de l’axe du canon80 mm
Profondeur du fût sous l’axe du canon140 mm
Largeur maximum du fût60 mm
Point le plus bas de la poignée pistolet160 mm
Point le plus bas de la crosse arrière, sauf crosses en bois140 mm
Profondeur de courbure de la plaque de couche20 mm
Longueur talon-pointe de la plaque de couche153 mm
Décalage latéral de la plaque de couche30 mm
Écart latéral maximum de l’appui-joue40 mm
Écart latéral maximum de la poignée pistolet60 mm
Hauteur des contrepoids derrière la hausse60 mm
Hauteur des contrepoids entre guidon et hausse30 mm

Le contrôle de la plaque de couche se fait au gabarit de 153 × 30 mm : elle est acceptable si elle y rentre et qu’aucune partie n’est à plus de 30 mm de l’axe de la crosse arrière.

Ce que « formé anatomiquement » veut dire exactement

Le fût et la poignée pistolet ne doivent recevoir aucun matériau augmentant l’adhérence et ne doivent pas être formés anatomiquement. Le règlement définit très concrètement l’expression, et c’est utile à connaître avant de retoucher une poignée :

« « Formé anatomiquement » peut être interprété comme « l’ajout ou le retrait de matière sur une poignée d’origine fournie par un fabricant, pour l’adapter à la main d’un athlète donné ». L’intention est que la poignée soit lisse […] et non moulée à la forme des doigts ou du pouce. Les poignées produites par impression 3D ou à structure en treillis sont autorisées à condition de ne pas être moulées pour s’adapter personnellement à la main d’un athlète. »

Sont explicitement interdits le trou de pouce, l’appui-pouce, l’appui-talon, l’appui-paume et le niveau à bulle. Le règlement précise même que les appuis-paume ne peuvent être utilisés sur les carabines à air en aucune circonstance, alors qu’ils sont admis sur les carabines 50 m en position debout. Et aucune partie de la poignée ne peut être construite pour toucher ou soutenir le dos de la main ou le poignet.

Les contrepoids, et la règle du scotch

C’est le domaine où les tireurs bricolent le plus, et le règlement a été durci. Les contrepoids de canon sont autorisés dans un rayon de 30 mm depuis le centre du canon et peuvent coulisser le long de celui-ci. Les poids saillant de la crosse arrière ne peuvent dépasser latéralement de plus de 25 mm de l’axe de la crosse. Ceux placés sur le bas du fût ne peuvent s’écarter latéralement plus loin que l’extension maximale de l’appui-joue, soit 40 mm.

Mais la règle qui mérite d’être citée est ailleurs. « L’utilisation de tout type de ruban adhésif visible pour fixer des poids est interdite. » Et le commentaire ISSF explique le pourquoi avec un franc-parler rare dans un règlement sportif : l’image des athlètes et de leur équipement, lorsqu’elle est diffusée ou photographiée, doit être en accord avec la présentation d’un sport olympique, et les carabines ne doivent pas donner l’impression d’être maintenues par du ruban adhésif ou des colliers de serrage. Le texte ajoute que les masselottes d’équilibrage de roues automobiles en plomb sont autorisées, mais que les gros amas sont inesthétiques et devraient être dissimulés.

Un point sécurité que personne ne traite

Le règlement met la vérification des cartouches d’air à la charge de l’athlète :

« L’athlète est responsable de vérifier que chaque réservoir d’air ou de CO2 soit dans la limite de validité donnée par le fabricant (dix (10) ans au maximum). »

Dix ans, pas davantage. C’est une date à connaître sur son propre matériel, et le contrôle des équipements peut la vérifier.

Ce qui est autorisé autour de l’arme

  • Le bipied peut servir de support avant ou après le tir, mais doit être démonté pendant les tirs de match.
  • Un reposoir est autorisé pour poser l’arme entre les coups, à condition qu’aucune partie ne dépasse en hauteur l’épaule la plus haute de l’athlète debout. Par sécurité, quand la carabine y est posée, l’athlète doit la tenir avec la main.
  • Une boîte ou un sac de tir peut servir de repose-carabine, sans gêner les voisins ni constituer un abri contre le vent.
  • Le télescope de contrôle est interdit en 10 m. Il n’est autorisé qu’en 50 et 300 mètres. Ajouté à l’interdiction de la lunette de visée sur l’arme, cela signifie qu’un carabinier de 10 mètres ne dispose d’aucun grossissement, ni pour viser ni pour voir ses impacts.
  • La bretelle est interdite en position debout, de même que le cale-main et le pommeau pour les épreuves 10 m.

Dioptre et guidon annulaire : voir sans grossir

Le tireur regarde à travers un œilleton percé d’un trou réglable et cadre le visuel noir dans un anneau logé dans le tunnel de guidon. Aucun grossissement n’est permis, et la règle est formulée sans échappatoire :

« Les organes de visée avant ou arrière peuvent être munis de lentilles claires ou teintées, ou d’un filtre polarisant, mais ne doivent comporter aucun système de lentilles internes grossissant l’image. Tous ces dispositifs doivent présenter une identification clairement visible, telle qu’un collier rouge, indiquant que les lentilles ne sont pas grossissantes. »

Le collier rouge est le détail qui rend la règle applicable : une lentille de dioptre non grossissante doit être identifiable visuellement au contrôle des équipements. Une seule lentille correctrice peut être fixée à l’extérieur du système de visée, jamais à l’intérieur, et tout dispositif de visée programmé pour déclencher la détente est interdit.

Le tunnel de guidon doit présenter un profil circulaire vu à travers la hausse, sans forme extérieure ni ajout pouvant servir de référence horizontale. Le cache-œil ne doit pas dépasser 30 mm de hauteur ni s’étendre au-delà de 100 mm du centre de l’œilleton, et il ne peut être placé que du côté de l’œil qui ne vise pas. Un prisme ou un miroir sans lentille grossissante est admis pour un droitier tirant de l’œil gauche, sujet que traite notre article sur l’œil directeur au tir.

Détail vestimentaire réglementaire, avec son explication historique : la casquette ou la visière ne peut aller au-delà de 80 mm en avant du front et ne doit visiblement pas toucher ni reposer sur la hausse. À l’origine, l’interdiction visait à éviter qu’elle serve de point de repère et stabilise la carabine contre la rotation horizontale ; les visières flexibles en élastomère n’offrant pas cet avantage, elles sont désormais autorisées à toucher l’organe arrière.

Le réglage quotidien du carabinier tient dans deux pièces : l’ouverture de l’iris et le diamètre de l’anneau de guidon, réglable de 2,8 à 4,8 mm. C’est dans cette plage que le tireur ajuste l’anneau de lumière autour du visuel noir de 30,5 mm. Pour le détail du fonctionnement et du zérotage, notre guide du dioptre de tir reprend le sujet en profondeur.

