Le parcours de chasse est la discipline de plateau qui imite la chasse : des postes disséminés dans un terrain, des trajectoires qui changent à chaque fois, des plateaux de toutes tailles dont un qui roule au sol. Le fusil attend crosse contre le corps, le tireur a quinze secondes entre deux plateaux, et un parcours se compte en vingt cinq plateaux, quinze simples et cinq doublés.
Une discipline qui rejoue la chasse, pas une fosse déguisée
En fosse, tout part devant vous, d’une machine enterrée, dans un cône connu. En parcours de chasse, le plateau peut arriver de derrière un bosquet, filer de gauche à droite à hauteur d’homme, tomber d’une tour ou rouler dans l’herbe. Chaque poste a son décor, ses machines et son scénario, et vous changez de poste toutes les quelques minutes. C’est cette variété qui en fait la discipline préférée des chasseurs, et le meilleur entraînement hors saison au tir du gibier volant.
Le règlement qui s’applique en France est le règlement international de parcours de chasse, écrit par la FITASC et relayé par la FFBT dans sa version du 1er janvier 2025. C’est le même texte pour un concours de ligue et pour un championnat du monde, ce qui explique quelques exigences qui paraissent sévères au débutant.
Le règlement en clair
| Point | Ce que dit le règlement |
|---|---|
| Composition d’un parcours | 25 plateaux : 15 simples et 5 doublés (articles 2.2 et 16.1) |
| Postes et machines | 3 à 5 postes selon la ligne, 3 à 5 lanceurs repérés par des lettres de A à E |
| Types de plateaux | Normal, rabbit, mini, super-mini, battue, bourdon, flash, hélice (article 2.3) |
| Cartouches | 2 par simple, 2 par doublé (articles 4.1 et 4.2) |
| Charge et plombs | 28 g maximum avec 2 % de tolérance, grains de 2 à 2,5 mm (article 7.8) |
| Position d’attente | Debout, talon de crosse contre le corps, haut de crosse sous la ligne repère du gilet (article 3.1.1) |
| Rythme | 15 secondes au maximum entre deux plateaux ou doublés (article 7.5) |
| Visualisation | Toutes les trajectoires sont présentées au premier tireur du groupe, deux fois au maximum (article 16.4) |
| Compétition internationale | 200 plateaux (article 16.1) |
Deux lignes méritent qu’on s’y arrête. La position d’attente d’abord : contrairement à la fosse, où le fusil est épaulé avant l’appel, le parcours impose l’arme basse, la crosse au corps et son sommet sous une ligne repère tracée sur le vêtement. C’est pour cette raison que les gilets de compétition portent ce repère, détail que nous expliquons dans le guide du gilet de ball-trap. Ensuite les quinze secondes : ce délai interdit de s’installer indéfiniment, et il explique pourquoi les tireurs expérimentés construisent leur poste avant de monter dessus.
Distances et dimensions : ce que le texte fixe, et ce qu’il laisse aux clubs
Le règlement nomme les catégories de plateaux et renvoie les réglages aux organisateurs, ce qui explique les écarts d’un stand à l’autre. Il ne donne ni surface de terrain, ni écart entre les postes, ni distance de tir chiffrée. Les cotes que l’on voit parfois citées pour le parcours, une zone de trente cinq à quarante mètres de large sur vingt cinq de profondeur et des postes espacés de quelques mètres, appartiennent en réalité au Compak Sporting, dont le règlement les impose. Les clubs français annoncent par ailleurs des envois de soixante à soixante quinze mètres : un chiffre qui décrit des installations, pas une norme.
Ce que le texte encadre, il le fait autrement. Les postes sont des carrés de 1 mètre de côté ou des cercles d’environ 1 mètre de diamètre, avec devant eux le menu des machines dans l’ordre de tir (article 2.4). Les trajectoires doivent respecter « l’éthique et les distances du tir de chasse » : pas de plateau tiré trop près, pas de tir au-delà de la portée efficace d’un fusil et d’une cartouche de chasse (article 2.5.1). Leur difficulté se règle par classes, mesurées sur la moyenne des tireurs : A au-dessus de 80 % de plateaux cassés, B de 60 à 80 %, C de 40 à 60 %, le texte recommandant par poste une trajectoire A, deux B et une C. Sur un parcours, la seule mesure qui vous concerne reste celle que vous lisez à la visualisation.
