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Beretta 687 Silver Pigeon : le III neuf, le II d’occasion, et le piège du I

Beretta 687 Silver Pigeon III calibre 12, vue de trois quarts arrière, crosse en noyer et bascule gravée

Le Beretta 687 Silver Pigeon qu’on achète neuf en France en 2026 est le Silver Pigeon III, un superposé sur la bascule 680, vendu de 2 599 à 2 969 € selon l’armurier et classé en catégorie C. Le Silver Pigeon II n’est plus au catalogue et ne se trouve plus qu’en occasion. Quant au Silver Pigeon I, ce n’est pas un 687 : c’est un 686, moins gravé, moins cher, sur la même mécanique.

La catégorie en deux lignes. Toute la famille relève de la catégorie C, sous-classement C 1° c), celui des armes d’épaule à un coup par canon : les 99 fiches superposées « 687 » ou « Silver Pigeon » du référentiel du ministère y sont, sans exception. Le régime et les conditions d’achat sont sur notre page arme de catégorie C.
Notre méthode. Cette fiche synthétise 96 sources : le référentiel général des armes du ministère de l’Intérieur (export du 11 septembre 2026), les pages Beretta en français et en anglais, la notice des superposés Beretta, le catalogue de l’importateur français Humbert, des prix relevés fiche par fiche chez 13 armuriers français le 30 septembre 2026, les essais publiés par Gun Mart, ShootingUK, Gun Tests et Sporting Gun, et des forums de chasseurs francophones et anglophones. Elle ne remplace pas un essai au stand : chaque mesure citée est attribuée à son auteur, et ce que nous n’avons pas pu établir est écrit comme tel.

Le Beretta 687 Silver Pigeon III en bref

Le 687 est la version gravée de scènes de chasse de la plateforme 680, celle qui porte aussi le 686. Le III en est la déclinaison de référence depuis la nouvelle génération présentée en 2020, et c’est la version chasse du 687 que l’importateur français distribue dans les quatre calibres. Tout ce qui suit le concerne, sauf mention contraire.

Caractéristique687 Silver Pigeon III
ArchitectureSuperposé, un coup par canon, bascule 680 en acier traitée Nistan
VerrouillageÉpaulements trapézoïdaux et double verrou conique, pivots latéraux remplaçables
Calibres distribués en France12/76, 20/76, 28 et .410
Canons71 ou 76 cm en 12 et en 20, 71 cm en 28 et en .410 ; 76 ou 81 cm en Sporting. Acier Steelium, cônes de raccordement de 80 mm sur les canons de 76 cm
Chambre76 mm en calibre 12
Chokes5 Optimachoke HP affleurants en 12, 20 et 28 ; Mobilchoke en .410
BandeVentilée, 6 × 6 mm, quadrillée anti-reflet
DétenteMonodétente sélective à inertie, sélecteur intégré au curseur de sûreté
ExtractionÉjecteurs automatiques
CrosseNoyer grade 2,5 à finition brillante, pente 35/55, plaque de couche MicroCore
Poids en calibre 123,1 kg selon l’importateur français, 3,30 à 3,40 kg selon le distributeur britannique, 3,45 et 3,52 kg pesés par deux essayeurs en canons de 76 cm
Poids en calibre 202,80 à 2,85 kg selon le distributeur britannique
Catégorie (France)C, sous-classement C 1° c)
Prix constaté (septembre 2026)2 599 à 2 969 € neuf, pour un prix public de 2 969 €
Garantie3 ans constructeur, selon l’importateur

Sources : fiche Beretta du 687 Silver Pigeon III, catalogue Humbert, GMK, Gun Mart et ShootingUK pour les pesées.

Un point de ce tableau mérite qu’on s’y arrête : le poids. L’importateur français annonce 3,1 kg pour un calibre 12 en canons de 76 cm, le distributeur britannique 3,40 kg pour la même longueur, et les deux fusils passés sur la balance d’un essayeur ont donné 3,45 kg chez Bruce Potts pour Gun Mart et 3,52 kg chez ShootingUK. Quatre cents grammes séparent l’annonce de l’importateur des pesées : pour la chasse devant soi, c’est le chiffre des balances qu’il faut retenir.