Ce poste coûte plus cher qu’on ne l’imagine. Prix constructeur relevés chez Anschütz le 16 août 2026 :

Élément de viséePrix TTC
Dioptre 6805/10, dix clics349,00 €
Dioptre 8012, douze clics, résistant aux intempéries429,00 €
Dioptre 7002/10, dix clics639,00 €
Iris 951095,00 €
Iris 9565 avec filtre cinq couleurs et polarisation219,00 €
Guidon iris annulaire 9740, 2,8 à 4,8 mm155,00 €
Guidon Duo-Ringkorn 9750, 2,8 à 4,8 mm255,00 €
Tunnel de guidon orientable99,00 €
Œilleton de dioptre 1,1 mm29,00 €

Chez Walther, le tarif constructeur 2026 aligne quatre niveaux de dioptre, du modèle BASIC à 209,24 € HT au VISIONIC à 586,55 € HT, en passant par le SPORT à 276,47 € HT et l’INSIGHT-OUT à 503,36 € HT. Un jeu dioptre et guidon iris complet représente donc facilement 800 à 900 € à lui seul, souvent déjà monté sur les carabines de haut de gamme.

4,5 mm et 7,5 joules : pourquoi la puissance ne compte pas

Le calibre est imposé à 4,5 mm, et le règlement admet « les projectiles de toute forme faits de plomb ou d’un autre matériau tendre ». Il n’y a ni poids ni forme de plomb imposés, ce qui laisse le choix des munitions entièrement libre dans ce calibre. En pratique les tireurs emploient des plombs diabolo à tête plate de 0,45 à 0,53 g, sélectionnés à la main par le fabricant et disponibles en plusieurs diamètres de tête, généralement 4,49 et 4,50 mm pour les modèles match. Deux munitions de référence donnent l’ordre de grandeur : un plomb match de 0,51 g annoncé pour une énergie minimale de 7,5 J et une distance maximale de 10 mètres, et un plomb de 0,53 g en diamètre 4,50 mm dont la fiche mentionne le double usage biathlon 10 mètres et carabine à air 10 mètres. Les plombs d’entraînement du même calibre se trouvent à 5,95 € la boîte de 500. Notre guide des plombs diabolo détaille pourquoi la tête plate s’impose ici, et ce n’est pas pour la raison qu’on croit.

Le plafond d’énergie est double : la règle impose 7,5 joules maximum et un marquage sur l’arme. Tous les fabricants annoncent exactement cette valeur, avec une vitesse initiale de 170 à 175 m/s. Contrôle de cohérence : un plomb de 0,51 g à 170 m/s donne 7,37 J, et à 175 m/s 7,81 J. La plage annoncée encadre donc les 7,5 J, et la valeur réelle dépend du réglage individuel de l’arme, toutes les carabines de match disposant d’un réglage de vitesse. Il faut donc écrire « au maximum 7,5 J », jamais « une carabine 10 m développe 7,37 J ».

L’arme la plus aboutie du tir sportif est l’une des moins réglementées

Le droit français classe les armes à propulsion non pyrotechnique en trois étages. En dessous de 2 joules, ce n’est pas une arme au sens du code. Entre 2 et 20 joules, c’est la catégorie D, d’acquisition et de détention libres. À partir de 20 joules, c’est la catégorie C, soumise à déclaration.
Une carabine à air comprimé ISSF plafonnée à 7,5 J est donc une arme de catégorie D, libre pour un majeur, et elle se situe 2,67 fois en dessous du seuil qui la ferait basculer en catégorie C. C’est exactement l’inverse de l’intuition générale : le matériel le plus techniquement sophistiqué du tir est aussi l’un des moins encadrés. Notre guide des armes de catégorie C précise ce qui change au-delà du seuil, et le convertisseur fps joules donne la formule exacte.

L’âge : neuf ans, sous trois conditions

Le principe général du code est dix-huit ans révolus, sous réserve des exceptions prévues pour la chasse et pour les activités encadrées par la fédération délégataire. Or l’exception applicable à la carabine 10 m descend beaucoup plus bas.

Les armes de la catégorie D concernée peuvent être détenues par des mineurs de plus de neuf ans, à trois conditions cumulatives.

  • L’autorisation d’un titulaire de l’autorité parentale.
  • L’absence d’inscription de ce titulaire au fichier national des interdits d’acquisition et de détention d’armes.
  • La licence d’une fédération sportive délégataire pour la discipline du tir.

Le même article fixe à douze ans le seuil pour la catégorie C sous licence de tir, et à seize ans sous permis de chasser.

Nuance importante à respecter : le texte parle de détention. L’acquisition et la vente aux mineurs relèvent d’autres dispositions. On peut donc écrire qu’un mineur de plus de neuf ans, licencié et autorisé par ses parents, peut détenir une carabine à air comprimé de catégorie D. On ne peut pas écrire qu’il peut l’acheter.

La tenue : 2,5 mm d’épaisseur, 3 mm de souplesse

La philosophie du règlement vestimentaire est posée en amont, et elle explique chaque mesure qui suit :

« L’utilisation de tout dispositif, moyen ou vêtement […] qui immobilisent ou réduisent trop les mouvements du corps, des bras ou des jambes de l’athlète, est interdit […] de façon à ce que les performances des athlètes ne soient pas artificiellement améliorées. »

ÉlémentÉpaisseur simpleÉpaisseur double
Veste et pantalon, zones normales2,5 mm5,0 mm
Veste et pantalon, renforts10,0 mm20,0 mm
Sous-vêtements2,5 mm5,0 mm
Chaussures4,0 mm 
Gant, les deux faces ensemble16,0 mm au total 

Et la mention qui accompagne le tableau ne laisse aucune marge : « Aucune mesure supérieure aux normes d’épaisseur indiquées dans le tableau ne sera acceptée (tolérance zéro). »

Le test de rigidité, et pourquoi une veste neuve n’est pas réglementaire

C’est le contrôle le plus discriminant. Un cylindre de 60 mm est appliqué sur le tissu : s’il s’enfonce d’au moins 3 mm, le matériau est accepté ; en dessous, il est trop rigide et aucune valeur inférieure ne peut être approuvée.

L’édition en vigueur a introduit une subtilité en deux zones et deux temps. La partie de la veste située au-dessus du point le plus bas des omoplates peut être plus rigide, et doit atteindre les 3 mm en 30 secondes maximum. La partie située en dessous, manches comprises, doit y arriver en 15 secondes maximum. Même logique pour le pantalon, avec l’entrejambe comme frontière.

