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Part de chasse : trouver un territoire, ce que ça coûte (ACCA, société, bail)

Part de chasse : territoire de chasse à l'aube, prairies et bois

Une part de chasse, ou action de chasse, est la cotisation annuelle qui donne le droit de chasser sur un territoire loué ou géré par une société de chasse. Selon le territoire, elle coûte de quelques dizaines d’euros dans une association communale à plus de 1 000 € pour un territoire de grand gibier, et des chasses privées qui peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros. Les quatre voies d’accès sont l’ACCA de sa commune, une société de chasse, un bail privé partagé entre actionnaires, et les journées de chasse commerciales.

Le permis donne le droit de chasser, pas un endroit où le faire. C’est la difficulté numéro un des nouveaux chasseurs, et la Fédération nationale des chasseurs et l’Association nationale des jeunes chasseurs l’ont désignée en 2026 comme le principal frein à l’entrée dans la chasse. Ce guide compare les formules, donne des fourchettes de prix sourcées, et liste ce qu’il faut vérifier avant de payer une action.

Le droit de chasse appartient au propriétaire

Tout part d’une règle simple : « Nul n’a la faculté de chasser sur la propriété d’autrui sans le consentement du propriétaire ou de ses ayants droit » (article L. 422-1 du Code de l’environnement). Le propriétaire peut chasser lui-même, louer son droit de chasse par un bail, ou l’apporter à une association. Chasser sans ce consentement est une contravention de 5e classe. Toutes les formules ci-dessous sont des façons d’obtenir ce consentement, directement ou par une structure collective.

Les quatre façons d’accéder à un territoire

FormuleQui peut entrerOrdre de prix annuelPour qui
ACCAMembres de droit (habitants, propriétaires) et au moins 10 % d’extérieursEnviron 80 à 500 €Habitants des communes rurales
Société de chasseSur admission, selon les placesQuelques dizaines à plus de 1 000 €La majorité des chasseurs
Action dans un bail privéSur cooptation ou annonceDe 300 € à plusieurs milliersGrand gibier, territoires de qualité
Journée commercialeSur réservationEnviron 200 € la journéeDécouverte, chasseur sans territoire

Les fourchettes sont celles relevées par la presse cynégétique en mars 2026 et sur les bourses aux territoires des fédérations en septembre 2026. Elles varient énormément d’une région à l’autre : une action de grand gibier en Sologne et une place en ACCA dans le Massif central n’ont rien de comparable.

L’ACCA : la voie la moins chère, si vous y avez droit

Les associations communales de chasse agréées, créées par la loi Verdeille du 10 juillet 1964, regroupent les terrains d’une commune pour y organiser la chasse. Elles existent dans une partie des départements, où elles sont obligatoires, et dans certaines communes ailleurs. Les propriétaires peuvent s’y opposer au-delà d’un seuil de surface, 20 hectares d’un seul tenant dans le cas général, ou par conviction personnelle.

Leur intérêt tient à leurs règles d’accès. Sont membres de droit les personnes domiciliées dans la commune, les propriétaires qui y ont apporté leurs terrains, et les personnes qui y paient une contribution directe depuis au moins quatre ans. Une ACCA doit aussi accueillir des membres extérieurs, à hauteur d’au moins 10 % de son effectif de l’année précédente, et leur cotisation ne peut pas dépasser cinq fois la plus faible, selon la FAQ de la Fédération nationale des chasseurs.

Un exemple réel donne l’ordre de grandeur : une ACCA du Cantal affichait pour 2025-2026 une carte à 80 € pour les résidents et propriétaires, 150 € pour les sociétaires extérieurs présentés, 240 € pour les autres, avec des cartes journalières à 10 € et week-end à 30 €. Les demandes d’admission se font souvent au printemps, avant l’assemblée générale : ne pas attendre septembre.

La société de chasse et l’action de chasse

Hors ACCA, la chasse s’organise en sociétés, le plus souvent des associations loi 1901, qui louent le droit de chasse à un ou plusieurs propriétaires par un bail de chasse, souvent de 3, 6 ou 9 ans avec un préavis de six mois. Elles financent ce bail et leur fonctionnement en vendant des actions, ou parts, à leurs membres. Le prix de l’action dépend de trois choses : le loyer du territoire, le gibier attribué au plan de chasse, et le nombre d’actionnaires qui se partagent l’ensemble.

