Le .577 Nitro Express plafonne à 2450 bar. C’est une des pressions les plus basses que publie la C.I.P. : 388e sur 490 fiches. Et sa poussée au culot de balle est la quatorzième du corpus, devant celle d’une .460 Weatherby Magnum qui tire à 4400 bar.
Ce n’est pas une curiosité de tableau. C’est la démonstration la plus nette qu’on puisse tirer des fiches C.I.P. : la pression n’est pas la puissance. Voici ce que dit la fiche de cette cartouche de 1898, et ce qu’elle dit de toute une école d’armuriers.
La fiche, ligne par ligne
La C.I.P. la nomme 577 N.E. 3'', tableau II, pays d’origine Royaume-Uni, fiche du 14 juin 1984, révisée le 30 mai 2012. Le tableau II est celui des cartouches à bourrelet pour armes à canon rayé : c’est là que vit tout l’express anglais.
Voici la colonne CARTOUCHE MAXI, celle qui décrit la cartouche au maximum de ses tolérances, et le bloc canon de la colonne CHAMBRE MINI.
| Cote | Valeur | Ce que c’est |
|---|---|---|
L3 | 76,20 mm | longueur d’étui, soit trois pouces exactement |
L6 | 93,98 mm | longueur hors tout |
R / R1 | 1,27 / 19,05 mm | épaisseur et diamètre du bourrelet, soit trois quarts de pouce |
P1 | 16,81 mm | corps à la base de la chambre à poudre |
H2 | 15,37 mm | collet |
G1 | 14,83 mm | diamètre maximal de l’ogive |
F | 14,66 mm | âme du canon, soit .577 pouce au centième près |
Z | 14,86 mm | fond de rayure |
b / N | 4,66 mm / 7 | largeur et nombre de rayures |
u | 762,00 mm | pas de rayure, soit un tour en 30 pouces |
Q | 172,11 mm² | section d’âme, quatrième des 496 fiches |
G | 8,86 mm | saut de balle, colonne chambre mini |
Pmax | 2450 bar | pression maximale, 388e sur 490 |
PK / PE | 2818 / 3060 bar | pression individuelle maximale, pression d’épreuve |
EE | 9975 joules | énergie retenue, 16e des 397 fiches qui la publient |
Deux lignes méritent d’être lues deux fois. F vaut 14,66 mm, et .577 pouce vaut 14,6558 mm : le nom du calibre mesure l’âme du canon, au centième. Et L3 vaut 76,20 mm, soit trois pouces à la virgule près : le « 3 » » du nom mesure l’étui. C’est un nom qui dit vrai deux fois, ce qui est rare, et nous y revenons plus bas.
Sept rayures : la signature de l’express anglais
La fiche publie N = 7. Sept rayures, c’est peu courant : sur les 496 fiches des quatre tableaux d’armes à canon rayé, 477 publient un nombre de rayures, et il se répartit ainsi : 287 fiches à six rayures, 143 à quatre, 18 à sept, 13 à huit, 15 à cinq, et une seule à douze.
Ces dix-huit fiches à sept rayures ne sont pas distribuées au hasard. Treize sont au tableau II, et ce sont presque toutes des Nitro Express : les .450 3 »1/4, .470, .500 3 », .577 3 », .400 Purdey, .450 No.2 3 »1/2 Eley, .450/400 3 », .450/400 Magnum 3 »1/4, .475 No 2 3 »1/2, .475 N°2 3 »1/2 Jeffery, .500/465, .600, et le .360 Buckhammer, seul intrus moderne de la liste.
Les cinq autres n’ont rien à voir avec l’Afrique. Trois sont au tableau I : les .30, .32 et .35 Remington, la famille sans bourrelet que Remington sort en 1906 pour ses carabines autochargeuses. Les deux dernières sont au tableau IV, le .380 Short et le .455 MK II, deux munitions de revolver britanniques.
Autrement dit : un nombre de rayures suffit à reconnaître une école d’armuriers. Sur les 132 fiches du tableau II qui publient un N, treize sont à sept, et ces treize dessinent la carte du safari britannique entre 1898 et 1914.