Quel plateau venez-vous de voir ?
Ce repère est indicatif : une trajectoire ne suffit pas à identifier avec certitude le format. Le menu du poste indique les plateaux spéciaux (article 2.4) ; consultez le règlement du parcours de chasse. Pour les hélices, c’est le témoin blanc qui se détache du support, comme le précise le règlement de cette discipline.
Décrivez ce que vous avez vu à la visualisation, l’outil nomme le plateau selon les catégories du règlement.
Ce que cet outil fait : il range votre description dans les catégories de plateaux nommées à l’article 2.3 du règlement de parcours de chasse. Ce qu’il ne fait pas : il ne mesure rien, ne devine pas la trajectoire du jour et ne remplace pas la visualisation, qui reste la seule source fiable au poste.
Les plateaux, et ce qu’ils font croire
La difficulté du parcours ne vient pas de la vitesse, elle vient de l’illusion. Un plateau midi paraît lointain parce qu’il est petit, un mini paraît lent pour la même raison, un battue semble à portée alors qu’il a déjà parcouru trente mètres. Le règlement impose d’ailleurs d’indiquer sur le menu de chaque poste le type de plateau spécial employé, 90 mm, 70 mm, 60 mm, battue ou rabbit : un stand qui veut corser un poste n’a qu’à changer de boîte, mais il doit l’écrire.
Le poste se construit avant de monter dessus
La visualisation est le moment le plus important du parcours, et le plus mal utilisé. Le règlement prévoit que toutes les trajectoires soient présentées au premier tireur du groupe, deux fois au maximum. Ce n’est pas un spectacle, c’est le seul moment où vous pouvez décider trois choses : où vous posez votre regard, où le fusil part, et où vous cassez le plateau.
Un tireur qui monte au poste sans avoir choisi son point de casse tire en retard sur le premier plateau, rattrape sur le second, et perd le doublé. Un tireur qui a décidé « je le prends au dessus du piquet, pas avant » exécute. La différence de score entre les deux, sur vingt cinq plateaux, se compte souvent en dizaines de points.
Chokes et cartouches : l’inverse de la fosse
En fosse, le plateau s’éloigne et se casse loin, donc les chokes sont serrés. En parcours, la moitié des plateaux se cassent entre quinze et vingt cinq mètres, parfois moins sur un rabbit qui passe à dix mètres : un choke trop fermé y donne une gerbe de la taille d’une assiette, et transforme un plateau raté de peu en plateau raté tout court. La règle de bon sens est d’ouvrir, cylindre amélioré ou quart pour le premier canon, demi pour le second, et de ne serrer que sur les postes longs. Le fonctionnement du rétreint est détaillé dans notre guide du choke de fusil.
Côté munition, les 28 g autorisés ne sont pas une obligation : beaucoup de tireurs de parcours descendent à 24 ou 26 g pour préserver l’épaule sur deux cents plateaux de compétition, quitte à monter en grammage sur les postes lointains. Les numéros de plomb et les grammages sont comparés dans notre guide des cartouches de ball-trap.

Parcours, Compak et sporting : ne pas confondre
Le vocabulaire flotte, y compris dans les clubs. Le parcours de chasse se tire en se déplaçant d’un poste à l’autre dans un terrain, avec des machines cachées dans le décor. Le Compak Sporting ramène le même esprit sur une surface réduite et normalisée : cinq postes alignés face à six lanceurs dont l’emplacement est libre, toutes les trajectoires devant survoler un rectangle de trente cinq à quarante mètres de large sur vingt cinq de profondeur. C’est ce qui permet à un club sans forêt de proposer des trajectoires variées. Le mot sporting, lui, désigne dans l’usage courant la famille entière, et en anglais la discipline de parcours.