Les annonces relevées donnent une idée des prix. Sur la bourse aux territoires de la fédération d’Île-de-France, en septembre 2026, les places allaient de 500 à 850 € par an en petit gibier, de 450 à 1 500 € en grand gibier, pour des territoires de 40 à 980 hectares et 12 à 20 jours de chasse. Dans l’Oise, une action affichait 330 € plus 30 € de droit d’entrée, une autre de grand gibier environ 1 100 €. La presse cynégétique situe l’ensemble des actions entre 50 et 5 000 € par an.

La forêt domaniale est une autre voie. L’Office national des forêts gère environ 1,75 million d’hectares, loués à la chasse par des baux de douze ans, environ 3 300, et par des licences annuelles ou des licences dirigées ; environ 100 000 chasseurs y chassent chaque année selon l’ONF. On y entre le plus souvent en rejoignant la société qui détient le lot.

Où trouver une part de chasse

  • Les bourses aux territoires des fédérations départementales : c’est la source la plus fiable, avec des annonces publiées par la fédération elle-même. L’Ain, l’Île-de-France, l’Oise, la Marne, l’Aube, le Var et la Vienne en tiennent une, entre autres.
  • Le président de la société de chasse de votre commune, et ceux des communes voisines : la voie la plus efficace, parce que certaines places ne sont jamais publiées.
  • Les sites d’annonces spécialisés ou généralistes, où l’on trouve des actions de grand gibier et des journées : utiles pour comparer les prix, à manier avec prudence pour le reste.
  • Le parrainage : un chasseur qui vous présente vaut mieux que dix annonces, et certaines fédérations l’encouragent.

Ce que coûte vraiment une journée

Le prix d’une action ne dit pas grand-chose tant qu’on ne le rapporte pas au nombre de journées où l’on chassera réellement. L’outil fait ce calcul, et le compare au prix d’une journée commerciale.

Coût annuel, droit d’entrée réparti : €

Coût par journée de chasse : €

Nombre de journées commerciales pour le même budget :

Ce que cet outil ne fait pas : il divise vos montants, il ne connaît ni les prix de votre région ni la qualité du territoire. Valeurs par défaut : exemples tirés des annonces de bourses aux territoires (Île-de-France, Oise) et de la presse cynégétique en 2026, à remplacer par les vôtres.

Avec ces exemples, une action à 600 € revient à 59 € la journée, soit environ trois journées commerciales et demie pour le prix d'une saison entière. L'action est presque toujours plus rentable dès qu'on chasse régulièrement ; elle l'est beaucoup moins si l'on ne sort que trois ou quatre fois par an.

Ce qu'il faut vérifier avant de payer

Une part de chasse se paie d'avance, pour la saison. Avant de signer, posez ces questions au président ou au responsable du territoire :

  • Le bail : sa durée restante, son loyer, et ce qui se passe s'il n'est pas renouvelé. Une société sans bail solide peut perdre son territoire en cours de route.
  • Le plan de chasse : combien d'animaux sont attribués, et combien ont été réellement prélevés les saisons précédentes. C'est le meilleur indicateur de ce que vous chasserez.
  • Le règlement intérieur : jours de chasse, nombre de chasseurs par battue, règles sur les invités, modes de chasse autorisés, partage du gibier.
  • Ce que comprend l'action : bracelets, participation aux dégâts de gibier, repas, frais de venaison. Dans beaucoup de départements, la fédération finance l'indemnisation des dégâts de gibier par des contributions payées par les territoires (article L. 426-5), qui se retrouvent souvent dans le prix.
  • Les obligations : journées de travail sur le territoire, postes de traque à tenir, présence aux battues.
  • La sécurité : qui dirige les battues, comment les postes sont attribués, et si la société applique les règles du schéma départemental. Notre article sur la sécurité à la chasse donne les points à observer lors d'une première journée.
Part de chasse : membres d'une société de chasse étudiant la carte du territoire
Plan de chasse, règlement, bail : trois documents à demander avant de prendre une action.