Et sept est un nombre impair, ce qui a une conséquence pratique immédiate que nous avons détaillée sur le .505 Gibbs : quand le nombre de rayures est impair, aucune rayure ne fait face à une autre. Un pied à coulisse posé en travers du canon ne lit donc pas le fond de rayure, il lit la moyenne d’un fond et d’un plat. La correction est Z = 2 × mesure − F, soit ici 2 × 14,76 − 14,66 = 14,86 mm.
La pression n’est pas la puissance
Voici le cœur de l’affaire, et il tient en deux classements.
Sur la pression, le .577 est presque en bas de table. 2450 bar, c’est la 388e valeur des 490 fiches qui publient une pression maximale. Quatre-vingt-quinze fiches tirent plus bas que lui, toutes les autres plus haut. La médiane du corpus est à 3650 bar, celle du tableau II à 3050, celle du tableau I à 4150. Une .308 Winchester tire à 4150 bar, soit soixante-dix pour cent de pression en plus.
Sur la poussée au culot de balle, il est quatorzième. Cette poussée, c’est la force que les gaz exercent sur la base de l’ogive : la pression maximale multipliée par la section d’âme, divisée par dix, en newtons. Le .577 donne 42 167 N. Devant lui, treize fiches seulement. Derrière lui, la .460 Weatherby Magnum et ses 4400 bar, le .458 Lott et ses 4300, la .450 Rigby et ses 4000.
La raison tient en une cote : Q = 172,11 mm², quatrième section d’âme des 496 fiches, derrière le 4 Bore Rifle, le .700 Holland & Holland et le .600 Nitro Express. Une .308 Winchester pousse sur 47,51 mm². Le .577 pousse sur 3,6 fois plus de surface, avec 41 % de pression en moins, et il gagne largement.
Le relevé le plus parlant est celui-ci. Prenez les vingt plus fortes poussées du corpus, tous tableaux confondus. Deux seulement tirent à 2450 bar ou moins : le .600 Nitro Express et le .577. Les dix-huit autres travaillent entre 3300 et 4400 bar. L’express anglais achète sa poussée avec du diamètre, là où le magnum moderne l’achète avec de la pression.
Le comparateur ci-dessous met les deux classements côte à côte sur treize fiches réelles.
Pression contre poussée, fiche par fiche
Ce que cet outil ne fait pas : il lit des fiches et compare des cotes. Il ne dit jamais ce qui se chambre dans quoi, et deux cartouches qui partagent un diamètre ou une pression ne partagent pas pour autant une chambre : seul le marquage du canon fait foi, et la question se pose à un armurier. La poussée au culot vaut la pression maximale multipliée par la section d’âme et divisée par dix, en newtons. Les rangs portent sur les 490 fiches des tableaux I à IV qui publient une pression et une section d’âme, relevées le 30 septembre 2026.
Le .577 et le .600 : huit cotes identiques
Le comparateur laisse apparaître une parenté qui ne saute pas aux yeux. Le 577 N.E. 3'' et le 600 N.E. publient huit cotes identiques au centième : longueur d’étui 76,20 mm, longueur hors tout 93,98, sept rayures, pas de 762,00 mm, et les trois pressions 2450, 2818 et 3060 bar, plus la masse d’épreuve M de 25,00.
Tout ce qui n’est pas un diamètre est commun aux deux fiches. Ce qui change : le bourrelet (19,05 contre 20,57 mm), le corps (16,81 contre 17,78), le collet (15,37 contre 16,51), l’âme (14,66 contre 15,39), l’ogive (14,83 contre 15,75), la largeur de rayure (4,66 contre 4,09), la section d’âme (172,11 contre 190,51 mm²) et l’énergie retenue (9975 contre 10 323 joules).
Ce n’est pas une famille d’étuis au sens où le .28 Nosler est le .26 au collet élargi : les deux étuis sont distincts et ne se transforment pas l’un en l’autre. C’est une famille de CAHIER DES CHARGES : même encombrement de boîte de culasse, même régime de pression, même pas de rayure. Deux cartouches dessinées pour le même fusil, à deux calibres.
Et ce pas de 762,00 mm, un tour en trente pouces, est le cinquième pas le plus lent des 491 fiches qui en publient un. Il suffit à stabiliser une ogive courte et très lourde, et il fait moins travailler en torsion les deux canons d’un juxtaposé, qui doivent tirer au même point.
