La bécasse se chasse au bois, devant le chien, avec un fusil léger à choke ouvert et des plombs fins, du n°8 au n°10. Au bois, un tir ne doit être envisagé que si l’oiseau est identifié et la zone de tir dégagée : la densité de gerbe et la vivacité de l’arme comptent bien plus que la portée. La réglementation est stricte : 30 bécasses par saison au plus, souvent avec un plafond hebdomadaire ou journalier fixé par le département, chaque oiseau enregistré immédiatement sur le carnet ou dans ChassAdapt, et la passée comme la croule interdites.
Ce que la loi impose au bécassier
La bécasse des bois est l’un des gibiers les plus encadrés de France. Un prélèvement maximal autorisé national, fixé par l’arrêté du 31 mai 2011, limite chaque chasseur à 30 bécasses par saison. Le même texte permet au préfet, sur proposition de la fédération départementale, de le décliner en plafond hebdomadaire ou journalier : l’OFB relève une limite de 3 oiseaux par semaine dans de nombreux départements, et certains resserrent encore lors des vagues de froid. L’arrêté préfectoral de la saison fait foi.
Chaque oiseau prélevé doit être enregistré immédiatement, soit sur le carnet de prélèvement bécasse délivré par la fédération départementale, avec le marquage de l’oiseau avant sa mise au carnier, soit dans l’application ChassAdapt de la Fédération nationale des chasseurs. Le carnet papier doit être retourné à la fédération qui l’a délivré, même sans prélèvement, au plus tard le 30 juin, conformément à l’article 5 de l’arrêté du 31 mai 2011. Consultez aussi ses consignes de retour.
Enfin, la chasse de la bécasse à la passée, sur ses trajets du soir et du matin, et à la croule, pendant ses vols nuptiaux de printemps, est interdite. La bécasse se chasse de jour, au bois, et c’est précisément ce qui fait sa difficulté.
| Règle | Ce qu’elle impose |
|---|---|
| Prélèvement maximal autorisé national | 30 bécasses par saison et par chasseur ; un plafond hebdomadaire ou journalier peut être fixé par arrêté préfectoral |
| Enregistrement | Dès la prise de possession de l’oiseau, sur le carnet avec marquage ou dans ChassAdapt |
| Passée et croule | Interdites |
| Règles départementales | Plafonds ou restrictions supplémentaires possibles, à lire dans l’arrêté préfectoral |
Le tir de la bécasse : court, rapide, entre les branches
La bécasse se lève souvent à quelques mètres du chien ou du chasseur, dans un fracas d’ailes, puis file en zigzag entre les troncs. Le tir se joue en une ou deux secondes, à 10 ou 20 mètres, parfois moins, avec une fenêtre qui se referme dès que l’oiseau passe derrière un houx. Le bécassier qui attend d’avoir un tir parfait rentre souvent bredouille ; celui qui tire trop vite blesse ou manque.
Deux conséquences pour l’arme. D’abord, la gerbe doit s’ouvrir vite pour couvrir une zone large à courte distance, d’où les chokes ouverts. Ensuite, le fusil doit monter à l’épaule instantanément et suivre l’oiseau sans lourdeur, d’où la recherche de légèreté et d’équilibre. On tire en montant et en accompagnant, jamais en arrêtant le mouvement.
Le tir au bois impose aussi sa règle de sécurité : on ne tire jamais une bécasse qui file à hauteur d’homme vers un autre chasseur ou vers le chien, et on ne tire pas au travers d’un fourré qu’on ne voit pas. Les principes communs à toutes les chasses sont rappelés dans notre article sur la sécurité à la chasse.
Le fusil du bécassier
La tradition française de la chasse à la bécasse est celle du juxtaposé léger, et elle a de bonnes raisons. Deux canons, deux chokes différents, une arme fine qui se pointe d’instinct, une bande large qui aide à viser vite. Le superposé et le semi-automatique léger font aussi très bien le travail, à condition de rester légers et courts.
Le poids. On marche des heures au bois, on épaule vite : un fusil léger se tire mieux en fin de journée qu’un fusil de ball-trap lourd et stable. Le compromis se trouve entre la légèreté, qui aide la vivacité, et un recul qui reste supportable avec des cartouches légères.
La longueur de canon. Des canons courts se manient mieux entre les branches. Les fusils de bécasse ont souvent des canons plus courts que les fusils de plaine ou de ball-trap.
Le calibre. Le calibre 12 reste le plus répandu, mais la bécasse est le terrain rêvé des petits calibres : le calibre 20, le 16 et même le 28 donnent des armes plus légères et plus fines, largement suffisantes à ces distances. Nos fiches reviennent sur le calibre 20, le calibre 16 et le calibre 28.
Côté modèles, nos guides du Verney-Carron Sagittaire, du Benelli 828U et du Benelli Montefeltro détaillent des armes qu’on croise souvent au bois, et notre guide du fusil de chasse polyvalent aide à arbitrer entre les familles.
Le choke : ouvrir la gerbe, pas la serrer
À 15 mètres, une gerbe trop serrée ressemble à une balle : elle passe à côté ou détruit l’oiseau. Le choke de la bécasse est donc ouvert. Sur un fusil à deux canons, on associe souvent un canon très ouvert pour le premier coup, rapproché, et un canon un peu plus serré pour le second, quand l’oiseau s’éloigne. Sur un fusil à chokes interchangeables, on monte les plus ouverts de la série.