Peut-on chasser gratuitement ?

Rarement, et jamais sans droit de chasse. Les voies les moins chères existent pourtant. Un propriétaire peut chasser sur ses propres terres, s'il n'en a pas apporté le droit de chasse à une association ou s'il reste dans le cadre de l'ACCA dont il est membre de droit. Un chasseur peut être invité par un actionnaire, dans les limites du règlement ; certaines ACCA vendent des cartes journalières à quelques euros. Suivre des battues comme traqueur, puis passer par la chasse accompagnée, permet aussi de chasser une saison pour presque rien, avec le territoire de son parrain.

Quelle formule, selon votre profil

Pour le chasseur qui habite une commune rurale, commencer par l'ACCA

Si votre commune a une ACCA, vous y avez probablement droit, pour un prix modeste. C'est aussi la meilleure école : on y chasse avec ceux qui connaissent le territoire.

Pour le citadin, viser une société à distance raisonnable

Choisissez un territoire à moins d'une heure de route : une action lointaine qu'on n'utilise que trois fois par an revient très cher à la journée. Les bourses aux territoires des fédérations proches des grandes villes sont le bon point de départ.

Pour le chasseur de grand gibier, lire le plan de chasse avant le prix

Une action chère sur un territoire bien géré vaut mieux qu'une action bon marché où l'on ne voit rien. Demandez le tableau des saisons passées, et le nombre de journées de battue réellement organisées. Les armes et calibres adaptés sont dans notre article sur la carabine de battue.

BlackOpe est un média de tir : nous ne vendons ni action ni journée de chasse, et nous ne sommes rémunérés par aucune plateforme d'annonces. Les prix cités sont des exemples relevés en 2026, pas des tarifs de référence. Avant votre première saison sur un nouveau territoire, un passage au stand pour régler votre arme reste indispensable : notre carte des stands de tir vous aide à en trouver un.

À lire aussi : débuter la chasse, du permis à la première battue, la réglementation de la chasse, le déroulé d'une battue au grand gibier et le fusil de chasse polyvalent, et le fonctionnement du plan de chasse, et chasser en France avec un permis étranger, et la zone de chasse et les limites d'un territoire.

Questions fréquentes

Combien coûte une action de chasse ?

De quelques dizaines d'euros à plusieurs milliers par an. Une ACCA coûte souvent entre 80 et 500 €, une action de grand gibier en société entre 450 et 1 500 € sur les bourses des fédérations, et les chasses privées réputées bien davantage.

Quelle différence entre une ACCA et une société de chasse ?

L'ACCA est une association communale agréée, créée par la loi Verdeille, qui regroupe les terrains de la commune et doit accepter ses membres de droit. Une société de chasse est une association libre qui loue des territoires et choisit ses membres.

Comment trouver une société de chasse ?

En contactant le président de la société de votre commune et des communes voisines, et en consultant la bourse aux territoires de votre fédération départementale. Le parrainage d'un chasseur déjà membre reste la voie la plus efficace.

Peut-on entrer dans l'ACCA d'une commune où l'on n'habite pas ?

Oui, comme membre extérieur : une ACCA doit accueillir au moins 10 % d'extérieurs par rapport à son effectif de l'année précédente, avec une cotisation plafonnée à cinq fois la plus faible. Les places sont limitées, il faut candidater tôt.

Peut-on chasser gratuitement ?

Presque jamais. Il faut toujours un droit de chasse : être propriétaire, membre d'une ACCA, actionnaire ou invité. Les solutions les moins chères sont l'invitation, les cartes journalières d'ACCA et la chasse accompagnée sur le territoire d'un parrain.

Que comprend le prix d'une action de chasse ?

Le plus souvent, la part du loyer du territoire, le fonctionnement de la société et une partie du plan de chasse. Les bracelets, la participation aux dégâts de gibier, les repas ou la venaison peuvent être inclus ou facturés à part : demandez le détail avant de payer.

Une action de chasse est-elle remboursable ?

Cela dépend du règlement de la société : l'action est en général payée d'avance pour la saison et rarement remboursée en cours de route. Lisez le règlement intérieur et vérifiez la durée du bail avant de vous engager.