Le permis de chasser s’obtient après une formation obligatoire auprès de la fédération des chasseurs, puis un examen unique organisé par l’Office français de la biodiversité : quatre ateliers pratiques et dix questions, avec 25 points sur 31 exigés et aucune faute éliminatoire. On peut le passer dès 15 ans ; il est délivré à 16 ans et valable à vie. L’examen coûte 46 € pour un majeur et 31 € pour un mineur, auxquels s’ajoutent la formation, puis chaque saison la validation.
La plupart des pages consacrées au permis s’arrêtent à la procédure. Celle-ci s’attarde sur ce qui fait réussir ou échouer : les ateliers pratiques, où l’on manipule et où l’on tire. C’est là que se jouent la majorité des points, et c’est là qu’un tireur, même expérimenté, peut se faire éliminer en une seconde.
Qui peut passer le permis de chasser ?
L’examen est ouvert dès 15 ans révolus le jour des épreuves, et la formation peut commencer à 14 ans et demi. Le permis n’est délivré qu’à 16 ans : un candidat reçu plus jeune reçoit son titre à son anniversaire. Entre-temps, la chasse accompagnée permet déjà de chasser aux côtés d’un parrain.
Il n’y a aucune condition de nationalité ni de résidence. Les conditions sont ailleurs, et l’OFB les liste : ne pas être sous tutelle sans autorisation du juge, ne pas avoir été privé du droit de port d’armes, ne pas avoir été condamné pour une infraction à la chasse, ne pas être inscrit au fichier des personnes interdites d’acquisition et de détention d’armes, et fournir un certificat médical attestant que l’état de santé physique et psychique est compatible avec la détention d’une arme. Des aménagements existent pour les candidats en situation de handicap, à demander à l’OFB.
Un chasseur étranger non résident n’a pas à passer l’examen français : il peut faire valider le permis de son pays s’il est valable pour la saison en cours. Un résident, lui, doit passer l’examen. Le détail est dans notre article sur le permis de chasser étranger.
S’inscrire : la formation d’abord, l’examen ensuite
Depuis janvier 2023, tout passe par une plateforme unique de l’OFB. L’inscription se fait en ligne, avec le paiement du droit d’examen ; le formulaire Cerfa pré-rempli arrive par courriel, puis le dossier papier part à la fédération départementale, qui le valide et le transmet à l’OFB. La convocation arrive ensuite par courriel. Les pièces demandées, selon service-public.gouv.fr :
- le Cerfa pré-rempli, daté et signé ;
- une photo d’identité récente, au format 35 x 45 mm ;
- une copie recto verso de la carte d’identité ou du passeport ;
- le certificat médical, de moins de deux mois ;
- entre 16 et 25 ans, les justificatifs du recensement ou de la journée défense et citoyenneté ;
- pour un mineur, l’autorisation de son représentant légal.
Méfiez-vous des sites qui proposent de faire l’inscription contre paiement : plusieurs fédérations mettent en garde contre ces intermédiaires, la démarche officielle ne passe que par l’OFB et la fédération. Méfiez-vous aussi du calendrier. Les fédérations fixent les dates de formation et d’examen selon l’ordre d’arrivée des dossiers complets, et les places partent vite : dans l’Ain, les sessions 2026 couraient de février à octobre ; dans les Alpes-de-Haute-Provence, elles étaient complètes et les nouveaux dossiers renvoyés à 2027.
La formation est obligatoire avant l’examen : au minimum une séance de préparation aux questions écrites et une séance d’exercices pratiques. Elle inclut la manipulation d’une arme à canons basculants, d’une arme semi-automatique et d’une arme à canon rayé. Sa durée varie selon les départements :
| Fédération | Formation annoncée | Prix de la formation |
|---|---|---|
| Ain | Soirée théorique de 2 h 30, demi-journée pratique, séance d’une heure avant l’examen | 60 € (résidents), 100 € (autres) |
| Calvados | 3 h de théorie, une demi-journée de pratique | 30 € |
| Loire-Atlantique | Une journée, 8 participants au plus | Gratuite |
| Côtes-d’Armor | Une journée en groupe, puis 30 minutes individuelles | 60 € |
| Ille-et-Vilaine | Une journée et demie | 80 € |
| Charente | Formation théorique et pratique | 100 €, première validation offerte |
Certaines fédérations demandent en plus un chèque de caution contre l’absentéisme, 100 € dans l’Ain, encaissé si l’on ne se présente pas sans cas de force majeure.
Combien coûte le permis de chasser ?
