Le Verney-Carron Sagittaire est le premier fusil superposé français de grande série, sorti en 1966 et toujours fabriqué à Saint-Étienne soixante ans plus tard. Comptez 1 299 à 1 890 € pour un modèle neuf de la gamme Polynox, et 299 à 850 € pour un ancien d’occasion, relevés en septembre 2026. Il est en catégorie C. Un point commande tout achat d’occasion, et il n’est presque jamais dit : les Sagittaire anciens en 12/70 à chokes fixes ne sont pas éprouvés billes d’acier.
Le Verney-Carron Sagittaire en bref
Le Sagittaire est un superposé à canons basculants, à un coup par canon. Ce n’est pas un semi-automatique. Les autres familles Verney-Carron peuvent utiliser des architectures différentes : le seul nom de la marque ne permet pas de les assimiler.
| Architecture | Superposé à canons basculants, bascule Anson & Deeley, verrouillage par deux tenons coniques latéraux, ouverture par clé de pontet |
|---|---|
| Calibres | 12, 16, 20, 28 et .410 selon les époques et les versions |
| Chambrage | 12/67, 12/70 ou 12/76 selon la génération. Les anciens sont en 65 ou 70 mm, la production récente en 76 mm. |
| Longueur des canons | De 45 à 81 cm au référentiel. Les plus courantes : 56 cm en Gros Gibier, 60 cm en Bécassier, 68 cm en Polynox et 71 cm sur les anciens. |
| Poids | 2,4 à 3,26 kg selon la version et la bascule, acier ou Ergal |
| Chokes | Fixes sur les anciens modèles et le Gros Gibier. Interchangeables Chokinox sur la gamme moderne, avec des chokes-rallonges qui allongent le canon de 3 ou 5 cm. |
| Capacité | 2 cartouches |
| Catégorie (France) | Catégorie C, sous-classement C 1° c), sur déclaration |
| Prix constaté (septembre 2026) | 1 299 à 1 890 € neuf, 299 à 850 € en occasion pour les anciens, 1 049 à 1 700 € pour les Polynox et Bécassier récents |
Soixante ans de Sagittaire
Verney-Carron est le plus ancien manufacturier d’armes français encore en activité. Un Guy Verney était armurier à Saint-Étienne dès 1650, l’entreprise a été formellement fondée par Claude Verney en 1820, et elle a pris son nom actuel en 1830 après le mariage de celui-ci avec Antoinette Carron. Six générations familiales.
Le Sagittaire sort en 1966. Il devient immédiatement le leader du marché français, face à un rival stéphanois, le Manufrance Falcor. La cadence de production double entre 1970 et 1975. En 2020 encore, la presse spécialisée le décrivait comme l’arme la plus vendue en France. Le nombre total d’exemplaires produits n’a jamais été publié, ni par le constructeur, ni par le musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne : nous ne l’inventerons pas.
Photo en tête d’article : le Sagittaire Polynox, bascule Ergal noire, canons de 68 cm et chokes interchangeables Chokinox. Photo : © Verney-Carron / Rivolier
Les dates qui comptent pour un acheteur d’occasion, parce qu’elles décrivent des fusils différents :
- 1966 : lancement. Bascule acier, chokes fixes, canons de 71 cm, chambre de 65 ou 70 mm.
- 1985 : arrivée de la bascule en alliage léger Ergal, qui relance le modèle. La même année sort le Sagittaire Prestige gravé par Christian Freycon, Meilleur Ouvrier de France, aujourd’hui conservé au musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne.
- 1988 : le Trap et le Super 9, orientés ball-trap.
- 1989 : le Double Express, à deux canons rayés, première déclinaison carabine du nom.
- 1993 puis 1994 : le Plume allégé, puis le NT, très présent en occasion.
- Gamme actuelle : le Polynox, à chokes interchangeables et chambre de 76 mm, et la famille Bécassier.
Un fait récent à connaître avant d’acheter : Verney-Carron est passé en redressement judiciaire, puis a été repris par le groupe Rivolier en juin 2025, 55 salariés sur 67 conservés et production redémarrée à Saint-Étienne. La marque continue, et le catalogue Sagittaire aussi. Ce qui reste à confirmer auprès du repreneur, c’est la continuité du service pièces sur les modèles de 1966 à 1994, et c’est un vrai sujet pour qui achète d’occasion.
