Au ball-trap, la sécurité tient en quatre réflexes : fusil ouvert et vide partout sauf au poste, chargement au poste et à son tour, canons toujours vers la zone de tir, et au moindre incident on ne bouge plus, fusil vers la zone de tir, jusqu’à l’arbitre ou au responsable du pas de tir. Casque et lunettes sont obligatoires pour tous les tireurs ; près des postes, le public porte au moins le casque, et aussi les lunettes en parcours de chasse, en Trap 1, en DTL et sur un ball-trap temporaire.
Cette fiche sécurité ball-trap suit les textes, pas les habitudes de club : Code du sport, règlements FITASC 2025 et DTL 2026, documents de la Fédération française de ball-trap (FFBT). Quand un point n’est écrit nulle part, nous le disons.
Les règles du pas de tir : ce qu’impose le Code du sport
L’article A322-145 du Code du sport, en vigueur depuis 2008, vaut pour tout établissement de tir aux armes de chasse, stand permanent comme installation d’un week-end. Chaque tireur, à l’entraînement comme en épreuve et sous la responsabilité de l’exploitant, doit :
- retirer les bretelles des fusils ;
- ne faire des essais d’épaulement de fusil fermé, même vide, que sur le pas de tir et uniquement dans la direction normale de tir ;
- ne charger l’arme qu’à son tour, l’arme basculée ou la culasse ouverte ;
- ne se retourner en aucun cas vers le public, que l’arme soit ou non chargée ;
- en cas d’interruption du tir, basculer ou ouvrir les fusils sur le pas de tir et retirer les cartouches.
Ces règles doivent être « affichées de manière lisible en un lieu accessible à tous » (Code du sport sur Légifrance).
| Où vous êtes | État du fusil | Texte |
|---|---|---|
| Allées, club-house, déplacements | Cassé ou culasse ouverte, vide ; canons vers le haut ou le bas ; jamais posé par terre | FITASC, DTL (6.1), kit FFBT |
| Râtelier | Vertical, ouvert, chambres vides | FITASC, DTL (6.1) |
| Poste, avant son tour | Ouvert ; selon l’épreuve, cartouches glissées sur ordre, canons vers la zone de tir | A322-145, FU (7.06), Compak (ch. 24) |
| Poste, à son tour | Fermé pour tirer, canons vers la zone de tir | A322-145, UV n°1 (7.0.3) |
| Après le tir | Ouvert, chambres vidées, avant de se retourner | FU (7.06), Compak (ch. 24) |
| Interruption du tir | Ouvert et déchargé jusqu’à l’ordre de reprise | A322-145, DTL (6.1) |
| Incident (raté, enrayage) | Laissé tel quel, sûreté intouchée, canons vers la zone de tir, jusqu’à l’arbitre | FU (8.01), DTL (4.4) |
La fiche FFBT UV n°1 Sécurité ajoute les deux principes dont tout découle : une arme est toujours considérée comme chargée, et elle n’est jamais dirigée vers quelqu’un. Ses définitions méritent d’être retenues : approvisionné, le fusil contient des cartouches ; chargé, il est fermé, prêt à tirer ; l’assurer, c’est l’ouvrir et ôter les munitions.
Avant d’entrer sur le pas de tir : la check-list
Beaucoup d’incidents se préparent avant le poste : un canon qu’on n’a pas contrôlé après le montage, une cartouche de calibre 20 oubliée dans la poche d’un tireur de 12 (glissée dans le canon, elle peut s’y coincer et l’obstruer), un casque resté autour du cou. Cochez au fil de la préparation.
Votre situation (chaque case cochée ajoute des points à vérifier)
Ce que fait cet outil : il compte les cases restant à cocher. Ce qu’il ne fait pas : il ne vérifie ni votre fusil ni vos cartouches, et ne remplace ni les consignes du stand ni le responsable du pas de tir. Sources : A322-145, FITASC 2025, DTL 2026, FFBT.
