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Le revolver .22 LR : initiation, plinking et modèles

Revolver de calibre .22 Long Rifle posé sur un pas de tir avec ses cartouches

Un Ruger SP101 annoncé avec un canon de 2,25 pouces pousse une CCI Mini-Mag à 975 fps. Un Beretta 21A semi-automatique annoncé avec un canon de 2,5 pouces, donc plus long, plafonne à 851 fps. Le revolver « plus court » est plus rapide de 14,6 %, et ce n’est pas une anomalie de mesure : c’est que la longueur de canon d’un revolver ne se mesure pas comme celle d’un pistolet.

Voilà le genre de chose qu’on découvre en regardant les chiffres plutôt que les fiches produit. Le revolver .22 LR n’est pas « un pistolet .22 LR avec un barillet ». C’est une architecture qui échange de la vitesse et de la cadence contre de la tolérance et de la simplicité. Tout ce qui suit tourne autour de cet arbitrage, chiffres à l’appui.

Catégorie B, et le calibre n’y change rien

Commençons par la confusion la plus fréquente. L’article R311-2 du code de la sécurité intérieure classe en catégorie B, 1° les « armes à feu de poing et armes converties en armes de poing non comprises dans les autres catégories ». Le critère est la forme, pas la puissance.

Un revolver .22 LR est donc en catégorie B au même titre qu’un .357 Magnum. Le petit calibre ne déclasse rien. Ce qui entretient la confusion, c’est qu’une carabine .22 LR à verrou, elle, est en catégorie C et s’acquiert sur simple déclaration. Même munition, deux régimes, parce que l’un se tient à une main et l’autre à deux. Notre guide des armes de catégorie B détaille la procédure complète.

Ce qu’il faut réunir pour en acquérir un

  • 18 ans révolus, sauf tireur sélectionné en compétition internationale.
  • Licence FFTir en cours de validité, avec certificat médical de moins d’un an, obligatoire à la création comme au renouvellement.
  • Avis favorable du président de la FFTir, portant sur l’acquisition et la détention, lié à la pratique régulière.
  • Ne pas être inscrit au fichier FINIADA, et absence de certaines condamnations au bulletin n° 2.
  • État physique et psychique compatible. En cas d’hospitalisation psychiatrique sans consentement, certificat d’un psychiatre de moins d’un mois.

La demande se fait de façon dématérialisée depuis le compte SIA. Le délai de réponse est de trois mois, et le silence vaut rejet. L’autorisation est valable cinq ans. À l’achat, l’arme est transférée automatiquement à votre râtelier numérique, à confirmer en ligne sous cinq jours, la validation devenant automatique au-delà.

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Les quotas, et une dérogation qui ne s’applique pas

L’article R312-40 du CSI, dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2024, fixe la limite à quinze armes pour un majeur licencié. La page officielle ajoute une restriction pour le primo-demandeur qui ne participe pas à des compétitions : six armes au maximum pendant cinq ans, à utiliser sur les stands des associations agréées.

Le même article ouvre une dérogation aux mineurs de douze ans et plus, mais lisez le texte précisément : elle vise les « armes de poing à percussion annulaire à un coup », dans la limite de trois. Un revolver n’est pas une arme à un coup. Cette dérogation ne lui est donc pas applicable. Le revolver .22 LR reste une arme de majeur, ou de mineur sélectionné en compétition internationale. Nous verrons plus bas que la compétition, elle, ouvre une porte que le régime d’acquisition ferme.

Le carnet de tir n’existe plus. Beaucoup d’articles ont six ans de retard.

Ce qui est abrogé : l’arrêté du 16 décembre 1998 sur le nombre minimum de séances contrôlées, le carnet de tir et le registre journalier, abrogé depuis le 30 avril 2020. L’article R312-43 du CSI, qui imposait le carnet de tir, abrogé depuis le 1er juillet 2020. L’article R312-41, qui permettait de détenir jusqu’à dix pistolets à percussion annulaire hors quota, abrogé depuis le 1er janvier 2024.
Ce qui s’applique, arrêté du 28 avril 2020 : pour une première autorisation, trois séances contrôlées de pratique du tir dans les douze mois précédant la demande, espacées d’au moins deux mois, en association agréée affiliée à la FFTir. Le président du club consigne la présence sur une liste nominative tenue à disposition de la fédération et de l’État. Pour un renouvellement, une attestation de pratique régulière, sachant que « l’absence de pratique du tir pendant douze mois consécutifs au moins fait obstacle à la délivrance de cette attestation ». S’ajoute une formation initiale obligatoire à la sécurité, au stockage et au maniement.
On ne parle donc plus de faire tamponner un carnet, mais d’une liste nominative tenue par le club.

Les munitions : ce que nous savons et ce que nous ne savons pas

L’article R311-2 classe en catégorie B les « munitions à percussion centrale et leurs éléments conçus pour les armes de poing ». Or la cartouche .22 Long Rifle est à percussion annulaire. Elle n’entre donc pas dans cette rubrique, ce qui est cohérent avec la pratique commerciale : les armureries françaises rangent le .22 LR dans leurs rayons « munitions catégorie C » tout en vendant le revolver .22 LR en catégorie B.

En revanche, une honnêteté nécessaire. L’administration cite un plafond de « au maximum 3 000 cartouches par arme autorisée pour le tir sportif, par période de douze mois consécutifs ». Nous n’avons pas pu lire directement l’article du CSI qui porte ce plafond, ni trouver un texte disant explicitement que les munitions à percussion annulaire y échappent. Des revendeurs l’affirment ; ce n’est pas une source de droit. Nous ne l’écrirons donc pas. Posez la question à votre club, c’est lui qui a l’usage.