Prise en main, et ce qui plaît vraiment
Sur NaturaBuy, la fiche du Sagittaire porte 226 évaluations pour une moyenne de 4,54 sur 5, avec 72 % de cinq étoiles. C’est la base d’avis francophones la plus fournie qui existe sur ce modèle, et elle est cohérente avec les forums.
Trois qualités reviennent, et elles se recoupent. La longévité d’abord : cinq sources distinctes rapportent des exemplaires en service depuis 11, 15, 25 et jusqu’à 50 ans sans panne. La légèreté et l’équilibre ensuite, quatre sources, avec un acheteur qui note 600 grammes de moins que son arme précédente et une monture qui vient toute seule à l’épaule, ce qui compte en sous-bois et à la bécasse. La qualité des canons des premières générations enfin, jugée par trois sources rare aujourd’hui, au point qu’un forumeur conseille un Sagittaire d’occasion plutôt qu’un fusil neuf d’entrée de gamme, en résumant l’affaire ainsi : c’est un investissement dix fois plus judicieux que l’achat d’un fusil turc au même prix.
Ce que cela dit du marché est intéressant. Le Sagittaire ancien n’est pas une affaire par défaut, c’est un choix assumé de mécanique française sur un budget de 500 €.
Et ce qui coince, sans rien enjoliver
Le départ simultané des deux coups. Des témoignages de propriétaires rapportent cet incident sur certaines versions à double détente. Ils ne permettent pas d’en mesurer la fréquence dans toute la gamme. Si un départ anormal survient, cessez d’utiliser l’arme et faites-la examiner par un armurier ; une solution rapportée sur un forum ne constitue pas une réparation validée.
Les éjecteurs, cités par trois sources comme la pièce fragile du modèle, avec ce commentaire de forum qui relativise : au pire, on se retrouve avec un fusil à extracteurs. La conversion des éjecteurs vers des extracteurs est pratiquée par certains armuriers. À l’achat, une version à extracteurs est le choix tranquille.
Les crosses, deux sources faisant état de séries à crosses fragiles qui cassaient, parfois hors garantie. La fiche d’occasion d’un armurier consultée mentionne d’ailleurs, en toute transparence, un talon de crosse cassé et réparé.
La sensibilité à l’humidité, trois sources, avec des traces de corrosion observées entre les canons. La bascule Ergal demande une attention particulière, l’aluminium étant plus tendre que l’acier.
Le service après-vente et la finition récente, trois sources, qui reprochent au constructeur de reconnaître les problèmes sans toujours les résoudre, et jugent la production récente en retrait sur la finition par rapport aux anciennes séries.
Quelles cartouches pour le Sagittaire
Sur ce modèle plus que sur aucun autre du marché français, la question des cartouches ne se règle pas au catalogue : elle se règle sur les marquages de vos canons. Un Sagittaire de 1975 et un Polynox de 2026 portent le même nom et n’acceptent pas les mêmes munitions.
Chambre, acier et sécurité
Au stand, prévoyez aussi une protection adaptée : notre guide des protections auditives au tir détaille la pose et les limites des équipements.
Ce bloc est le plus important de la fiche. Lisez-le avant d’acheter, pas après.
La chambre d’abord. Le référentiel officiel recense en calibre 12 trois chambrages sur ce modèle : 67, 70 et 76 mm. Les anciens sont typiquement en 65 ou 70 mm, la production récente en 76 mm. La règle est absolue et vaut pour tous les canons lisses : une cartouche de 76 mm ne se tire jamais dans une chambre de 70 mm. Elle y entre pourtant sans forcer, parce que la longueur annoncée d’une cartouche est celle de la douille après tir, sertissage déplié. Au coup de feu, le sertissage ne peut pas s’ouvrir complètement dans une chambre trop courte, il reste entrouvert dans le raccordement et crée une surpression. Sur les forums de chasse français, la réponse faite aux propriétaires de Sagittaire est nette : un canon marqué 70 accepte du 65, du 67 et du 70, mais surtout pas des magnums de 76.
L’acier et l’achat d’occasion. Les fiches commerciales distinguent générations et épreuves, mais elles ne remplacent pas l’examen des poinçons de l’arme proposée.
- Les modèles récents en 12/76, Polynox, Bécassier, Grand Bécassier, sont éprouvés billes d’acier. La fiche d’un distributeur français le dit explicitement, en ajoutant que Verney-Carron a été précurseur en la matière. Une autre le formule avec une réserve à retenir : éprouvé billes d’acier, selon chokes.