Au poste : charger, fermer, tirer, rouvrir
Charger : au poste, à son tour, sur ordre
Une cartouche n’entre dans le fusil qu’au poste, arme pointée vers la zone de vol des plateaux, sur l’ordre de l’arbitre (UV n°1, art. 7.0.3). En fosse universelle, les tireurs ne referment leur fusil chargé qu’après le tir du précédent (FITASC, art. 7.06). En DTL, chacun charge à l’annonce « ligne prête », fusils tous ouverts et vides. En Compak Sporting, on charge sur son poste, fusil ouvert tenu en main, canons dans le limiteur d’angles. Un semi-automatique ne reçoit jamais plus de deux cartouches.
Fermer : la crosse monte, les canons ne bougent pas
On referme en remontant la crosse vers les canons, qui restent pointés vers la zone de tir, selon les règles FFBT affichées au Ball-Trap Club Nancéien. L’index reste allongé le long du pontet, jamais sur la queue de détente, et on ne claque pas le fusil : une détente sensible peut lâcher. Tant que l’arme n’est pas ouverte, les canons ne visent jamais le sol, car sur une dalle de béton un départ peut ricocher (kit d’initiation FFBT).
Après le tir : ouvrir avant de se retourner
Le dernier coup parti, on ouvre et on retire les cartouches, tirées ou non, avant de se retourner (Compak, ch. 24). Un semi-automatique se vide en actionnant la culasse plusieurs fois. Pas d’épaulé d’essai hors du poste : le DTL interdit même tout simulacre de tir sur le pas de tir.
La détente à relâche, un cas à connaître
Avec une détente à relâche, le coup part quand on relâche la détente ; la FITASC impose un autocollant « R » sur fond fluorescent sur la crosse. Sur un « no bird », on garde la pression et on appelle un nouveau plateau, ou on ouvre sans relâcher, ou on tire dans la direction sûre que désigne l’arbitre (Compak, art. 25.1.1). Avant d’épauler un fusil qu’on vous prête au stand, demandez s’il en est équipé.
Incidents au poste : la conduite à tenir
La règle mère est commune aux règlements FITASC : en cas de raté ou de mauvais fonctionnement, le tireur reste à sa place, fusil vers la zone de tir, sans l’ouvrir ni toucher à la sûreté, jusqu’au contrôle de l’arbitre. Une cartouche qui part en retard peut partir pendant qu’on ouvre, et l’arbitre doit voir l’arme telle qu’elle était. Ouvrir soi-même coûte le plateau.
| Incident | Ce que vous faites | Ce que prévoient les textes |
|---|---|---|
| Long feu : percussion, le coup tarde | Rester épaulé, canons vers la zone de tir, ne pas ouvrir | Kit FFBT : « quelques secondes », sans chiffre |
| Raté : amorce percutée, rien ne part | Ne pas ouvrir ni toucher la sûreté ; attendre l’arbitre | FU (8.01), DTL (4.9) |
| Coup faible, bruit sourd, recul anormal | Ne plus tirer ; canon contrôlé par la chambre, arme ouverte et vide | Kit FFBT : vérifier les canons après « un bruit anormal » |
| Les deux coups partent ensemble | Rester en place, ne plus utiliser le fusil | FU (8.02), DTL (4.4) : fusil à réparer |
| Semi-automatique enrayé | Ne pas forcer la culasse ; doigt hors du pontet ; attendre l’arbitre | FU (8.02), DTL (4.4) |
| Plateau cassé au départ, lanceur en panne | Désépauler et ouvrir ; un no bird annoncé ne se tire pas | UV n°1 (7.0.4), FU (9.05), Compak (20.3) |
| Quelqu’un ou un animal dans la zone de tir | Ouvrir aussitôt, prévenir, attendre l’ordre de reprise | FU (7.06) |
| Coup parti sans le vouloir | Canons vers la zone de tir, ouvrir, le signaler | DTL (6.2) : faute de sécurité |
Pour le long feu, le kit d’initiation FFBT dit « quelques secondes » épaulé ; aucun règlement lu ne donne de durée, nous n’en inventerons pas. Sans arbitre, on reste épaulé, canons vers la zone de tir, bien au-delà de ces « quelques secondes » au moindre doute, on prévient le responsable, et l’on n’ouvre qu’ensuite, toujours canons vers la zone de tir ; la cartouche fautive va à part et on contrôle le canon par la chambre, arme ouverte et vide. Un canon obstrué ne se débouche pas au stand : il part chez l’armurier.