Dernier point de cadre, et c’est celui par lequel on commence en réalité : l’article R312-43-1 du CSI autorise une personne non membre à participer à deux séances d’initiation au maximum par période de douze mois, sur invitation, pièce d’identité en main, sous encadrement qualifié. C’est exactement le cadre dans lequel on met les mains sur un revolver .22 LR pour la première fois, avant toute démarche administrative.

Ce que le barillet apporte et qu’un chargeur ne peut pas

Le principal argument du revolver en .22 LR n’est pas la précision. C’est qu’il n’a rien à cycler. Pas de glissière, pas de culasse à renvoyer vers l’arrière, donc aucun seuil de puissance à franchir pour que l’arme fonctionne.

La démonstration la plus solide ne vient pas d’un vendeur mais du fabricant de munitions lui-même. Le catalogue CCI 2026 porte, sous son tableau .22 Long Rifle, cette note de bas de page :

« These cartridges may be used in semi-automatic firearms, however manual cycling of the action may be required. »

Note applicable notamment aux Quiet-22 et Quiet-22 Segmented HP, données à 710 fps, soit 216 m/s.

Mieux : CCI a dû créer une référence dédiée, la Quiet-22 Semi-Auto à 45 grains et 835 fps, décrite comme offrant un « flawless cycling through semi-automatic rifles ». C’est l’aveu le plus clair possible que la version standard, elle, ne cycle pas. Dans un revolver, la question ne se pose jamais : une Quiet-22 à 216 m/s se tire exactement comme une Mini-Mag à 376 m/s. Pour ce qui concerne le choix des cartouches lentes en général, notre article sur la munition subsonique reprend le sujet côté balistique.

Le tir réduit, une possibilité que le semi-automatique n’a pas

Une chambre de revolver .22 LR accepte les cartouches plus courtes de la même famille. Ce n’est pas un bricolage : le règlement IMSSU l’entérine en autorisant, en petit calibre, « toute cartouche manufacturée de 22 Court, 22 Long ou 22 Long Rifle à percussion annulaire ». CCI catalogue toujours une .22 Long de 29 grains à 1 215 fps, présentée comme la seule du marché, et une CB Long à 710 fps.

Le revers, énoncé sans détour

Un revolver .22 LR moderne plafonne à dix coups, contre dix à douze pour un pistolet du même calibre. Et surtout, le rechargement n’a aucun équivalent au changement de chargeur : on remet les cartouches une par une, ou on utilise un speedloader dédié, dont les seuls fabricants identifiés sont américains et dont nous n’avons pas vérifié la disponibilité en France.

Combien de secondes de plus ? Nous ne le dirons pas, parce que nous ne l’avons pas trouvé. Aucun temps de rechargement chronométré revolver contre pistolet en .22 LR n’existe dans une source fiable. Même chose pour la précision comparée à 25 mètres : aucun protocole publié. Nous laissons le chiffre à ceux qui l’inventent.

Le jeu barillet-canon : le prix mécanique du barillet

C’est le cœur technique du sujet, et c’est ce qui distingue vraiment un revolver d’un pistolet du même calibre.

Entre la face avant du barillet et l’entrée du canon, il existe un interstice, le jeu barillet-canon. Sa raison d’être est simple : sans lui, le barillet ne tournerait pas. Un brevet américain consacré à l’étanchéification de cet espace en donne la fourchette usuelle : de 0,002 à 0,009 pouce, soit environ 0,05 à 0,23 mm. La presse spécialisée cite couramment 0,006 à 0,007 pouce sur un revolver moderne.

Ce même brevet décrit l’inconvénient sans détour : les gaz qui s’échappent par cet interstice « purgent la pression du canon, ce qui réduit la vitesse du projectile ». Et la notice Ruger consacre à ce jeu un encadré entier, en majuscules, dont le titre est « HOT GASES EXIT BARREL/CYLINDER GAP », avec cette consigne : assurez-vous que rien, « y compris vos mains », ne se trouve sur le trajet des gaz chauds et des particules éjectés par l’avant et les côtés du barillet.

Combien ça coûte en vitesse ?

Un seul protocole public à grande échelle existe sur la question. Le projet Ballistics By The Inch a monté un revolver simple action équipé de cales permettant d’obtenir trois jeux de barillet différents, 0,006 pouce, 0,001 pouce et un jeu nul, canon serré contre la face du barillet. Dix tirs par munition, par longueur de canon et par valeur de jeu, des canons de 18 à 2 pouces, près de 7 000 cartouches tirées.

Deux réserves à énoncer avant les chiffres, parce qu’elles comptent. Ce test a été conduit en .38 Special et .357 Magnum, pas en .22 LR, et il n’existe à notre connaissance aucun équivalent publié dans notre calibre. Et le projet est en statut d’archive depuis le 1er septembre 2020, donc ces données ne reflètent pas les lots de munitions actuels.

Cela posé, l’ordre de grandeur est instructif. En passant d’un jeu de 0,006 pouce à un jeu nul, sur une même munition, le gain de vitesse mesuré est de 10,3 % avec un canon de 6 pouces, de 24,7 % avec un canon de 4 pouces et de 13,7 % avec un canon de 2 pouces. Autrement dit, l’interstice coûte cher, et il coûte d’autant plus cher que le canon est court.

Le chiffre en .22 LR : le S&W 617 contre un canon nu

Le même projet a chronographié des armes réelles en .22 LR, dont un Smith & Wesson 617 à canon de 5 pouces 7/8, en plus de ses canons d’essai en tube nu, sans barillet. La comparaison est éclairante.