Silver Pigeon I, II, III, IV, V : qui est qui

C’est la confusion la plus fréquente sur ce fusil, et elle vient de la façon dont Beretta nomme ses superposés. Le numéro de modèle, 686 ou 687, désigne la décoration de la bascule. Le chiffre romain qui suit « Silver Pigeon » désigne un niveau de finition. Les deux se croisent, ce qui fabrique des appellations que personne ne décode du premier coup.

La mécanique, elle, est la même d’un bout à l’autre. La fiche française du 686 Silver Pigeon I s’ouvre sur « Basée sur la superbe plateforme 680 », et Beretta présente le 687 Silver Pigeon III comme une évolution élégante du Silver Pigeon I. Ce qui sépare les deux, c’est la gravure et le bois : motif floral et noyer grade 2 fini à l’huile d’un côté, scènes de chasse et noyer grade 2,5 à finition brillante de l’autre.

L’appellation Silver Pigeon elle-même est arrivée dans les années 1990. Le répertoire de cotes Gun Digest date le changement de nom de 1994, et ShootingUK rapporte qu’il aurait été décidé pour le marché américain. Le référentiel du ministère n’y fait d’ailleurs aucune différence : il range l’essentiel de la famille sous une seule désignation, « SILVER PIGEON (C- I – II – III – IV – V) ».

Plateforme 680 même bascule, même verrouillage 686 gravure florale 687 scènes de chasse Silver Pigeon I c’est un 686 au catalogue 2 339 € Silver Pigeon II lancé en 1999 hors catalogue occasion Silver Pigeon III génération 2020 la référence 2 969 € Silver Pigeon IV lancé en 2003 pour les États-Unis absent en France Silver Pigeon V au catalogue gravure profonde Sporting 4 959 € Prix publics de l’importateur Humbert, calibre 12, relevés le 30 septembre 2026. Le référentiel du ministère classe toute la famille en catégorie C 1° c). Dates : Gun Digest pour le II et le IV, presse spécialisée pour le III. Infographie BlackOpe.

Deux conséquences pratiques. D’abord, un « Silver Pigeon I » n’est jamais un 687 : une annonce qui vend un « 687 Silver Pigeon I » se trompe de modèle, et il faut demander ce qui est gravé sur la bascule. Ensuite, le Silver Pigeon II n’a plus d’existence commerciale. Il n’apparaît ni sur la page de la famille chez Beretta France, ni chez l’importateur Humbert, distributeur historique de la marque et filiale du groupe Beretta depuis 2001. Nous n’avons trouvé aucune source qui date précisément son arrêt, ni chez Beretta, ni dans la presse, ni dans les répertoires de cotes. Qui cherche un Silver Pigeon II achète donc un 687 d’occasion de la génération précédente.

Sur un fusil d’occasion, la génération ne se devine pas à la gravure, elle se lit sur les canons. La notice des superposés Beretta donne la clé : un simple calibre inscrit sur la frette signale des chokes Mobilchoke, « OB » suivi du calibre des Optimachoke, « OB HP » des Optimachoke HP, ceux du III actuel. C’est ce marquage qui dit quels chokes le fusil accepte, et donc ce qu’il peut tirer à l’acier.

La bascule 680, et pourquoi elle dure

La réputation du Silver Pigeon repose moins sur sa gravure que sur ce qu’il y a dessous. La bascule 680 est basse, en acier traité Nistan, et verrouille par des épaulements trapézoïdaux et un double verrou conique qui vient se loger dans le bloc des canons. Pas de crochets sous les canons : la charnière tourne sur deux pivots latéraux.

Ces pivots sont le vrai argument de longévité, et il est vérifiable. Beretta vend dans son catalogue de pièces des pivots surdimensionnés de 0,15 mm pour la série 680, compatibles 686, 687 et Silver Pigeon, destinés aux révisions chez l’armurier. Autrement dit, le jeu qui peut apparaître à la charnière avec l’usage se rattrape par une pièce d’usine, sans reprendre la bascule. Beretta, de son côté, affirme que le système d’extraction de la plateforme compte plus d’un million d’exemplaires en service depuis plus de trente ans : c’est un chiffre de constructeur, que personne ne peut recouper, mais il dit l’échelle.