Le règlement explique pourquoi il tolère plus de rigidité en haut, et c’est une des rares fois où un texte sportif reconnaît la contrainte physique : il est admis que les athlètes ont besoin d’un certain soutien pour réduire les risques de douleurs au haut du dos et aux épaules lorsqu’ils tiennent leur carabine en visée en position debout.

Et il ajoute cette phrase, qui vaut tous les conseils d’achat : « La plupart des vestes actuellement utilisées ne nécessiteront pas forcément de retouches, mais, neuves, elles devront être assouplies et manipulées pour atteindre le degré de souplesse requis. » Autrement dit, une veste de tir sortie du carton n’est pas conforme. Il faut la casser. Un fabricant l’écrit d’ailleurs noir sur blanc sur ses fiches produit.

Les règles de veste qui trahissent la discipline

  • La veste doit flotter sur le corps. Pour le vérifier, on doit pouvoir faire croiser les bords d’au moins 80 mm au-delà de la fermeture normale, sous 6 à 8 kg de tension. Chevauchement maximum 100 mm, cinq boutonnières au plus.
  • Aucune couture sous le coude qui supporte l’arme en position debout. La zone sans couture s’étend de 70 mm au-dessus de la pointe du coude à 20 mm en dessous, et se vérifie sur l’athlète debout, veste boutonnée. C’est une règle purement carabine debout.
  • Tous les laçages, courroies, attaches ou systèmes pouvant constituer un maintien artificiel sont interdits. Une seule fermeture éclair ou deux sangles au maximum sont tolérées dans la zone du bourrelet d’épaule.
  • Velcro, adhésifs et sprays sont interdits, à l’extérieur comme à l’intérieur, sur la veste, les renforts, les chaussures, le sol et l’équipement. Il est en revanche permis de rendre le matériau rugueux.
  • Toutes les poches intérieures sont interdites. Une seule poche extérieure est autorisée, de 250 mm de haut sur 200 mm de large maximum.
  • Le pantalon ne doit pas être porté plus haut que 50 mm au-dessus de la crête de l’os de la hanche, doit flotter autour des jambes, et toute poche y est interdite. Cordons de serrage et fermetures destinés à serrer sont interdits. Ceinture normale de 40 mm de large et 3 mm d’épaisseur maximum.

Les chaussures : le poste le plus codifié, et personne n’en parle

Les chaussures de tir sont autorisées en 10 m, en 50 m et en 300 m trois positions, mais formellement interdites dans les épreuves couché. Leur semelle doit passer un test de flexion : se plier d’au moins 22,5 degrés sous un couple de 15 newtons-mètres appliqué au talon.

La justification et la sanction valent d’être lues ensemble : l’objectif est de s’assurer que la semelle se plie quand l’athlète marche normalement, en déroulant le pied du talon à la pointe, et non en gardant les jambes raides et les pieds à plat. Des avertissements sont donnés si un arbitre observe ce comportement en qualification, et en finale, une pénalité immédiate de deux points est infligée.

Le règlement va jusqu’à réglementer la démarche : pour démontrer la souplesse de leurs semelles, les athlètes doivent marcher normalement à tout moment sur l’aire de compétition, talon-pointe et flexion des genoux, ce qui est particulièrement important lors de la présentation en finale. Si vêtements ou chaussures empêchent une marche naturelle, c’est avertissement, puis deux points, puis disqualification.

Côté cotes, tout est mesuré :

  • semelle de 10 mm d’épaisseur maximum à l’avant ;
  • hauteur de tige n’excédant pas les deux tiers de la longueur de la chaussure ;
  • matériau de la partie haute de 4 mm maximum d’épaisseur ;
  • test de flexion de la semelle : 22,5 degrés minimum sous 15 newtons-mètres au talon ;
  • sanction en cas de démarche jambes raides : avertissement, puis deux points, puis disqualification.

Le détail des contours : semelle suivant les contours extérieurs sans le, semelle suivant les contours extérieurs sans les dépasser de plus de 5 mm, débords coupés carré ou plat interdits. Et cette précision qui fait sourire : « les chaussures portées par les athlètes doivent constituer extérieurement une même paire ».

Scellés, registre et tarif des recontrôles

Dans toutes les épreuves carabine d’un championnat ISSF, chaque athlète ne peut utiliser qu’une veste et qu’un pantalon, munis de scellés portant un numéro de série unique, conçus pour ne pas pouvoir être retirés sans être brisés. Deux vestes et deux pantalons sont enregistrés par athlète, et il faut déclarer lesquels seront utilisés.

Le contrôle des équipements tient un registre nominatif, et la procédure a un prix. Le remplacement d’une fiche de contrôle perdue coûte 10 euros. Chaque nouvelle vérification d’un vêtement dans le même championnat coûte 20 euros. Et surtout : aucun vêtement ne peut être présenté plus de trois fois ; s’il échoue la troisième fois, l’utiliser entraîne une disqualification. Des contrôles post-compétition aléatoires sont explicitement prévus.

La position debout : ce que disent les capteurs

Le texte de la règle mérite d’être lu dans le détail, parce qu’il énumère surtout des interdictions.

  • L’athlète est debout, librement, les deux pieds sur le sol sans aucun autre appui.
  • La carabine est tenue avec les deux mains et l’épaule, ou le haut du bras proche de l’épaule. Elle peut toucher la veste sur la partie supérieure de la poitrine.
  • La main de détente ne doit toucher ni l’autre main ni l’autre bras. Ni la main ni les doigts ne doivent toucher le côté gauche de la veste, défini comme la zone à gauche d’une verticale imaginaire passant au centre de la poitrine.
  • Le seul appui concédé est interne au corps : le haut du bras d’appui et le coude peuvent s’appuyer sur le thorax ou la hanche.
  • Il doit exister un espace bien visible entre la carabine et le visage de l’athlète, cache-œil compris.

Sur ce dernier point, le commentaire du règlement est un petit chef-d’œuvre de pragmatisme : la largeur de cet espace n’est délibérément pas précisée, pour éviter qu’un athlète soit dérangé en plein match par un officiel venu le mesurer. Il doit simplement être tel qu’il ne fasse aucun doute que la carabine ne touche rien.

Cinq contraintes qui s’additionnent

La difficulté de cette position ne vient pas d’un élément mais de leur cumul. Aucun appui extérieur : pas de bretelle, pas de cale-main, pas de pommeau, pas d’appui-paume, pas de bipied pendant le match, pas de trou de pouce. Un poids réel : jusqu’à 5,5 kg autorisés, et les modèles de haut niveau s’en approchent, entre 4,4 et 5,1 kg selon le modèle et le fabricant. Un dix de 0,5 mm, soit 0,05 mrad. Une durée : 60 coups en 75 minutes, debout du début à la fin. Et une tenue volontairement bridée en rigidité.