- Les modèles anciens en 12/70 à chokes fixes ne le sont pas. NaturaBuy impose au vendeur un champ structuré « Épreuve bille d’acier » : il est renseigné à Non sur les annonces de Sagittaire 12/70 à chokes fixes, et à Oui sur les Bécassier 12/76 à chokes interchangeables. Ce n’est donc pas une supposition, c’est une déclaration du vendeur, annonce par annonce.
On ne déduit pas l’aptitude à une munition sans plomb du seul nom Sagittaire. Vérifiez la notice, les poinçons, le choke et la référence exacte de la cartouche avec un armurier. Un conseil de forum ne valide pas une compatibilité.
Ce que nous n’avons pas trouvé, et que nous ne comblerons pas : aucune source française ne précise si l’épreuve billes d’acier des Sagittaire modernes est de type standard ou haute performance, et aucune ne donne de limite de choke chiffrée pour l’acier sur ce modèle. La mention « selon chokes » d’un distributeur est le seul indice, et il n’est pas assez précis pour en faire une règle.
Le plomb en zone humide, enfin. Son emploi est interdit en France depuis le 1er juin 2006 par l’arrêté du 9 mai 2005, dans les zones humides de l’article L. 424-6 du code de l’environnement, comme le rappelle l’Office français de la biodiversité. Depuis le 15 février 2023, le règlement européen 2021/57 interdit en plus d’en porter, étend le périmètre à la zone humide au sens de la convention de Ramsar plus 100 mètres, et fait peser sur le tireur trouvé porteur la charge de prouver qu’il pratiquait un autre tir. Pour le propriétaire d’un ancien Sagittaire non éprouvé acier, ces deux règles se combinent en une conclusion nette : la compatibilité d’une munition sans plomb doit être confirmée sur cet exemplaire.
Le tableau des cartouches
| Cartouche | Charge | Douille | Compatibilité à faire confirmer | Prix les 25 |
|---|---|---|---|---|
| FOB Viper | 28 g plomb | 70 mm | Oui | Selon notice, poinçons et état de l’exemplaire |
| Tunet Universelle | 28 g plomb | 70 mm | Oui | Selon notice, poinçons et état de l’exemplaire |
| Mary Arm Puma 32 | 32 g plomb durci | 67 mm | Oui, et chambrée court exprès pour les armes anciennes | Selon notice, poinçons et état de l’exemplaire |
| Rio Game Load BJ | 36 g plomb | 70 mm | Oui, mais recul marqué sur une arme de 2,7 kg | Selon notice, poinçons et état de l’exemplaire |
| B&P Valle Steel | 32 g acier | 70 mm | Non sans épreuve acier | Selon notice, poinçons et état de l’exemplaire |
| Mary Arm Steel 32 | 32 g acier HP | 70 mm | Non, exige une arme éprouvée 1 320 bar | Selon notice, poinçons et état de l’exemplaire |
| Mary Arm Prestige Bismuth | 30 g bismuth | 67 mm | Oui, annoncée tous fusils et tous chokes | Selon notice, poinçons et état de l’exemplaire |
| Rottweil Brenneke Classic Magnum | 31,5 g balle | 70 mm | Oui, pour le Gros Gibier et la battue | Selon notice, poinçons et état de l’exemplaire |
Ce tableau reprend des indications commerciales de septembre 2026 ; ses mentions « oui » ne certifient pas la compatibilité avec une arme ancienne. L’état, l’épreuve et la notice de l’exemplaire doivent être contrôlés par un armurier.
Prix relevés sur les fiches commerciales les 5 et 6 septembre 2026, à revérifier. Le tableau ne constitue pas une certification de compatibilité avec un Sagittaire ancien.
Les alternatives sans plomb peuvent avoir des prix très différents. Une douille plus courte ou une désignation commerciale ne suffit pas à valider une cartouche pour une arme ancienne.
Gerbe, choke et conseil de lot
Aucun relevé de gerbe publié et attribuable n’existe sur le Sagittaire à la convention française, le pourcentage de plombs dans un cercle de 75 cm à 35 m. Nous préférons l’écrire.