MunitionS&W 617Canon nu 6″Écart
CCI 27 gr CPHP999 fps1 049 fps-4,8 %
CCI Mini-Mag 40 gr1 046 fps1 101 fps-5,0 %
Winchester Super-X 40 gr1 082 fps1 133 fps-4,5 %
Remington 36 gr Viper1 094 fps1 165 fps-6,1 %
Remington 33 gr Yellow Jacket1 137 fps1 249 fps-9,0 %
CCI Stinger 32 gr1 205 fps1 321 fps-8,8 %

La lecture est nette : environ 5 % de perte sur les munitions standard, jusqu’à 9 % sur les hyper-vélocité. Plus la cartouche est chargée, plus la fuite au jeu de barillet coûte cher. Nous y reviendrons dans la partie munitions, parce que c’est un argument d’achat concret.

Une précision méthodologique s’impose là encore : ces écarts mélangent le jeu de barillet, la qualité du canon, les tolérances de chambrage et la dispersion d’une arme à l’autre. Le jeu mesuré sur ce 617 précis n’est pas publié. Il faut lire ce tableau comme un ordre de grandeur, jamais comme la mesure de l’effet du jeu seul.

Le piège de la longueur de canon

Voici pourquoi comparer un revolver et un pistolet sur la longueur affichée n’a à peu près aucun sens. Les règlements internationaux ne mesurent pas la même chose dans les deux cas. La règle ISSF 8.4.3.1 c) est explicite.

Type d’armeCe qu’on mesure
Semi-automatiqueDe la bouche à la face de la culasse, soit canon + chambre
RevolverCanon seulement, à l’exclusion du barillet

Le règlement IMSSU dit la même chose. Et cela produit exactement le résultat annoncé en ouverture : le SP101 revolver donné pour 2,25 pouces sort la Mini-Mag à 975 fps, quand le Beretta 21A semi-automatique donné pour 2,5 pouces plafonne à 851 fps. Le revolver « plus court » gagne 124 fps, parce que ses 2,25 pouces ne comptent pas la chambre alors que les 2,5 pouces du Beretta l’incluent.

À longueur affichée égale, un revolver a donc un trajet de gaz plus long qu’un pistolet, mais il perd une partie de ces gaz au jeu de barillet. Les deux effets se compensent partiellement, et c’est pour cela que les comparaisons naïves de fiches techniques ne veulent rien dire.

Comparez vous-même les vitesses mesurées

Le tableau ci-dessous est interactif. Choisissez une arme et une munition, et vous obtenez la vitesse relevée au chronographe, sa conversion métrique et l’énergie correspondante.

Vitesses réelles en .22 LR, revolver contre pistolet

Vitesses relevées au chronographe par Ballistics By The Inch, projet en statut d’archive depuis le 1er septembre 2020. Les conversions en mètres par seconde et les énergies en joules sont calculées par nous à partir de ces vitesses et de la masse d’ogive annoncée. La vitesse du son est prise à 340 m/s. Ces valeurs ne remplacent pas la mesure de votre arme avec votre lot de munitions.

Amusez-vous à comparer le SP101 revolver de 2,25 pouces au Beretta pistolet de 2,5 pouces sur n’importe quelle munition : le revolver gagne systématiquement. Puis comparez le 617 de 5 pouces 7/8 au Ruger Mark I de 5,5 pouces sur la Stinger : le pistolet reprend 89 fps. La règle est que l’écart de trajet joue en faveur du revolver sur les canons courts, et que la fuite au jeu de barillet reprend l’avantage sur les munitions rapides.

L’alignement chambre-canon, et pourquoi le .22 LR y est exposé

Le contrôle se fait au range rod, une tige d’acier rectifiée qu’on pousse à travers le canon jusqu’au bouclier. Le principe est simple : aucune résistance supplémentaire ne doit se faire sentir au passage de la transition canon-barillet. Toute résistance signale un défaut d’alignement, à confier à un armurier.

Les conséquences d’un désalignement sont documentées par la NRA : les balles s’obturent différemment, ce qui donne des impacts dissemblables sur la cible ; avec des balles plomb apparaît le spitting, une projection latérale de particules de plomb au niveau du jeu de barillet, qui est un danger réel ; et l’on constate des dépôts de plomb excessifs dans le canon.

Deux caractéristiques rendent le .22 LR particulièrement vulnérable à ce défaut, et elles sont sourcées :

  • La balle est une balle à talon, du diamètre extérieur de l’étui, lubrifiée à l’extérieur. Plomb nu ou faiblement cuivré, cire en surface, aucune chemise pour encaisser une entrée de travers dans le cône de forcement. Le cuivrage, précise la même source, ne sert aucun objectif balistique et ne dispense pas de la lubrification.
  • La pression est faible et la combustion incomplète. La pression maximale moyenne du .22 LR reste sous 24 000 psi côté américain, et la C.I.P. européenne retient une Pmax de 1 700 bar. Surtout : « même dans un bon jour, seule la moitié environ de la poudre d’une cartouche .22 à percussion annulaire brûle complètement ».

Ajoutez qu’un revolver a six à dix chambres à usiner au lieu d’une, et vous comprenez pourquoi CCI porte sur sa Stinger, à étui long, la mention « à utiliser uniquement dans les armes ayant des dimensions de canon et de chambre ANSI standard ». Précision honnête : le raisonnement « dix chambres, dix occasions d’écart dimensionnel » est logique, mais aucune étude ne le mesure. Nous le présentons comme un raisonnement.