L’infographie ci-dessus porte les 490 fiches en un seul nuage. Le coin en haut à gauche, pression basse et poussée haute, n’est peuplé que par l’express anglais. Le coin en bas à droite, pression haute et poussée moyenne, c’est là que vivent la .308 Winchester, la .30-06 et le 6,5 Creedmoor.
Un nom qui dit vrai deux fois
Sur le 7,62 × 54 R, nous avons montré qu’un nom de calibre mesure souvent l’âme du canon, et pas la balle. Le .577 Nitro Express 3 pouces va plus loin : ses deux nombres mesurent chacun quelque chose, et tous les deux tombent juste.
.577 pouce vaut 14,6558 mm. La fiche publie une âme de 14,66 mm. Trois pouces valent 76,20 mm. La fiche publie une longueur d’étui de 76,20 mm. Les deux nombres du nom sont exacts au centième, ce qui est loin d’être la règle.
Nous avons passé le test sur tout le tableau II. Quarante-cinq fiches y portent un nom en pouces à un seul nombre. Sur ces quarante-cinq : dix-huit noms mesurent l’âme (F), dix-neuf mesurent le fond de rayure (Z), huit ne mesurent rien de ce que la fiche publie, à quelques centièmes près, et aucun ne mesure l’ogive seule. Quand un nom tombe sur la balle, c’est que la balle a exactement le diamètre du fond de rayure : c’est le cas du .700 Holland & Holland, dont la fiche publie 17,78 mm pour les deux.
La règle vaut d’être retenue : sur une cartouche anglaise à nom en pouces, le nombre désigne le canon, pas la balle, même quand les deux coïncident. Le .577 tire une ogive de 14,83 mm, soit .584 pouce : qui commanderait des ogives « .577 » se tromperait de dix-sept centièmes de millimètre.
Parmi les huit noms qui ne mesurent rien figurent le .470 Nitro Express et le .600 : chez eux, le nom est une approximation commerciale, pas une cote.
Trois longueurs d’étui, une seule fiche
Le .577 Nitro Express a existé en trois longueurs d’étui, toutes trois converties des .577 Black Powder Express correspondants : 2 pouces 3/4 (70 mm), 3 pouces (76 mm) et 3 pouces 1/4 (83 mm). Le 3 pouces est devenu le standard des chasseurs d’éléphant du début du vingtième siècle ; les deux autres sont restés confidentiels.
La C.I.P. n’en normalise qu’une. Nous avons relevé les 665 noms des onze index publics, puis balayé le texte des 496 fiches PDF des quatre tableaux d’armes à canon rayé, puis les champs « marquage alternatif ». Le seul .577 Nitro Express qui y figure est le 3 pouces. Le tableau II porte par ailleurs deux autres .577 britanniques, mais ce sont des cartouches à poudre noire : le 577 Sld. Snider (1500 bar) et le 577/450 Sld. Mart. H. (1750 bar), la munition du Martini-Henry.
Une fiche encadre une production, pas une idée, et c’est exactement ce que nous avions observé en cherchant le .950 JDJ, qui n’a aucune fiche nulle part. La C.I.P. normalise ce qui se vend en Europe. Les deux longueurs oubliées du .577 ne se vendaient plus quand la fiche a été déposée, en 1984.
Une conversion à la cordite, et cinquante-deux fusils de chasse à la guerre
La cartouche naît d’une substitution. En 1898, John Rigby & Company remplace la poudre noire du .450 Black Powder Express par de la cordite, et obtient le .450 Nitro Express. Le gain est tel que toute la profession suit : chaque Black Powder Express anglais reçoit sa version « nitro », le .577 compris, dans ses trois longueurs d’étui. Ce sont les premiers calibres modernes de gros gibier dangereux, et pendant trente ans ils équipent tout ce que le monde compte de chasseurs professionnels en Afrique et en Inde.
Le mot « Nitro Express » ne désigne donc pas une performance, mais une époque : celle où la poudre sans fumée est entrée dans des étuis dessinés pour la poudre noire. C’est pour cela que ces cartouches ont un bourrelet énorme et une pression modeste : l’étui est un étui de poudre noire, et la fiche C.I.P. en garde la trace quatre-vingt-six ans plus tard, avec ses 2450 bar quand le tableau I en est à 4150 de médiane.