Ce qui est vrai et utile en revanche : sur un modèle à chokes fixes, typiquement demi et full, vous ne réglez rien avec un tube, vous réglez tout avec la cartouche. Plusieurs chasseurs français y voient d’ailleurs un avantage, un fusil à chokes fixes obligeant à connaître ses munitions. Sur un Polynox à Chokinox, l’inverse est vrai, et le système ajoute une particularité : des chokes-rallonges externes qui font passer un canon de 68 à 71 ou 73 cm, vendus 69 € l’unité.
Le choix d’une munition doit respecter la notice, les poinçons et les restrictions du canon et du choke. Pour un exemplaire ancien ou une configuration incertaine, demandez une vérification professionnelle avant utilisation.
Les versions, et laquelle chercher
Le nom Sagittaire couvre une quinzaine de déclinaisons sur soixante ans. Toutes sont des superposés à canons basculants. Voici celles que vous croiserez réellement.

- Sagittaire d’origine et Sagittaire Acier. Bascule acier, chokes fixes, canons de 71 cm, chambre de 65 ou 70 mm. C’est le gros du marché de l’occasion, entre 299 et 850 €.
- Sagittaire Ultra Léger. Bascule Ergal depuis 1985, canons de 66 cm. Léger, agréable en sous-bois, et c’est aussi sur lui que le doublé involontaire a été signalé.
- Sagittaire NT. Depuis 1994, en 12/70 et 12/76. Très présent en occasion, autour de 650 €.
- Sagittaire Polynox, en versions Essentiel, Classique, Saint-Hubert et One. La gamme actuelle : chokes Chokinox interchangeables, canons évolutifs de 68 à 73 cm, chambre de 76 mm, éprouvé acier. 1 299 à 1 449 €.
- Sagittaire Bécassier et Grand Bécassier. Canons de 60 cm, dont un canon bas rayé sur certaines versions, ce qui en fait le fusil de sous-bois du catalogue. 1 890 € neuf en Classique, jusqu’à 2 290 € en Mordorée, autour de 1 650 € en occasion.
- Sagittaire Gros Gibier. Canons de 56 cm, chokes fixes cylindriques, bande réglable en hauteur, guidon fibre optique. Le fusil de battue de la gamme, 1 599 €.
- Sagittaire XS et XS20. Depuis 2009, une vraie bascule redimensionnée au calibre 20, d’où une finesse que ne donne pas un calibre 20 monté sur bascule de 12.
- Sagittaire Express et Double Express. Deux canons rayés, en 9,3x74R, 8×57 JRS, 7x65R, 30-06 ou 30R Blaser. Classés carabine au référentiel, 1 556 à 2 850 € en occasion.
Pour un premier fusil à moins de 700 €, un Sagittaire ancien à extracteurs et mono-détente, en 12/70, chokes fixes, est un choix défendable : mécanique française, canons réputés, et une décote déjà faite. À condition d’accepter de ne pas tirer d’acier, et de faire confirmer séparément toute alternative sans plomb.
Pour un fusil polyvalent neuf, le Polynox est le seul choix cohérent de la gamme : chambre de 76 mm, chokes interchangeables et épreuve acier, c’est-à-dire les trois choses qui manquent aux anciens.
Pour le sous-bois et la bécasse, le Bécassier à canons de 60 cm est fait pour ça, et son canon bas rayé ouvre la battue sans changer d’arme ni de catégorie.
Catégorie légale et détention
Le Sagittaire relève du sous-classement C 1° c), celui des armes à feu d’épaule à un coup par canon. C’est la case des armes à canons basculants, superposées comme juxtaposées. Sur les 104 fiches Sagittaire du référentiel général des armes, 103 y sont classées, et un distributeur français affiche d’ailleurs la mention « catégorie réglementaire C-1-C » sur sa fiche du Grand Bécassier.
Une confusion à éviter : le seuil des trois munitions, souvent cité par les acheteurs, appartient au C 1° a), qui vise les armes semi-automatiques. Il ne concerne pas un superposé, qui tire deux coups par construction.
Le classement dépend de la configuration exacte. Pour une arme d’épaule, l’article R311-2 B 2° c) vise notamment un canon de longueur inférieure ou égale à 45 cm, ou une longueur totale inférieure ou égale à 80 cm. Le seuil de 60 cm du B 2° d) concerne les canons lisses à répétition ou semi-automatiques, et ne s’applique pas indistinctement à un superposé. Vérifiez la fiche RGA de l’exemplaire et le régime de la catégorie B.