La détente appelle une précision que Beretta ne donne pas. Ses pages parlent d’une monodétente sélective, sans dire comment elle passe au second canon. Trois éléments convergent pourtant vers une détente à inertie : Bruce Potts, dans son essai du III pour Gun Mart, écrit noir sur blanc « inertia cocking system for the second barrel » ; la notice demande de désarmer une arme à monodétente en frappant la crosse de la main ; et le catalogue de pièces référence un bloc d’inertie pour la série 680.

La conséquence est mécanique : c’est le recul du premier coup qui prépare le second. Si le premier ne part pas, le fusil ne bascule pas de lui-même sur l’autre canon. Plusieurs tireurs le rapportent sur des forums anglophones et un fil francophone de 2005 le décrit sur des 686 et 687 plus anciens. Aucune source ne chiffre la fréquence du problème, et Beretta ne publie aucune charge minimale pour le réarmement. Le seul relevé attribuable va dans le bon sens : Bruce Potts note que le second coup s’est armé correctement même avec des cartouches légères de 21 g.

Fiabilité : ce qui est établi, et ce que personne ne signale

Sur la fiabilité, les sources convergent, et elles sont nombreuses. Trois essais anglophones et le distributeur britannique la mettent en avant, dont deux essais de Gun Tests sur des Silver Pigeon II Sporting en calibre 20 qui n’ont connu aucune panne. Côté français, trois fils de forums de chasse la confirment sur la durée, dont un possesseur après quatorze ans d’usage. Gun Tests écrit en 2008 que sûreté, sélecteur et éjecteurs ont fonctionné sans le moindre défaut.

Les reproches, eux, sont peu nombreux et bien identifiés :

  • Le bronzage des canons, jugé fragile par plusieurs possesseurs sur un forum de chasse francophone, avec des traces d’oxydation et d’usure aux points de frottement. C’est le point faible le plus cité côté français. L’entretien qui le limite est détaillé dans notre guide du bronzage d’une arme.
  • Le quadrillage découpé au laser, aux bordures arrondies, discuté par trois essais sur le dessin et non sur la tenue. ShootingUK le juge au contraire excellent : c’est une question de goût.
  • La sûreté, à la course jugée trop courte par Gun Mart et trouvée dure par un second essayeur. À manipuler en armurerie avant d’acheter, surtout avec des gants.
  • Le second coup à inertie, décrit plus haut, rapporté sur des forums et jamais quantifié.

Et ce qu’on ne trouve pas compte autant. Aucun rapport de casse de percuteur, aucun témoignage d’usure des pivots, aucun défaut d’éjecteur n’est remonté dans les sources lues, françaises ou anglophones. Sur un modèle aussi diffusé, l’absence de ces plaintes est une information.

Prise en main : un fusil de chasse qui va au plateau

Le III chasse a la pente relevée d’un fusil moderne, 35 mm au busc et 55 mm au talon, et une plaque de couche MicroCore. Les essayeurs parlent d’un fusil vif et bien équilibré : « great handling » pour Gun Mart, « nimble, fast, responsive » pour Gun Tests sur un II Sporting, et quatre sources francophones louent son équilibre en action de chasse. ShootingUK relève très peu de recul. Une seule voix note un équilibre un peu en avant, et une autre un talon de crosse qui marque l’épaule : des ressentis isolés, qui dépendent de la morphologie.

La détente, franche selon les essais, n’est pas légère. Gun Tests l’a mesurée à 2,38 kg sur le canon supérieur et 2,49 kg sur l’inférieur, sur un II Sporting en calibre 20. Pour qui vient d’un fusil de compétition, c’est lourd ; pour la chasse, c’est dans la norme.

Pour le plateau régulier, Beretta propose le Silver Pigeon III Sporting, en canons de 76 ou 81 cm, et sa version B-Fast dont le busc se règle en hauteur et en dévers. Un essai francophone du Sporting B-Fast en calibre 20 le trouve pourtant trop vif pour le parcours de chasse : en 20, la légèreté qui sert à la bécasse dessert le tir enchaîné. Pour un tireur de plateau, le calibre 12 reste le choix logique.

« Fusil Beretta silver pigeon 3 », par la chaîne Chasseurdunord. Le fusil en main, gravure et bascule vues de près.