Simple action, double action, et les deux sur la même arme

Trois configurations existent sur le marché français, et elles ne s’adressent pas au même tireur.

  • Simple action pure. Le Ruger Wrangler exige l’armement manuel du chien avant chaque tir. Sa sécurité repose sur un mécanisme à barre de transfert doublé d’un interlock de portière de chargement, que le constructeur présente comme offrant « une mesure de sécurité sans égale contre le départ accidentel ».
  • Double action seule. C’est le cas des Weihrauch HW3 et HW7 T, deux modèles d’entrée de gamme que nous retrouverons dans la partie prix.
  • SA/DA, les deux sur la même arme. C’est le cas des Ruger SP101 et GP100 en .22, du S&W 617 et des Alfa Proj. Vous pressez directement la détente pour enchaîner, ou vous armez le chien pour un départ léger et un placement rigoureux.

Cette troisième configuration est un outil pédagogique remarquable, et c’est un argument qu’on ne trouve nulle part. La même arme, la même munition, la même cible, et deux départs radicalement différents : long, lourd et à filer en double action, court et à préparer en simple action. Un débutant apprend en une séance ce qu’un lâcher propre veut dire, sans changer d’arme.

Sur les poids de départ, la seule valeur que nous ayons trouvée pour le Ruger GP100 .22 est de l’ordre de 2,5 kg en simple action et 5,3 kg en double action. Attention : ce sont des chiffres de distributeur français, pas de spécification d’usine. Aucun poids de détente n’est publié sur les fiches techniques officielles consultées. À prendre comme un ordre de grandeur.

Le seul poids de détente opposable est réglementaire

Pour le tir ISSF à 25 mètres, le tableau 8.12 fixe des limites qui, elles, ne se discutent pas.

CaractéristiquePistolet 25 mPistolet libre 50 m
Poids de l’arme1 400 g maximum1 500 g maximum
Poids de détente1 000 g minimum500 g minimum
Boîte de contrôle300 x 150 x 50 mm420 x 200 x 50 mm
Longueur de canon153 mm maximumnon limitée par cette ligne
Longueur de visée220 mm maximumnon limitée par cette ligne

Ce que les règlements imposent au mécanisme

Le règlement IMSSU 2025 pose deux règles limpides. « Un revolver double action DOIT pouvoir tirer en double action. » Et : « Le barillet d’un revolver DOIT tourner sans intervention du tireur autre que l’armement du chien ou la pression sur la détente. » Autrement dit, on ne présente pas en compétition un revolver dont on fait tourner le barillet à la main.

Sur le travail de détente, le même règlement est précis sur ce qui est permis : ébavurer ou polir les surfaces portantes de la gâchette et du cran d’armé, couper, reformer ou remplacer le ressort de rappel de détente et le ressort de percussion, à condition que les ressorts de remplacement soient « aisément disponibles au public sur catalogue » et destinés à l’arme concernée. Aucune autre modification interne n’est autorisée.

Une mise en garde s’impose ici, et nous l’annonçons comme un raisonnement et non comme une donnée. Le .22 LR s’amorce par écrasement du bourrelet de l’étui contre le bord de chambre. Alléger le ressort de percussion sur une arme à percussion annulaire, c’est donc réduire la marge d’allumage, avec pour conséquence probable des ratés. Nous n’avons trouvé aucune donnée quantifiant cette marge en fonction de l’énergie de percussion, ce qui interdit de chiffrer, mais pas de prévenir.

Un détail d’arbitrage, pour finir, rarement repris et qui en dit long sur la spécificité de l’arme. La procédure ISSF de contrôle après incident prévoit que « si l’arme est un revolver, l’arbitre ne doit pas presser la détente sauf si le chien est armé ».

Six, huit, neuf ou dix coups : ce que la capacité change

Le marché français offre les quatre capacités.

CapacitéModèles relevés
6 coupsRuger Wrangler, Ruger Single-Six, Chiappa SAA 1873-22, Weihrauch HW9 Sport
8 coupsRuger SP101 .22, Taurus 942, Weihrauch HW3, Weihrauch HW7 T
9 coupsAlfa Proj 2231, Alfa Proj 2261
10 coupsSmith & Wesson 617, Ruger GP100 .22, Taurus 94, Chiappa SAA 1873 22-10

Et voici le constat contre-intuitif : en silhouettes métalliques, la capacité ne change absolument rien. Le règlement IMSSU impose qu’un revolver ou un pistolet utilisé dans toutes les épreuves, sauf Unlimited, soit « chargé à cinq coups et utilisé comme tel », toutes les épreuves se tirant par passes de cinq. Un six coups et un dix coups sont à égalité stricte.

Là où la capacité compte, c’est en entraînement libre et en plinking, où un barillet de dix coups double la longueur des séries. Et pour reproduire une série ISSF de 25 mètres, qui se tire par cinq coups, un dix coups permet deux séries complètes sans recharger quand un six coups n’en permet qu’une.

Le prix de cette capacité, c’est le poids et l’encombrement. Le Ruger GP100 .22 à dix coups pèse 1,19 kg, le SP101 à huit coups 850 g, le Wrangler à six coups sur carcasse alliage 850 g, et le Single-Six inox à canon de 7,5 pouces 1,27 kg. Chiappa illustre le compromis à l’inverse avec son 22-10, qui annonce dix coups pour environ 998 g grâce à une carcasse alliage compensant un barillet plus gros.

Ce que nous ne savons pas : l’épaisseur de paroi entre chambres sur un barillet .22 LR de huit, neuf ou dix coups. Aucun constructeur ne publie cette cote. Le raisonnement selon lequel plus de chambres signifie moins de matière est mécaniquement évident, mais nous ne le chiffrerons pas.

