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Glock 33 : le .357 SIG se trouve, c’est le pistolet qui manque

Glock 33 en calibre .357 SIG, subcompact, vue latérale droite

Le Glock 33 traîne une réputation : celle d’un pistolet dont on ne trouve pas la cartouche. Nous sommes allés vérifier, et c’est faux. Dix annonces de .357 SIG chez huit enseignes françaises, dont six en stock, et même un conditionnement de cinq cents cartouches disponible immédiatement. Le problème de ce pistolet n’est pas l’approvisionnement. Il est ailleurs, et il tient en deux chiffres : 2,42, le rapport de prix entre sa cartouche et le 9×19, et 1, le nombre d’armuriers français qui le vendent.

Notre méthode. Ce guide synthétise 41 sources : fiche constructeur GLOCK, essais publiés en français et en anglais, retours de tireurs et relevés de prix chez 13 armuriers français en août 2026. Il ne remplace pas un essai au stand, et chaque mesure de tir citée est attribuée à son auteur.

Le Glock 33 en bref

Calibre.357 SIG
Capacité standard9 coups, chargeurs des Glock 31 et 32 utilisables en dépassant
Longueur du canon87 mm (3,43 pouces)
Longueur totale165 mm
Longueur de la culasse159 mm
Hauteur avec chargeur107 mm
Largeur32 mm, culasse 25,5 mm
Poids560 g à vide, 620 g chargeur vide inséré, 735 g chargé
Ligne de mire137 mm avec organes polymère, 136 mm en acier, 135 mm en tritium
Détente28 N annoncés, distance bâti-détente 72 mm
GénérationsGen3 et Gen4 uniquement. Jamais de Gen5, pas de version MOS
Statut catalogue« DISCONTINUED PISTOL » sur eu.glock.com, actif sur us.glock.com
Catégorie (France)B, autorisation préfectorale
Prix constaté (septembre 2026)680 € TTC chez le seul armurier français qui le vend

Cotes constructeur GLOCK, fiche consultée le 1er septembre 2026. Le seul vendeur français annonce 88 mm de canon là où le constructeur indique 87 mm : nous retenons la cote constructeur.

Le .357 SIG en France : le procès en pénurie ne tient pas

Commençons par démonter l’idée reçue, parce qu’elle décide de tout. On lit régulièrement que le .357 SIG est introuvable en France. Le relevé dit l’inverse.

MunitionArmurierBoîte de 50Coût au coupAu relevé
Sellier & Bellot FMJArmurerie Gilles30,00 €0,600 €Panier actif
Sellier & Bellot FMJ 140 grMeyson33,50 €0,670 €Rupture
Sellier & Bellot FMJ 140 grHenry Huret33,90 €0,678 €En stock
Prvi Partizan FPJ 125 grArmurerie de la Bourse34,00 €0,680 €En stock
Fiocchi FMJ TC 124 grArmurerie de la Bourse38,00 €0,760 €En stock
Fiocchi FMJ TC 124 grArmurerie Lavaux42,50 €0,850 €En stock
Sellier & Bellot FMJFrankonia44,90 €0,898 €En stock

Prix TTC relevés le 1er septembre 2026. Un armurier propose également un conditionnement de 500 cartouches à 399,95 €, en stock.

Trois marques, Fiocchi, Sellier & Bellot et Prvi Partizan, chez huit enseignes, dont six annoncent du stock. Le calibre circule normalement. Ce qui a nourri la légende, c’est probablement le genre d’épisode que nous avons rencontré : chez un armurier, la référence Sellier & Bellot était en rupture, mais le même vendeur, le même jour, avait du Fiocchi et du Prvi Partizan en stock. Une rupture ponctuelle n’est pas une pénurie.

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Le vrai problème est le prix. 0,60 à 0,90 € le coup. À marque et enseigne identiques, un jour donné, cela fait 2,42 fois le 9×19 et 1,36 fois le .40 S&W. Rapporté au quota légal de 3 000 cartouches par arme autorisée et par période de douze mois, épuiser ce plafond représente 1 800 à 2 700 € par an, contre environ 840 € en 9×19. Sur trois ans d’entraînement soutenu, l’écart dépasse le prix de plusieurs pistolets.

Le rechargement, et l’argument que personne ne donne

Il existe une porte de sortie, et elle est plus réaliste ici que sur la plupart des calibres rares. La raison est technique et se vérifie sur les fiches officielles : l’ogive du .357 SIG a exactement le même diamètre que celle du 9×19. La fiche C.I.P. du .357 SIG donne 9,03 mm ; celle du 9 mm Luger donne 9,03 mm également.

