L’épreuve théorique du permis de chasser compte dix questions, tirées au sort dans une banque de plus de 400, sur quatre thèmes fixés par l’arrêté du 7 octobre 2013 : la faune sauvage et ses habitats, la chasse, les lois et règlements, les armes et munitions avec les règles de sécurité. Chaque question vaut un point, et l’une d’elles, sur la sécurité, est éliminatoire : une erreur fait échouer l’examen, quel que soit le total.
Nous ne reproduisons pas ici la banque officielle de questions. Elle est accessible gratuitement dans l’application de la Fédération nationale des chasseurs, et c’est là qu’il faut s’entraîner. Cet article fait autre chose : il explique ce que couvre chaque thème, ce qui piège les candidats, et comment réviser. À la fin, un quiz de révision rédigé par BlackOpe permet de vérifier les bases.
Comment se présente l’épreuve théorique
Depuis 2014, l’examen du permis de chasser est unique : quatre ateliers pratiques, puis les dix questions, le même jour. Les questions valent 10 des 31 points de l’examen ; il en faut 25 pour être reçu, sans faute éliminatoire. Les questions sont réparties de façon équilibrée entre les quatre thèmes, et elles prennent souvent la forme de mises en situation, avec des photos d’espèces ou des schémas de postes de battue.
Un calcul simple montre leur poids réel. Les ateliers pratiques rapportent au plus 21 points. Un candidat qui fait un sans-faute sur le terrain doit donc encore marquer au moins 4 points aux questions, dont la question éliminatoire. Un candidat qui laisse 3 points sur les ateliers doit en marquer 7. Autrement dit, on ne réussit pas le permis sans réviser la théorie, même avec une pratique solide. Le déroulé des ateliers est détaillé dans notre article sur le permis de chasser.
Les quatre thèmes du programme officiel
L’annexe de l’arrêté du 7 octobre 2013 fixe le programme. Voici ce qu’il contient, thème par thème, et où réviser chaque point sur BlackOpe.
| Thème | Ce que dit le programme | Ce qui tombe souvent |
|---|---|---|
| Faune sauvage et habitats | Reconnaître gibiers et espèces protégées ; régime, reproduction, populations ; prélèvements et repeuplement | Identification sur photo, espèces proches chassables ou protégées |
| Chasse | Modes et techniques (approche, battue, gibier d’eau, vénerie, vol, furetage), chiens, vocabulaire | Rôles en battue, vocabulaire cynégétique, usage des chiens |
| Lois et règlements | Organisation de la chasse, espèces, territoires, réserves, permis, périodes, chasse maritime | Horaires, validation, plan de chasse, bracelet, transport |
| Armes et munitions | Types d’armes et fonctionnement, munitions, règles de sécurité et maniement | Angle de 30°, portée, choix de la munition, question éliminatoire |
Faune sauvage et habitats : apprendre à regarder avant de tirer
C’est souvent le thème le plus redouté des candidats venus du tir sportif, parce qu’il ne s’improvise pas. Il faut reconnaître sur photo les principaux gibiers, mais surtout les distinguer des espèces protégées qui leur ressemblent : un canard chassable d’un canard protégé, un rapace d’un pigeon en vol, un jeune cerf d’un chevreuil. La liste bouge : le lagopède alpin et le grand tétras sont devenus des espèces protégées en 2026. Le programme demande aussi des notions de biologie, régime alimentaire, reproduction et dynamique des populations, qui servent à comprendre le plan de chasse et les prélèvements maximaux.
La méthode qui marche : réviser par couples d’espèces qui se ressemblent, plutôt qu’espèce par espèce. Et regarder de vrais animaux, aux jumelles, en forêt ou au bord d’un étang : la photo d’un manuel ne remplace pas une silhouette qui bouge.
La chasse : modes, chiens et vocabulaire
Ce thème décrit la pratique : l’approche et l’affût, la battue avec ses postés, ses traqueurs et son directeur, la chasse du gibier d’eau, la vénerie, la chasse au vol, le furetage. Il demande de connaître le rôle des chiens, d’arrêt, courants ou de sang, et le vocabulaire de base : la coulée où passe le gibier, la bauge du sanglier, la remise où un oiseau se pose. Les questions portent rarement sur des subtilités ; elles vérifient qu’on sait qui fait quoi, et où l’on se tient. Notre article sur la battue au grand gibier reprend le déroulé d’une journée.