Quelles cartouches pour le Beretta 687 Silver Pigeon

Le 687 est un fusil à canons lisses : on ne parle pas de groupement, mais de gerbe, de choke et de chambre. Les prix ci-dessous ont été relevés sur des fiches produit d’armuriers français le 30 septembre 2026, en boîte de 25 sauf mention contraire. Pour choisir le numéro de plomb selon le gibier ou le plateau, notre guide des numéros de plomb fait le tour de la question, et celui des cartouches de ball-trap détaille ce qu’imposent les règlements de discipline.

CartoucheCharge, grenailleDouilleUsageBoîteAu coup
Armusa Trap 2424 g, plomb n° 7,570 mmPlateau7,39 €0,30 €
B&P Competition One24 g, plomb n° 7,570 mmPlateau9,40 €0,38 €
Fiocchi Official24 g ou 28 g, plomb n° 7,570 mmPlateau10,50 €0,42 €
Rottweil Game Edition Pigeon36 g, plomb n° 6, 400 m/s annoncés70 mmChasse17,70 €0,71 €
Winchester ZZ36 g, plomb n° 4 à 7,5, 415 m/s annoncés70 mmChasse18,90 €0,76 €
FOB ZH Standard 3232 g, acier standard n° 4 ou 670 mmZone humide14,70 €0,59 €
Winchester Steel HP Double Impact34 g, acier haute performance n° 4 et 6, 442 m/s annoncés76 mmZone humide20,70 €0,83 €
Winchester Drylok35 g, acier haute performance n° 3, 425 m/s annoncés76 mmZone humide24,50 €0,98 €
FOB Bismuth32 g, bismuth n° 767 mmZone humide25,90 € les 102,59 €

Relevés du 30 septembre 2026 chez Armurerie Steflo (Lyon), Meyson, Armurerie Gilles et Armurerie Auxerre. Vitesses : données du fabricant. Aucune boîte de 25 en bismuth n’a été trouvée.

Trois enseignements. Une cartouche de chasse en 36 g coûte près de deux fois et demie une cartouche de plateau : 0,71 à 0,76 € contre 0,30 €. L’acier standard de chasse, à 0,59 € en 32 g, revient ici moins cher que le plomb en 36 g, mais la comparaison n’est pas à charge égale. Et le bismuth reste hors norme, à 2,59 € le coup, soit plus de trois fois le prix du plomb de chasse le plus cher du tableau.

Gerbe et choke

L’équivalent du groupement, sur un fusil, c’est la gerbe : la part des plombs qui tombe dans un cercle de 75 cm à 35 mètres, selon la convention française. Et il faut le dire nettement : aucun relevé de gerbe en pourcentage n’est publié sur un 687 Silver Pigeon, ni par Beretta, ni par un essayeur. La notice des superposés Beretta donne la correspondance des marquages de chokes, pas un seul taux.

Le relevé le plus proche vient de Bruce Potts pour Gun Mart. Choke demi au canon inférieur, sur un panneau de 76 cm, il a compté 238 impacts avec une Titanium Strike de 28 g en n° 7,5, dont 103 dans la zone centrale, 214 avec une Gamebore Grouse Extreme de 31 g en n° 6, et 215 avec une Gamebore Blue Diamond de 24 g en n° 7,5. La distance de tir n’est pas indiquée, ce qui interdit toute conversion en pourcentage : ces chiffres montrent une répartition, pas une densité comparable.

Faute de mieux, on cite souvent les taux de Browning. Ils sont donnés à 40 yards, soit 36,6 m, au plomb, en cartouches de 70 mm dans des chambres de 76 mm, pour ses chokes Invector-DS en calibre 12 : 40 à 45 % au quart de choke, 55 à 65 % au demi, 65 à 75 % au trois-quarts, 75 à 80 % au full. Browning n’écrit pas le diamètre du cercle. Ces valeurs valent pour ses canons et ses chokes, pas pour un Beretta, et ne se transposent pas à la convention française.

Un rappel qui évite bien des erreurs : le choke ne change pas la portée, il change la densité. Un choke serré ne fait pas porter plus loin, il resserre la gerbe pour qu’elle reste assez dense là où le gibier ou le plateau se trouve. En fosse universelle, les cinq postes sont à 15 mètres de la ligne des machines selon la Fédération française de ball-trap, et le parcours de chasse n’a aucune distance normalisée : ce sont le traceur et le plateau qui décident. Notre guide du choke de fusil détaille le choix par situation.