La clé technique est là : le tireur ne tient pas l’arme à la force musculaire, il construit une structure osseuse fermée qui va de la hanche au coude, du coude à la main d’appui, de la main d’appui à la carabine, et de la carabine à l’épaule. Le règlement n’autorise que cet appui-là.

Ce que la science dit, et qui contredit l’intuition

On croit que le tir debout est un problème d’équilibre. Trois travaux publiés disent autre chose, et ils reposent sur des mesures instrumentées, pas sur du ressenti.

La plus large étude disponible a analysé 13 795 coups sur 319 tests, chez 40 tireurs de niveau national et international, avec suivi optoélectronique du point de visée et plateforme de force. Quatre composantes, à savoir la stabilité du maintien, la propreté du lâcher, la précision de visée et le timing du lâcher, expliquent à elles seules 81 % de la variance du score. Et le résultat contre-intuitif : l’effet direct de l’équilibre postural sur la performance est faible, comptant pour moins de 1 % de la variance. Il n’agit qu’indirectement, en permettant un maintien plus stable, auquel il est corrélé de façon significative.

Une seconde étude, sur douze tireurs internationaux d’une équipe nationale, aboutit à la même hiérarchie : cinq composantes expliquent 83,1 % de la variance, et la capacité de maintien et de visée en est la plus importante avec 36,3 %, suivie de la stabilité du déclenchement avec 24,5 %.

Une revue systématique de quatorze articles portant sur 268 sujets confirme et ajoute un fait : le balancement du corps différencie bien les élites des athlètes nationaux, mais il ne semble pas influencer le score à l’un comme à l’autre niveau, et le rythme cardiaque ne corrèle pas au score à presque tous les niveaux de performance. Ce qui compte au niveau national, c’est la stabilité horizontale de l’arme, la précision et le temps de visée.

Conclusion à retenir : travailler son équilibre n’est pas inutile, mais c’est un levier indirect. Le levier direct est la stabilité de l’arme et la propreté du lâcher. Et la légende du tireur qui déclenche entre deux battements de cœur ne résiste pas aux données.

Quelle carabine, quel budget

Prix constructeur relevés le 16 août 2026. Attention au régime de TVA, qui n’est pas homogène : le tarif officiel d’un fabricant est hors taxes, les prix affichés sur les fiches produit incluent la TVA allemande à 19 %, et la TVA française est à 20 %. Ces montants sont donc des repères, pas des devis.

ModèlePoidsPrix relevé
Hämmerli AR20 Blue PRO 1 049,58 € HT / 1 249,00 € TTC
Walther LG500 Ergotec Junior 1 553,78 € HT
Walther LG500 Ergotec3 150 à 3 590 g1 637,82 € HT / 1 949,00 € TTC
Feinwerkbau 800 Basic3,9 kg2 059,00 € TTC
Feinwerkbau 800 Junior3,5 kgà partir de 2 139,00 € TTC
Walther LG500 Competition4 200 g2 352,10 € HT / 2 799,00 € TTC
Feinwerkbau 800 X4,8 kgà partir de 3 929,00 € TTC
Feinwerkbau 900 Alu4,5 kgà partir de 4 265,00 € TTC
Walther LG500 itec Anatomic E5 110 g5 041,18 € HT / 5 999,00 € TTC

Une carabine à air comprimé de match tient 500 à 600 coups par charge selon les modèles, avec un canon de 420 à 450 mm et une longueur totale de 1 075 à 1 190 mm. Deux fabricants majeurs, l’autrichien Steyr Sport et l’allemand Anschütz, ne publient aucun tarif public pour leurs carabines à air comprimé : il faut passer par un revendeur. Le modèle Steyr Challenge existe en version mécanique et électronique, avec un canon de 450 mm, une ligne de visée réglable de 750 à 890 mm et un poids d’environ 4 420 g ; elle est livrée avec sa mallette, une cartouche d’air comprimé à manomètre et ses contrepoids de crosse. Anschütz décline sa gamme 9015 en huit modèles pour la discipline debout, du modèle 9015 ONE au modèle 9015 ULTRA LIGHT, tous en calibre 4,5 mm et tous configurables en version droitier ou ambidextre pour gaucher.

Le chiffre que personne n’écrit

Voici le budget de la tenue, relevé chez un détaillant spécialisé le 16 août 2026 : veste 1 150 €, pantalon 1 145 €, chaussures 159 €, gant 88 €, sous-vêtements techniques environ 300 €. Soit de l’ordre de 2 840 €.

La tenue coûte plus du double d’une carabine club. 2 840 € de textile contre 1 249 € TTC pour la carabine d’entrée de gamme la moins chère du panel. Dans cette discipline, l’habillement représente couramment un tiers du budget total, et personne ne le dit jamais aux débutants.

Trois scénarios chiffrés

  • Je découvre au club. La plupart des clubs prêtent l’arme et fournissent la cible. Votre coût réel est la licence et les plombs : 5,95 € les 500, soit environ 0,71 € pour un match de 60 coups. Le consommable de cette discipline olympique coûte moins d’un euro par match.
  • Je m’équipe pour la compétition régionale. Carabine d’entrée de gamme, cartouche d’air supplémentaire à 234 € HT, bouteille de recharge 300 bar de 6 litres à 419 € HT, gant, chaussures de tir, plombs par 5 000 à 55,95 €. Comptez de l’ordre de 2 000 à 3 000 €.
  • Niveau national, matériel complet. Carabine haut de gamme, tenue complète, dioptre et guidon iris de compétition, bouteille et accessoires : de l’ordre de 9 000 à 10 000 €.

Et pour le loisir, alors ?

Précisons la frontière, parce que la confusion est constante en magasin. Une carabine à air comprimé de loisir se choisit sur des critères que la discipline 10 m ignore ou interdit : la technologie de propulsion, ressort, PCP à réservoir rechargeable à la pompe ou au CO2 ; le calibre des munitions, 4,5 mm, 5,5 mm ou 6,35 mm, quand le règlement sportif impose le 4,5 mm ; la présence d’une lunette de visée, que le règlement ISSF proscrit purement et simplement ; parfois un chargeur multicoups, quand le match se tire un plomb à la fois. Et bien sûr la puissance, qui peut dépasser les 7,5 joules du plafond sportif et déclencher d’autres obligations. Notre guide de la carabine à plomb, ou carabine à plombs selon l’orthographe des catalogues, traite ces choix en détail, y compris les seuils légaux et la question du tir chez soi. Une précision de vocabulaire utile pour finir : le règlement ISSF parle de « carabines à air ou à gaz », et le contrôle des équipements vérifie la validité de « chaque réservoir d’air ou de CO2 ». Le gaz n’est donc pas exclu par principe, il est seulement rarissime au plus haut niveau.

