Préparer l’ouverture de la chasse, c’est régler quatre choses dans l’ordre : les papiers, avec la validation du permis et l’assurance dès l’ouverture du guichet en juin ; l’arme, révisée puis réglée au stand avec la munition de la saison ; le tireur, par quelques séances de tir sur cible mobile et de manipulation ; et l’équipement, du gilet fluorescent à la trousse de secours. Le dernier geste se fait la veille : relire l’arrêté d’ouverture et le schéma départemental de son département. En 2025-2026, 27 % des accidents au grand gibier sont venus d’une manipulation d’arme : c’est aussi cela qui se prépare avant l’ouverture.
Cette check-list s’adresse au chasseur-tireur qui veut arriver au premier rond du matin prêt, et en sécurité. Elle vaut avant l’ouverture générale, mais aussi avant la reprise des battues ou une chasse dans un autre département. Un rétroplanning, plus bas, cale chaque étape sur la date d’ouverture de votre département.
1. Les papiers, dès juin
- La validation du permis. Elle court du 1er juillet au 30 juin, et le guichet des fédérations ouvre début juin. Pour 2026-2027, la redevance est de 50,60 € pour une annuelle, plus 9 € de timbre et la cotisation fédérale ; un nouveau chasseur paie moitié prix la première année. Notre article sur la validation du permis de chasser compare les formules.
- L’assurance. Pas de validation sans assurance responsabilité civile chasse, illimitée pour les dommages corporels et couvrant les chiens. Vérifiez l’échéance de votre contrat, et vos garanties complémentaires si vous chassez avec une meute.
- La formation décennale. Tout chasseur dont le permis date d’avant octobre 2020 doit l’avoir suivie avant le 5 octobre 2030, sous peine de ne plus pouvoir valider. Elle est gratuite et se fait en ligne en une soirée : voir notre article sur la formation décennale de sécurité.
- Le droit de chasse. Carte de sociétaire, part de chasse, invitation : vérifiez qu’elle couvre la saison et les territoires prévus. Les options sont détaillées dans notre article sur la part de chasse.
- Les armes. Vos armes de catégorie C doivent être déclarées et à jour dans votre compte au SIA. Un vieux fusil hérité non déclaré se régularise avant d’aller à la chasse avec.
2. L’arme, en juillet et en août
La révision. Une arme qui a passé l’hiver et le printemps au coffre mérite un contrôle : nettoyage complet, graissage léger, vérification de la fermeture, des sûretés, des vis d’embase et de colliers. Un armurier le fait en quelques minutes ; c’est aussi l’occasion de faire vérifier un fusil ancien avant d’y tirer des cartouches sans plomb.
Le réglage. Une carabine se vérifie au stand chaque saison, avec la munition que l’on utilisera, et du même lot si possible. On tire des groupes de trois coups, arme bien calée, à 100 mètres, et l’on corrige sur le centre du groupe. Beaucoup de fédérations organisent des séances : la fédération du Tarn propose par exemple un stage « Réglage des carabines et optiques » de trois heures pour 12 €. Notre article sur le réglage d’une carabine de chasse détaille la méthode, et notre carte des stands de tir recense les pas de tir de chaque département.
Les munitions. Achetez-les avant la rentrée, quand les armureries sont les plus sollicitées, en quantité suffisante pour régler et pour chasser avec le même lot. Rappelez-vous que la grenaille de plomb est interdite dans et près des zones humides : pour le gibier d’eau, il faut des munitions sans plomb adaptées à votre fusil. Notre guide de la grenaille sans plomb fait le point, et celui de la balle de chasse aide à choisir la bonne balle.

3. Le tireur, en août et en septembre
C’est l’étape que l’on saute le plus souvent, et celle qui compte le plus. Le bilan de l’OFB pour la saison 2025-2026 le montre : au grand gibier, qui concentre 66 % des accidents, le non-respect de l’angle de 30 degrés en explique 32 % et les manipulations d’arme 27 % ; au petit gibier, les manipulations pèsent 20 %. Les auto-accidents, où le tireur se blesse lui-même, ont atteint 39 % du total. Trois entraînements répondent directement à ces chiffres :
- Le tir sur cible mobile, au sanglier courant ou sur un parcours de chasse, pour apprendre à tirer un animal qui bouge, et surtout à renoncer quand le tir n’est pas sûr. Voir notre article sur le tir sur sanglier courant.
- La manipulation à vide, arme déchargée et vérifiée : ouvrir, fermer, mettre en sécurité, franchir une clôture, monter dans un mirador, sortir d’un véhicule. Ces gestes doivent devenir automatiques avant d’être faits avec une arme chargée.
- Les angles, repérés sur le terrain avant la première battue, en relisant notre article sur la règle des 30 degrés.
Pour le petit gibier, quelques séances de ball-trap ou de compak remettent le coup d’épaule en place. Et pour l’approche, un peu de tir sur bâton ou sur sac, dans les positions de chasse, vaut mieux qu’une série de plus sur table.
La condition physique compte aussi : une journée de chasse devant soi ou d’approche en montagne se prépare par quelques semaines de marche, et un chien d’arrêt qui a passé l’été au chenil a besoin d’être remis en forme progressivement avant l’ouverture.