Décodez un choke Beretta avant de choisir la cartouche

D’après la notice des superposés Beretta : ce que signifie le marquage du choke, son équivalent français, et ce que la notice autorise ou déconseille selon la grenaille.

Source : notice d’utilisation des superposés Beretta, édition 2023, pages 14, 22 et 25. Ne remplace pas la lecture des marquages de votre propre fusil.

Le décodeur ci-dessus s’appuie sur les pages 14, 22 et 25 de la notice française des superposés Beretta. La même notice ajoute que les meilleurs résultats à l’acier s’obtiennent avec les chokes ouverts : cylindrique, quart, demi, skeet.

Chambre, acier et sécurité

La chambre. Le III en calibre 12 est chambré 76 mm, et la longueur est marquée sur le flanc des canons. La règle de la notice est écrite en capitales : toujours utiliser des cartouches d’une longueur égale ou inférieure à celle de la chambre indiquée sur les canons. Une 76 mm ne se tire jamais dans une chambre de 70. La longueur annoncée sur la boîte est celle de la douille une fois tirée, sertissage déplié : c’est pourquoi une cartouche de 76 mm neuve entre physiquement dans une chambre de 70, et c’est précisément là le danger, puisque le sertissage reste entrouvert et crée une surpression.

Sur un fusil d’occasion, ne rien supposer : le référentiel du ministère recense des Silver Pigeon chambrés 70 mm et d’autres 76 mm. Seul le marquage du canon fait foi.

L’acier. La notice Beretta est claire sur le principe : « Tous les canons Beretta peuvent tirer des grenailles ordinaires en acier (définition CIP) », et « tous les canons Beretta actuels à chokes amovibles » peuvent tirer l’acier haute performance. Avec deux réserves : l’acier haute performance est « fortement déconseillé » avec les chokes 0 et 00, et dans les canons à choke fixe. Le mot « actuels » compte pour qui achète un Silver Pigeon II d’occasion.

Le poinçon en fleur de lys, marque de l’épreuve acier haute performance, n’apparaît pas dans la notice. C’est le distributeur britannique GMK qui écrit que tous les Silver Pigeon actuels en sont frappés, et plusieurs armuriers français affichent « éprouvé billes d’acier » sur leurs fiches. Le même distributeur rappelle l’écart entre les deux épreuves : 930 bar pour l’acier standard, 1 320 bar pour l’acier haute performance. Sur une occasion, la vérification tient en une minute : regarder le poinçon sur les canons.

Beretta 687 Silver Pigeon III calibre 12 ouvert, vue des chambres, des éjecteurs et de la bascule gravée d’un faisan
Le 687 Silver Pigeon III ouvert : les deux chambres, les éjecteurs et, sur la bascule, le faisan en vol de la gravure laser. Le fusil photographié est celui du catalogue américain, dont les canons portent le marquage de l’importateur Beretta USA. Photo : Beretta.

Le plomb en zone humide, à deux étages. Le premier étage est français : l’arrêté du 9 mai 2005 interdit depuis le 1er juin 2006 l’emploi de la grenaille de plomb dans les zones humides visées à l’article L. 424-6 du code de l’environnement, à moins de 30 mètres de la nappe d’eau. Le second est européen, et beaucoup de chasseurs l’ignorent encore : le règlement (UE) 2021/57, applicable depuis le 15 février 2023, interdit aussi le port de cartouches au plomb, étend le périmètre à la zone humide augmentée de 100 mètres, et institue une présomption défavorable au tireur trouvé porteur de telles cartouches. Il s’applique directement en France, et aucune page officielle française que nous avons consultée ne le reprend.

Ce que ça coûte à la séance

Au ball-trap, une planche de 25 plateaux se paie deux fois : les plateaux, puis les cartouches. Au Ball-trap club de Cognac, la planche coûte 4,50 € aux membres et 6 € aux autres. Avec les cartouches du tableau, une planche revient donc entre 11,89 € (Armusa, tarif membre) et 16,50 € (Fiocchi, tarif non-membre), et une séance de quatre planches entre 47,56 € et 66 €. C’est la cartouche qui pèse le plus lourd, pas le stand.