La partie fixe, versée à l’État, ne varie pas d’un département à l’autre, selon l’OFB :
| Poste | Majeur | Mineur |
|---|---|---|
| Droit d’inscription à l’examen | 16 € | 16 € |
| Redevance pour la délivrance du permis | 30 € | 15 € |
| Total de l’examen | 46 € | 31 € |
| Réinscription après un échec | 16 € | 16 € |
| Formation en fédération | De gratuite à 100 € selon le département | |
Le permis ne sert à rien sans sa validation, qui se paie chaque saison. Pour la première, prise dans l’année qui suit l’obtention, la redevance de l’État est réduite de moitié : 25,30 € au lieu de 50,60 € en 2026-2027, plus un timbre de 9 € et la cotisation de la fédération. En Haute-Marne, une validation nationale « nouveau chasseur » revient ainsi à 68 € tout compris. Certaines fédérations vont plus loin : en Meurthe-et-Moselle, l’opération « Je passe le permis à 0 € » remboursait en 2026 la formation et le droit d’examen aux résidents reçus. D’après ces montants, obtenir son permis et le valider la première saison coûte entre 130 et 250 € environ, assurance comprise, selon la fédération. Les formules sont comparées dans notre article sur la validation du permis de chasser.
Le déroulé de l’examen
L’examen est unique depuis le 1er janvier 2014. Ses modalités sont fixées par l’arrêté du 7 octobre 2013 : une épreuve pratique en quatre ateliers, puis dix questions. Il dure de trente minutes à une heure selon les centres, et se note sur 31 points.
| Atelier | Ce qu’on y fait | Points | Éliminatoire |
|---|---|---|---|
| 1. Parcours de chasse simulé | Franchir clôture ou fossé arme en main, décider de tirer à blanc ou non sur des plateaux lancés au hasard | 7 | Tout comportement dangereux |
| 2. Rangement de l’arme | Ranger une arme pour le transport en véhicule, en étui long ou court | 1 | Tout comportement dangereux |
| 3. Tir au fusil | Six plateaux lancés d’une fosse, fusil à canons basculants ou semi-automatique, cartouches à grenaille | 7 | Tir vers la silhouette humaine ou sur un plateau rouge |
| 4. Tir à l’arme rayée | Posté comme en battue, démonter et remonter la culasse, charger, tirer deux fois sur un sanglier courant, décharger | 6 | Toute transgression d’une règle de sécurité |
| Questions | Dix questions, dont une sur la sécurité | 10 | Mauvaise réponse à la question de sécurité |
Dans les ateliers 1, 3 et 4, un point sur le total récompense le comportement général : la rigueur de sécurité du début à la fin et l’attention portée à l’environnement. Pour être reçu, il faut au moins 25 points sur 31, aucune faute éliminatoire et une bonne réponse à la question éliminatoire. Tout comportement dangereux interrompt l’examen sur-le-champ.
Atelier par atelier, ce que l’examinateur regarde
Vingt et un des trente et un points se prennent sur le terrain. Ce que l’examinateur y regarde d’abord, c’est la sécurité et la décision : une faute de sécurité élimine, quel que soit le reste de la prestation.
Le parcours de chasse simulé
C’est l’atelier qui piège le plus. Le candidat marche avec une arme chargée de cartouches à blanc, rencontre un obstacle, clôture ou fossé, et voit partir des plateaux dans des directions imposées par le hasard : certains peuvent être tirés sans danger, d’autres partent vers un véhicule, une haie, une habitation ou un mannequin. Les gestes attendus sont ceux que les fédérations enseignent : vérifier l’intérieur des canons avant de charger, ouvrir et décharger l’arme avant de franchir l’obstacle, garder les doigts loin de la détente et du pontet tant qu’on ne tire pas, et ne jamais laisser la bouche du canon balayer une personne. Le point décisif est la décision : ne pas tirer est souvent la bonne réponse.
Le rangement de l’arme
Un seul point, mais un atelier qui mesure un réflexe utile toute la vie : une arme transportée en véhicule doit être sous étui ou démontée, et toujours déchargée. On ouvre, on vérifie la chambre, on range en étui, canon orienté vers une zone sans danger pendant toute la manipulation.
Le tir au fusil sur plateaux
Le candidat choisit au début de l’examen entre une arme à canons basculants et un semi-automatique. Six plateaux partent d’une fosse. Au moins un est lancé vers une silhouette humaine pivotante, et au moins un est rouge : il symbolise une espèce protégée ou un gibier non autorisé. Tirer sur l’un ou l’autre est éliminatoire. L’atelier teste donc l’identification avant le tir, exactement comme à la chasse. Pour un tireur de ball-trap, le piège est le réflexe : on a l’habitude de tirer tout ce qui sort, ici il faut regarder avant.