John « Pondoro » Taylor, auteur du livre de référence sur les calibres africains, le tenait pour l’outil du chasseur d’éléphant en couvert épais, et non pour une arme polyvalente. James H. Sutherland, qui a tiré plus d’un millier d’éléphants, écrivait préférer le double .577 à 750 grains après avoir essayé tout le reste.
Le passage le plus inattendu de son histoire n’est pourtant pas africain. En 1914 et au début de 1915, les tireurs d’élite allemands tiraient depuis derrière des plaques d’acier que la balle de .303 British ne perçait pas. Le War Office britannique a acheté cinquante-deux carabines de chasse de gros calibre chez les armuriers anglais et les a distribuées aux régiments. Deux étaient en .577 Nitro Express. Le major Hesketh-Prichard, qui a organisé la contre-mesure, rapporte qu’elles traversaient les plaques sans difficulté.
Plusieurs maisons chambrent encore le calibre aujourd’hui : Holland & Holland, James Purdey and Sons, Westley Richards, Heym, Hartmann & Weiss, Hambrusch et Butch Searcy, auxquelles s’ajoutent des artisans italiens comme Zanardini. Ce sont des armes de commande, pas de catalogue.

Disponibilité et prix
Au relevé du 30 septembre 2026, aucune enseigne française ne liste ce calibre, ni en munition chargée ni en composants. C’est conséquent avec le reste : il n’y a pratiquement pas d’armes en .577 Nitro Express en France, et une munition sans arme ne se stocke pas.
Hors de France, le marché existe et il est étroit :
- Munition chargée : Choice Ammunition, aux États-Unis, propose une boîte de vingt cartouches à ogive de 750 grains autour de 456 $, soit environ 23 $ le coup, en rupture au moment du relevé. C’est du chargement à la main, pas de la production de série.
- Cartouche de collection : Ammo-One vend la cartouche à l’unité autour de 80 à 100 $. Ce sont des pièces de vitrine, pas des munitions de tir.
- Ogives : Cutting Edge livre la Safari Solid de 750 grains au diamètre .585, 50 pour 164,99 $, soit 3,30 $ l’ogive. Woodleigh fabrique la Weldcore au diamètre .584, même poids, par boîtes de 25.
- Étuis : on en trouve neufs et non amorcés chez des spécialistes britanniques et australiens, souvent sous la désignation commune « .577 Nitro Express / BPE 3 pouces », l’étui étant le même.
C’est un calibre qu’on recharge, ou qu’on ne tire pas. Et le prix au coup, même rechargé, reste sans commune mesure avec celui d’une cartouche courante.
Recharger le .577 Nitro Express : composants et points de vigilance
Quatre points, dont deux tiennent directement à ce que publie la fiche.
Le diamètre d’ogive d’abord. La fiche plafonne à 14,83 mm, soit .584 pouce. Les fabricants livrent en .584 (Woodleigh) et en .585 (Cutting Edge). Ne commandez jamais du « .577 » : c’est le diamètre de l’âme, pas celui de la balle. Les poids tournent autour de 650 et 750 grains, le 750 étant le standard historique.
Le fond de rayure ensuite, et c’est une curiosité. La fiche publie Z = 14,86 mm quand l’ogive maxi vaut 14,83 : le fond de rayure est plus large que la balle la plus grosse autorisée. Ce n’est pas propre à ce calibre (quarante-trois fiches du corpus sont dans ce cas, dont le 6,5 × 55 SE et plusieurs Mannlicher-Schönauer), mais c’est une raison de plus de mesurer son propre canon plutôt que de déduire un diamètre d’une fiche.
Les poudres ensuite, et la bonne nouvelle est qu’il existe des données publiées. La cordite d’origine ne se fabrique plus et n’a pas d’équivalent direct, mais le calibre figure dans le manuel de rechargement Barnes et dans les données A-Square, qui sont les deux références pour les gros calibres africains. Les poudres qu’on y voit revenir sont celles de la gamme IMR, du type de celles que les tables classent pour les étuis de gros volume à pression modérée. C’est dans ces tables que le rechargeur va chercher, nulle part ailleurs.
