Le Glock 25 est un Glock 19 rechambré en .380 ACP. Pas « inspiré du 19 », pas « de la taille du 19 » : sur les huit cotes que le constructeur publie, les deux pistolets sont identiques au millimètre, avec la même capacité de quinze coups et la même détente. Le seul écart de fiche est de 25 grammes. La question devient donc simple, et un peu cruelle : pourquoi payer plus cher un pistolet identique, pour une cartouche moins puissante qui coûte le double ? Il y a une réponse, une seule, et elle tient dans un règlement fédéral.
Le Glock 25 en bref
| Calibre | .380 ACP, aussi appelé 9×17, 9 mm court ou 9 mm Browning court |
| Capacité standard | 15 coups, chargeur 17 coups en option |
| Longueur du canon | 102 mm (4,02 pouces) |
| Longueur totale | 187 mm |
| Longueur de la culasse | 174 mm |
| Hauteur avec chargeur | 128 mm |
| Largeur | 32 mm, culasse 25,5 mm |
| Poids | 575 g à vide, 645 g chargeur vide inséré, 785 g chargé |
| Ligne de mire | 153 mm avec organes polymère, 152 mm en acier, 151 mm en tritium |
| Détente | 28 N annoncés, distance bâti-détente 71,2 mm |
| Mécanisme | Culasse non calée, contrairement au Glock 19 |
| Statut catalogue | Actif sur eu.glock.com, aucune mention « discontinued » |
| Catégorie (France) | B, autorisation préfectorale |
| Prix constaté (septembre 2026) | 635 € TTC chez le seul armurier du panel qui le vend |
Cotes constructeur GLOCK, fiche consultée le 1er septembre 2026, prix relevés chez des armuriers français.
Un Glock 19 au millimètre près
La comparaison est inhabituelle par sa netteté. D’ordinaire, deux modèles d’une même gamme se séparent sur trois ou quatre cotes. Ici, il n’y en a aucune.
| Glock 25 | Glock 19 | Écart | |
|---|---|---|---|
| Longueur du canon | 102 mm | 102 mm | identique |
| Longueur totale | 187 mm | 187 mm | identique |
| Longueur de la culasse | 174 mm | 174 mm | identique |
| Largeur totale | 32 mm | 32 mm | identique |
| Hauteur avec chargeur | 128 mm | 128 mm | identique |
| Ligne de mire | 153 mm | 153 mm | identique |
| Distance bâti-détente | 71,2 mm | 71,2 mm | identique |
| Capacité standard | 15 coups | 15 coups | identique |
| Poids de détente | 28 N | 28 N | identique |
| Poids à vide | 575 g | 600 g | 25 g de moins |
| Poids chargé | 785 g | 855 g | 70 g de moins |
| Options de chargeur | 1 | 6 | le 19 en a six, le 25 une seule |
Cotes constructeur GLOCK, les deux fiches consultées le même jour.
Longueur, hauteur, largeur, canon, ligne de mire, distance bâti-détente, capacité, poids de détente : zéro écart. Le 25 pèse 25 g de moins à vide et 70 g de moins chargé, et il n’a qu’une seule option de chargeur là où le 19 en a six. C’est tout.
Une différence n’apparaît pas sur la fiche, et elle est pourtant structurelle. Le Glock 19 fonctionne en culasse calée, avec un canon qui bascule pour se déverrouiller. Le 25, lui, fonctionne en culasse non calée : rien ne verrouille l’ensemble, c’est la seule masse de la culasse et la raideur du ressort qui retiennent l’ouverture. C’est le procédé classique des pistolets de petit calibre, et il concerne aussi le Glock 28 et le Glock 44 en .22 LR. Deux sources concordantes le décrivent ; le constructeur, lui, ne le mentionne nulle part, ce qui nous oblige à le donner comme bien établi mais non confirmé par Glock.
Conséquence pratique, et elle est double. Le .380 développe moins d’énergie qu’un 9×19, et Glock met en avant ce « calibre à faible recul ». Mais l’absence de verrouillage rend le recul plus sec à énergie donnée, ce que relèvent les deux mêmes sources. Aucune mesure instrumentée n’existe : c’est une appréciation, pas un chiffre.
Pourquoi ce pistolet existe
Le Glock 25 n’a pas été conçu pour le marché français, ni pour aucun marché européen. Il existe parce que plusieurs pays ferment les calibres militaires aux civils.
Au Mexique, l’article 2 de la loi fédérale sur les armes à feu limite les pistolets civils au calibre « .380 ou moins » et exclut nommément le 9 mm Parabellum. Un Glock 19 y est interdit, un Glock 25 y est autorisé. Au Brésil, le raisonnement passe par l’énergie à la bouche plutôt que par le calibre nominal, avec le même effet pratique.