Le point commun des deux formats, et ce qui les sépare de la fosse comme du skeet : on ne sait jamais d’avance ce que le poste suivant va proposer, et il faut savoir tirer aussi bien un plateau qui vient sur soi qu’un plateau qui s’enfuit.
Pour chaque profil, comment commencer
Pour le chasseur, le parcours est l’entraînement le plus proche du terrain : plateau croisé pour le gibier qui traverse, rabbit pour le lapin, battue pour le faisan qui file. Une séance de cinquante plateaux avant l’ouverture vaut mieux que trois cents cartouches tirées n’importe comment.
Pour le débutant en tir sportif, commencez par un poste unique avec un moniteur plutôt que par un parcours complet : la variété qui fait l’intérêt de la discipline est aussi ce qui décourage quand rien ne casse. Notre guide pour débuter au ball-trap détaille la première séance.
Pour le compétiteur, le format international à 200 plateaux impose une préparation physique et une gestion du rythme que la fosse ne demande pas, avec ses journées entières de marche entre les postes.
Ce que nous n’avons pas trouvé
Le texte de la FITASC ne publie pas les dimensions exactes de chaque type de plateau, ni la distance maximale de vol : il nomme les catégories et laisse le soin des réglages aux organisateurs, avec des formats réduits cités sans tableau récapitulatif. Les chiffres précis qui circulent sur les forums pour le bourdon ou le super-mini ne viennent donc pas du texte, et nous ne les reprendrons pas. De même, aucune statistique fédérale publique ne dit combien de parcours homologués existent en France.
Pour trouver un parcours près de chez vous, notre carte des stands de tir recense les clubs et les terrains département par département.
À lire aussi : choisir son fusil de ball-trap, ses lunettes et son lanceur pour s’entraîner, puis travailler l’avance et l’épaulé.
Questions fréquentes
Combien de plateaux compte un parcours de chasse ?
Vingt cinq plateaux : quinze simples et cinq doublés, selon les articles 2.2 et 16.1 du règlement international. Une compétition internationale se tire sur 200 plateaux, soit huit parcours.
Quelle position de l’arme avant l’appel du plateau ?
Fusil bas : debout, le talon de la crosse contre le corps et le haut de la crosse sous la ligne repère du gilet, selon l’article 3.1.1. C’est la différence majeure avec la fosse, où le fusil est épaulé.
Quelle cartouche est autorisée en parcours de chasse ?
28 grammes de plomb au maximum avec 2 % de tolérance, et des grains de 2 à 2,5 mm, selon l’article 7.8. Beaucoup de tireurs descendent volontairement à 24 ou 26 g pour préserver l’épaule.
Qu’est-ce qu’un plateau rabbit ?
Un plateau renforcé qui roule et rebondit au sol pour imiter un lapin. Il se tire au ras du sol, et l’erreur la plus fréquente consiste à tirer au dessus parce que l’œil anticipe un vol.
Quel choke pour le parcours de chasse ?
Plus ouvert qu’en fosse : cylindre amélioré ou quart au premier canon, demi au second. La moitié des plateaux se cassent entre quinze et vingt cinq mètres, où un choke serré ne pardonne rien.
Combien de temps a-t-on entre deux plateaux ?
Quinze secondes au maximum entre deux simples ou deux doublés, selon l’article 7.5. Ce délai oblige à préparer son poste pendant la visualisation plutôt qu’une fois installé.
Quelle différence entre parcours de chasse et Compak Sporting ?
Le parcours se tire en se déplaçant entre des postes disséminés dans un terrain, avec des machines cachées. Le Compak ramène le même esprit sur une surface réduite et normalisée, à cinq postes alignés.
Le parcours de chasse est-il un bon entraînement pour la chasse ?
Oui, c’est même son origine : plateau croisé pour le gibier qui traverse, rabbit pour le lapin, battue pour l’oiseau qui file. Une séance courte avant l’ouverture vaut mieux qu’un carton tiré sans intention.