Au club, le réflexe fautif qu’on voit revenir : casser le fusil dès que le coup ne part pas, pour voir. Sur un semi-automatique, une culasse revenant sur un doigt « fait des dégâts » (UV n°1) : on ne force rien. Voir notre dossier sur le fusil semi-automatique.
Entre deux postes et au râtelier : l’arme reste ouverte
On change de poste fusil ouvert et non chargé : le Compak l’écrit pour chaque changement, la fosse universelle et le DTL pour le passage du poste 5 au poste 1, et la FITASC pose la règle générale des fusils « portés ouverts et non chargés ». Des tireurs de fosse changent pourtant de poste cartouches en chambre, et tous les arbitres ne réagissent pas. Notre position : on vide les chambres à chaque déplacement, dans toutes les disciplines. Au râtelier, le fusil se pose vertical et ouvert, jamais par terre ni contre un mur, et on ne touche pas l’arme d’un autre sans son accord.
Ce que l’arbitre ou le responsable du pas de tir peut imposer
L’arbitre donne les ordres « commencez le tir », « cessez le tir » et « déchargez » (FITASC, art. 7.05) ; manœuvrer un fusil chargé en dehors de ces ordres peut valoir un avertissement, puis l’exclusion. Il peut aussi interdire les armes en mauvais état, contrôler vos cartouches, exclure un tireur qui perd la maîtrise de lui-même ou montre des signes d’ébriété, et disqualifier pour une violation sérieuse de la sécurité (UV n°1 ; DTL, art. 4.4, 6.1 et 11). Hors compétition, les consignes FFBT 2026 exigent un responsable du pas de tir pour tous les tirs d’une installation temporaire. Voir aussi notre guide de la première compétition.
Casque et lunettes : obligatoires pour qui ?
La FFBT impose casque et lunettes de protection pour l’ensemble des disciplines et toutes les pratiques, loisir compris. En compétition FITASC, un tireur qui se présente au poste sans l’un ou l’autre est déclaré absent et ne tire pas (fosse universelle, art. 7.06).

- Fosse universelle et Compak Sporting (FITASC 2025) : casque pour tous, public proche compris ; lunettes pour les tireurs, arbitres et personnel.
- Parcours de chasse et Trap 1 (FITASC 2025) : lunettes de protection « sans exceptions » près des postes ; casque pour tous, enfants compris hors du club-house.
- DTL 2026 : casque et lunettes pour tous, accompagnateurs compris.
- Installation temporaire (FFBT 2026) : casque et lunettes pour toute personne proche des installations.
La fiche UV n°1 de 2014 dispensait encore de lunettes la fosse ; aucune règle actuelle ne le fait plus. Chaussures fermées, enfin : sandales interdites. Le choix du casque est dans les protections auditives au tir, celui des verres dans les lunettes de ball-trap.
Débutant, enfant, chasseur : la règle à ne pas rater
Pour le débutant en séance d’initiation
Un non-licencié peut s’initier en séances encadrées, deux au plus par période de douze mois (art. R312-43-1 du Code de la sécurité intérieure), installations temporaires exceptées : voir le tir sans licence. Le Code du sport subordonne l’ouverture d’un stand à une assurance couvrant la responsabilité civile de chaque participant (art. A322-146) : la licence FFBT la porte ; l’autorisation de pratique journalière du club la fournit, ou l’assurance journalière sur un ball-trap temporaire, sans couvrir le transport d’une arme. Sur un ball-trap temporaire assuré par la FFBT, l’assurance journalière fédérale s’impose « à l’exclusion de toute autre attestation » (formulaire FFBT 2026). L’encadrant tient lieu de responsable du pas de tir. Ensuite : débuter au ball-trap et la technique de l’avance et de l’épaulé.
Pour un enfant ou un adolescent
La FFBT n’ouvre la compétition, concours de club compris, qu’à 12 ans révolus (« Licences 2026 »). Sur un ball-trap temporaire déclaré à la FFBT, les consignes 2026 n’autorisent et ne couvrent les mineurs qu’à partir de 12 ans révolus. En club, pour l’initiation, aucun texte lu ne fixe d’âge : le club décide, avec certificat médical et autorisation parentale (UV n°1). Fusil trop long, cartouche trop lourde : le recul au ball-trap se règle avant la première série.