Les modèles disponibles en France, relevé du 16 août 2026

Ces prix ont été relevés le 16 août 2026 sur des sites marchands français. Ils sont volatils et les disponibilités changent quotidiennement : plusieurs références étaient en rupture au moment du relevé.

BudgetCe qu’on trouve
~370 €Weihrauch HW3, 8 coups, canon 70 mm, hausse fixe, double action
~440 à 450 €Ruger Wrangler, 6 coups, simple action seule, carcasse alliage Cerakote
~464 €Weihrauch HW7 T, 8 coups, canon 6″, hausse micrométrique, poignée bois
~580 à 620 €Alfa Proj 2231 et 2261, 9 coups, SA/DA, hausse réglable, inox intégral
~696 €Weihrauch HW9 Sport, 6 coups, canon 152 mm
~1 280 à 1 500 €Smith & Wesson 617, 10 coups, SA/DA, inox, canon 4″ ou 6″, hausse réglable
~1 660 à 1 710 €Ruger SP101 .22 (8 coups) et GP100 .22 (10 coups), verrouillage triple

Les deux bons choix, selon nous

Pour débuter, le Weihrauch HW7 T à 464 €. Dans notre relevé, c’est le revolver .22 LR à hausse réglable le moins cher du marché français, avec huit coups et un canon de six pouces. Un canon long et une hausse micrométrique sont exactement ce dont un débutant a besoin, et il n’y a aucune raison de payer trois fois plus pour apprendre.

Pour du sérieux sans se ruiner, l’Alfa Proj. C’est le seul neuf coups double action à hausse réglable identifié sous 650 € en France, en acier inoxydable intégral, un kilogramme sur la balance, poussoir de barillet à droite, hausse réglable. Le 2261 est annoncé compatible avec les munitions subsoniques, standard et haute vitesse, ce qui est cohérent avec tout ce que nous avons dit du barillet.

Les Ruger apportent en contrepartie de leur prix un argument mécanique qui se rattache directement à la partie précédente : le verrouillage triple du barillet, à l’avant, à l’arrière et en bas, présenté par le constructeur comme assurant « un alignement plus positif ». Sur GP100 et SP101, le pas de rayure est de 1:16 pouce, conforme à la spécification C.I.P., alors que le Wrangler et le Single-Six sont en 1:14.

Ce que nous n’avons pas trouvé, et que nous n’inventerons pas

Aucun prix français affiché pour le Taurus 942, le Taurus 94, les Chiappa SAA 1873-22 et 22-10 et le Ruger Single-Six neuf. Aucun revolver .22 LR au catalogue armes de poing de catégorie B d’Umarex France, qui n’y présente que des pistolets Walther : ne comptez pas cette marque parmi les fabricants de revolvers .22 LR. Et aucune explication sourcée à l’écart entre le tarif américain et le tarif français, considérable sur certains modèles. Nous constatons cet écart, nous ne l’expliquons pas.

L’épreuve 404 : il existe un championnat de France du revolver .22 LR

C’est l’information la plus utile de tout ce guide, et elle est absente partout ailleurs. Le règlement de gestion sportive de la FFTir pour la saison 2025-2026 inscrit, au chapitre des silhouettes métalliques petit calibre, l’épreuve 404, « 22 lr Revolver Position Libre », tirée en 40 coups.

Et voici l’angle qui devrait décider bien des achats : l’épreuve 404 est ouverte aux Cadets, l’épreuve 400 du revolver gros calibre ne l’est pas. Le règlement le confirme par ailleurs en posant une « interdiction de surclassement pour les cadets dans les épreuves tirées avec des armes de gros calibre ».

Le revolver .22 LR est donc la seule voie d’accès d’un adolescent au tir au revolver en compétition fédérale française. Le régime d’acquisition ferme la porte aux mineurs pour cette arme, la compétition l’ouvre à partir de la catégorie Cadets, avec l’arme du club. C’est un cas de figure que personne ne documente.

Ce que le règlement IMSSU impose à l’arme

  • Poids maximum de l’arme complète déchargée, organes de visée compris : 1 814 g.
  • Longueur de canon maximum : 273 mm, barillet non compris pour un revolver.
  • Longueur maximum de l’arme : 457 mm pour un revolver Production, contre 406 mm pour toute autre arme de poing Production. Le revolver bénéficie donc d’une allocation supplémentaire.
  • Écartement hausse-guidon : 342 mm maximum.
  • Freins de bouche et compensateurs interdits.
  • Dioptres interdits en petit calibre Production et en petit calibre Revolver. Seul est autorisé un feuillet de hausse à cran associé à un guidon plein.
  • Aucune lunette ni dispositif optique dans toutes les épreuves de la catégorie armes de poing petit calibre.

Et à quoi ressemble l’épreuve

Des silhouettes en acier de 6 mm d’épaisseur, à l’échelle 3/8, réparties comme suit : les poulets à 25 mètres, les cochons à 50 mètres, les dindons à 75 mètres et les béliers à 100 mètres, à deux mètres près. Trente secondes pour charger, deux minutes pour tirer la passe de cinq coups.

Tirer un bélier d’acier à cent mètres au revolver .22 LR, avec des organes de visée ouverts, sans appui, deux minutes pour cinq coups. C’est l’exercice le plus exigeant que ce calibre permette, et le prix de la cartouche reste celui du plinking.

Où le revolver .22 LR n’a pas sa place

Point capital pour un premier achat, parce que beaucoup de débutants achètent un .22 LR en croyant pouvoir tout faire avec.