Le matériel dans le détail : gammes, crosses, air et plombs

Le tableau de prix ci-dessus dit combien. Il ne dit pas ce qui sépare deux modèles d’une même marque, ni ce qu’il faut acheter en plus de la carabine. Cette partie reprend les gammes des quatre fabricants une par une, telles qu’ils les publient, et détaille les postes que les fiches produit passent sous silence.

Les quatre fabricants, gamme par gamme

Le marché de la carabine à air comprimé de match tient à quatre noms, tous européens, et chacun structure sa gamme différemment.

  • Walther, à Ulm en Allemagne, articule toute son offre autour d’une plateforme unique, la LG500, déclinée du modèle Ergotec Junior au modèle itec Anatomic à détente électronique, avec une entrée de gamme signée Hämmerli. C’est le seul des quatre à publier un tarif complet, daté et référencé.
  • Feinwerkbau, à Oberndorf, sépare deux séries : la 800 pour le club et la compétition, la 900 pour le haut niveau. La gamme 10 m complète compte quatorze références, des modèles 900 ALU, 900 W, 900 ALU Benchrest, 900 W Benchrest, 900 ALU Hybrid et 900 W Hybrid jusqu’aux 800 X, 800 W, 800 Alu, 800 Universal, 800 Evolution Top, 800 Evolution, 800 Basic et 800 Junior.
  • Steyr Sport, à Ernsthofen en Autriche, ne décline qu’une famille, la Challenge, en versions mécanique et électronique, plus des variantes benchrest, Light, cible mobile et biathlon. Le fabricant ne publie aucun tarif.
  • Anschütz, également à Ulm, propose pour la discipline debout huit modèles de la série 9015 : 9015 ONE, 9015 ONE BASIC, 9015 ALU, 9015 BLACK AIR, 9015 CLUB, 9015 JUNIOR, 9015 LIGHT et 9015 ULTRA LIGHT, tous en 4,5 mm et tous configurables pour droitier comme pour gaucher. La marque revendique plus de 165 ans d’expérience, et ne publie pas non plus de prix carabine.

Une précision qui vous évitera de chercher en vain. Ni Steyr ni Anschütz ne publient de tarif public pour leurs carabines : leurs boutiques en ligne ne référencent que pièces et accessoires. Nous n’inventerons donc aucun prix pour une Challenge ou une 9015, et vous devriez vous méfier de tout contenu qui en avance un sans citer de revendeur. Nos recherches chez les détaillants français accessibles n’ont d’ailleurs ramené aucune carabine ISSF 10 m en catalogue : tous les prix de cet article sont allemands ou autrichiens, avec la TVA de leur pays.

Bois ou aluminium : le choix de crosse a une conséquence réglementaire

C’est le critère le plus visible et le plus mal compris. Voici ce que les fabricants annoncent, modèle par modèle, sur les seules références dont le matériau et le poids sont publiés ensemble.

ModèleMatériau de crossePoids annoncé
Feinwerkbau 800 Juniorbois lamellé3,5 kg
Feinwerkbau 800 Basichêtre3,9 kg
Feinwerkbau 800 Wnoyer ou lamellé4,3 kg
Feinwerkbau 900 Alualuminium anodisé4,5 kg
Feinwerkbau 800 Alualuminium anodisé4,6 kg
Feinwerkbau 800 Xaluminium anodisé4,8 kg
Walther LG500 Ergotecbois léger3 150 g ou 3 590 g selon la source
Walther LG500 itec Anatomic Ebois Anatomic, manchon carbone5 110 g

Deux enseignements, dont un contre-intuitif.

  • Chez un même fabricant, le bois est le plus léger et l’aluminium le plus lourd, de 3,5 à 4,8 kg. Le métal n’allège pas la carabine de match, il la rigidifie et la rend réglable. Le poids, ici, n’est pas subi : il est choisi, dans la limite réglementaire de 5,5 kg avec organes de visée.
  • Le bois donne une liberté que l’aluminium n’a pas. La règle qui plafonne à 140 mm sous l’axe du canon le point le plus bas de la crosse arrière comporte une exception explicite : elle ne s’applique pas aux crosses en bois. Choisir le bois n’est donc pas seulement un choix de masse ou d’esthétique, c’est un choix qui élargit le réglage autorisé.

Une réserve d’honnêteté sur la ligne Ergotec : la fiche produit annonce 3 590 g avec cartouche acier, et le tarif du même fabricant annonce 3 150 g avec crosse bois allégée. Deux documents de la même maison. Nous donnons les deux chiffres plutôt que d’en choisir un.

Carabine à air comprimé de match 10 mètres avec dioptre et tunnel de guidon sur un pas de tir
Jusqu’à 5,5 kg à tenir à bout de bras, sans bretelle, sans appui-paume, pendant 75 minutes.

Ce que le règlement mesure sur la crosse, pièce par pièce

Au contrôle des équipements, chaque partie a sa définition et son gabarit. Les cotes sont prises depuis l’axe de l’âme.

  • Plaque de couche : largeur totale 30 mm maximum, profondeur de courbure 20 mm maximum, longueur talon-pointe 153 mm. Le contrôle se fait avec un gabarit de 153 × 30 mm : la plaque est acceptable si elle y rentre et qu’aucune partie ne dépasse de plus de 30 mm l’axe apparent de la crosse arrière. Elle peut être en plusieurs parties, chacune orientable.
  • Appui-joue : réglable en hauteur et latéralement, mais son bord extérieur ne peut s’écarter de plus de 40 mm de l’axe. Un matériau souple peut être appliqué en surface, ce qui autorise les habillages en caoutchouc ou en mousse de qualité que l’on voit sur les carabines de club.
  • Fût : point le plus bas à 140 mm maximum, largeur 60 mm maximum, surface plane obligatoire sur la section réglable, aucun matériau augmentant l’adhérence et aucune forme anatomique.
  • Poignée pistolet : 60 mm maximum latéralement, point le plus bas à 160 mm maximum, ni matériau adhérent ni forme moulée sur la main.
  • Interdits sans exception : trou de pouce, appui-pouce, appui-talon, niveau à bulle. Et pour l’appui-paume, le règlement est catégorique : il ne peut être utilisé sur les carabines à air en aucune circonstance.

Ces cotes expliquent une chose que les débutants comprennent mal en magasin : sur une carabine de match, tout ce qui ressemble à une aide au maintien est mesuré, et la plupart de ce qui aiderait vraiment est interdit.