Pour le chasseur qui s’entraîne hors saison
Trois réflexes de chasse restent au vestiaire : refermer canons vers le sol, garder la bretelle, emporter ses cartouches de battue. La FITASC plafonne la charge à 28 g de plomb ; sur une installation temporaire, la FFBT n’admet que des cartouches du commerce de 28 g de plomb au plus, plombs n°7 à 9, et interdit la grenaille de fer à cause des ricochets, sauf l’exception que ses consignes 2026 prévoient pour les zones humides. Votre assurance chasse ne suffit pas toujours : l’attestation doit mentionner le ball-trap (FFBT 2026). Voir les cartouches de ball-trap, la grenaille sans plomb et la sécurité à la chasse.
L’alcool : zéro avant d’avoir rangé le fusil
Tout tireur manifestant des signes d’ébriété est exclu immédiatement du pas de tir (UV n°1), et le kit FFBT y ajoute les stupéfiants. La buvette d’un ball-trap de campagne n’y change rien : on boit une fois le fusil rangé.
Le transport jusqu’au stand
L’arme voyage désapprovisionnée, en mallette, démontée si possible, munitions à part (UV n°1). Pas de cartouches sur la plage arrière en plein soleil, la chaleur les rendant instables. Un semi-automatique se sort de son fourreau posé canon vers le sol : on entrouvre l’étui, on vérifie que la culasse est ouverte, puis seulement on sort l’arme (kit FFBT). La licence valide justifie le trajet ; cadre légal détaillé dans l’arme de catégorie C.
Et si c’est vous qui organisez
Distances, plan au préfet, assurance, affichage, responsable du pas de tir : tout incombe à l’organisateur (art. A322-143 à A322-146). Voir organiser un ball-trap.
La sécurité s’apprend d’abord dans un club qui encadre ses débutants : cherchez le plus proche sur notre carte des stands de tir.
À lire aussi : trouver un club de ball-trap, le lanceur et sa zone de danger et le budget d’une séance de ball-trap.
Questions fréquentes
Quelles sont les règles de sécurité de base au ball-trap ?
Fusil ouvert et vide hors du poste, chargement au poste et à son tour, canons vers la zone de tir, casque et lunettes en permanence. Le Code du sport (art. A322-145) impose aussi de retirer les bretelles.
Que faire quand la cartouche ne part pas au ball-trap ?
Rester épaulé, canons vers la zone de tir, sans ouvrir ni toucher la sûreté. Le kit FFBT dit « quelques secondes », sans chiffre ; en compétition, on attend que l’arbitre inspecte le fusil.
Que faire si mon fusil semi-automatique s’enraye au poste ?
Ne forcez pas la culasse, ne touchez pas la sûreté : doigt hors du pontet, canons vers la zone de tir, attendez l’arbitre. Pour la FITASC, une douille non éjectée met le fusil hors service.
Les spectateurs doivent-ils porter un casque au ball-trap ?
Oui, près des postes : la FITASC impose les protections auditives au public proche, le DTL 2026 casque et lunettes aux accompagnateurs. Les enfants gardent leur casque hors du club-house.
À partir de quel âge peut-on faire du ball-trap ?
La FFBT n’ouvre les compétitions, concours de club compris, qu’à 12 ans révolus, et ses ball-traps temporaires ne couvrent pas les mineurs plus jeunes. En club, pour l’initiation, aucun texte lu ne fixe d’âge : le club décide.
Peut-on boire de l’alcool lors d’un ball-trap ?
Pas si vous tirez. La fiche sécurité de la FFBT prévoit l’exclusion immédiate du pas de tir de tout tireur montrant des signes d’ébriété. On boit une fois le fusil rangé.
Comment transporter son fusil jusqu’au stand de ball-trap ?
Désapprovisionné, en mallette ou fourreau, démonté si possible, munitions à part. La licence valide justifie le trajet ; l’autorisation de pratique journalière du club ne couvre pas le transport.