DisciplineAdmis ?Pourquoi
Silhouettes, épreuve 404 RevolverOui, épreuve dédiéeRGS FFTir 2025-2026 et IMSSU 2025
Silhouettes, épreuve 405 ProductionOui, après avoir tiré la 404Règle de l’ordre croissant des épreuves
ISSF Pistolet 25 m percussion annulaireOui si conforme au tableau 8.12Règles 8.4.3.1 et 8.4.3.2
Tir aux armes réglementaires, arme de poingNonCalibres réglementaires de 7,62 à 11,60
Tir sportif de vitesse, IPSCNonÉtui minimum 9×19 mm
Écoles de tirNonÉpreuves à 10 m en air comprimé

Une nuance sur la ligne ISSF, par prudence. Un 617 à canon de 4 pouces mesure 102 mm et reste sous la limite de 153 mm ; un 617 à canon de 6 pouces, à 152 mm, est à la limite exacte. Mais le point bloquant est plutôt la boîte de contrôle de 300 x 150 x 50 mm et la longueur de visée, et les cotes hors tout du 617 ne sont pas publiées par le constructeur. Nous n’affirmerons donc pas qu’un 617 passe le contrôle ISSF. Cela se vérifie arme en main, avec un arbitre, pas sur un catalogue.

Le coût du coup tiré, l’argument qui décide

Tous les prix ci-dessous ont été relevés le 16 août 2026 chez des détaillants français.

MunitionConditionnementPrixCoût du coup
CCI Standard Velocity 40 gr50059,95 €0,120 €
CCI Standard Velocity 40 gr507,55 €0,151 €
Eley Tenex 40 gr, match5020,95 €0,419 €
Comparaison 9×19 FMJ 124 gr1 000275,95 €0,276 €

Ce que cela donne concrètement :

  • Une séance de 100 coups : 12,00 € en CCI Standard acheté par 500, contre 27,60 € en 9×19 acheté par 1 000. Rapport de 2,3.
  • Mille cartouches : 119,90 € en .22 LR contre 275,95 € en 9×19, soit 156,05 € d’économie.
  • Le passage à la munition match multiplie le coût du coup par 3,5 par rapport à la standard en gros conditionnement.

Traduit autrement : à budget de munition constant, un revolver .22 LR vous fait tirer deux fois plus qu’un 9×19. Et en tir, ce qui fait progresser, c’est le nombre de coups. C’est l’argument le plus solide en faveur du calibre, bien avant tout ce qui précède.

Revolver .22 LR barillet ouvert avec cartouches de calibre 22 Long Rifle sur un pas de tir
Barillet basculé, chambres visibles, une cartouche à la fois. Le contrôle de sécurité est visuel et immédiat.

Quelle munition, et pourquoi l’hyper-vitesse est un mauvais calcul

Le catalogue .22 LR d’un seul fabricant couvre une plage de vitesse considérable, de 710 à 1 640 fps, soit de 216 à 500 m/s.

Munition CCIMasseVitesse catalogueFamille
Quiet-2240 gr710 fps / 216 m/sultra-subsonique
Suppressor45 gr970 fps / 296 m/ssubsonique
Standard Velocity40 gr1 070 fps / 326 m/sstandard
Green Tag et Pistol Match40 gr1 070 fps / 326 m/sstandard match
Mini-Mag40 gr1 235 fps / 376 m/shaute vitesse
Velocitor HP40 gr1 435 fps / 437 m/shyper-vitesse
Stinger32 gr1 640 fps / 500 m/shyper-vitesse

Maintenant, confrontez ces vitesses catalogue aux vitesses réellement mesurées en arme de poing. La Stinger annoncée à 1 640 fps ne donne plus que 1 205 fps dans le S&W 617, soit 26,5 % de moins, et 1 031 fps dans le SP101 à canon de 2,25 pouces, soit 37,1 % de moins. La vitesse catalogue est mesurée en canon d’essai long, pas en revolver.

Payer une hyper-vitesse pour un revolver .22 LR à canon court, c’est acheter une vitesse qu’on ne récupérera pas. Une partie de la poudre que vous avez payée brûle hors du canon, et une autre s’échappe au jeu de barillet. C’est un calcul économique concret, et il tient sur deux lignes.

À l’inverse, la CCI Standard Velocity annoncée à 1 070 fps devient naturellement subsonique dans une arme de poing, sans qu’on ait à payer une munition spécialisée. Les mesures le confirment : la CCI 29 grains tombe à 983 fps dans le 617, 945 dans un Bearcat de 4 pouces et 935 dans le SP101. Toutes ces valeurs sont sous le mur du son.

Un mot pour finir, qui remet l’ensemble à sa place. Le .22 LR est une munition capricieuse par nature, prompte aux ratés de percussion et à la dispersion, en raison de la finesse du laiton de l’étui et de la faible charge de poudre. Le revolver neutralise la partie « enrayages » du problème. Il ne neutralise ni les ratés de percussion, ni la dispersion. Mieux vaut une munition stable dans ses dimensions et sa charge, à rétention d’ogive sérieuse, que le premier lot en vrac à prix cassé. Et le seul moyen de savoir ce que votre arme fait vraiment avec un lot donné reste le chronographe.

L’entretien : dix chambres, une étoile et une face de barillet

Toutes les prescriptions qui suivent viennent de la notice constructeur d’un revolver de la même famille, section entretien.

Les chambres, autant de fois qu’il y en a

La consigne est littérale : répétez la procédure pour chacune des chambres, qui « doivent être frottées à fond pour retirer l’accumulation de métal d’ogive et de résidus de tir ». Et le symptôme est nommé : une chambre sale empêche la cartouche de s’asseoir complètement, ce qui bloque le barillet.