Aux États-Unis, une autre contrainte a longtemps joué : le système de points d’importation de l’ATF, qui note les armes de poing importées sur des critères de « sporting purpose ». C’est ce qui explique la rareté du modèle outre-Atlantique.
Retenez ce qui compte pour vous : aucune de ces contraintes n’a le moindre effet en France. Un licencié français peut acheter un Glock 19 et un Glock 25 dans les mêmes conditions, sous le même régime de catégorie B. Le 25 n’a donc ici aucune raison d’être réglementaire. Sa raison d’être, s’il en a une, est ailleurs.
Où peut-on tirer avec, et la bonne surprise
C’est ici que le modèle se rattrape, et le résultat est l’inverse de celui du Glock 41 en .45 que nous venons de traiter. Nous avons lu les trois règlements.
| Discipline | Glock 25 admis | Pourquoi |
|---|---|---|
| ISSF 25 m percussion centrale | Le calibre oui, la munition non | Le .380 mesure 9,04 mm et entre dans la plage 7,62 à 9,65 mm, et le 25 passe tout le tableau 8.12. Mais l’article 8.4.4 interdit les projectiles chemisés |
| TAR, épreuves 830 et 831 | Oui | Le 9 mm Browning court est nommément cité parmi les calibres autorisés, et le chemisé y est obligatoire |
| IPSC Production | Non | Le 25 figure sur la liste des modèles non approuvés, et l’étui de 17,33 mm est sous le minimum de 19 mm |
D’après le règlement ISSF pistolet et le règlement TAR 2025 diffusés par la FFTir, et la liste de division IPSC mise à jour en mars 2026.
Commençons par le résultat contre-intuitif. L’article 8.4.3.3 du règlement ISSF diffusé par la fédération ouvre le 25 m à percussion centrale à « tout pistolet de calibre compris entre 7,62 mm et 9,65 mm ». L’ogive du .380 ACP mesure 9,04 mm selon la fiche C.I.P. : elle entre dans la plage, là où le .45 ACP en sort largement. Et le Glock 25 respecte l’intégralité du tableau 8.12, avec de la marge partout : 645 g pour un plafond de 1 400 g, une détente de 28 N pour un minimum équivalent à 1 000 g, un gabarit de 187 × 128 × 32 mm dans une boîte de 300 × 150 × 50 mm, un canon de 102 mm pour un maximum de 153 mm.
Ce qui bloque, c’est la munition. L’article 8.4.4 est catégorique : « Tous les projectiles utilisés doivent être uniquement en plomb ou matériau tendre similaire. Les projectiles chemisés ne sont pas autorisés. » Or les quatre munitions .380 ACP que nous avons trouvées en vente chez des armuriers français sont toutes chemisées. Nous n’avons trouvé aucun .380 à ogive plomb nue distribué en France. La porte est ouverte par le calibre et refermée par la boîte.
Le règlement TAR 2025 fait exactement l’inverse, et c’est la bonne nouvelle. Son annexe A liste les calibres autorisés en armes de poing et y fait figurer nommément le « 9 mm Browning court (9×17) ». Mieux : son article 4.3 rend le projectile chemisé obligatoire. Les munitions du commerce français conviennent donc exactement, et le canon de 102 mm passe sous la limite des 13 cm. Les épreuves 830 et 831 sont le seul cadre fédéral où le Glock 25 a sa place, et il l’a pleinement.
Une réserve de méthode : le règlement admet le calibre et fixe des critères généraux que le 25 remplit, mais il ne nomme pas le modèle. La décision revient au contrôle d’arme le jour de l’épreuve. Faites valider par votre club.
Côté IPSC, en revanche, c’est non deux fois. Le 25 figure explicitement sur la liste des modèles non approuvés en division Production, aux côtés du 28 et du 42 : aucun Glock en .380 n’y est admis. Et la division impose un étui de 19 mm minimum quand celui du .380 en mesure 17,33. La cartouche seule suffirait à l’écarter.
Ce que coûte le .380 ACP en France
Le calibre se trouve, c’est déjà ça : quatre marques relevées chez au moins trois armuriers. Ce n’est pas une munition confidentielle. C’est une munition chère.
| Munition | Armurier | Boîte de 50 | Coût au coup | Au relevé |
|---|---|---|---|---|
| STV Scorpio FMJ 92 gr | Gunmarket | 23,99 € | 0,480 € | Stock non affiché |
| Fiocchi FMJ 95 gr | Armurerie de la Bourse | 27,00 € | 0,540 € | En stock |
| Sellier & Bellot FMJ 92 gr | Gunmarket | 28,65 € | 0,573 € | Stock non affiché |
| Sellier & Bellot FMJ 92 gr | Armurerie de la Bourse | 29,00 € | 0,580 € | Rupture |
Prix TTC relevés le 1er septembre 2026. Les quatre références sont chemisées.