L’air comprimé : la cartouche, sa validité de dix ans, et la recharge

Une carabine PCP de match ne se recharge pas à la pompe à main entre deux coups : elle porte une cartouche d’air comprimé sous le canon, et cette cartouche tient toute une série de séances.

  • Autonomie annoncée : une grande réserve pour un si petit volume, environ 500 à 600 coups par charge selon les modèles, soit huit à dix matchs de 60 coups.
  • Pression de service : 300 bar, certains modèles acceptant aussi 200 bar.
  • Prix des cartouches, tarif constructeur 2026 hors taxes : cartouche aluminium 300 bar 234,45 €, cartouche acier standard 234,45 €, cartouche acier Maxi 242,86 €.
  • La bouteille de recharge de 6 litres à 300 bar est facturée 419,33 € hors taxes, et l’adaptateur de remplissage universel 21,00 €.
  • Sur une Steyr, la cartouche livrée mesure environ 400 mm de long pour 34,6 mm de diamètre et porte son propre manomètre.

Et voici le point de sécurité que presque aucun contenu francophone ne mentionne. Le règlement met la validité du réservoir à la charge du tireur, dans des termes qui ne laissent pas de marge : l’athlète est responsable de vérifier que chaque réservoir d’air ou de dioxyde de carbone est dans la limite de validité donnée par le fabricant, dix ans au maximum. Le contrôle des équipements peut le vérifier. Une cartouche de plus de dix ans n’est donc pas seulement un risque théorique, c’est un motif de non-conformité.

Reste la question de ce qui remplit la bouteille. Une carabine 10 m se contente d’une bouteille tampon rechargée en club ou chez un armurier, mais dès que l’on tire à la maison la question de la source d’air se pose vraiment, avec ses propres pièges de pression et d’humidité. Notre guide du compresseur PCP traite ce sujet à part entière, y compris la différence entre 300 et 310 bar qui fait dépasser les timbrages.

Les plombs : moins d’un euro le match

C’est le poste le plus rassurant du sport, et il mérite d’être chiffré parce qu’il contredit l’image d’une discipline coûteuse.

  • Calibre imposé : 4,5 mm, plomb diabolo, un projectile à la fois.
  • Munitions d’entraînement relevées en France : plombs 0,53 g École de Tir à 5,95 € la boîte de 500, ou 55,95 € le pack de 5 000.
  • Coût d’un match de 60 coups : environ 0,71 € au conditionnement de 500, et 0,67 € au conditionnement de 5 000. C’est un calcul de notre part, une simple division du prix de la boîte.
  • Vitesse à la bouche annoncée par un fabricant pour toute sa série : 170 à 175 m/s, ce qui encadre le plafond réglementaire de 7,5 joules.

Un mot de prudence sur les masses affichées : sur une référence de plomb de match courante, le nom commercial annonce 0,53 g quand la fiche technique de la même page affiche 0,5 g. C’est un arrondi de fiche, pas une variante. Le choix du plomb et la lecture de ces masses sont détaillés dans notre guide des plombs diabolo.

Ce que la carabine 10 m n’a pas, et que le magasin va vous proposer

Récapitulatif à emporter en magasin, des équipements que l’on associe spontanément à une carabine et que le règlement écarte ici. Le détail des accessoires admis autour de l’arme figure plus haut.

  • Pas de lunette. Aucun système de lentilles internes grossissant l’image n’est admis, et les lentilles claires ou teintées autorisées doivent porter une identification visible du type collier rouge. Une lunette de tir classique, avec son grossissement et sa parallaxe, est donc hors sujet ici : c’est le matériel de tout autre chose.
  • Pas de chargeur. Le match se tire un plomb à la fois, ce qui rend le chargeur multicoups des carabines de loisir sans objet.
  • Pas d’appui-paume sur une carabine à air, en aucune circonstance, quand il reste admis en 50 m debout.
  • Pas de trou de pouce, pas d’appui-pouce, pas d’appui-talon sur la poignée pistolet.
  • Pas de niveau à bulle, ni aucun repère horizontal sur le tunnel de guidon, qui doit présenter un profil circulaire vu à travers la hausse.

En revanche, le support de carabine pour poser l’arme entre les coups est admis, avec deux conditions : ne dépasser en hauteur l’épaule la plus haute du tireur debout, et rester en arrière de la table. Et par sécurité, quand la carabine repose dessus, le tireur doit la tenir de la main.

La détente électronique : quatre conditions, pas une de moins

Le poids de détente est libre en carabine à air, ce qui ouvre la porte à l’électronique. Le règlement l’autorise, mais sous quatre conditions cumulatives qu’il énumère lui-même.

  • Tous les composants sont fixés fermement et contenus dans le mécanisme ou le fût, batterie et fils invisibles de l’extérieur.
  • La détente est actionnée par la main droite d’un droitier ou la main gauche d’un gaucher.
  • Tous les composants sont présents lorsque la carabine passe au contrôle des équipements.
  • La carabine, tous composants installés, respecte les cotes et le poids de l’épreuve.

La deuxième condition est celle qui surprend, et elle vaut d’être lue deux fois : le règlement ne se contente pas d’autoriser l’électronique, il fixe quelle main la déclenche. Sur une carabine de match, la latéralité n’est pas un confort, c’est une clause.

Droitier, gaucher : ce qui se configure et ce qui s’achète

C’est un point pratique que les fiches produit traitent inégalement et qui décide parfois du modèle.

  • La série 9015 d’Anschütz est annoncée configurable en version droitier et en version gaucher sur l’ensemble de la gamme, huit modèles compris.
  • L’entrée de gamme Hämmerli du tarif Walther est référencée explicitement en versions droite et gauche, au même prix.
  • Les organes de visée, eux, se montent indifféremment : l’appui-joue et la plaque de couche se décalent de part et d’autre de l’axe, dans les limites de 40 et 30 mm vues plus haut, et c’est ce décalage qui fait la crosse ambidextre au sens du réglage.
  • Reste le cas du droitier qui vise de l’œil gauche : un prisme ou un miroir sans lentille grossissante est admis, et notre article sur l’œil directeur au tir explique comment le déterminer avant d’acheter quoi que ce soit.

L’entretien : ce que les fabricants ne publient pas

Nous devons finir ce chapitre matériel par une absence, parce qu’elle est instructive. Sur l’entretien d’une carabine à air comprimé de match, les fabricants consultés ne publient trois choses que tout acheteur voudrait connaître.

  • Aucune fréquence d’entretien courant n’est annoncée pour le canon ou le mécanisme.
  • Aucune durée de vie de canon n’est chiffrée, alors qu’elle l’est couramment sur les armes à feu de précision.
  • Aucune procédure de révision d’une cartouche d’air au-delà de la limite de validité de dix ans : le règlement dit qu’elle expire, pas ce qu’on en fait ensuite.