Conséquence pratique : le poste le plus consommateur du rechargement, l’ogive, se sert dans le rayon 9 mm, le mieux achalandé de toutes les armureries françaises. Un seul vendeur affiche 48 références d’ogives 9 mm en stock, à partir de 0,11 € l’unité. Il ne reste de spécifique que l’étui, qu’un armurier français propose neuf par cinquante à 19,30 €, et qui se réutilise.

Le jeu d’outils spécifique existe aussi, de 59 € en entrée de gamme à 321 € pour du Dillon. Et la fiche officielle est explicite : il n’y a aucune limitation sur les éléments de munitions pour les calibres des armes détenues. Le quota ne mord pas sur le rechargeur.

Une réserve honnête : nous n’avons trouvé aucune munition .357 SIG à ogive plomb nue en France, ni aucune source indiquant si ce calibre à collet très court accepte correctement une ogive plomb. Nous ne pouvons donc pas dire que le rechargement ouvrirait la porte de l’ISSF. Voyons pourquoi cela compte.

Où peut-on tirer avec, et le résultat est inattendu

Nous avons traité dix modèles de la marque ces dernières semaines. Le Glock 33 est le seul à obtenir un oui franc là où tous les autres se faisaient recaler, et le seul à se faire recaler là où le Glock 25 passait.

DisciplineGlock 33 admisPourquoi
IPSC ProductionOuiLe 33 figure sur la liste des modèles approuvés, et l’étui de 21,97 mm dépasse le minimum de 19 mm
ISSF 25 m percussion centraleLe calibre oui, la munition nonL’ogive de 9,03 mm entre dans la plage 7,62 à 9,65 mm, mais l’article 8.4.4 interdit les projectiles chemisés
TAR, épreuves 830 et 831NonLe .357 SIG ne figure pas dans la liste des calibres autorisés de l’annexe A, qui se lit comme limitative

D’après la liste de division IPSC mise à jour en mars 2026, et les règlements ISSF et TAR diffusés par la FFTir.

L’IPSC Production l’accepte. Le 33 figure nommément sur la liste des modèles approuvés, aux côtés des 31 et 32. Et la cartouche passe les deux minimums de la division, qui exige au moins 9 mm de diamètre d’ogive et au moins 19 mm de longueur d’étui : le .357 SIG donne 9,03 mm et 21,97 mm, avec près de 3 mm de marge. Le canon de 87 mm est très en deçà du plafond de 127 mm, et la détente annoncée dépasse les seuils. C’est le seul des derniers modèles que nous avons traités à être admis en Production.

L’ISSF le laisse entrer par la porte et le bloque à la munition. L’ogive de 9,03 mm entre dans la plage de 7,62 à 9,65 mm de l’article 8.4.3.3. Mais l’article 8.4.4 est sans appel : « Les projectiles chemisés ne sont pas autorisés », or les sept références .357 SIG relevées en France sont toutes chemisées, FMJ ou FPJ. Une précision de méthode : le tableau 8.12 interdit par ailleurs les « munitions de forte puissance de type magnum » sans définir nulle part ce qu’est une munition magnum, ni par une pression, ni par une énergie, ni par une liste. Nous ne trancherons donc pas ce point.

Le TAR le refuse. L’annexe A du règlement 2025 énumère ses calibres autorisés, du 7,65 Browning au .455 Webley, et le .357 SIG n’y figure pas. Cette liste s’intitule « calibres autorisés », ne comporte aucun « notamment » ni « par exemple », et fait l’objet d’un agrément par la commission technique : nous la lisons comme limitative. Signalons tout de même la tension : le corps du règlement décrit l’épreuve par une plage de 7,62 à 11,60 mm, dans laquelle le .357 SIG tomberait. En cas de doute, c’est le contrôle d’arme qui tranchera.

Catégorie B. Le Glock 33 est soumis à autorisation préfectorale : licence FFTir en cours de validité, avis favorable de la fédération, carnet de tir et coffre-fort. Le parcours complet, les délais réels et les quotas de munitions sont détaillés dans notre guide de l’arme de catégorie B.
Glock 33 en calibre .357 SIG, subcompact, vue latérale droite
Le Glock 33 Gen4. Carcasse de Glock 26, cartouche à 3 050 bars : c’est tout le caractère du modèle. Photo de presse GLOCK.

Face au Glock 26, un coup et dix grammes

Comme pour le Glock 25 face au 19, la comparaison interne est sans surprise et sans pitié : le 33 est un Glock 26 rechambré.