De 0,48 à 0,58 € le coup, contre 0,27 à 0,30 € pour le 9×19. Soit 75 à 92 % de plus pour une cartouche moins puissante. À marque identique chez le même armurier le même jour, l’écart reste de 92 %.
Un détail qui en dit long sur le marché : aucun carton de mille n’existe en .380 chez les armuriers relevés, alors qu’il en existe trois en 9×19. Vous achèterez par boîtes de cinquante, au tarif de la boîte de cinquante. Rapporté au quota légal de 3 000 cartouches par arme autorisée et par période de douze mois, cela représente environ 1 440 à 1 740 € par an, contre 820 à 900 € en 9×19.

Prix et disponibilité en France
C’est le modèle le plus rare de tout notre parcours dans la gamme. Un armurier sur les treize de notre panel le référence : l’Armurerie de la Bourse, en Gen3, à 635 € TTC, en stock au moment du relevé.
Nous avons élargi la recherche à vingt-deux sites français. Le résultat est parlant : une seule autre fiche vivante, chez une enseigne fermée aux particuliers et sans prix affiché, et quatre fiches mortes, en erreur 404 ou en redirection. Aucune occasion localisée non plus.
Le chiffre qui fait mal est ailleurs. À 635 €, le Glock 25 se vend plus cher qu’un Glock 19 Gen3, que l’on trouve à 599 € chez un autre armurier français. Vous payez donc 36 € de plus pour la même arme au millimètre près, dans un calibre moins puissant, avec une munition deux fois plus chère et une seule option de chargeur.
Une crainte à écarter, en revanche : les chargeurs se trouvent. Un armurier français propose le 15 coups à 37 € et le 17 coups à 44 €. Sur un modèle aussi confidentiel, ce n’était pas acquis, et cela change la donne face au Glock 36, dont le chargeur est quasi introuvable ici.
Face au Glock 42, l’autre .380 de la marque
Nous avons déjà consacré un guide au Glock 42, le subcompact de la marque dans ce calibre. La comparaison est instructive parce que les deux pistolets, à calibre égal, ne répondent pas du tout à la même question.
| Glock 25 | Glock 42 | Écart | |
|---|---|---|---|
| Capacité standard | 15 coups | 6 coups | +9 coups |
| Ligne de mire | 153 mm | 125 mm | +28 mm |
| Longueur du canon | 102 mm | 82,5 mm | +19,5 mm |
| Largeur totale | 32 mm | 25 mm | +7 mm |
| Hauteur avec chargeur | 128 mm | 105 mm | +23 mm |
| Poids chargé | 785 g | 450 g | +335 g |
| Mécanisme | Culasse non calée | Culasse calée | opposé |
Cotes constructeur GLOCK.
Le 25 offre neuf coups de plus et 28 mm de ligne de mire en plus, pour 335 g de plus une fois chargé. Et il est à culasse non calée quand le 42, pourtant dans le même calibre, est à culasse calée. Chez le même armurier, les deux s’affichaient au même prix de 635 €, le 42 étant en rupture. Pour un usage de stand, le choix est vite fait.
Ce que nous ne pouvons pas vous dire
Aucun média français n’a publié de mesure chiffrée sur ce pistolet, et nous n’avons rien trouvé d’exploitable ailleurs au regard de nos critères. Pas de groupement, pas de vitesse, pas de relevé de détente. Sur la fiabilité, rien de sérieux non plus.
Ce vide est cohérent avec la rareté du modèle : un pistolet vendu par un seul armurier français n’intéresse aucune rédaction. Nous préférons le dire plutôt que d’habiller des impressions de forum en évaluation.
Les alternatives
La première est évidente et nous l’avons chiffrée : le Glock 19. Même arme, calibre plus puissant, munition deux fois moins chère, six options de chargeur, et moins cher à l’achat. Si vous n’avez pas de raison précise de vouloir du .380, c’est le choix par défaut, et il n’est même pas discutable.
Si le .380 vous intéresse pour le TAR, où il est nommément admis, le Glock 42 est l’autre porte d’entrée dans la marque, mais avec six coups et 28 mm de ligne de mire en moins. Hors Glock, le Beretta 80X Cheetah se trouve à 999 € et le Walther PPK à 1 090 €, tous deux nettement au-dessus.
Notre guide de la gamme Glock replace chaque format les uns par rapport aux autres.