Lois et règlements : les chiffres à connaître par cœur
C’est le thème où la mémoire paie le plus, parce qu’il repose sur des règles précises : une heure avant le lever et une heure après le coucher du soleil, à l’heure du chef-lieu du département ; une validation du 1er juillet au 30 juin ; un plan de chasse obligatoire pour le cerf, le daim, le mouflon, le chamois, l’isard et le chevreuil ; un bracelet posé sur les lieux mêmes, avant tout transport ; une arme transportée déchargée, sous étui ou démontée. Il couvre aussi l’organisation de la chasse, OFB, fédérations, ACCA, et les territoires, réserves comprises. Tout ce cadre est rassemblé dans notre guide de la réglementation de la chasse.
Armes, munitions et sécurité : le thème de la question éliminatoire
Le dernier thème mêle technique et sécurité. Côté technique, il faut connaître les types d’armes, canons lisses et rayés, basculants, semi-automatiques, à verrou, leur fonctionnement, et les munitions : numéros de plomb, balles, et ce que chacune permet. Trois règles reviennent sans cesse : trois coups au plus pour une arme semi-automatique, la balle obligatoire pour le grand gibier, la percussion annulaire interdite pour le tir des ongulés. Côté sécurité, tout ce qui touche l’angle de 30° en battue, le tir fichant, l’identification du gibier et de l’arrière-plan, la portée dangereuse des projectiles, le franchissement d’obstacles et le transport. Nos articles sur le numéro de plomb, la balle de chasse et la portée d’une balle de chasse couvrent la partie technique.
La question éliminatoire : ce qu’elle vérifie
Parmi les dix questions, une porte sur la sécurité à la chasse et elle est éliminatoire : une mauvaise réponse invalide l’examen, même avec 30 points sur 31. Elle ne cherche pas à piéger par un détail réglementaire ; elle vérifie un réflexe. Les situations qui reviennent dans les supports de révision sont toujours les mêmes : un animal qui traverse entre deux postes, un tir en direction de la traque ou d’une route, un franchissement de clôture arme chargée, une arme posée chargée dans un véhicule, un gibier mal identifié dans la végétation.
La logique de la bonne réponse est constante : la sécurité des personnes passe avant le tir. Quand une proposition évoque un tir qui « devrait passer », un risque « limité » ou une vérification qu’on ferait « après », c’est presque toujours la mauvaise. Quand l’une des réponses est de ne pas tirer, elle mérite d’être lue deux fois. Les règles de fond sont détaillées dans notre article sur la sécurité à la chasse et dans celui sur l’angle des 30°.
Quiz de révision : dix questions pour tester ses bases
Ces questions sont rédigées par BlackOpe à partir des textes en vigueur. Elles ne sont pas extraites de la banque officielle, mais elles portent sur les mêmes notions. La première joue le rôle de question de sécurité.
- Question de sécurité. En battue, un sanglier passe entre vous et votre voisin de poste. Que faites-vous ?
- La chasse de jour commence :
- Combien de cartouches au plus dans une arme semi-automatique de chasse, chambre comprise ?
- Pour tirer un chevreuil, on utilise en principe :
- Pour transporter son arme en voiture, elle doit être :
- Le bracelet d’un animal soumis au plan de chasse se pose :
- Pour quelle espèce le plan de chasse est-il obligatoire partout en France ?
- Dans une zone humide, la grenaille de plomb est :
- Peut-on tirer un sanglier à la .22 LR ?
- La validation annuelle du permis de chasser est valable :
Ce que cet outil ne fait pas : il ne reproduit pas l’examen officiel et ne remplace pas la banque de questions de l’application de la Fédération nationale des chasseurs. Il vérifie dix notions de base, avec la source de chaque réponse.
Un score de 10 sur 10 ici ne garantit rien : la banque officielle compte plus de 400 questions, et certaines portent sur des points plus fins. Un score sous 8, en revanche, dit clairement qu'il faut reprendre les bases avant de passer aux séries d'entraînement.
Réviser efficacement l'épreuve théorique
Trois outils suffisent, et ils sont officiels :
- L'application Chassexam de la Fédération nationale des chasseurs, gratuite, avec les questions officielles mises à jour chaque année, des séries par thème et un mode examen blanc.
- Le manuel officiel du permis de chasser, vendu par les fédérations autour de 10 à 17 € selon le département, parfois avec un support vidéo.
- La formation de la fédération, obligatoire, où l'on peut poser les questions qu'un manuel laisse sans réponse.
La méthode compte autant que l'outil. Commencez par la sécurité, puisque c'est elle qui élimine. Travaillez ensuite la faune par couples d'espèces proches, puis la réglementation chiffrée, que l'on retient mieux en l'écrivant. Enfin, faites des séries complètes chronométrées, et reprenez chaque erreur jusqu'à comprendre pourquoi la bonne réponse l'est. Quelques séries par jour pendant plusieurs semaines valent mieux qu'une longue séance la veille.