À la chasse, la même arithmétique change d’échelle : cent cartouches de plomb en 36 g coûtent 71 à 76 €, cent cartouches d’acier haute performance en 76 mm, chargées à 34 ou 35 g, 83 à 98 €. Qui chasse le gibier d’eau paie son passage à l’acier, et le calcule avant de choisir son fusil.

Le conseil de lot

Faire son patron de gerbe avant la saison, avec le couple choke et cartouche retenu, sur une plaque à 35 mètres. Acheter ensuite au carton, rester sur le même lot, et noter la référence exacte et le numéro de lot. Sur un superposé, profiter de la séance pour vérifier que les deux canons impriment au même endroit : Gun Tests a trouvé bien réglés les canons des trois fusils de son comparatif de 2007, dont un II Sporting, mais c’est votre fusil qu’il faut connaître, pas celui de l’essayeur.

Les versions et les prix, neuf et occasion

Le III se décline en France en version chasse, en Sporting pour le plateau, et en Sporting B-Fast à busc réglable. L’importateur publie ses prix publics, et les armuriers les remisent jusqu’à 12,5 % en ligne. Voici ce que nous avons relevé fiche par fiche le 30 septembre 2026.

VersionPrix publicRelevés chez les armuriers
687 Silver Pigeon III, 12 ou 20, 71 ou 76 cm2 969 €2 599 € (Beaurepaire), 2 629 € (Chassez Discount), 2 690 € (Le Pistolier), 2 692,50 € (Lavaux), 2 764,44 € en 20 (Roumaillac), 2 969 € (Pisteurs)
687 Silver Pigeon III, 28 ou .410, 71 cm2 969 €Aucun relevé chez un armurier
687 Silver Pigeon III Sporting, 12, 76 ou 81 cm3 079 €2 729,99 € (Baumel), 2 779 € (Meyson)
687 Silver Pigeon III Sporting B-Fast, 12 ou 203 499 €3 075 € (Beaurepaire)
687 Silver Pigeon V, 12, chassenon publié2 899 € avec 40 % de remise affichée (Meyson), 4 239 € (Pêche Chasse Discount)
687 Silver Pigeon V Sporting, 12, 76 cm4 959 €Aucun relevé ; 5 369 € au prix public en B-Fast
686 Silver Pigeon I, 12, 71 cm2 339 €Pour comparaison : même mécanique

Deux prix sortent du lot et demandent une vérification avant de s’emballer. Une armurerie affiche le III à 2 389 €, bien sous tous les autres relevés, sur une fiche où il n’est plus en stock : le tarif est probablement ancien. Et le Silver Pigeon V à 2 899 € chez Meyson, contre 4 239 € ailleurs, relève d’une opération de déstockage. Autre repère utile : au lancement de la nouvelle génération, en août 2020, Chasse Passion annonçait le fusil à 2 349 €. Le prix public a pris 26 % en six ans.

Bascule gravée du Beretta 687 Silver Pigeon III avec la scène de chasse, la clé d’ouverture et le curseur de sûreté sélecteur
La gravure du III, scène de chasse et rinceaux au laser cinq axes : c’est elle, avec le bois, qui justifie l’écart de 630 € avec le 686 Silver Pigeon I. Sur la queue de bascule, le curseur de sûreté porte le sélecteur de canon. Photo : Beretta.

En occasion : le II, le III, et ce qu’il faut regarder

Chez les professionnels, nous avons relevé un III en très bon état, avec sa mallette et ses cinq chokes, à 1 499 € chez Meyson, et un fusil de démonstration de 2020 à 2 300 € à l’Armurerie des Hauts de Gironde. Le même fusil, sous la même référence, apparaissait à 2 576 € sur une plateforme d’annonces : 276 € d’écart selon le canal de vente, pour une arme identique.

Pour le Silver Pigeon II, deux annonces de particuliers s’affichaient à 2 900 € sur la page de résultats d’une grande plateforme française. Nous n’avons pas pu consulter les fiches, et ne connaissons donc ni l’année ni l’état. Un tel prix place un fusil d’ancienne génération au niveau d’un III neuf remisé : il se négocie, ou il ne s’achète pas.