Le verdict
Le Glock 25 est la réponse à une question que la France ne pose pas. Il existe pour les marchés qui ferment le 9×19 aux civils, et sur le nôtre il se retrouve à vendre plus cher un pistolet rigoureusement identique au Glock 19, avec une cartouche moins puissante et deux fois plus chère. Une seule chose le sauve, et elle est réelle : le 9×17 est nommément admis en TAR, avec le projectile chemisé que le commerce français vend justement.
Ce qui marche :
- Nommément admis en TAR, épreuves 830 et 831, chemisé obligatoire donc munition adaptée
- Quinze coups et 153 mm de ligne de mire, exactement comme un Glock 19
- Chargeurs disponibles en France à 37 et 44 €, ce qui n’allait pas de soi
- Recul ressenti inférieur à celui d’un 9×19, argument du constructeur
Ce qui coince :
- 635 €, soit plus cher qu’un Glock 19 Gen3 à 599 €, pour la même arme
- 0,48 à 0,58 € le coup, 75 à 92 % de plus que le 9×19, et aucun carton de mille
- Un seul armurier français sur treize, aucune occasion, quatre fiches mortes hors panel
- Exclu de l’ISSF par la munition chemisée, et de l’IPSC Production nommément
À qui ça s’adresse. Au tireur de TAR qui veut un pistolet moderne dans un calibre réglementaire explicitement listé, et qui accepte de payer la munition deux fois le prix du 9×19 pour cela. C’est un usage précis et légitime. Pour tout le reste, y compris le loisir et le 25 m ISSF, le Glock 19 fait la même chose en mieux et pour moins cher, et c’est son propre constructeur qui l’a construit à l’identique.
Questions fréquentes
Quelle différence entre le Glock 25 et le Glock 19 ?
Le calibre, et c’est tout. Sur les huit cotes publiées par Glock, les deux pistolets sont identiques au millimètre, avec la même capacité de quinze coups et la même détente. Le 25 pèse 25 g de moins à vide.
Pourquoi le Glock 25 existe-t-il ?
Pour les marchés qui ferment le 9×19 aux civils. La loi mexicaine plafonne les pistolets civils au .380, et le Brésil raisonne en énergie à la bouche. Aucune de ces contraintes n’a d’effet en France.
Le Glock 25 fonctionne-t-il comme un Glock 19 ?
Non. Il fonctionne en culasse non calée, là où le 19 utilise une culasse calée à canon basculant. Deux sources concordantes le décrivent, mais le constructeur ne le mentionne nulle part sur sa fiche.
Le .380 ACP est-il admis en épreuve ISSF 25 m ?
Le calibre oui : 9,04 mm entre dans la plage 7,62 à 9,65 mm. Mais l’article 8.4.4 interdit les projectiles chemisés, et les quatre munitions .380 trouvées en vente en France sont toutes des FMJ.
Le Glock 25 est-il admis en TAR ?
Oui, et c’est le seul cadre fédéral où il a une place. L’annexe A du règlement TAR 2025 cite nommément le 9 mm Browning court parmi les calibres autorisés, et l’article 4.3 y rend le chemisé obligatoire.
Le Glock 25 est-il homologué en IPSC Production ?
Non, deux fois. Il figure explicitement sur la liste des modèles non approuvés, et la division impose un étui de 19 mm minimum quand celui du .380 mesure 17,33 mm.
Combien coûte le .380 ACP en France ?
De 0,48 à 0,58 € le coup en boîte de cinquante, contre 0,27 à 0,30 € pour le 9×19. Soit 75 à 92 % de plus, et aucun carton de mille n’existe dans ce calibre alors qu’il y en a trois en 9×19.
Le Glock 25 est-il vendu en France ?
À peine. Un seul armurier sur les treize vérifiés le référence, à 635 € TTC, en stock. Quatre autres fiches trouvées hors panel étaient mortes, et aucune occasion n’a été localisée.
Les chargeurs du Glock 25 se trouvent-ils en France ?
Oui, contrairement à ce qu’on pourrait craindre sur un modèle aussi rare : un armurier français propose le chargeur 15 coups à 37 € et le 17 coups à 44 €.
Quel groupement attendre d’un Glock 25 ?
Aucune mesure n’existe. Aucun média français n’a publié d’essai chiffré sur ce modèle, et nous n’avons rien trouvé d’exploitable ailleurs au regard de nos critères d’attribution.
Le recul du Glock 25 est-il plus doux qu’un 9×19 ?
Le constructeur parle d’un calibre à faible recul, et le .380 développe moins d’énergie. Mais la culasse non calée rend le recul plus sec, selon deux sources. Aucune mesure instrumentée n’existe.
Le Glock 25 est-il en catégorie B ?
Oui. Le calibre ne change rien : pistolet semi-automatique, il relève de l’autorisation préfectorale, avec licence FFTir en cours de validité, avis favorable de la fédération, carnet de tir et coffre-fort.