Les pièges les plus fréquents
À la lecture des supports de révision, cinq mécanismes reviennent :
- Les réponses presque justes. « Au lever du soleil » au lieu d'« une heure avant », « démontée » sans « déchargée » : la réponse fausse ressemble souvent à la bonne, avec un mot en moins.
- Les négations. Une question qui demande ce qui est « interdit » ou « non autorisé » se lit deux fois ; la fatigue fait répondre à l'inverse.
- Le permis et la validation. Le permis est à vie, la validation est annuelle ; beaucoup de questions jouent sur cette confusion.
- Les espèces proches. Un oiseau protégé présenté sous un angle qui rappelle un gibier ; la seule réponse sûre est l'identification certaine avant le tir.
- Le réflexe du tireur. Pour un tireur sportif, la bonne réponse n'est pas toujours celle qui fait tirer. À la chasse, s'abstenir est souvent la meilleure décision.
Pour qui, quelle stratégie
Pour le tireur sportif, mettre l'accent sur la faune
Les armes et la sécurité vous sont familières, la faune beaucoup moins. Consacrez-lui la moitié de vos révisions, et apprenez les espèces protégées qui ressemblent aux gibiers.
Pour le jeune candidat, s'appuyer sur la chasse accompagnée
Réviser avec un parrain chasseur, et voir sur le terrain ce que décrit le manuel, fixe les notions bien mieux que l'application seule. La chasse accompagnée est faite pour ça.
Pour l'adulte qui manque de temps, viser la régularité
Une série de dix questions chaque jour pendant la formation, puis des examens blancs complets la dernière semaine. C'est plus efficace qu'un week-end de bachotage, et cela prépare aussi aux ateliers, où la théorie de la sécurité devient des gestes. Notre guide pour débuter la chasse replace l'examen dans le parcours complet.
BlackOpe est un média de tir : nous ne vendons ni formation, ni manuel, ni accès à une banque de questions. Pour les ateliers de tir de l'examen, un entraînement au stand fait gagner en sérénité ; notre carte des stands de tir recense les pas de tir près de chez vous.
À lire aussi : le tableau des calibres de chasse par gibier, les armes de catégorie C, le choke du fusil et la licence de tir, qui ne remplace pas le permis, et valider son permis après l'examen.
Questions fréquentes
Combien de questions à l'examen du permis de chasse ?
Dix questions, tirées au sort dans une banque de plus de 400 et réparties entre quatre thèmes : faune et habitats, chasse, lois et règlements, armes et munitions avec la sécurité. Chacune vaut un point sur les 31 de l'examen.
Combien de fautes a-t-on le droit de faire aux questions ?
Cela dépend des ateliers : il faut 25 points sur 31 au total, dont 21 au plus viennent de la pratique. Avec un sans-faute sur le terrain, on peut rater six questions ; mais jamais la question éliminatoire sur la sécurité.
Où trouver les questions officielles du permis de chasser ?
Dans l'application gratuite Chassexam de la Fédération nationale des chasseurs, qui propose les questions officielles mises à jour chaque année et un mode examen blanc. Les fédérations départementales ont aussi leurs supports d'entraînement.
Quelle est la question éliminatoire du permis de chasser ?
C'est une question sur la sécurité à la chasse, tirée au sort comme les autres : angle de 30° en battue, tir vers la traque, transport ou franchissement d'obstacle. Une mauvaise réponse fait échouer l'examen, quel que soit le total de points.
Combien de temps faut-il pour réviser le code du permis de chasse ?
Comptez plusieurs semaines de révision régulière, en parallèle de la formation obligatoire de la fédération. Une série de questions chaque jour, puis des examens blancs complets la dernière semaine, donnent de meilleurs résultats qu'un bachotage de dernière minute.
L'épreuve théorique est-elle un QCM ?
Oui, les questions proposent plusieurs réponses et s'appuient souvent sur des mises en situation, des photos d'espèces ou des schémas de postes en battue. Elles se passent juste après les ateliers pratiques, devant l'inspecteur de l'OFB.
Peut-on réussir le permis avec une mauvaise partie théorique ?
Rarement. Même avec 21 points sur 21 aux ateliers, il faut au moins 4 bonnes réponses, dont la question éliminatoire. Avec quelques points perdus sur le terrain, il en faut souvent 6 ou 7 : la théorie se prépare autant que la pratique.