Sur un 687 d’occasion, cinq points se vérifient en armurerie :

  • le marquage de la bascule, 686 ou 687, pour ne pas payer un Silver Pigeon I au prix d’un III ;
  • l’inscription de la frette, qui dit le système de chokes, et la présence des chokes livrés d’origine ;
  • la longueur de chambre et le poinçon d’épreuve acier sur les canons ;
  • le jeu à la charnière, fusil fermé sans cartouche : il se rattrape par des pivots surdimensionnés, mais c’est une intervention à chiffrer avant d’acheter ;
  • l’état du bronzage aux points de frottement, le point faible le plus cité par les possesseurs.

Le piège du référentiel : un Silver Pigeon à pompe

Qui consulte le référentiel général des armes tombe sur quatre fiches Beretta « SILVER PIGEON » qui ne sont pas des superposés mais des fusils à pompe. Les deux à canon lisse sont en catégorie B, sous-classement B 2° f), les deux à canon rayé en C 1° d). Il s’agit d’un ancien modèle à pompe, que la Wikipédia anglophone nomme Silver Pigeon SL 2 et dit produit pendant une courte période ; nous n’avons pas trouvé ses années de fabrication. Sans rapport avec le 687, il rappelle une règle simple : c’est la fiche exacte de l’arme, et non son nom commercial, qui fixe la catégorie.

Les alternatives

Le Beretta 686 Silver Pigeon I est l’alternative la plus logique, parce que c’est le même fusil. Même bascule, mêmes canons Steelium, mêmes chokes : 630 € de moins au prix public, pour une gravure florale et un noyer grade 2 huilé. Qui achète un fusil pour s’en servir plutôt que pour le regarder a du mal à justifier l’écart.

Le Browning B525 est le concurrent de toujours. Sporting Gun, qui a comparé en 2022 le Silver Pigeon I Sporter et le B525 Sporter, les recommande à égalité et renvoie au goût personnel, en notant une poignée Browning mieux adaptée aux grandes mains. Notre fiche du Browning B525 Trap couvre sa version de fosse.

Le Beretta Ultraleggero vise le chasseur qui marche : environ 2,9 kg avec une bascule en acier évidée, pour 2 399 à 2 989 €. Le détail est dans notre fiche du Beretta Ultraleggero.

Le Benelli 828U fait le pari inverse de la bascule 680 : une carcasse en alliage léger et une plaque d’acier flottante, moins de 3 kg en calibre 12, de 2 859 à 4 390 € selon la version. Voir notre guide du Benelli 828U.

Le Browning Cynergy, enfin, a battu un Silver Pigeon II Sporting dans le comparatif de trois calibres 20 de parcours publié par Gun Tests en 2007, jugé le plus agile des trois. Notre fiche du Browning Cynergy le présente en détail. Côté japonais, ShootingUK trouve le Miroku MK38 plus haut et plus large que le Beretta Silver Pigeon I.

Le verdict

Le verdict

Ce qui convainc

  • La bascule 680, saluée pour sa fiabilité par sept sources, et réparable : ses pivots existent en surcote chez Beretta
  • Une chambre de 76 mm et des chokes Optimachoke HP qui ouvrent l’acier haute performance, dans les limites posées par la notice
  • Un fusil vif et bien équilibré en chasse, qui tient aussi une séance de plateau
  • Une gamme complète en France, du calibre 12 au .410, en chasse comme en Sporting

Ce qui coince

  • 630 € de plus que le 686 Silver Pigeon I pour la gravure et le bois, et un prix public en hausse de 26 % depuis 2020
  • Un bronzage jugé fragile par plusieurs possesseurs francophones
  • Une détente à inertie dont le second coup dépend du recul du premier, et une sûreté discutée
  • Un poids annoncé à 3,1 kg par l’importateur quand les balances des essayeurs affichent 3,45 à 3,52 kg

Pour qui ? Pour le chasseur qui veut un superposé qui durera plusieurs décennies, avec un peu de gravure, et qui tirera quelques planches l’été. Pour celui qui veut seulement la mécanique, le 686 Silver Pigeon I fait la même chose pour moins cher.

Pour la chasse devant soi, choisir le Silver Pigeon III en calibre 20, entre 2,80 et 2,85 kg selon le distributeur britannique, au même prix public que le 12.