Le rôle exact du rétreint et la correspondance entre les noms des chokes sont expliqués dans notre article sur le choke de fusil. Une règle simple suffit au bois : dans le doute, ouvrez.

Le plomb et la cartouche
La bécasse est un oiseau léger au plumage peu épais, tiré de près. Un plomb fin suffit, et il densifie la gerbe là où elle en a besoin. Les bécassiers utilisent le plus souvent du n°8 au n°10, le 9 étant un classique, avec des charges légères qui limitent le recul et gardent l’arme vive.
Deux nuances. En début de saison, dans une végétation encore dense et sur des tirs très courts, le 10 ou le 9 donnent une gerbe serrée en grains. Plus tard, quand les bois s’éclaircissent et que les oiseaux partent plus loin, on remonte vers le 8. Le tableau complet des diamètres est dans notre article sur les numéros de plomb. Et près d’un étang, d’un marais ou d’une zone inondable, la grenaille de plomb est interdite à moins de 100 mètres : on passe alors à des cartouches sans plomb.
Le chien, partenaire du tireur
La chasse à la bécasse se pratique presque toujours devant un chien, d’arrêt ou leveur. Pour le tireur, cela change la façon de se placer : on approche l’arrêt calmement, on se positionne pour avoir un angle de tir dégagé, et on anticipe les directions de fuite probables, vers une trouée, une allée ou un fond de vallon. Un chien porte souvent un collier de repérage, et beaucoup de bécassiers l’équipent d’un gilet fluorescent : il doit rester visible en toutes circonstances.
La règle ne souffre aucune exception : on ne tire jamais un oiseau qui vole bas au-dessus ou à proximité du chien.
Pour chaque bécassier, la bonne configuration
Pour le chasseur qui débute la bécasse, choisir un calibre 12 léger ou un calibre 20, chokes très ouverts, cartouches légères en 9. Mieux vaut apprendre le geste avec une arme douce.
Pour le bécassier confirmé qui marche beaucoup, choisir un petit calibre, 20 ou 28, dans une arme très légère. La fatigue de fin de journée pèse plus que la puissance.
Pour celui qui chasse aussi le faisan et la perdrix, choisir un fusil à chokes interchangeables, qu’on ouvre au bois et qu’on resserre en plaine. Notre article sur la chasse du petit gibier détaille ces réglages.
BlackOpe est un média de tir. Le tir instinctif du bois se prépare au parcours de chasse et au compak, qui reproduisent des trajectoires courtes et imprévisibles. Notre carte des stands de tir et notre guide pour débuter au ball-trap vous aident à trouver un pas de tir.
À lire aussi : le calibre .410, les protections auditives, le tableau des calibres par gibier et le choix d’une carabine de chasse pour le grand gibier, et le fusil juxtaposé.
Repères réglementaires : arrêté du 31 mai 2011 et réseau Bécasse de l’OFB. Les restrictions locales peuvent être plus strictes.
Pour les règles communes, consultez notre dossier sur la réglementation de la chasse.
Questions fréquentes
Combien de bécasses peut-on tirer par jour ?
Il n’existe pas de plafond journalier national : l’arrêté du 31 mai 2011 fixe 30 bécasses par saison et par chasseur. Le plafond journalier ou hebdomadaire est départemental, souvent 3 oiseaux par semaine : lisez l’arrêté préfectoral de la saison.
Quel plomb pour la chasse à la bécasse ?
Du n°8 au n°10, le 9 étant le plus classique. La bécasse est un oiseau léger tiré de près : un plomb fin densifie la gerbe là où elle en a besoin, avec une charge légère qui garde le fusil vif.
Quel choke pour la bécasse ?
Un choke ouvert, voire très ouvert pour le premier coup. À 15 mètres, une gerbe trop serrée manque l’oiseau ou le détruit. Sur un fusil à deux canons, on garde un peu plus de serrage pour le second coup.
Quel fusil pour chasser la bécasse ?
Un fusil léger et court, qui monte vite à l’épaule : juxtaposé traditionnel, superposé léger ou semi-automatique allégé. Les petits calibres, 20, 16 ou 28, sont particulièrement adaptés au bois.
Faut-il déclarer chaque bécasse tirée ?
Oui, immédiatement : sur le carnet de prélèvement bécasse avec marquage de l’oiseau avant sa mise au carnier, ou dans l’application ChassAdapt. Le carnet papier se renvoie ensuite à la fédération, même vierge.
Peut-on chasser la bécasse à la passée ?
Non. La chasse de la bécasse à la passée, sur ses trajets du soir et du matin, est interdite, tout comme la chasse à la croule au printemps. La bécasse se chasse de jour, au bois.
À quelle distance tire-t-on une bécasse ?
Le plus souvent entre 10 et 20 mètres, parfois moins, au départ de l’oiseau ou dans sa fuite entre les arbres. Au-delà de 25 à 30 mètres, un oiseau dans les branches devient un tir incertain.
Un calibre 20 suffit-il pour la bécasse ?
Oui, largement. Aux distances de tir du bois, un calibre 20 chargé en plomb fin fait le même travail qu’un 12, dans une arme plus légère et plus agréable à porter toute la journée.