Glock 33Glock 26Écart
Longueur du canon87 mm87 mmidentique
Longueur totale165 mm165 mmidentique
Longueur de la culasse159 mm159 mmidentique
Largeur totale32 mm32 mmidentique
Ligne de mire137 mm137 mmidentique
Distance bâti-détente72 mm72 mmidentique
Poids de détente28 N28 Nidentique
Hauteur avec chargeur107 mm106 mm+1 mm
Poids à vide560 g550 g+10 g
Capacité standard9 coups10 coupsun coup de moins
Coût au coup0,678 €0,280 €2,42 fois plus cher

Cotes constructeur GLOCK. Coût au coup relevé chez le même armurier, même marque, le même jour.

Canon, longueur, largeur, ligne de mire, détente, distance bâti-détente : identiques. Le 33 est 1 mm plus haut, 10 g plus lourd, tient un coup de moins, et sa cartouche coûte 2,42 fois plus cher. Ce qu’il apporte en échange, c’est une énergie supérieure et, seul avantage réglementaire réel, une place en IPSC Production que le 26 a également.

Ce que la fiche ne dit pas, c’est le comportement. Trois sources décrivent un recul sec sur ce format, et la donnée normative l’explique : le .357 SIG est tarifé à 3 050 bars de pression maximale contre 2 350 pour le 9×19, soit 30 % de plus. Trois sources signalent aussi un blast et une signature sonore supérieurs. Aucune mesure instrumentée n’existe : ce sont des appréciations convergentes, appuyées sur une cause physique documentée.

Prix, disponibilité, et l’essai qu’on ne peut pas lire

Un armurier français. Un seul. L’Armurerie de la Bourse propose le 33 en Gen4 à 680 € TTC, en stock, livré avec deux chargeurs, la chargette, la baguette et l’écouvillon. Aucune occasion trouvée, y compris sur la principale plateforme française d’armes d’occasion.

Plus frappant encore : c’est le seul pistolet en .357 SIG en vente neuve en France, toutes marques confondues. Ni Glock 31, ni Glock 32, ni Sig Sauer P226 ou P229 dans ce calibre. Sur les 31 et 32, seuls les chargeurs restent commercialisés. Le Glock 33 n’a pas de concurrent direct en France : il n’a pas de concurrent du tout.

Côté catalogue, Glock a tranché. Les fiches européennes du 31, du 32 et du 33 portent toutes le bandeau « DISCONTINUED PISTOL ». Le site américain du même fabricant, lui, présente encore le 33 sans mention de ce type. Les deux ne disent pas la même chose, et c’est la version européenne qui vaut pour le marché français.

Un mot sur les essais, parce que la formulation compte. Il serait faux d’écrire qu’aucun média français n’a jamais testé ce pistolet : Action Guns n°212, de juillet-août 1998, lui a consacré six pages avec le Glock 31. Il est en revanche exact de dire qu’aucune mesure chiffrée française n’est accessible aujourd’hui : la page en ligne ne reprend que le chapeau et les légendes photo. Ni vitesses, ni groupements, ni distance de tir.

Les alternatives

La première est le Glock 26 : même arme, un coup de plus, une cartouche 2,42 fois moins chère, et la même admission en IPSC Production. Si vous n’attachez pas de valeur particulière à l’énergie du .357 SIG, il n’y a pas de débat.

Si c’est l’énergie qui vous intéresse, le Glock 29 en 10 mm Auto joue dans la même catégorie de puissance, dans un format proche, avec une munition que nous avons trouvée mieux distribuée. Et si c’est la compétition qui prime, le Glock 19 et le Glock 17 Gen6 sont approuvés en Production avec un coût de tir divisé par deux.

Notre guide de la gamme Glock replace chaque modèle les uns par rapport aux autres.

Le verdict

Le Glock 33 est mieux servi qu’on ne le dit sur le point où on l’attaque, la munition, et plus fragile qu’on ne le croit là où personne ne regarde, le marché de l’arme elle-même. Sa cartouche se trouve, se recharge facilement grâce à une ogive commune au 9×19, et l’ouvre à l’IPSC Production. Mais il coûte deux fois et demie plus cher au coup, un seul armurier français le vend, et le constructeur l’a archivé en Europe avec ses deux frères de calibre.