Pour les versions Express à canons rayés, le classement reste C 1° c) au référentiel, l’architecture basculante primant sur la nature du canon.
Prix, neuf et occasion
Relevés des 5 et 6 septembre 2026 sur les fiches produit d’armuriers français et sur les annonces de vendeurs professionnels. C’est un des rares modèles de ce comparatif où le marché de l’occasion pèse plus lourd que le neuf.
| Version | État | Prix relevé |
|---|---|---|
| Polynox One, bascule noire | Neuf | 1 299 € |
| Polynox Essentiel | Neuf | 1 299,95 à 1 350 € |
| Polynox Classique Ergal extracteurs | Neuf | 1 449 € (conseillé 1 600 €) |
| Gros Gibier double détente | Neuf | 1 599 € (tarif normal 1 890 €) |
| Grand Bécassier Classique, canon bas rayé | Neuf | 1 890 € |
| Grand Bécassier Mordorée | Neuf | 2 290 € |
| Sagittaire ancien, chokes fixes | Occasion | 450 à 505 € |
| Sagittaire NT double détente | Occasion | 650 € |
| Sagittaire à chokes amovibles | Occasion | 784 à 845 € |
| Bécassier, épreuve acier confirmée | Occasion | 1 650 € |
Le marché est large : plus de 500 annonces recensées sur la principale place de marché française, toutes versions confondues, avec des enchères qui démarrent entre 100 et 400 €. La fourchette réelle en calibre 12 lisse va de 299 à 850 € pour les anciens et les NT, et de 1 049 à 1 700 € pour les Polynox et Bécassier récents.
Ce qui fait varier la cote, dans l’ordre : la présence d’une épreuve billes d’acier, le chambrage de 76 mm plutôt que 70, les chokes interchangeables plutôt que fixes, l’état de la crosse, et le fait d’avoir des extracteurs plutôt que des éjecteurs. Une annonce qui coche les trois premiers points double le prix d’une annonce qui n’en coche aucun.
Les pièces détachées, un point à regarder de près
La situation est contrastée et il faut la connaître avant de miser sur un exemplaire de 1980. Les chokes Chokinox de la gamme Polynox se trouvent neufs sans difficulté, à 69 € l’unité, rallonges comprises. Les pièces mécaniques des anciennes générations, en revanche, relèvent d’un marché de l’occasion et du déstockage : les éjecteurs complets et les longuesses proposés par un spécialiste français étaient tous affichés vendus au moment de notre consultation. Et le service pièces d’usine sort d’un changement d’actionnaire. Traduction pratique : un Sagittaire ancien s’entretient très bien chez un armurier local, qui sait durcir une détente, convertir des éjecteurs et remettre un bois à neuf, mais ne comptez pas sur une commande de pièce neuve en trois jours.
Les alternatives
- Beretta 686 et Silver Pigeon. Le concurrent le plus systématiquement cité par les chasseurs français, loué pour sa robustesse et une disponibilité en occasion sans équivalent. Un forumeur lui donne l’avantage sur vingt ans face à un Sagittaire Ultra Léger.
- Browning B525, B325 et B725. Deuxième concurrent le plus cité, sur un budget de 1 500 à 1 600 € en occasion.
- Beretta S55 et S56. Cités par les primo-accédants sur des budgets de 450 à 650 €, soit exactement la fourchette du Sagittaire ancien.
- Manufrance Falcor. Le rival stéphanois historique, celui contre lequel le Sagittaire s’est imposé en 1966. Intéressant pour qui cherche un superposé français de collection.
- Benelli 828U. L’autre superposé à bascule en alliage léger du marché, sous les 3 kg comme le Sagittaire, mais avec une plaque d’acier flottante et un prix de 2 859 à 4 390 €.
Si vous cherchez plutôt un canon lisse polyvalent en catégorie C mais avec plus de deux coups, le Winchester SX4 est le semi-automatique le moins cher du marché. Et si le budget vous oriente vers une pompe, sachez que le Winchester SXP ne reste en catégorie C qu’avec un canon rayé, donc sans choke : sur ce terrain-là, le superposé garde une vraie longueur d’avance.