4. L’équipement et le chien, en septembre
- Le vêtement fluorescent, obligatoire pour tous les participants d’une chasse collective au grand gibier : gilet, veste ou casquette en bon état, orange de préférence.
- Les optiques : jumelles propres, pile de rechange pour le point rouge et le télémètre laser, lunette vérifiée après le réglage. Voir notre guide des jumelles de chasse.
- La protection auditive, électronique de préférence pour entendre les consignes et le gibier.
- La trousse de secours, pour le chasseur et pour le chien, avec un garrot, des compresses et une couverture de survie. La fédération du Tarn propose une formation « premiers secours canin » de 7 heures.
- Le chien : vaccins et vermifuge à jour, identification, collier de repérage chargé.
- Le repérage du territoire : fin août, on parcourt ses postes et ses miradors, on vérifie leur solidité, on repère les coulées, les cultures et les limites du territoire, et l’on note les maisons, routes et chemins à prendre en compte dans les angles de tir.
- Le transport : un étui ou une mallette pour chaque arme, qui doit voyager de manière à ne pas être immédiatement utilisable. Voir notre article sur le transport d’une arme en voiture.
Notre article sur l’équipement du chasseur détaille chaque pièce.
5. La veille et le jour J
La veille, relisez l’arrêté d’ouverture de votre département et le schéma départemental : dates par espèce, heure de début le jour de l’ouverture, jours de chasse, angles, obligations de carnet. Notre article sur l’ouverture de la chasse donne les dates générales de chaque département. Préparez le sac : documents, munitions comptées, couteau, gants, eau, lampe frontale.
Le jour J, les règles élémentaires de l’OFB s’appliquent dès le premier pas : arme ouverte et non approvisionnée à l’approche de personnes, jamais de tir sans visibilité, à hauteur d’homme ou à travers une haie, tir uniquement sur un gibier parfaitement identifié, index hors de la détente. Et l’alcool reste au vestiaire : depuis septembre 2023, l’ivresse manifeste à la chasse est une contravention de 5e classe.
Mon rétroplanning avant l’ouverture
| Valider le permis et vérifier l’assurance, dès l’ouverture du guichet | |
| Faire réviser l’arme et commander les munitions de la saison | |
| Régler l’arme au stand avec le lot de munitions de la saison | |
| S’entraîner sur cible mobile et répéter les manipulations à vide | |
| Vérifier l’équipement, la trousse de secours et le chien | |
| Lire l’arrêté d’ouverture et le schéma départemental | |
| Préparer le sac, les documents et l’arme sous étui |
Ce que cet outil ne fait pas : il place chaque étape à un nombre de jours fixe avant la date saisie (90, 60, 45, 30, 14, 7 et 1 jour), à titre indicatif. Le 12 septembre 2027 est une date d’exemple : les arrêtés de la saison 2027-2028 ne sont pas encore publiés. Il ne connaît ni les dates de séances de réglage de votre fédération, ni les ouvertures propres à chaque espèce.
BlackOpe est un média de tir. Cette check-list rassemble les obligations nationales et des conseils de préparation ; les dates, les modes de chasse et les règles de sécurité de votre département sont fixés par son arrêté d’ouverture et son schéma départemental. En cas de doute sur une arme, confiez-la à un armurier.
À lire aussi : les règles de sécurité à la chasse, le déroulé d’une battue, débuter la chasse et le bilan des accidents de chasse.
Questions fréquentes
Quand faut-il valider son permis avant l’ouverture ?
Dès l’ouverture du guichet des fédérations, début juin : la validation annuelle couvre la période du 1er juillet au 30 juin. Il faut avoir souscrit son assurance chasse avant de valider.
Faut-il régler sa carabine avant chaque saison ?
Oui. Un réglage se vérifie chaque saison au stand, avec la munition que l’on utilisera, idéalement du même lot, et après tout choc ou démontage de la lunette.
Comment s’entraîner avant l’ouverture de la chasse ?
Par du tir sur cible mobile, au sanglier courant ou sur un parcours de chasse, des séances de ball-trap pour le petit gibier, et des manipulations à vide de l’arme : ouverture, sûreté, franchissement de clôture, montée au mirador.
Quels documents emporter le jour de l’ouverture ?
Le permis de chasser, la validation de la saison et l’attestation d’assurance, plus la carte du territoire, les bracelets ou le carnet de prélèvement selon le gibier, et la carte européenne d’armes à feu si l’on vient de l’étranger.
Quel équipement est obligatoire à la chasse ?
Le vêtement fluorescent est obligatoire pour tous les participants d’une chasse collective au grand gibier. Le reste, protection auditive, trousse de secours, optiques, relève du bon sens et du schéma départemental.
Quelles munitions pour la chasse au gibier d’eau ?
Des munitions sans plomb : la grenaille de plomb est interdite dans et près des zones humides. Vérifiez que votre fusil supporte l’acier, ou choisissez le bismuth pour un fusil ancien.
Que vérifier sur son arme avant la saison ?
La propreté du canon, la fermeture, les sûretés, le serrage des embases et des colliers de lunette, et l’état des munitions. Un armurier peut faire ce contrôle en quelques minutes.
Que faire la veille de l’ouverture ?
Relire l’arrêté d’ouverture et le schéma départemental, préparer le sac et les documents, charger les batteries des optiques et du collier du chien, et mettre l’arme sous étui, déchargée.