Sur un 617 ou un GP100 .22, cela veut dire dix chambres à écouvillonner, plus l’âme du canon. Onze passages, pas un. C’est exactement l’incident que rencontre le tireur qui a enchaîné trois cents coups sans nettoyer.

L’étoile d’extracteur, le point que tout le monde oublie

Le dessous de l’étoile d’extracteur et la zone du barillet où elle vient s’asseoir doivent être propres. La notice explique pourquoi : la saleté empêche l’extracteur de s’asseoir complètement, ce qui provoque une fermeture dure du barillet et interfère avec sa rotation. Deux consignes s’ajoutent, et elles sont contre-intuitives :

  • Ne pas appliquer d’excès d’huile sous l’étoile. La zone doit être essuyée à sec avec un chiffon légèrement huilé, pas lubrifiée.
  • Nettoyer sous l’étoile après chaque utilisation si vous tirez beaucoup, ou une munition qui encrasse beaucoup.

Or en .22 LR, cette seconde condition n’est pas une hypothèse : c’est le régime nominal.

Pourquoi le .22 LR encrasse plus que tout le reste

Trois faits qui s’additionnent. Seule la moitié environ de la poudre brûle complètement. La balle est lubrifiée à l’extérieur, par des cires synthétiques microcristallines. Et elle est en plomb nu ou faiblement cuivré, puisque le règlement ISSF exige des projectiles « uniquement en plomb ou matériau tendre similaire » et interdit les chemisés.

Moitié de poudre imbrûlée, plus cire de lubrification, plus plomb nu : c’est le cocktail d’encrassement le plus complet de tout le tir sportif. La notice le prend en compte en avertissant que le tir extensif de balles plomb peut provoquer un blocage du barillet par accumulation, et en recommandant de lubrifier l’interstice de la portée de barillet pour l’éviter. Notez bien que la formule « si vous tirez beaucoup de plomb » n’est pas conditionnelle ici : toute munition .22 LR de tir est à balle plomb.

La face de barillet et le cerclage

La notice ne décrit pas de procédure pour la face avant du barillet, mais elle documente pourquoi elle s’encrasse : les gaz chauds et les particules sortent par l’avant et les côtés du barillet, à l’interstice. Le dépôt finit par réduire mécaniquement le jeu barillet-canon et donc freiner la rotation. C’est le pendant direct de toute la partie technique.

Nous n’avons trouvé aucune procédure officielle de décapage de cette face, ni aucune épaisseur de dépôt critique. Nous n’en inventerons pas. Même chose pour le cerclage de barillet, cette ligne d’usure circulaire laissée par le doigt d’arrêt à chaque indexation : aucune source constructeur, fédérale ou de presse spécialisée n’a pu être obtenue pour la documenter. Traitez-la comme un fait d’usure normal, sans chiffre.

Sécurité : six points propres au revolver

1. Le jeu de barillet crache. Rien, « y compris vos mains », ne doit se trouver sur le trajet des gaz et particules éjectés par l’avant et les côtés du barillet. Gardez les doigts loin en arrière de la face avant.
2. Lunettes et protections auditives pour tous. La notice précise « tireurs et personnes à proximité ». Voir notre guide des protections auditives au tir.
3. Le décochage est le geste dangereux. La notice l’écrit en majuscules : un glissement du pouce pendant cette manœuvre peut provoquer un départ accidentel si la détente est maintenue en arrière. À répéter à vide jusqu’à maîtrise.
4. Vérifiez TOUTES les chambres. Sur un dix coups, c’est dix contrôles, pas un coup d’œil.
5. Ne stockez jamais l’arme chargée, et pas dans un étui cuir ou tissu qui retient l’humidité.
6. Ne lubrifiez jamais les munitions. C’est la mise en garde décisive en .22 LR : si le lubrifiant atteint la charge de poudre, elle peut ne pas s’enflammer, l’énergie de l’amorce suffisant néanmoins à pousser la balle dans le canon où elle se coince. Un coup suivant sur canon obstrué détruit l’arme.

Ce qu’il faut retenir

  • Un revolver .22 LR est en catégorie B, comme un .357 Magnum. Le calibre ne déclasse rien. La carabine .22 LR, elle, est en catégorie C.
  • Le carnet de tir n’existe plus depuis 2020. Ce sont trois séances contrôlées espacées de deux mois, consignées sur une liste nominative tenue par le club.
  • La dérogation « 12 ans » ne s’applique pas au revolver, réservée aux armes de poing à percussion annulaire à un coup.
  • Le barillet supprime le seuil de fonctionnement. Le fabricant de munitions reconnaît lui-même que ses cartouches les plus lentes n’actionnent pas une semi-automatique.
  • Le jeu barillet-canon coûte environ 5 % de vitesse sur une munition standard, jusqu’à 9 % sur une hyper-vélocité.
  • Ne comparez pas les longueurs de canon entre revolver et pistolet. Le règlement mesure le revolver sans le barillet, le pistolet avec la chambre.
  • En silhouettes, un six coups vaut un dix coups, puisque le règlement impose de charger à cinq.
  • L’épreuve 404 est le championnat de France du revolver .22 LR, en 40 coups, et c’est la seule voie d’accès d’un Cadet au tir au revolver.
  • Un revolver .22 LR ne tire ni le TAR arme de poing, ni l’IPSC. À savoir avant d’acheter.
  • 0,12 € le coup contre 0,28 € en 9×19 : à budget égal, vous tirez deux fois plus.
  • L’hyper-vitesse est un mauvais achat en canon court. La Stinger perd 37 % de sa vitesse catalogue dans un SP101.
  • Dix chambres à nettoyer, plus l’âme. Et le dessous de l’étoile d’extracteur après chaque séance.