Le verdict
Le verdict
Ce qui convainc
- Une longévité documentée par cinq sources distinctes, avec des exemplaires en service depuis 25 et jusqu’à 50 ans
- La légèreté et l’équilibre, quatre sources, qui en font un vrai fusil de sous-bois
- La qualité des canons des premières générations, jugée rare aujourd’hui par trois sources, sur un budget de 500 €
- Une fabrication française à Saint-Étienne, maintenue après la reprise par Rivolier en juin 2025
Ce qui coince
- Le départ simultané des deux coups sur certaines versions à double détente, constaté sur plusieurs exemplaires par deux sources : le point à faire vérifier avant tout
- Les anciens 12/70 à chokes fixes non éprouvés billes d’acier, dont la compatibilité avec une alternative sans plomb doit être vérifiée
- Des éjecteurs cités comme fragiles par trois sources, et des séries à crosses cassantes
- Les pièces mécaniques anciennes qui ne se trouvent plus qu’en déstockage, et un service pièces à confirmer après le changement d’actionnaire
Pour qui ? Pour le chasseur de petit gibier et de sous-bois qui veut un superposé français fiable sans y mettre 1 500 €, et qui achètera d’occasion en sachant quoi regarder : le chambrage, l’épreuve acier, les extracteurs et l’état de la crosse. Pour celui qui chasse le gibier d’eau, il faut vérifier les règles locales et la compatibilité d’une munition sans plomb avec l’exemplaire exact.
Questions fréquentes
Le Verney-Carron Sagittaire est-il un semi-automatique ?
Non. Le Sagittaire est un superposé à canons basculants, à un coup par canon. Il ne faut pas le confondre avec les autres familles de la marque.
Peut-on tirer des billes d’acier dans un Sagittaire ?
Il faut vérifier les poinçons, la notice, le chambrage, le type de cartouche et le choke de l’exemplaire exact. Le seul nom Sagittaire, son âge ou une annonce comparable ne permettent pas de certifier la compatibilité. En cas de doute, demandez au fabricant ou à un armurier.
Quel est le prix d’un Verney-Carron Sagittaire ?
De 1 299 à 1 890 € neuf pour la gamme Polynox et Bécassier, jusqu’à 2 290 € en Mordorée. En occasion, de 299 à 850 € pour un ancien ou un NT, et de 1 049 à 1 700 € pour un modèle récent. Relevés de septembre 2026.
En quelle catégorie est le Sagittaire ?
Les configurations usuelles relèvent de C 1° c), à un coup par canon. Une configuration courte peut relever de B 2° c), notamment avec un canon inférieur ou égal à 45 cm. Le seuil de 60 cm des armes lisses à répétition ou semi-automatiques ne doit pas être appliqué indistinctement au Sagittaire. Vérifiez la fiche RGA exacte.
Le Sagittaire est-il encore fabriqué en 2026 ?
Oui, à Saint-Étienne. Verney-Carron est passé en redressement judiciaire puis a été repris par le groupe Rivolier en juin 2025, avec 55 salariés sur 67 conservés et la production redémarrée. La gamme Polynox reste au catalogue.
Quel est le principal défaut du Verney-Carron Sagittaire ?
Des propriétaires signalent notamment des départs simultanés sur certaines versions à double détente. Ces témoignages ne permettent pas d’estimer une fréquence pour toute la gamme. En cas de départ anormal, cessez l’utilisation et faites examiner l’arme par un armurier.
Éjecteurs ou extracteurs sur un Sagittaire d’occasion ?
Les extracteurs, si vous avez le choix. Trois sources citent les éjecteurs comme la pièce fragile du modèle, et certains armuriers pratiquent la conversion des éjecteurs vers des extracteurs sur ces fusils.
Peut-on tirer du magnum 76 mm dans un vieux Sagittaire ?
Non si la chambre fait 70 mm. Une cartouche de 76 entre pourtant sans forcer, car la longueur annoncée est celle de la douille après tir. Le sertissage ne peut alors pas s’ouvrir et crée une surpression dangereuse.
Trouve-t-on encore des pièces pour un Sagittaire ancien ?
Les chokes Chokinox des modèles récents se trouvent neufs à 69 € l’unité. Les pièces mécaniques anciennes relèvent du déstockage et de l’occasion, et l’entretien courant passe surtout par un armurier local.
Sagittaire ou Beretta 686 pour débuter ?
Le 686 est le concurrent le plus cité, avec une disponibilité en occasion supérieure. Le Sagittaire ancien reste défendable sous 700 € pour la qualité de ses canons, à condition d’accepter les chokes fixes et l’absence d’épreuve acier.

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