Nous n’inventerons donc pas de calendrier d’entretien. La règle de conduite raisonnable est celle que suivent les clubs : le manuel de votre modèle fait loi, et pour tout ce qui touche à la cartouche sous pression, c’est l’armurier qui tranche, pas le forum.

Et la protection auditive ?

Question légitime, et notre réponse est prudente. Le règlement carabine que nous avons lu ne comporte pas de chapitre sur les protections auditives ou oculaires, contrairement aux règlements de ball-trap qui les imposent explicitement aux tireurs comme aux arbitres. Nous n’en tirons pas la conclusion qu’elles seraient inutiles : une carabine à air comprimé produit un niveau crête mesuré entre 117 et 134 dB selon les modèles, et la limite de référence retenue par l’Organisation mondiale de la santé pour les enfants est de 120 dB. Autrement dit, le plus silencieux des tirs sportifs reste, pour un jeune tireur, dans la zone qui mérite une protection.

Notre comparatif des protections auditives au tir donne les niveaux mesurés famille d’arme par famille d’arme, ainsi que la décote officielle à appliquer aux indices imprimés sur les boîtes. Pour une salle 10 m, la question n’est pas la même que sur un pas de tir à 25 m, mais elle n’est pas nulle, et le règlement du club a le dernier mot.

Débuter en France : la progression des Écoles de tir

C’est le meilleur argument de la discipline, et il est totalement absent des contenus en ligne. La fédération a construit une progression physique en trois étages, qui règle le problème du poids de l’arme chez l’enfant au lieu de l’ignorer.

ÉtageCatégorieDispositif
1PoussinsBloc ressort : l’arme repose sur un support en U, sans contact latéral
2BenjaminsSupport à assistance modulable : l’athlète ne porte qu’une partie du poids
3MinimesDebout sans appui, règlement ISSF applicable

Le détail du deuxième étage est ce qui rend la méthode crédible. Le support à poulies, obligatoire, est limité à trois poulies, avec un crochet cylindrique de 10 mm de diamètre maximum et un câble tressé de type frein de vélo non gainé. Et le contrôle réglementaire est d’une élégance mécanique remarquable : arme épaulée, main de détente ouverte, fût posé sur le crochet, sans soutien du bras d’appui, l’arbitre ajoute 100 grammes sur le contrepoids du support. Pour que le support soit réglementaire, l’arme doit être entraînée vers le bas. Autrement dit, l’assistance doit être calibrée juste en dessous du poids de l’arme, jamais au-dessus.

Les deux premiers étages interdisent les vêtements de tir renforcés et les chaussures de tir. Le troisième étage les autorise selon le règlement ISSF, et les vestes de tir ambidextres y sont expressément admises. La progression est donc autant vestimentaire que posturale.

Quelques règles communes valent d’être connues.

  • Toutes les épreuves de carabine précision se tirent sur 40 coups, avec un plomb par cible en compétition, et un comptage au dixième.
  • Le surclassement est interdit.
  • Une estrade personnelle de 20 cm maximum est autorisée, sans antidérapant.
  • Les marquages au sol ne sont plus permis et l’adhésif est strictement interdit, mais on peut poser une réglette ou des cartons.
  • Le coaching non verbal est autorisé et la musique est diffusée sur tous les championnats.
  • Le code vestimentaire est assoupli : sandales hors tongs et épaules nues admises.

Côté administratif, la licence passe par un club affilié, et le certificat médical est obligatoire sans exception d’âge, pour les créations comme pour les renouvellements, la licence n’étant délivrée qu’après validation de son existence. Il doit dater de moins d’un an au moment de la création ou du renouvellement. Nos articles sur la licence de tir et la validité du certificat médical détaillent la procédure.

Sur l’âge minimum, une précision de rigueur. Réglementairement, la détention est ouverte dès neuf ans révolus sous les trois conditions vues plus haut. Sportivement, la catégorie d’entrée est Poussins. Mais la fédération ne publie pas, dans les documents consultés, d’âge minimum de licence exprimé en années, et nous n’en inventerons pas.

Enfin, la discipline existe en para-tir avec sept épreuves carabine 10 m au programme fédéral, en classes SH1, SH2, déficients visuels et couché, sur 60 coups, dont une épreuve debout avec potence pour la classe SH2.

La finale par équipes mixtes, série par série

Le format mixte est le plus lisible pour un spectateur et le plus mal raconté en ligne. Le voici tel que le règlement l’écrit.

  • Qualification : chaque membre tire 30 coups de match, soit 60 par équipe, en 40 minutes maximum, chaque athlète tirant indépendamment de son partenaire.
  • Comptage : décimal pour la carabine, points entiers pour le pistolet. Deux armes, deux barèmes, dans la même épreuve mixte.
  • Qualifiées : les quatre meilleures équipes accèdent à la finale.
  • Finale : trois séries de cinq coups en 250 secondes au commandement pour chaque membre, puis trois coups au coup par coup en 50 secondes.
  • Première élimination : l’équipe au score cumulé le plus bas est éliminée et se classe quatrième.
  • Bronze : trois coups supplémentaires par membre des équipes restantes, la plus basse prend la médaille de bronze.
  • Or et argent : trois derniers coups par membre, et le titre se joue là.
  • Maximum : 24 tirs par athlète en finale.

La deuxième ligne est celle qui mérite un détour : dans une même épreuve par équipes mixtes, la carabine se compte au dixième et le pistolet au point entier. C’est la trace la plus visible de ce qui sépare les deux armes, et nous l’avons développée dans notre article sur le tir au pistolet à 10 m, où ce comptage en points entiers change la façon même de viser.

Les scores de référence

RecordHommesDames
Monde, finale sur 24 coups255,0 (2025)255,3 (2025)
Monde, qualification sur 60 coups637,9 (2023)637,9 (2025)
Olympique, finale252,2 (Paris 2024)251,8 (Tokyo 2021, égalé deux fois à Paris)
Maximum théorique261,6 en finale, 654,0 en qualificationidem

Trois lectures de ce tableau.

  • Le record du monde tourne à 10,63 de moyenne sur soixante coups, soit 637,9 divisé par 60. Traduit avec la reconstruction millimétrique de la première partie, cela correspond à un centre de plomb à moins d’un millimètre du centre géométrique, coup après coup, pendant 75 minutes, debout.
  • Personne n’a jamais approché le plafond : 637,9 contre un maximum théorique de 654,0, soit 16 points de marge encore disponibles. Ce n’est pas une discipline saturée.
  • Les records dames égalent ou dépassent les records hommes, 255,3 contre 255,0 en finale et 637,9 pour les deux en qualification. Programme identique, même nombre de coups, même cible, même limite de 5,5 kg. C’est l’une des rares disciplines olympiques où c’est le cas.