Pour le gibier d’eau, choisir le calibre 12 chambré 76 mm, tirer l’acier haute performance avec un choke demi ou plus ouvert, et vérifier le poinçon d’épreuve.

Pour le ball-trap régulier, choisir le Silver Pigeon III Sporting, en 12 et en canons de 76 ou 81 cm, et la version B-Fast si le busc doit être ajusté. Notre guide du fusil de ball-trap compare les architectures pour la fosse et le parcours.

Pour un budget serré, choisir un Silver Pigeon III d’occasion plutôt qu’un II au même prix : même mécanique, et sur un exemplaire de la génération 2020, des chokes Optimachoke HP dont la notice fixe les règles à l’acier.

Pour aller plus loin : le régime de détention est sur notre page arme de catégorie C, le fonctionnement des tubes dans notre guide du choke de fusil, et un autre superposé à la française dans notre fiche du Verney-Carron Sagittaire.

Questions fréquentes

Le Beretta 687 Silver Pigeon est-il en catégorie C ?

Oui. Toutes les fiches superposées 687 et Silver Pigeon du référentiel du ministère de l’Intérieur sont en C 1° c), le sous-classement des armes d’épaule à un coup par canon. L’achat se fait sur déclaration, avec un permis de chasser validé ou une licence de tir.

Quelle différence entre le 686 Silver Pigeon I et le 687 Silver Pigeon III ?

La mécanique est la même, celle de la plateforme 680. Le 687 Silver Pigeon III ajoute une gravure de scènes de chasse et un noyer grade 2,5 à finition brillante, contre un motif floral et un noyer grade 2 huilé : 2 969 € contre 2 339 € au prix public.

Le Beretta Silver Pigeon II est-il encore fabriqué ?

Non. Il n’apparaît plus ni au catalogue de Beretta France ni chez l’importateur Humbert, et aucune source ne date précisément son arrêt. Il se trouve en occasion : la génération d’un fusil se vérifie aux inscriptions de ses canons.

Combien coûte un Beretta 687 Silver Pigeon III neuf ?

Le prix public est de 2 969 € en calibre 12 ou 20. Chez les armuriers français, nous l’avons relevé de 2 599 à 2 969 € le 30 septembre 2026, et de 2 729,99 à 3 079 € pour la version Sporting.

Quel prix pour un 687 Silver Pigeon d’occasion ?

Nous avons relevé un Silver Pigeon III en très bon état à 1 499 € et un fusil de démonstration de 2020 à 2 300 € chez des professionnels. Des Silver Pigeon II de particuliers s’affichaient à 2 900 €, le prix d’un III neuf remisé.

Peut-on tirer de l’acier dans un Beretta 687 Silver Pigeon III ?

Oui. La notice autorise l’acier standard dans tous les canons Beretta et l’acier haute performance dans les canons actuels à chokes amovibles, mais le déconseille fortement avec les chokes 0 et 00. Sur une occasion, vérifier le poinçon d’épreuve.

Quelle est la chambre du 687 Silver Pigeon III ?

76 mm en calibre 12, marquée sur le flanc des canons. On peut y tirer des cartouches de 70 ou de 76 mm, jamais plus longues. Sur un Silver Pigeon d’occasion, lire le marquage : le référentiel recense aussi des versions chambrées 70 mm.

Combien pèse un Beretta 687 Silver Pigeon III ?

L’importateur français annonce 3,1 kg en calibre 12, le distributeur britannique 3,30 à 3,40 kg selon la longueur de canon. Deux essayeurs ont pesé 3,45 et 3,52 kg en canons de 76 cm. En calibre 20, compter 2,80 à 2,85 kg.

La détente du Silver Pigeon est-elle à inertie ?

Beretta ne le précise pas, mais l’essai de Gun Mart l’écrit, la notice fait désarmer en frappant la crosse et un bloc d’inertie existe en pièce détachée. Le second coup s’arme au recul du premier : après un raté, il ne se sélectionne pas seul.

Silver Pigeon III ou Silver Pigeon III Sporting pour le ball-trap ?

Pour quelques planches par an, le III chasse suffit. Pour le plateau régulier, le Sporting en canons de 76 ou 81 cm est pensé pour ça, et sa version B-Fast règle le busc en hauteur et en dévers : 3 079 à 3 499 € au prix public.