Les charges se lisent dans la table officielle du fabricant de poudre, jamais dans un forum ni dans un article de blog, celui-ci compris. Partir de la charge de départ du fabricant, monter par paliers, surveiller les signes de surpression. Et sur une arme ancienne, faire contrôler l’arme par un armurier avant le premier coup : un juxtaposé d’avant-guerre réglé pour de la cordite ne tire pas forcément au même point avec un chargement moderne, et le réglage des deux canons est un travail d’atelier. Pour la méthode, voir notre dossier sur la composition d’une cartouche et la lecture d’une table de rechargement.
En France : catégorie C
Un express juxtaposé ou un coup par coup en .577 Nitro Express est une arme d’épaule à canon rayé, à répétition manuelle ou à un coup, dont le projectile mesure 14,83 mm. L’article R311-2 du code de la sécurité intérieure place en catégorie A1 les armes à canon rayé dont le projectile atteint ou dépasse 20 mm. Nous en sommes loin : elle relève de la catégorie C, acquisition sur permis de chasser validé de l’année ou licence de tir en cours de validité, puis déclaration au SIA.
C’est l’arme qui est classée, jamais le calibre, et sur les 496 fiches d’armes à canon rayé de la C.I.P., une seule dépasse les 20 mm : le 4 Bore Rifle et son ogive de 25,40 mm, que nous avions rencontré en cherchant le .950 JDJ. Le .577 Nitro Express, malgré les apparences, est une arme de catégorie C parfaitement banale au regard du droit français. Les munitions et les composants suivent le régime de l’arme.
Pour quel profil ?
Pour le collectionneur, et pour le chasseur de gros gibier dangereux qui a déjà l’arme. On n’achète pas un .577 Nitro Express pour ce qu’il fait : on l’achète parce qu’on a hérité ou trouvé un express juxtaposé qui le chambre, et l’arme coûte dix à cent fois la munition. La fiche le confirme à sa manière : 2450 bar, c’est un régime de 1898, et tout ce qu’un magnum moderne fait mieux, il le fait à 4400 bar dans une boîte de culasse à verrou qui coûte trois fois rien à côté.
Le recul est le vrai filtre. Les sources s’accordent sur un point : l’arme doit peser au minimum cinq à six kilos pour être tirable, et elle se porte par un pisteur plutôt que par le tireur. Un chasseur fatigué ne vise pas correctement un fusil de six kilos. Ce n’est pas une arme de battue et encore moins une arme de stand.
Si vous cherchez la même poussée sans le folklore, la fiche donne des voisins immédiats bien plus faciles à vivre : le .458 Lott, 45 124 N pour 4300 bar, dans une action à verrou standard, ou les gros calibres modernes. Ils poussent autant, voire plus, et se trouvent.
À lire aussi : le .505 Gibbs, la .405 Winchester, et le calibre 4.
Questions fréquentes
Quelles sont les cotes du .577 Nitro Express ?
Colonne CARTOUCHE MAXI de la fiche C.I.P. 577 N.E. 3'', tableau II : longueur d’étui 76,20 mm, longueur hors tout 93,98, bourrelet 19,05 pour 1,27 d’épaisseur, corps 16,81, collet 15,37, ogive 14,83. Côté canon : âme 14,66, fond de rayure 14,86, sept rayures de 4,66 mm au pas de 762,00 mm, section d’âme 172,11 mm². Pressions 2450, 2818 et 3060 bar, énergie retenue 9975 joules.
Le .577 Nitro Express a-t-il une fiche C.I.P. ?
Oui, une seule : le 3 pouces, sous le nom 577 N.E. 3'', déposée le 14 juin 1984 par le Royaume-Uni et révisée le 30 mai 2012. Les deux autres longueurs historiques, 2 pouces 3/4 et 3 pouces 1/4, n’en ont pas. Le tableau II porte aussi deux .577 à poudre noire sans rapport, le 577 Sld. Snider et le 577/450 Sld. Mart. H. du Martini-Henry.
Pourquoi le .577 Nitro Express n’a-t-il que 2450 bar de pression ?