Précision matériel amusante : Steyr affiche sur sa page carabines que le record du monde de qualification dames a été établi avec une Challenge E.

Ce qu’il faut retenir

  • Le dix mesure 0,5 mm de diamètre, c’est un point blanc, et le plomb de 4,5 mm est neuf fois plus large que lui.
  • La finale se tire en 24 coups, pas en 20. Le chiffre a changé et il est faux presque partout.
  • Le comptage est décimal en carabine 10 m, chaque décimale valant 0,25 mm de décalage du centre du plomb.
  • 60 coups en 1 h 15, debout, sans aucun appui extérieur.
  • 5,5 kg maximum, 850 mm pour le système et non hors tout, et un poids de détente libre.
  • 7,5 joules maximum, ce qui place cette arme en catégorie D, 2,67 fois sous le seuil de déclaration français.
  • Détention possible dès neuf ans, avec autorisation parentale et licence fédérale. Détention, pas acquisition.
  • Tolérance zéro sur les épaisseurs de tenue, et une veste neuve n’est pas conforme : il faut l’assouplir jusqu’à 3 mm de déformation en 15 secondes.
  • La tenue coûte plus du double d’une carabine club, environ 2 840 € contre 1 249 €.
  • L’équilibre postural pèse moins de 1 % de la variance du score. Ce qui compte, c’est la stabilité de l’arme et le lâcher.
  • Un match de 60 coups coûte 0,71 € de plombs.
  • Les records dames égalent les records hommes, sur un programme identique.

Questions fréquentes

Quelle énergie développe une carabine à air comprimé 10 m ?

Au maximum 7,5 joules, plafond imposé par le règlement ISSF, qui exige en outre un marquage sur l’arme. Les fabricants annoncent une vitesse initiale de 170 à 175 m/s, ce qui correspond à environ 7,4 à 7,8 J selon le plomb employé. Toutes les carabines de match disposent d’un réglage de vitesse, donc la valeur exacte dépend de l’arme et de son réglage.

Une carabine 10 m est-elle une arme réglementée en France ?

C’est une arme de catégorie D, d’acquisition et de détention libres pour un majeur. Le droit français classe en catégorie D les armes non pyrotechniques développant entre 2 et 20 joules, et la catégorie C soumise à déclaration ne commence qu’à 20 joules. Plafonnée à 7,5 J, la carabine olympique se situe 2,67 fois sous ce seuil : c’est le matériel le plus abouti du tir sportif, et l’un des moins encadrés.

À quel âge peut-on commencer la carabine 10 m ?

Réglementairement, un mineur de plus de neuf ans peut détenir une carabine à air de catégorie D, sous trois conditions cumulatives : autorisation d’un titulaire de l’autorité parentale non inscrit au fichier des interdits, et licence d’une fédération sportive délégataire pour le tir. Attention, le texte parle de détention et non d’acquisition. Sportivement, la catégorie d’entrée est Poussins, avec un tir sur bloc ressort.

Combien de coups en compétition de carabine 10 m ?

Soixante coups de match en 1 h 15 sur cible électronique, ou 1 h 30 sur cible papier, pour les hommes comme pour les dames. La finale se tire en 24 coups à huit finalistes : deux séries de cinq coups en 250 secondes, puis quatorze coups au coup par coup en 50 secondes chacun, avec élimination du dernier tous les deux coups à partir du douzième. En Écoles de tir, toutes les épreuves de précision se tirent sur 40 coups.

Quel budget pour débuter la carabine à air 10 m ?

Presque rien si vous passez par un club, qui prête généralement l’arme : votre coût réel est la licence et les plombs, à environ 0,71 € pour un match de 60 coups. Pour s’équiper en vue de la compétition régionale, comptez de l’ordre de 2 000 à 3 000 € avec une carabine d’entrée de gamme entre 1 250 et 2 100 €, une bouteille de recharge et les accessoires. Au niveau national avec tenue complète, on parle de 9 000 à 10 000 €. Prix relevés le 16 août 2026.

Quelle est la différence avec une carabine à plomb de loisir ?

Le calibre est le même, 4,5 mm, et l’énergie est du même ordre. Tout le reste diffère : la carabine 10 m est bridée à 7,5 joules et à 5,5 kg, elle interdit toute optique grossissante, tout appui-paume, tout trou de pouce, et son fût comme sa poignée ne peuvent être ni antidérapants ni formés anatomiquement. Une carabine de loisir peut au contraire monter en puissance et recevoir une lunette. Notre guide de la carabine à plomb traite des technologies et des seuils légaux du loisir.

Pourquoi une veste de tir neuve n’est-elle pas réglementaire ?

Parce que le règlement impose un test de rigidité : un cylindre de 60 mm appliqué sur le tissu doit s’enfoncer d’au moins 3 mm, en 30 secondes maximum au-dessus des omoplates et en 15 secondes maximum en dessous, manches comprises. Le texte le dit explicitement : neuves, les vestes devront être assouplies et manipulées pour atteindre le degré de souplesse requis. Un fabricant l’écrit d’ailleurs sur ses propres fiches produit.

L’équilibre est-il le facteur clé du tir debout ?

Non, et c’est mesuré. Sur une étude portant sur 13 795 coups chez 40 tireurs nationaux et internationaux, l’effet direct de l’équilibre postural compte pour moins de 1 % de la variance du score. Ce qui explique 81 % de cette variance, ce sont la stabilité du maintien, la propreté du lâcher, la précision de visée et le timing du lâcher. Une revue systématique ajoute que le rythme cardiaque ne corrèle pas au score à presque tous les niveaux.

Quel est le record du monde en carabine à air 10 m ?

En qualification sur 60 coups, 637,9 chez les hommes comme chez les dames, pour un maximum théorique de 654,0. En finale sur 24 coups, 255,0 chez les hommes et 255,3 chez les dames, pour un maximum de 261,6. Le record de qualification correspond à une moyenne de 10,63 par coup. Fait remarquable, les records féminins égalent ou dépassent les records masculins sur un programme strictement identique.

Cette discipline se résume à un paradoxe utile : elle demande le geste le plus précis du tir sportif avec l’arme la moins puissante et la moins réglementée. Sept joules et demi, un plomb qui coûte un centime, une cible dont le centre mesure un demi-millimètre, et 75 minutes debout à construire une architecture osseuse autour de cinq kilos. Le matériel de pointe existe et coûte cher, mais le club d’à côté prête une carabine et vend les plombs. Commencez par là. Pour la comparaison avec l’autre grande carabine de match, notre article sur la carabine de biathlon montre ce que change le fait de devoir courir entre les tirs.