Ce qui marche :

  • Admis en IPSC Production, avec près de 3 mm de marge sur la longueur d’étui minimale
  • Munition réellement disponible : dix annonces chez huit enseignes, six en stock
  • Rechargement facile : l’ogive est la même que celle du 9×19, le rayon le mieux fourni
  • Mêmes cotes qu’un Glock 26, pour 65 € de moins que celui-ci en version récente

Ce qui coince :

  • 2,42 fois le prix du 9×19 au coup, soit 1 800 à 2 700 € au quota plein
  • Un seul armurier français, aucune occasion, et aucun autre pistolet .357 SIG à vendre ici
  • Exclu du TAR par sa cartouche, et de l’ISSF par le projectile chemisé
  • Recul sec et blast marqué sur ce format, trois sources convergentes, 3 050 bars de pression

À qui ça s’adresse. Au tireur d’IPSC Production qui recharge déjà, qui veut un subcompact dans un calibre à haute énergie, et que le prix de la cartouche d’usine n’effraie pas parce qu’il ne l’achète pas. Pour cet usage précis, le 33 est cohérent et n’a aucun rival sur le marché français. Pour tous les autres, y compris le loisir et le TAR, le Glock 26 fait exactement la même chose avec un coup de plus et une cartouche deux fois et demie moins chère.

Questions fréquentes

La munition .357 SIG se trouve-t-elle en France ?

Oui, bien plus facilement qu’on ne le croit. Dix annonces relevées chez huit enseignes françaises, sur trois marques, dont six explicitement en stock. Un armurier propose même un conditionnement de 500 cartouches.

Combien coûte le .357 SIG au coup ?

De 0,60 à 0,90 € en boîte de cinquante. À marque et enseigne identiques, cela fait 2,42 fois le prix du 9×19 et 1,36 fois celui du .40 S&W. C’est le vrai frein du calibre, pas sa disponibilité.

Le Glock 33 est-il homologué en IPSC Production ?

Oui. Il figure nommément sur la liste des modèles approuvés, et le .357 SIG satisfait les deux minimums de la division : 9,03 mm de diamètre d’ogive et 21,97 mm de longueur d’étui, pour des seuils de 9 et 19 mm.

Le Glock 33 est-il admis en TAR ?

Non. Le .357 SIG ne figure pas dans la liste des calibres autorisés de l’annexe A du règlement 2025. Cette liste s’intitule « calibres autorisés » et n’admet aucun marqueur d’ouverture : nous la lisons comme limitative.

Le .357 SIG est-il admis en épreuve ISSF 25 m ?

Le calibre oui, la munition non. L’ogive de 9,03 mm entre dans la plage 7,62 à 9,65 mm, mais l’article 8.4.4 interdit les projectiles chemisés et toutes les munitions .357 SIG vendues en France sont chemisées.

Quelle différence entre le Glock 33 et le Glock 26 ?

Le calibre, un coup et dix grammes. Canon, longueur, largeur, ligne de mire, détente et distance bâti-détente sont identiques. Le 33 tient neuf coups contre dix, et sa cartouche coûte 2,42 fois plus cher.

Le rechargement du .357 SIG est-il réaliste en France ?

Oui, et pour une raison précise : l’ogive du .357 SIG fait 9,03 mm, exactement comme celle du 9×19. Le poste le plus consommateur se sert donc dans le rayon le mieux achalandé de toutes les armureries.

Le recul du Glock 33 est-il difficile ?

Trois sources le décrivent comme sec sur ce format, et la pression maximale du .357 SIG explique pourquoi : 3 050 bars contre 2 350 pour le 9×19, soit 30 % de plus. Aucune mesure instrumentée n’existe.

Le Glock 33 est-il encore au catalogue ?

Non en Europe. Sa fiche eu.glock.com porte le bandeau « DISCONTINUED PISTOL », comme celles du 31 et du 32. Le catalogue américain, lui, le présente encore sans mention de ce type.

Combien d’armuriers français vendent le Glock 33 ?

Un seul, à 680 € TTC en Gen4, en stock au moment du relevé. Et c’est le seul pistolet en .357 SIG que nous ayons trouvé en vente neuve en France, toutes marques confondues.

Existe-t-il un essai français du Glock 33 ?

Oui, dans Action Guns n°212 de juillet-août 1998, sur six pages, consacré conjointement aux Glock 31 et 33. Mais aucune de ses mesures chiffrées n’est accessible en ligne aujourd’hui.

Le Glock 33 est-il en catégorie B ?

Oui. Pistolet semi-automatique, il relève de l’autorisation préfectorale : licence FFTir en cours de validité, avis favorable de la fédération, carnet de tir et coffre-fort.

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