Questions fréquentes

Un revolver .22 LR est-il en catégorie B ou en catégorie C ?

En catégorie B. L’article R311-2 du code de la sécurité intérieure classe en catégorie B 1° les armes à feu de poing, sans considération de calibre. Un revolver .22 LR est donc soumis à autorisation exactement comme un .357 Magnum. La confusion vient de la carabine .22 LR à verrou, qui est en catégorie C et s’acquiert sur déclaration.

Quel revolver .22 LR choisir pour débuter ?

Dans notre relevé du 16 août 2026, le Weihrauch HW7 T à environ 464 € est le revolver .22 LR à hausse réglable le moins cher du marché français, avec huit coups et un canon de six pouces. C’est le meilleur choix rationnel pour apprendre. Si vous voulez du double action à neuf coups en inox intégral, l’Alfa Proj se trouve entre 580 et 620 €. Le Smith & Wesson 617 à dix coups démarre vers 1 280 €.

Faut-il encore un carnet de tir pour acheter un revolver .22 LR ?

Non. L’article R312-43 du CSI qui l’imposait est abrogé depuis le 1er juillet 2020, et l’arrêté de 1998 qui l’encadrait depuis le 30 avril 2020. Ce qui s’applique aujourd’hui, c’est l’arrêté du 28 avril 2020 : trois séances contrôlées dans les douze mois précédant une première demande, espacées d’au moins deux mois, consignées par le président du club sur une liste nominative tenue à disposition de la fédération et de l’État.

Un revolver .22 LR est-il moins rapide qu’un pistolet du même calibre ?

Cela dépend de la longueur de canon, et la comparaison naïve est trompeuse. Les règlements mesurent le canon d’un revolver sans le barillet, celui d’un pistolet avec la chambre. Résultat mesuré au chronographe : un Ruger SP101 revolver annoncé à 2,25 pouces sort une Mini-Mag à 975 fps quand un Beretta 21A pistolet annoncé à 2,5 pouces plafonne à 851 fps. En revanche, le jeu barillet-canon coûte environ 5 % de vitesse sur une munition standard et jusqu’à 9 % sur une hyper-vélocité.

Combien de coups pour un barillet de revolver .22 LR ?

Six, huit, neuf ou dix selon la carcasse. Six sur les Ruger Wrangler et Single-Six, huit sur les SP101 .22 et Weihrauch, neuf sur les Alfa Proj, dix sur les Smith & Wesson 617, Ruger GP100 .22 et Chiappa 22-10. Point contre-intuitif : en silhouettes métalliques, la capacité ne change rien, puisque le règlement IMSSU impose de charger à cinq coups et de tirer par passes de cinq.

Quelles disciplines peut-on tirer avec un revolver .22 LR en France ?

Les silhouettes métalliques, avec une épreuve fédérale dédiée, la 404 « 22 lr Revolver Position Libre » en 40 coups, puis la 405 Production après avoir tiré la 404. Le pistolet ISSF 25 mètres à percussion annulaire est ouvert si l’arme respecte le tableau 8.12. En revanche, le revolver .22 LR est exclu du tir aux armes réglementaires en arme de poing, dont les calibres vont de 7,62 à 11,60, et de l’IPSC, dont l’étui minimum est le 9×19.

Combien coûte une séance de tir au revolver .22 LR ?

Environ 12 € pour 100 coups avec de la CCI Standard Velocity achetée par 500, soit 0,120 € le coup, contre 27,60 € pour la même séance en 9×19 acheté par 1 000. Sur mille cartouches, l’écart atteint 156 €. La munition match multiplie le coût du coup par 3,5. Prix relevés le 16 août 2026 chez des détaillants français.

Quelle munition .22 LR pour un revolver à canon court ?

Une standard velocity plutôt qu’une hyper-vitesse. Les mesures montrent qu’une Stinger annoncée à 1 640 fps ne donne plus que 1 031 fps dans un revolver à canon de 2,25 pouces, soit 37 % de perte : vous payez une vitesse que le canon ne restitue pas. Une CCI Standard Velocity annoncée à 1 070 fps devient naturellement subsonique en arme de poing, sans payer de munition spécialisée.

Comment nettoyer un revolver .22 LR ?

Chaque chambre séparément, plus l’âme du canon : sur un dix coups, cela fait onze passages. La notice constructeur avertit qu’une chambre encrassée empêche la cartouche de s’asseoir et bloque le barillet. N’oubliez pas le dessous de l’étoile d’extracteur, à essuyer à sec avec un chiffon légèrement huilé et jamais à noyer d’huile, après chaque séance si vous tirez beaucoup. Le .22 LR est la munition la plus encrassante du tir sportif : la moitié de la poudre brûle incomplètement, la balle est lubrifiée à l’extérieur et elle est en plomb nu.

Le revolver .22 LR occupe une place que rien d’autre ne prend. Il coûte deux fois moins cher à tirer qu’un 9×19, il accepte tout ce qui rentre dans une chambre, il se contrôle d’un coup d’œil, il offre deux départs sur la même arme, et il donne accès à une épreuve fédérale dédiée qu’un adolescent peut tirer. En échange, il demande onze passages d’écouvillon et il cède quelques pourcents de vitesse par un interstice de deux centièmes de millimètre. C’est un arbitrage, pas un compromis subi : encore faut-il le connaître avant d’acheter.