Le tir à l’arme rayée sur sanglier courant
Le candidat est placé comme un posté en battue. Il démonte et remonte la culasse, charge l’arme, tire deux fois sur une cible mobile qui figure un sanglier en fuite, puis décharge et vérifie. Toute transgression d’une règle de sécurité est éliminatoire : canon qui sort du secteur de tir, doigt sur la détente pendant la manipulation, arme non vérifiée. Les fédérations insistent sur l’angle de 30° et le repérage des postes voisins. Un livret de formation fédéral le résume ainsi : cinq pas à droite, puis à gauche, puis trois pas perpendiculaires, pour matérialiser l’angle. Nous y revenons dans notre article sur l’angle des 30° à la chasse.
Notre conseil de tireurs : s’entraîner avant l’examen sur un vrai sanglier courant, si un stand ou la fédération en propose un, et répéter les manipulations à vide avec un formateur jusqu’à ce qu’elles deviennent automatiques. Notre carte des stands de tir aide à trouver un pas de tir proche, et notre article sur le tir sur sanglier courant détaille l’exercice.
Calculer son résultat à l’examen blanc
Pendant la formation, beaucoup de fédérations organisent un examen blanc. Cet outil applique le barème de l’arrêté du 7 octobre 2013 à vos points.
Barème de l’examen du permis de chasser
Total : / 31
Ce que cet outil ne fait pas : il ne note pas à la place de l’examinateur. Il applique le barème officiel (31 points, 25 exigés, question de sécurité et fautes éliminatoires) aux points que vous saisissez. Les valeurs hors barème sont ramenées aux bornes de chaque atelier.
Avec les valeurs par défaut, 26 points : c'est reçu, mais avec une marge d'un point. Deux points perdus de plus, et c'est l'échec, d'où l'intérêt de viser le sans-faute sur l'atelier de rangement et sur les manipulations, là où les points sont les plus faciles à sécuriser.
L'épreuve théorique en bref
Les dix questions sont tirées d'une banque de plus de 400 questions, réparties entre quatre thèmes fixés par l'arrêté : la faune sauvage et ses habitats, la chasse et ses modes, les lois et règlements, les armes et munitions avec les règles de sécurité. L'une d'elles, sur la sécurité, est éliminatoire. Pour réviser, la Fédération nationale des chasseurs propose l'application gratuite Chassexam, avec les questions officielles et un mode examen blanc, et les fédérations vendent le manuel officiel autour de 10 à 17 €. Les thèmes et les pièges sont détaillés dans notre article sur les questions de l'examen du permis de chasser.

Après l'examen : certificat provisoire, permis définitif, échec
En cas de réussite, l'inspecteur de l'OFB remet immédiatement un certificat provisoire, qui vaut permis pendant deux mois. Le titre définitif, au format carte bancaire, est envoyé ensuite par l'Imprimerie nationale ; l'OFB annonce quinze jours au plus, service-public évoque le délai de deux mois. Le permis est valable à vie, sauf retrait par décision de justice. Il ne permet de chasser qu'une fois validé pour la saison, avec une assurance. Depuis un décret du 4 septembre 2024, les permis et les validations sont réunis dans un fichier national géré par l'OFB et la Fédération nationale des chasseurs, qui interroge automatiquement le fichier des interdits d'armes. En cas de perte, un duplicata se demande à l'OFB.
En cas d'échec, il faut se réinscrire, payer à nouveau le droit d'inscription de 16 €, et repasser la totalité de l'examen, pratique et théorie. Aucun délai d'attente n'est imposé par les textes, mais les places disponibles, elles, fixent le rythme. Les fédérations annoncent des taux de réussite autour de 80 %.
- 01PréparerInscription OFB et formation obligatoire auprès de la fédération.
- 02RéussirExamen pratique et théorique, sans faute éliminatoire.
- 03Recevoir le titreCertificat provisoire de deux mois, puis permis définitif.
- 04Valider et assurerValidation pour la période concernée et assurance avant de chasser.
Le permis constitue le titre ; sa validation et l’assurance répondent à des obligations distinctes. Source : OFB et Service Public.
Le permis de chasser et les armes
Le permis validé ouvre l'accès aux armes de chasse. Avec un permis accompagné de sa validation annuelle ou temporaire, ou de celle de la saison précédente, un majeur peut acheter une arme de catégorie C, à condition d'avoir un compte au système d'information sur les armes : notre guide pour créer son compte SIA détaille la démarche, et notre article sur le coffre-fort pour arme les règles de stockage. Un mineur ne peut pas acheter d'arme ; dès 16 ans, il peut en détenir une avec l'accord de ses parents et un permis en cours de validité.