Parce que son étui est un étui de poudre noire converti à la cordite à la fin du dix-neuvième siècle, et que la C.I.P. en a gardé le régime. 2450 bar, c’est la 388e valeur des 490 fiches qui publient une pression : quatre-vingt-quinze fiches seulement tirent plus bas. La médiane du corpus est à 3650 bar et celle du tableau I à 4150.
Quelle est la puissance du .577 Nitro Express ?
La fiche publie 9975 joules d’énergie retenue, seizième des 397 fiches qui donnent cette valeur. Sa poussée au culot de balle, pression maximale multipliée par section d’âme et divisée par dix, vaut 42 167 newtons : quatorzième sur 490. Il pousse donc plus fort qu’une .460 Weatherby Magnum tout en tirant à près de la moitié de sa pression.
Combien de rayures a un canon de .577 Nitro Express ?
Sept. C’est un nombre rare : sur les 477 fiches du corpus qui publient un nombre de rayures, dix-huit seulement sont à sept, contre 287 à six et 143 à quatre. Et treize de ces dix-huit sont des cartouches britanniques du tableau II, presque toutes des Nitro Express. Les cinq autres sont les .30, .32 et .35 Remington et deux munitions de revolver britanniques.
Quel diamètre d’ogive pour le .577 Nitro Express ?
14,83 mm au maximum sur la fiche, soit .584 pouce. Les fabricants livrent en .584 et en .585 selon les marques, aux poids de 650 et 750 grains. Attention au piège du nom : « .577 » désigne l’âme du canon, 14,66 mm, pas la balle. Sept millièmes de pouce séparent les deux.
Le .577 et le .600 Nitro Express sont-ils parents ?
Les deux fiches publient huit cotes identiques au centième : longueur d’étui 76,20 mm, longueur hors tout 93,98, sept rayures, pas de 762,00 mm, les trois pressions 2450, 2818 et 3060 bar, et la masse d’épreuve de 25,00. Tout ce qui n’est pas un diamètre est commun. Ce ne sont pas deux dérivés d’un même étui, mais deux cartouches dessinées pour le même fusil à deux calibres.
Le .577 Nitro Express est-il de catégorie A en France ?
Non. L’article R311-2 du code de la sécurité intérieure place en catégorie A1 les armes à canon rayé dont le projectile atteint ou dépasse 20 mm ; le .577 tire une ogive de 14,83 mm. Un express juxtaposé ou un coup par coup dans ce calibre relève de la catégorie C. Sur les 496 fiches d’armes à canon rayé de la C.I.P., une seule franchit les 20 mm : le 4 Bore Rifle et ses 25,40 mm.
Trouve-t-on du .577 Nitro Express en France ?
Au relevé du 30 septembre 2026, aucune enseigne française ne liste ce calibre, ni en munition chargée ni en composants. À l’étranger, une boîte de vingt cartouches chargées à la main se négocie autour de 456 $ et était en rupture au moment du relevé ; les ogives de 750 grains se trouvent autour de 3,30 $ pièce. C’est un calibre qu’on recharge.
Quelle arme pour tirer du .577 Nitro Express ?
Un express juxtaposé ou un coup par coup : le bourrelet de 19,05 mm est fait pour une extraction à la main, pas pour un magasin. Holland & Holland, James Purdey and Sons, Westley Richards, Heym, Hartmann & Weiss, Hambrusch et Butch Searcy chambrent encore le calibre, sur commande. Les sources s’accordent sur un poids minimal de cinq à six kilos pour que l’arme soit tirable.
Le .577 Nitro Express ou le .458 Lott ?
Le Lott pousse plus fort, 45 124 newtons contre 42 167, avec une section d’âme deux fois plus petite mais 4300 bar de pression contre 2450. Il se tire dans une action à verrou standard, ses munitions existent en Europe et son arme coûte une fraction d’un express juxtaposé. Le .577 se choisit pour l’arme qui le chambre, pas pour la balistique.
Que veut dire « Nitro Express » ?
Cela désigne une cartouche Express anglaise à poudre noire rechargée à la cordite, poudre sans fumée. La conversion commence en 1898 avec le .450 Nitro Express de John Rigby & Company, et toute la profession suit. Le nom désigne donc une époque et un procédé, pas un niveau de performance, et il explique le bourrelet énorme et la pression modeste de ces fiches.