Le permis de chasser et la licence de tir sont deux titres distincts. La licence de la Fédération française de tir ne permet pas de chasser, et le permis ne donne pas accès au tir sportif en club. Le cas de l'ancien chasseur qui garde un fusil sans valider son permis est traité dans notre article sur le fusil de chasse détenu sans permis.
Pour qui, quel conseil
Pour le tireur sportif licencié, travailler la manipulation, pas le tir
Vos points faibles ne seront pas au tir. Ils seront au parcours, dans les gestes que le stand n'impose pas : ouvrir l'arme avant l'obstacle, ne pas tirer un plateau qui part vers une maison, renoncer à un tir. Faites une séance de manipulation avec un formateur de la fédération, même si vous tirez depuis vingt ans.
Pour le candidat de 15 ans, combiner formation et chasse accompagnée
Formation dès 14 ans et demi, examen à 15 ans révolus, permis délivré à 16 ans. Si la seizième année tombe après l'ouverture, la chasse accompagnée permet de ne pas perdre la saison. Dans l'Ain, par exemple, les candidats qui n'auront pas 16 ans à l'ouverture ne sont inscrits qu'en fonction des places disponibles.
Pour l'ancien chasseur qui veut reprendre, vérifier plutôt que repasser
Un permis obtenu il y a trente ans reste valable : il n'y a pas d'examen à repasser, seulement une validation à prendre et une assurance à souscrire. Il faudra en revanche suivre la formation décennale de sécurité, que tous les chasseurs doivent avoir faite d'ici 2030. Un duplicata se demande à l'OFB si le titre est perdu.
BlackOpe est un média de tir : nous ne vendons ni formation ni inscription. Les montants cités sont ceux de l'OFB, de service-public.gouv.fr et des fédérations en 2026 ; pour votre département, la fédération des chasseurs fait foi. Pour préparer les ateliers de tir, notre carte des stands recense les pas de tir proches de chez vous.
À lire aussi : débuter la chasse, du permis à la première battue, la réglementation de la chasse, les règles de sécurité à la chasse et le fusil de ball-trap pour s'entraîner au tir sur plateaux.
Questions fréquentes
Quel est le prix d'un permis de chasse ?
L'examen coûte 46 € pour un majeur et 31 € pour un mineur, droit d'inscription et redevance compris. S'ajoutent la formation de la fédération, de gratuite à 100 € selon le département, puis chaque saison la validation, à demi-tarif la première année.
Comment obtenir son permis de chasser ?
En s'inscrivant sur la plateforme de l'OFB, en suivant la formation obligatoire de la fédération départementale, puis en réussissant l'examen : quatre ateliers pratiques et dix questions, avec 25 points sur 31 et aucune faute éliminatoire.
Est-ce que le permis de chasse est valable à vie ?
Oui, le permis de chasser est délivré à vie, sauf retrait par décision de justice. Il ne permet toutefois de chasser qu'une fois validé pour la saison, du 1er juillet au 30 juin, avec une assurance responsabilité civile chasse.
Quelle est la durée de la formation pour le permis de chasse ?
Elle varie selon les fédérations : d'une soirée et une demi-journée à une journée et demie, avec au minimum une séance de préparation aux questions et une séance d'exercices pratiques. Il faut y ajouter un vrai travail personnel de révision.
À quel âge peut-on passer le permis de chasser ?
Dès 15 ans révolus le jour de l'examen, la formation pouvant commencer à 14 ans et demi. Le permis n'est délivré qu'à 16 ans ; en attendant, la chasse accompagnée permet de chasser aux côtés d'un parrain.
Qu'est-ce qui est éliminatoire à l'examen du permis de chasser ?
Tout comportement dangereux, un tir sur la silhouette humaine ou sur le plateau rouge à l'atelier fusil, une transgression de sécurité à l'atelier carabine, et une mauvaise réponse à la question de sécurité. Chacun fait échouer l'examen, quel que soit le total.
Que se passe-t-il en cas d'échec au permis de chasser ?
Il faut se réinscrire, payer à nouveau 16 € de droit d'inscription et repasser tout l'examen, ateliers et questions. Aucun délai d'attente n'est fixé par les textes, mais la date dépend des places disponibles dans votre département.
Peut-on chasser avec le certificat provisoire ?
Le certificat provisoire remis le jour de la réussite vaut permis pendant deux mois. Pour chasser, il faut en plus une validation pour la saison et une assurance, comme avec le titre définitif envoyé ensuite par l'Imprimerie nationale.
Faut-il un certificat médical pour le permis de chasser ?
Oui. Il doit dater de moins de deux mois et attester que votre état de santé physique et psychique est compatible avec la détention d'une arme. Certaines fédérations demandent en plus le numéro RPPS et le cachet lisible du médecin.
